Baisse des APL : économiquement excellent, politiquement désastreux

L’annonce d’une baisse généralisée de 5€ de l’Allocation Personnalisée au Logement (APL) est l’exemple même de la mesure excellente lorsqu’elle est bien expliquée, et cataclysmique lorsqu’elle sort du chapeau sans prévenir.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Capture d'écran Youtube : Hors-série : une journée de mandat avec Edouard Philippe by Newzin Vercity

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Baisse des APL : économiquement excellent, politiquement désastreux

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 26 juillet 2017
- A +

Par Éric Verhaeghe.

Avec les APL, le gouvernement jouait sur du velours. Les études n’ont en effet pas manqué ces dernières années pour montrer comment cette allocation était néfaste pour les allocataires eux-mêmes.

Ainsi, l’INSEE, en 2014, avait produit une étude intitulée « L’impact des aides au logement sur le secteur locatif privé ». On y lisait ce texte simple à comprendre et à expliquer :

Les résultats obtenus par cette méthode indiquent que les loyers sont significativement plus élevés dans les agglomérations de plus de 100 000 habitants, suggérant un lien causal entre les aides au logement et le niveau des loyers privés.

Autrement dit, le gouvernement ne manquait pas d’éléments indiscutables pour expliquer que l’APL est une aide aux propriétaires avant d’être une aide aux locataires, et qu’elle favorise la hausse des loyers plutôt qu’elle ne permet de se loger.

Les APL et la mesure proposée par la Cour des comptes

Au passage, la Cour des comptes a déterré à nouveau le dossier à l’occasion de son audit sur les comptes publics en proposant une mesure simple : le libre choix des contribuables entre le rattachement de leur enfant au foyer fiscal et la perception de l’APL pour celui-ci. Soit on reçoit une aide au logement, soit on déclare une demi-part. L’équation était, là encore, simple à comprendre et à expliquer.

La désarçonnante communication du gouvernement

Concernant la baisse des APL, la surprise est d’abord venue de la méthode : l’information est parue dans la presse sous forme de fuite, confirmée illico par le gouvernement. Personne n’a jugé utile de délivrer une parole politique sur le sujet, c’est-à-dire une explication en bonne et due forme sur le pourquoi du comment. C’est tout juste si l’on a entendu des voix pour attribuer cette baisse au gouvernement précédent.

Ici, on se demande si le silence gouvernemental tient du pari raisonné (on ne dit rien, et on espère que ça passera tout seul) ou de l’amateurisme (c’est une mesure anodine que personne ne remarquera). En tout cas, il faut une sacrée dose de surdité pour n’avoir pas réagi dès les premières heures de la polémique.

Une mesure politiquement coûteuse

Reste que si, sur le fond, la baisse des APL de 5€ est une mesure qui va dans le bon sens (puisqu’elle diminue une dépense publique qui profite aux nantis, c’est-à-dire aux propriétaires, avant de profiter à ceux qui en ont besoin), elle est politiquement désastreuse.

Les estimations montrent qu’elle ne devrait pas rapporter plus de 400 millions € en année pleine. Se fâcher avec les Français pour de la roupie de sansonnet, c’est quand même absurde. Une baisse de 12,5€ aurait rapporté 1 milliard. Au-dessous de ce chiffre, l’impopularité n’est pas rentable.

Sur le web

Voir les commentaires (15)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (15)
  •  » est ce que vous touchez les APL ? » , c’est une des première chose que vous demande un propriétaire qui veut louer un bien ….c’est donc bien vrai que ça les interresse …maintenant , concernant les 5 euros en moins , ce n’est même pas le prix d’un paquet de malboro ; et je connais des tas de gens qui vivent d’allocs en tout genre et qui ont de quoi se payer le dernier i phone , ou qui partent en vacance , alors que moi ça ne m’est pas possible ……

    • Ah, vous en connaissez ? Des tas ? Et ils vivent QUE des allocs ? Mais alors qu’attendez vous, ou alors vous êtes masochiste ?

      • masochiste ? non , réaliste ; il vaut mieux compter sur ses propres revenus bécause quand c’est l’état qui détiend les cordons de la bourse , il peut trés bien vous couper les vivres ; et là , bonjour les dégats…..

  • Un peu courte, la lecture de l’INSEE présentée. Parce que la taxation foncière plus locative des logements n’influerait pas sur le prix des loyers, dans les  »agglomérations de plus de 100 000 habitants », par comparaison aux moyennes communes et au secteur rural ! ?
    Et puis, est-il vraiment nécessaire de devoir expliquer aux gens de bonne volonté ce que représente 5 euros par mois ?
    Pour les autres, il y a l’agitation médiatique et le défoulement dans les rues sur les abribus pour s’en remettre …

  • Toute prise de décision, en France, est une erreur politique. Le contraire, aussi, mais c’est plus doux.

  • Le gouvernement joue petit bras. A force de petits pas, on en conclura qu’ils ont aussi de petites jambes.

  • Est-ce vraiment une erreur ou une manœuvre d’usure pour décrédibiliser et lasser l’opinion des oppositions systématiques ?

    • Ça ne m’étonnerait pas. On parle souvent du capital politique du gouvernement, qui s’épuiserait… mais jamais de celui des contestataires.

  • Preuve que Macron et ses sbires font du Hollande, aussi bien dans les mesures que leur annonce et traitement.

  • C’est vrai que 5€, ça vaut pas le coup de se mettre l’opinion à dos pour si peu.
    Donc, comme rien est fait au hazard, à mon avis ils font un petit test d’opinion pour voir s’ils peuvent pas en faire un peu plus l’an prochain.
    Chez les proprios ça va grincer des dents, et pour les étudiants, si ça part pas en cacahuette dans les universités l’an prochain, miracle.

  • Difficile de comprendre en quoi la diminution de 5€ / mois de l’APL serait une excellente mesure sur le plan économique. Comme le dirait H16, c’est du bricolage. A titre de comparaison, afin d’éclairer les lecteurs et l’auteur de l’article, si toutefois il lit les commentaires qui lui sont adressés, voici un panel de mesures qui seraient à la fois excellentes sur le plan économique et permettraient à chacun d’avoir un toit :
    – supprimer tous les impôts et taxes sur de logement, bien de consommation de première nécessité : taxe d’habitation, taxe foncière, TVA sur les logements neufs, TVA sur les travaux, TVA sur les honoraires des syndics de copropriétés, droits d’enregistrements des mutations, impôts sur les revenus locatifs, ISF (Impôt de Spoliation de la Fortune), impôts sur les successions, et j’en oublie certainement (à l’énumération qui précède, on se rappellera que le logement est, bien au contraire, considéré comme l’une des plus grosses vache à lait fiscale de l’état et des « collectivités » locales)
    – supprimer toutes les « aides » aux logement (logement dit « social », APL)
    – supprimer toutes les réglementations imposées aux propriétaires qui ont le droit de disposer librement de leur bien (dans la limite du droit des autres, bien entendu)
    – supprimer toutes les normes absurdes (prétendument « environnementales », « en faveur des handicapés », de confort, …), qui renchérissent le coût du logement…
    Le logement est une excellente illustration du caractère « pompier – pyromane » des hommes de l’état : taxes, impôts, contraintes et réglementations provoquent rareté, augmentation des prix (encore aggravée par la rareté), effets indésirables qu’ils tentent de « corriger » par des mesures qui ne font qu’aggraver le problème (toute « aide », quelle quelle soit, doit être prélevée sur le fuit du travail de quelqu’un, que ce soit via l’impôt ou la création monétaire).
    D’une manière générale, impôts et taxes rapportent bien plus que toutes les « aides » distribuées (si non, ils n’auraient pas lieu d’être). Supprimons les et il n’y aura plus besoin d' »aides ». Sur le sujet, lire l’excellent livre de Vincent Benard (https://fr.scribd.com/document/80163334/Logement-crise-publique-remedes-prives-Vincent-Benard-Institut-Turgot-2007),

  • Baisser les APL c’est bien, libéralisé le secteur immobilier c’est mieux car c’est le seul facteur qui permettra de faire baisser le cout du logement pour les Français. Seulement voilà beaucoup de monde à intérêt à ce que les loyers et les prix des logement restent cher et en premier l’état et les collectivités locales qui touche un gros paquet de pognon directement indexé sur les prix. Donc on préfère saupoudrer quelques aides d’un coté (APL) et toucher le pactole (impôts, taxes, droits de successions…) de l’autre et tant pis si les plus modestes dépenses la moitié de leur paye pour se loger. Les socialistes ne vivent que parce qu’ils y a des pauvres alors ils en fabriquent à tire larigot…

  • L’impopularité n’est pas rentable, certes.
    Mais la médiocratie macronesque va se heurter au mur de la réalité, et exploser en vol, je l’espère pour le pays.
    Macron va bloquer le marché immobilier et la construction , générant une crise dans le Bâtiment. Puis ; il va comme ses prédécesseurs énarques augmenter les prélèvements.
    Quand il ne restera dans le pays que des retraités, des fonctionnaires et des immigrés agressifs, le pays s’écroulera comme n’importe quelle République bananière.

  • deux de mes locataires percevaient l’Apl et ne payaient pas le loyer!

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don
casier Législatives coute
0
Sauvegarder cet article

Ce n’est pas Macron, aujourd’hui, c’est la démocratie qui est en marche. Depuis l’heureuse surprise du deuxième tour de l’élection législative, nous retrouvons enfin un équilibre des pouvoirs tel que l’avait défendu Montesquieu dans L’Esprit des lois.

C'est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser, et pour qu'on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir.

C’est chose faite depuis le 19 juin.

Malgré la position privilégiée que ... Poursuivre la lecture

53,7 % de Français ont refusé de participer au second tour des législatives. Le message est on ne peut plus clair et limpide : 53,7 % des Français ne s’intéressent pas à la désignation du pouvoir.

On pouvait donc penser que le message soit entendu, que le pouvoir fasse preuve d’humilité, réfléchisse, se remette en question… Que nenni ! À peine le chiffre a-t-il été constaté qu’aussitôt, la fureur politicienne a repris le haut de l’affiche.

Il vient pourtant de se prendre une sacré claque, le « en même temps », le « dire une chos... Poursuivre la lecture

Pendant cinq ans le Président Emmanuel Macron a décidé seul de tout, avec une majorité de députés dociles. Il a été le Président Absolu de la République pour reprendre l'expression et le titre du dernier livre de Philippe Fabry.

Emmanuel Macron est donc le responsable au premier chef de la situation catastrophique dans laquelle se trouve le pays et qui a été occultée par les épouvantails Zemmour puis Le Pen pendant la campagne des présidentielles.

Après cinq ans de surdité, il a prétendu mercredi soir avoir entendu les Français.... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles