La gauche a-t-elle vraiment accepté l’économie de marché ?

Une grande partie de la gauche n’a pas du tout renoncé à l’idée que le marché est injuste. Seules les décisions politiques sont perçues comme démocratiques puisque les politiciens sont élus au suffrage universel.

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Jean-Luc Mélenchon by Pierre-Selim (CC BY-SA 2.0)

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La gauche a-t-elle vraiment accepté l’économie de marché ?

Publié le 5 août 2017
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Par Patrick Aulnas.

La gauche cultive l’ambiguïté à propos du rôle économique de l’État. Les faucons (La France insoumise de Mélenchon et les trotskystes) souhaitent ardemment réduire à presque rien la part du marché.

Les colombes (Parti socialiste en voie de disparition) ont quelques réticences conceptuelles sur le sujet, mais laissent filer les prélèvements obligatoires et les dépenses publiques en cas d’accession au pouvoir.

Auparavant, tout était clairement dit

Voici un demi-siècle, à gauche, il était de bon ton de stigmatiser le marché. Ceux qui acceptaient, par réalisme et non par dévoiement moral, « les eaux glacées du calcul égoïste » étaient jugés peu fréquentables.

L’objectif clairement affiché consistait à réduire la part du marché et à augmenter celle des décisions politiques. La politique économique de François Mitterrand fut la dernière à revendiquer une telle démarche avec les nationalisations de 1981-82.

Le discours a changé, pas les actes

Les programmes socialistes ou sociaux-démocrates ont abandonné la référence aux nationalisations et reconnu le rôle du marché en économie. Mais de la parole aux actes, il y a loin. Car la place faite au marché n’a cessé de se réduire depuis le début du XXe siècle.

Que le pouvoir soit de gauche ou de droite ne semble avoir aucun impact historique sur une telle évolution. La raison profonde est tocquevillienne ou hayekienne : si on emprunte la route de la servitude, il devient difficile de la quitter.

La démocratie comporte en effet une faiblesse consubstantielle : ses citoyens préfèrent l’égalité à la liberté.

Ils ne cessent de pleurnicher pour obtenir de l’État (des politiciens, donc) des avantages nouveaux payés avec l’argent des autres. Les politiciens y voient l’occasion de conforter leur pouvoir en captant une part croissante du pouvoir économique sous prétexte de justice.

La preuve : les dépenses publiques

L’évolution des dépenses publiques en France ne laisse aucun doute à ce sujet.

Évolution des dépenses publiques en France en % du PIB

Année 1912 1920 1947 1960 1975 1990 2005 2015
Dépenses publiques 12,6% 32,8% 40,8% 34,6% 43,4% 49,5% 53,4% 57%

 

Les dépenses publiques ont véritablement explosé depuis un siècle. L’augmentation en valeur absolue n’aurait pas été anormale dans la mesure où la croissance a été très forte, en particulier après la seconde guerre mondiale.

Mais l’augmentation constante du pourcentage par rapport au PIB équivaut à un envahissement du politique dans tous les domaines de la vie. Que signifient exactement les taux indiqués dans le tableau précédent ? Les 57% de l’année 2015 ne signifient pas qu’il ne reste que 100 – 57 = 43% du PIB pour le secteur privé. Ils représentent la part du PIB qui est soumise aux processus publics de décision.

Par exemple, si une commune construit une nouvelle mairie, la dépense fait partie des 57%. Mais la commune fera appel à des entreprises privées du bâtiment pour la construction.

L’argent public retourne donc au secteur privé lorsque les entrepreneurs reçoivent le prix convenu. Mais la décision de construire la nouvelle mairie appartient à des politiciens, en l’occurrence au conseil municipal qui vote le budget de la commune.

Augmenter la part des dépenses publiques revient donc à augmenter le pouvoir des politiciens et à diminuer celui des autres acteurs de l’économie (individus, entreprises, associations, etc.). La part du marché se réduit parce que ce sont des critères politiques, et parfois politiciens, qui président aux choix de dépenses.

« Le marché est injuste, réduisons son emprise »

Or, une grande partie de la gauche n’a pas du tout renoncé à l’idée que le marché est injuste. Seules les décisions politiques sont perçues comme démocratiques puisque les politiciens sont élus au suffrage universel.

L’initiative individuelle conduisant à la réussite économique relèverait du struggle for life, de la loi de la jungle. Mais le tout politique présente un risque : réduire les sociétés humaines à un Meilleur des Mondes où tout est déterminé collectivement.

Ce risque est assumé par les sociaux-démocrates car l’individualisme, capacité de décider et d’entreprendre seul, est regardé avec méfiance, alors qu’on porte le regard de Chimène pour Rodrigue sur tout ce qui relève de l’action politique collective (partis, syndicats, collectivités publiques).

Le primat du politique débouche inéluctablement sur une réglementation dense et des contrôles incessants des individus. Or, bien évidemment, lorsqu’il faut remplir un CERFA avant de pouvoir bouger le petit doigt, la liberté se meurt, même si l’obligation déclarative émane d’une assemblée démocratiquement élue.

Liberté de gauche et liberté de droite

Cette approche idéologique anti-marché, qui était clairement énoncée par l’ancienne gauche marxiste, est soigneusement tue aujourd’hui. Le programme de La France Insoumise conduirait à des prélèvements obligatoires et à des dépenses publiques en forte croissance, mais aucun chiffre n’est jamais fourni.

Est-il légitime de porter les prélèvements obligatoires à 60% du PIB et les dépenses publiques à 70% ? Pour Jean-Luc Mélenchon, cela ne fait aucun doute. Le politique doit redresser l’injustice du marché et si la place de ce dernier se réduit, c’est que la justice progresse.

Et la liberté individuelle, pourriez-vous objecter ? Pour Mélenchon, la liberté individuelle est la liberté de voter, de s’exprimer, de militer dans un syndicat ou un parti, bref la liberté de participer à des projets collectifs à caractère politique. Créer une entreprise est plutôt immoral car le profit est nécessaire pour qu’elle soit pérenne.

Analyse marxiste du profit et analyse de gestion

Le marché suppose en effet le profit car une entreprise déficitaire disparaît rapidement, sauf bien entendu s’il s’agit d’une entreprise publique ou parapublique bénéficiant de subventions des collectivités publiques. L’impôt comble alors les déficits.

La défiance de la gauche à l’égard du profit provient de Karl Marx, mais aussi, du côté des politiciens, d’un certain mépris pour la gestion qui conduit bien souvent à l’ignorance. L’analyse marxiste du profit, comme plus-value créée par le travail mais captée par le capital, reste présente dans les esprits de gauche. Le profit est donc injuste : le capital le vole au travail.

La faiblesse de la culture de gestion de beaucoup de militants et d’élus explique largement cette rémanence idéologique.

Rappelons que le profit, au niveau micro-économique, n’est qu’un indicateur permettant de savoir avec un seul chiffre (ou plusieurs si on raffine l’analyse) que les produits sont supérieurs aux charges, donc que la situation d’une entreprise est plutôt correcte pour l’exercice considéré.

Le profit n’est pas un objectif, sauf dans certaines dérives des marchés financiers dues à leur automatisation et à leur conceptualisation croissante. Mais il s’agit là d’une pathologie du capitalisme, pas de l’essence du marché.

Jusqu’où irons-nous ?

La croissance historique des dépenses publiques ne doit donc rien au hasard. Elle résulte d’abord de la volonté d’assurer une solidarité au niveau de la société globale dans certains domaines comme l’éducation, la santé ou les retraites. Cela n’est pas spécifiquement de gauche.

Mais elle procède également d’une volonté politique de dominer l’économie en marginalisant à terme le marché. Lorsque les politiciens disposent du pouvoir de décider des dépenses sur 57% du PIB, on peut considérer que la marginalisation est en cours.

Mais la gauche dure évoque, contre toute évidence, l’ultra-libéralisme de nos sociétés ! Où souhaite-t-elle nous conduire ? La justice suppose-t-elle vraiment une soviétisation de l’économie ? Aucune réponse n’est disponible du côté des leaders de gauche.

 

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  • Heureux comme un notable socialo communiste en France…….Ils mènent la grande vie, ont acquis la célébrité, travaillent peu ou pas du tout et tout ça grâce au système capitaliste qui payent la facture.

    • Mélenchon en est le plus brillant exemple! Petit prof de philo il est parvenu au patrimoine le plus élevé de tous les candidats à la présidentielle! Hormis Macron qui a réussi à planquer l’argent gagné chez Rotschild.

  • Les idéologies sont structurées et fonctionnent comme les religions, Vérité en deçà, Erreur au delà. C’est notre appartenance au « monde libre », et à l’Union Européenne, qui nous contraignent à respecter au minimum l’économie de marché, économiquement et politiquement majoritaire dans cette partie du monde. Mais la gauche se pince toujours le nez!

  • Quand l »État décide du blocage des loyers par exemple, ceci n’est pas inclus dans les 57% du PIB qu’il gère. Le socialisme est beaucoup plus important en France qu’on ne le croit. Ce pays est foutu.

    • Bonjour Sybarite

      Tout à fait. La redevance télévisuelle, les péages autoroutiers, les contrôles techniques, les mutuelles maladies, ect.. tout cela n’est pas dans les prélèvements obligatoires.
      Et je ne parle pas des terrains qui ne sont pas libres ou contrôlés par la SAFER ou autres usines à gaz.
      Normalement, dans un état providence tout est gratuit mais les impôts hauts et dans un pays libéral tout est payant et les impôts bas. En France les impôts sont hauts ET tout est payant.

      • N’oubliez pas les assurances obligatoires (principe de précaution), les divers investissements durables (pour protéger Gaïa) et les divers frais pour renouveler année par année vos divers baux (car même propriétaire, vous ne l’êtes pas vraiment).

  • +1@l article . Objection cependant, vous dites « ses citoyens préfèrent l égalité  » « ils pleurnichent » etc . Ces citoyens ne sont pas la France entière, mais leur poids et surtout leur pouvoir de nuisance font qu ils sont soignés par nos élites et pour cause ils sont des leurs. Et quelle égalité aiment ils ? Alors que leur statut les rend inamovibles. Ils aiment les privilèges pour eux mêmes et l égalité pour tous les autres. Comme vous le dites voilà longtemps que nous avons emprunté ce chemin de malheur, pente de la facilité si chère à l homme faible et cupide. There is no turning back!

  • Au contraire ils maitrisent l’économie de marché. Le peuple demande ils lui procurent tout ce qu’il a besoin.le peuple demande…des boucs émissaires il offre « les riches », les patrons, la droite , la gauche, le milieu.
    Dans une économie de marché le seul gagnant est celui qui offre .

  • NON, NON, NON !!!!!!

  • Querelles d’arrières garde que tout ça !
    L’enjeu actuel est de bâtir un monde sain et durable, pour nous et nos enfants.
    Le marché permet-il la mise en place d’un monde sain et durable ?
    .
    – En théorie oui, avec le mot libre.
    Encore faudrait-il que le marché soit libre de » l’argent rare » pour qu’il soit vraiment libre.
    Egalement libre des connivences et arrangements inhérents à la nature humaine, dont j’ai peine à croire que nous en soyons affranchis un jour, dans un monde ou la penurie artificielle est organisée et entretenue par « l’argent rare ».
    .
    – En pratique non parce que sain et durable n’est pas la voie que nous avons empruntée.
    Nous avons emprunté la voie de la facilité et du bénéfice à court terme(argent rare) sans se soucier du lendemain. Ca fonctionne un temps sans problème, la preuve nous sommes là.
    Demain quid des énergies fossiles, fondation de notre société et de notre développement?
    Seule la volonté politique et la clairvoyance du peuple peut infléchir la direction du navire économique vers une meilleure destination le sain et durable.
    .
    La démocratie directe permettrait de passer outre le marché actuel, supprimer le système de l’argent rare, question de choix et de priorités personnelles. Le principe serait de promouvoir l’aspiration au le sain et durable, en plus de la rentabilité à l’intérieur de ce cadre.
    Dans le libéralisme rien n’interdit de faire ce choix politique du sain et durable, de s’organiser pour le promouvoir.
    De toute façon il en va de notre survie.
    .
    Pour anecdote, Les insoumis est la seule force politique de taille non insignifiante à promouvoir le sain et durable.
    Les écolos étaient les précurseurs mais en sont grande perte de vitesse.
    .
    Tout évolue, le libéralisme va-t-il mettre de l’eau dans son vin du libre marché-intégriste et prendre à son compte comme prioritaire, l’aspiration à un monde sain et durable ?
    C’est déjà quelque part gravé dans le droit naturel de vie mais trop ego-centré à mon gout, pas assez ouvert sur les biens communs que nous partageons tous et qui sont: l’air, l’eau, la terre, la mer etc..

    • Lebensreform. Voici votre idéologie. On sait où ça a mené.
      Je vous invite à lire plus d’articles sur la monnaie et son rôle dans l’économie (vous pouvez vous arrêter juste avant les agrégats).
      Je vous invite à lire les règles de la thermodynamique.
      Je vous invite à lire les principes de la propriété privée.
      Je vous invite à lire le principe de registre (au sens comptabilité).

      • J’adore votre genre de réponse:
        il faut que je devine ce que vous voulez dire, ce que vous pensez et que refasse toute votre culture personnelle construite depuis des années et ensuite que je tente de vous répondre, éventuellement ?
        lebensrefom je ne connaissais pas. et alors ?
        Vous êtes content d’avoir collé une étiquette, ce qui a le mérite d’être réducteur et de fermer toute possibilité d’ échange,puisque me voilà enfermé dans cette étiquette, voilà qui vous simplifie la vie.
        j’ ai survolé, oui il y des points communs, se rapprocher de la nature ferait le plus grand bien à l’humanité.
        S’éloigner de la nature, ce qui est le cas de la vie citadine, déshumanise mais j’imagine qu’il va falloir vous le démontrer vu votre genre de réponse. Surprenez moi en bien !
        .
        Je ne suis pas du tout hostile à la technologie bien au contraire, donc soyez plus précis, plus clair, plus direct et peut être il y aura matière à échange.
        .
        La tournure de votre réponse dénote une personne qui se cramponne au règles actuelles, un bon élève , un suiveur, un premier de la classe, un gestionnaire mais surtout pas un contestataire, pas un bâtisseur, pas un créateur à moins que vous tiriez avantage de la situation actuelle (esprit corrompu) ?
        .
        A voir ce que vous avez a préciser sur la thermodynamique par rapport à ma réponse précédente.
        les principes étant inviolés à ce jour mais ne sont pas des lois, si vous voulez jouer au plus fin…
        Tout le reste de vos arguments peut et doit être remis en cause, à part le principe du registre (a priori) mais que voulez vous faire dire à ce principe du registre qui appuierait votre tentative de réponse , on le saura peut être lors d’un prochain épisode ?

    • Dans un monde fini et pollué, le sain et durable deviennent des produits ou services à valeur ajoutée parfaitement « marchandisables » et demandés librement par les consommateurs sans qu’une autorité interfère dans ces types nouveaux d’échange. La preuve le bio, le naturel, le local, le régional… La marché s’adapte naturellement à ces nouvelles exigences et les règle au fil de l’eau, les prix de ces produits (ex le bio) indiquant le niveau respectif de l’ offre et la demande, donc la marge potentielle qu’un entrepreneur pourra réaliser. Pas besoin de Mélenchon pour ça.

      • Oui vous avez parfaitement raison, lorsque nous avons du temps, lorsque nous somme encore en zone de confort.
        Personnellement je ne pense pas que nous ayons beaucoup de temps avant que les fossiles ne posent problème. Je ne parle pas de la fin des fossiles mais du déclin de production subit, après le pic.
        Autant il est facile de changer de direction en période de croissance énergétique, autant se sera difficile en période de récession.

        • Comme la majorité des écolos français et des socialistes, vous ne vous embarrassez pas de liberté, vous ne croyez pas en l’intelligence de vos concitoyens, leur adaptabilité (les guerres pourtant…), leur capacité à réagir vigoureusement en situation de crise, et préférez leur administrer ce que vous pensez être bon pour eux qui n’ont pas la même lucidité juste et utile que vous. Dangereux.

          • « Comme la majorité des écolos français et des socialistes »
            Pas la peine de m’enfermer dans une boite avec une étiquette, ce qui est réducteur et simplificateur et vous permet de vous débarrasser de mes propos à bon compte, puisque dans votre cerveau me voilà réduit a cette caricature, ce qui va singulièrement limiter l’échange.
            .
            Amusant que lorsque quelqu’un véhicule de l’information contraire à votre bien bien-pensance, il est immédiatement qualifier de liberticide.
            On croirait un procès stalinien reverse. 😉
            .
            Je rappelle simplement une banalité que beaucoup feignent de ne pas voir, par confort car c’est anxiogène: la fin inéluctable des énergies fossiles, énergies qui constituent le socle sur lequel est bâtie notre civilisation, rien de moins.
            Bien sur que l’homme est adaptable et intelligent dans la catastrophe et tout et tout.
            L’anticipation est pourtant également une des principales utilité du cerveau.
            Le « non banal « de mon propos réside dans la prise de conscience de l’ampleur de la tache pour basculer totalement dans le sain et durable pour l’énergie et par conséquent de s’y prendre le plus tôt possible pour que cela se passe dans le confort et non d’attendre la catastrophe, ou disons des périodes pénibles.
            .
            Persistez vous dans le pourquoi s’en faire ? Dans le laissons libre nos concitoyens d’être aveugle et attendons la catastrophe, fermons contrepoints également, pourquoi influencer et débattre, laissons libre…dans un monde de propagande et d’ignorance.
            C’est un choix qui peut se respecter, dans ce cas soyez cohérent jusqu’au bout et laissez moi libre de communiquer ce qui me semble important.
            .
            Dites moi ce qui est dangereux dans mes propos.

            • Ce qui est dangereux c’est qu’au delà du constat banal et partagé que vous faites sur les énergies fossiles, la solution que vous sous-entendez (sauf s’il s’agit d’une simple discussion de salon), c’est, je cite: « ..basculer totalement dans le sain et durable pour l’énergie et par conséquent .. s’y prendre le plus tôt possible pour que cela se passe dans le confort et non d’attendre la catastrophe, ou disons des périodes pénibles » est tout simplement une solution fasciste imposée et administrée par la force de l’Etat, même vs ceux qui ne partagent ni votre constat, ni vos solutions. A contrario le marché a aussi cela de vertueux qu’il est le révélateur gratuit du niveau de conscience des individus à travers l’état de l’offre et la demande. Si vous souhaitez aller plus vite que lui, c’est que vous vous sentez dépositaire d’un contexte non encore révélé (sauf à vous) et légitime à l’imposer à l’humanité. Vaste programme.

              • Ok je comprend, enfin je crois.
                Je me place en amont, sur un registre éducatif, pas facile en terrain hostile ! 🙂
                C’est vous qui extrapolez que je veux imposer, seriez vous un traumatisé des Verts ? 🙂
                .
                Je ne veux que faire prendre conscience et éclairer sur certains points essentiels qui passe malheureusement souvent sous silence (de mon point de vue), pour qu’enfin chacun agisse comme bon lui semble, en toute connaissance de cause, avec toutes les cartes en main.
                On peux être libéral dans l’âme, avoir des aspirations sur ce qui vous semble juste, le promouvoir et le défendre.
                Je vise la prise de conscience maximum et la coopération volontaire qui en découlerait.
                Y voyez vous a redire ?

              • suite..
                et j’ai envie de dire , il n’y a pas que le marché dans la vie.
                Lorsque vous êtes conscient d’une vérité, attendez vous que le marché, c’est a dire les autres agissent, pour vous même agir ?
                Non vous agissez immédiatement, si vous le pouvez.
                Cela influence le marché de manière ridiculement faible.
                Pensez vous que les autres en tirent information immédiatement ?
                Je ne le pense pas.
                Informer un maximum de gens me semble la meilleure solution pour faire avancer ce qui est essentiel et si évident qu’il n’est pas fait : le sain et durable.
                Il y a une certaine perversion dans le système économique qui freine les évolutions vertueuses vers le sain et durable.
                je ne dis pas que c’est impossible et qu’il ne se passe rien, mais c’est freiné par la rentabilité à court terme, elle même motivée par l’argent rare, issu du mode de création monétaire.
                Libre marché pas si libre que ça…

                • Votre propos me convient mieux et je ne conteste pas l’intérêt de l’information préventive et de la pédagogie responsabilisantes que vous prônez en matière d’écologie s’il s’agit bien de cela et non d’interventionnisme autoritaire sur le sujet. En revanche je m’interroge sur leur efficacité vs les milliards d’individus pour qui la survie non encore assurée est l’enjeu majeur alors qu’on sait que les enjeux écologiques sont transfrontaliers nécessitant une prise de conscience globale de l’ensemble des pays du monde. Là encore il me semble que la croissance et le marché sont des vecteurs plus efficaces que la seule com. car: 1) la conscience écolo est à mon avis un pb de riche apparaissant avec les excès d’une consommation exacerbée générant progressivement son propre rejet sociologique 2) les nuisances (comme en Chine) émanant de l’ultra consommation apportent en même temps via le marché (logement dans des zones moins polluées, recherche de produits sains..) des correctifs mécaniques sur ces excès. Au fond le marché est une grosse mécanique cybernétique qui fait réagir les individus librement et opportunément lorsque surviennent des déséquilibres de tous ordres affectant leurs intérêts collectifs…

                  • Effectivement je ne prône pas l’interventionniste autoritaire mais s’il a lieu, du moment que ça va dans le bon sens, ça ne me dérange pas. Je suis accommodant sur ce point, par pragmatisme question de perception des priorités.
                    .
                    Dans le cas précis du déclin des fossiles, le marché agira à retard.
                    Le moment le plus favorable pour basculer vers une ou des énergies saines et durables est lorsque les fossiles sont encore abondantes: On a les moyens d’agir.
                    .
                    L’anticipation ne peut être l’œuvre du marché, seule la décision politique éclairée peut anticiper.
                    Ce que je prône est l’anticipation, pour au moins initier un processus.
                    En simplifiant à l’excès, c’est un problèmes pour riches et pauvres :même planète, même s’il y des disparités comme vous le soulignez.
                    Par contre les riches ont les moyens d’agir vers le sain et durable sans se pénaliser de trop et quelque part de montrer l’exemple, la voie à suivre, et surtout les moyens d’essuyer les plâtres car il ne faut pas leurrer, des erreurs seront commises ,regardez les Allemands.
                    .
                    A mon sens, il faut une majorité éclairée et convaincue du bien fondé de la démarche d’anticipation.
                    A cette majorité d’agir vers le sain et durable , au moins se manifester et quelque part de contrer le marché actuel en créant une nouvelle demande d »autorité’ en formant un groupe suffisamment important qui a librement fait ce choix.
                    Si l’on attend l’unanimité je pense que l’on pourra attendre longtemps.
                    Si l’on attend la sommes des actions individuelles, je pense que l’on peut attendre un moment aussi.
                    exemple: je voudrais pouvoir alimenter mon habitation et un véhicule de manière saine et durable.
                    je n’ai pas d’offre*, donc je consomme comme tout le monde, donc le marché me croit satisfait, donc rien ne change.
                    (*le nucléaire actuel ne me convient pas, pas assez sécurisant, pas assez durable et pour un véhicule électrique autonome, il faut une bonne rallonge ! 🙂 )
                    Décidément , je reste sur une com pédagogique que j’espère virale (on peut rêver, ça ne coûte rien ! 🙂 ), pour influencer le marché à temps.
                    Mon pouvoir d’achat influençant peu le marché finalement.

                    • Assez d’accord mais je mets personnellement en priorité la croissance et le marché (réellement concurrentiel) comme objectif préalable prioritaire au développement du monde car, contrairement aux malthusiens j’observe que le développement économique favorise TOUJOURS l’émancipation des individus, le contrôle des naissances, le partage des bonnes pratiques, le retrait des religions voire des mouvements politiques extrêmes… ainsi qu’il crée un terrain propice aux actions préventives et exemplaires que vous recommandez. J’irai jusqu’à dire que le marché (réellement concurrentiel) et la seule vraie forme de démocratie exprimant spontanément les désirs des individus et devenant de plus en plus efficient avec leur évolution.

                    • @gaston79
                      Assez d’accord aussi ;-), je ne rejette pas le marché et ses bienfaits, il apporte beaucoup, il est déjà là.
                      .
                      Seule manque la concrétisation de l’aspiration au sain et durable, notre seule destination possible à tous. C’est un choix politique que de s’orienter volontairement tôt vers cette destination car actuellement l’offre n’est pas au rendez vous.
                      .
                      Dans le cas contraire (inaction), nous nous engageons sur la voie d’une forte sélection naturelle à terme.
                      .
                      Je ne vois que ces 2 alternatives mais si vous en voyez d’autres, je suis preneur.

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Par François Facchini. Un article de l'Institut économique Molinari

La dépense publique en France est un thème récurrent des campagnes électorales depuis la prise de position de Valéry Giscard d’Estaing, alors troisième président de la Cinquième République, qui affirmait qu’au-delà d’un ratio de 40 % de prélèvements publics obligatoires sur la production (produit intérieur brut), le régime économique pouvait être qualifié de socialiste.

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Le doute n’est plus permis, nous vivons dans une ambiance socialiste assumée.

Que droite ou gauche gouverne importe peu. D’ailleurs, ce clivage politique a perdu de sa puissance fédératrice. Voter à gauche puis ensuite à droite n’était même pas envisageable il y a cinquante ans. Cela n’effraie plus personne aujourd’hui. L’explication fondamentale de ce phénomène apparaît à tout observateur de la vie politique : le socialisme a gagné. L’opposition libéralisme-socialisme n’existe plus dans la réalité économique et sociale française.

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