PLF 2021 : de la dette, toujours de la dette…

Quoi qu’en dise Bruno Le Maire, la dette ne s’épuise que par de l’impôt futur ou par la spoliation des épargnants. Au bout de la dette, même « effacée », il y a toujours quelqu’un qui va payer.

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PLF 2021 : de la dette, toujours de la dette…

Publié le 2 octobre 2020
- A +

Par Nathalie MP Meyer.

Quand on s’appelle l’Allemagne, pays habitué aux excédents budgétaires et donc à un endettement public en baisse depuis quelques années (de 80 % du PIB en 2010 à 60 % en 2019) suite à un train de réformes structurelles très importantes dans les années 2000, la violente crise économique consécutive aux confinements anti-Covid se solde par un recul du PIB de 5,8 % en 2020 et un niveau de dette publique de 75 % à l’horizon 2021.

Mais quand on s’appelle la France, pays « en situation de faillite » (Fillon en 2007) qui semble mettre son point d’honneur à toujours repousser les réformes à plus tard au nom d’un sens de la justice et de l’entraide qui serait chez nous « plus vif qu’ailleurs » (Macron en 2019), il faut remonter aux années 90 pour trouver un endettement public de l’ordre de 60 % du PIB et à 2009 pour redescendre à 75 %.

Selon les dernières données publiées par l’INSEE, notre dette publique se montait à 2 638,3 milliards d’euros à fin juin 2020, soit 114,1 % du PIB :

Et si l’on en croit le Projet de loi de finances pour 2021 (PLF 2021) présenté lundi dernier en Conseil des ministres par le ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance Bruno Le Maire (voir tableau récapitulatif ci-dessous), notre PIB s’effondrera de 10 % en 2020 et la dette publique caracolera de presque 100 % du PIB en 2019 à plus de 116 % en 2021.

Quels veinards ces Allemands ! Ils trouvent le moyen de faire mieux dans la crise que nous avant la crise !

Tableau récapitulatif des principales données de nos finances  publiques12 et PLF 2021

Sources : Dépenses publiques – Prélèvements obligatoires – Déficits publics – Dette publique – Croissance – InflationPLF 2021.
Mise à jour : 30 septembre 2020.
Unités: Habitants en millions – PIB en milliards d’euros courants – Dépenses publiques, prélèvements obligatoires, déficit public et dette publique en milliards d’euros courants et en % par rapport au PIB.
Note : 2020 est une estimation de fin d’année et 2021 une prévision.

La France n’a plus que la solution de la dette

À force de vouloir préserver un État providence dévorant et à force de vouloir orienter administrativement les comportements et la production de biens et services selon des plans déconnectés des réalités de terrain, la France a été « surprise » par le coronavirus avec des retards flagrants de compétitivité, un chômage de masse persistant, une dette publique élevée, une grogne sociale lancinante et aucune marge de manœuvre budgétaire.

Impossible de recourir à l’impôt, du moins dans l’immédiat, tant le niveau atteint nous place déjà bien au-dessus de tous les autres pays.

Mais inutile de se lamenter, ce qui est fait est fait et l’on ne peut plus rien y changer. Maintenant que la crise économique est là, une crise d’origine purement administrative suite aux décisions de mettre pratiquement toutes les activités à l’arrêt pour limiter la propagation du Coronavirus, il ne nous reste plus que la solution de l’endettement pour financer les mesures d’urgence de 2020 (chômage partiel essentiellement) et la fameuse relance de 100 milliards sur deux ans en plus des opérations courantes.

Remarquez que c’est dans l’air du temps. Bien avant qu’on ne parle de pandémie, il était de bon ton de s’appuyer sur le niveau quasi nul des taux d’intérêt (niveau maintenu tel par les banque centrales, rappelons-le) pour encourager les États à s’endetter afin de peser plus dans les équilibres économiques et sociaux des pays, selon les canons de la modern monetary theory (MMT) ou « nouvelle politique monétaire » qui n ‘est rien d’autre qu’une adaptation moderne de l’illusion keynésienne.

Dépenses toujours plus folles

La France ne faisant rien à moitié, elle est doublement keynésienne : non seulement elle est toujours prompte à injecter de l’argent public dans l’économie de façon contra-cyclique pour conjurer les grandes crises selon les principes édictés par M. Keynes à l’époque de la crise de 1929 (Giscard en 1974 et 1975, Sarkozy en 2008 et 2009, Macron aujourd’hui), mais elle en a dérivé une politique de la dépense publique en croissance permanente qui colle à merveille avec son sens « plus vif qu’ailleurs » de la solidarité.

Et voilà comment nous serons endettés à hauteur de 116,2 % de notre PIB en 2021. Un niveau qui n’est pas encore tout à fait grec ou italien mais qui n’inspire pas vraiment l’idée que la France maîtrise sérieusement ses comptes publics ni son futur proche.

Et encore ces prévisions sont-elles baignées de la plus grande incertitude en raison des inconnues sanitaires, ainsi que le souligne le Haut Conseil des Finances Publiques dans son avis sur le PLF 2021.

S’il juge la plupart des données « plausibles », « cohérentes » ou « vraisemblables », il pointe cependant un excès d’enthousiasme dans le taux de croissance « volontariste » de 8 % retenu pour 2021 et il met en garde contre une dérive excessive de la dette après des années de hausse dans un contexte économique dont on ne mesure pas du tout les capacités de rebond.

De la dette, mais de la croissance ?

Mais ce n’est certainement pas cela qui pourrait effrayer Bruno Le Maire. Toujours sage et bon élève, le ministre assure que la dette sera remboursée :

« C’est irresponsable de laisser croire que la dette pourrait ne pas être remboursée. »

Ouf, nous voilà rassurés !

Mais comme Bruno Le Maire s’engage aussi à ne pas augmenter les impôts (les impôts de production devraient même baisser de 10 milliards en 2021, et encore 10 milliards en 2022) et comme l’on doit se résigner à abandonner tout espoir de voir les dépenses publiques diminuer à court terme – à ce propos, il est prévu qu’en 2021 les effectifs de la fonction publique s’allègeront de… 157 postes sur un total de 5,6 millions d’agents ! – on se demande s’il tient en réserve une stratégie de derrière les fagots ou si ce ne sont que des mots gentiment lénifiants selon l’habitude bien ancrée des locataires de Bercy.

Eh bien, figurez-vous que notre charmant ministre a une stratégie ! Il compte sur la croissance, qui n’est à ce jour qu’un vœu pieux, et sur le sérieux de la tenue des comptes publics, qui n’est à ce jour qu’une vaste rigolade !

Il est aussi question de faire évoluer les structures avec la réforme des retraites qui revient sur la table. L’alignement des régimes spéciaux sur le régime général dégagerait en effet des économies, mais comme il y a aussi le projet de concentrer l’ensemble du système dans les mains de l’État au mépris des régimes autonomes, l’issue est beaucoup plus douteuse.

Quoi qu’en dise Bruno Le Maire, la dette ne s’épuise que par de l’impôt futur ou par la spoliation des épargnants. Le fait de vouloir cantonner la « dette Covid » en dehors de la dette publique, comme cela est suggéré dans le PLF, dans le but de faire illusion sur le niveau effectif de surendettement de la France, ne change rien à l’affaire. Au bout de la dette, même « effacée » à la BCE ou que sais-je, il y a toujours quelqu’un qui va payer.

Une chose est sûre, notre ministre de l’Économie est un vrai keynésien ! Keynes préconisait en effet d’en passer par des plans d’investissement (genre grands travaux) plutôt que par la consommation, car cette dernière dépend trop des décisions individuelles tandis que le recours à l’investissement possède l’incomparable avantage de pouvoir être piloté de bout en bout par les gouvernements dans le sens et dans les domaines qu’ils souhaitent privilégier.

C’est précisément ce à quoi s’attelle le plan de relance. (Et moi qui vous disais récemment que Bruno Le Maire ne connaissait rien à l’économie !) Au-delà du simple soutien conjoncturel en temps de crise, il est en fait surtout question d’en profiter pour transformer l’économie qui se doit d’être plus verte, plus décarbonée et plus relocalisée.

Mais vous connaissez le zèle réglementaire des élus et de l’administration française : pas question de laisser ces objectifs à la discrétion des entreprises. Tout est donc défini au millimètre, à tel point que le patron du Medef Geoffroy Roux de Bézieux se demande si cela n’aura pas l’effet inverse de celui escompté. Dans le secteur de l’agro-alimentaire, par exemple :

« Bercy a dressé une liste d’une trentaine de produits à relocaliser qui donnent droit à une aide, mais si votre production n’entre pas dans cette liste vous êtes exclus. L’administration est allée trop loin dans les prescriptions et cette complexité risque de décourager les PME. »

Un bel exemple du micro-management maladif du gouvernement. De là à ce que trop de dirigisme tue la croissance…

On y revient toujours, et pourtant l’État recommence toujours les mêmes erreurs. L’idéal serait qu’une fois la crise post-Covid passée et jugulée, ce que M. Le Maire nous promet pour 2022, on s’attelle vraiment à un programme de réduction de la dépense publique afin de pouvoir baisser les impôts et commencer à rembourser la dette avant d’être « surpris » par une nouvelle crise.

Curieusement, je n’y crois guère. Et le gouvernement non plus, qui ne voit pas la dette refluer avant 2025. La dette s’empile pour durer.

Sur le web

  1. Pour les définitions des principales grandeurs de nos comptes publics, on pourra se reporter à l’article : Budget 2016 : opérations de contes à comptes (17 sept. 2015).
  2. L’INSEE révisant ses données en continu, ce tableau présente plusieurs petites différences avec mes tableaux antérieurs (au cas où vous compareriez…
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  • Être ministre des finances même littéraire ,calife élyséen,premier de cordée d’une bande d’incapables,cela revient a être dirigeant d’une entreprise.
    Quand ces derniers ne sont pas bon,ils sont virer et même poursuivi en justice.
    Alors qu’attend on pour le faire.

  • Je n’ai pas eu le temps de lire l’article mais quand je lis la première phrase « la dette ne s’épuise que par de l’impôt futur ou par la spoliation des épargnants », ce qui me fait penser, bizarrement, à la Suisse qui avait dans les années 70 un taux d’endettement double à celui de la France et de l’Allemagne, et qui est passé à une dette d’à peine 30% du PIB.
    Les Suisses présents ici nous parleront avec effroi de ces années de spoliation, j’en suis sûr. (lol).

    • Tout à fait, les japonais s’en sortent très bien avec une dette colossale. On va donc brider les yeux à l’ensemble des français pour les rendre plus travailleurs et ainsi inspirer confiance aux prêteurs.

      • le Japon emprunte à sa population.

        Les Américains financent le national socialisme français de la même manière qu’ils ont financé celui de l’Argentine à nouveau en faillite.

        • « national socialisme français »… vous tirez les mots dans un chapeau ? Demain on aura droit à « bolcho-sataniste-vegan français » ?

    • Certes, ils ont eu un pic en 2005, mais c’est revenu à 30%. Comme l’Allemagne. On peut difficilement baiser la dette avec des budgets côtés depuis 40 ans en déficit comme en France

    • Mais qu’avez-vous fumé ❓ Du Saint-Macloud ❓
      De la bonne, n’est-ce pas !
      La Suisse n’a jamais eu 240 et même 120 % de dette.

      • Arf… moi et ma manie d’écrire français avec des mots simples… Reprenons donc voulez-vous ?
        A la fin des 30 Glorieuses, vers 1973, le taux d’endettement de la France était de 16%. La Suisse était vers les 35%.
        Sans avoir fait math sup, n’importe quel chef d’escadrille voit que 35 est plus que le double de 16.

        • Si l’on a des taux supérieur à 100%, c’est que l’échelle va de 0 à … l’infini !

          16 et 35 ne sont que des graduations arbitraires. La somme a payer est proche du double, mais le taux est virtuel : il n’a plus grand chose à voir avec un verre plein à 16 ou 35%.

          Le gros risque est que le virtuel bascule dans le réel. La puissance bancaire suisse est surement plus à même de maintenir le virtuel que la puissance agricole française en transition verdâtre.

    • Cactus a écrit: « un taux d’endettement double à celui de la France et de l’Allemagne, et qui est passé à une dette d’à peine 30% du PIB. »

      La Suisse a donc baissé sont endettement de 5% en 50 ans. Wow !
      Vous me faites penser à la vieille blague soviétique:
      Le président américain et russe font une course, l’américain gagne, le lendemain la Pravda titre « l’américain est arrivé avant dernier, notre glorieux président brillant deuxième ».
      .
      Sacrés menteurs socialistes 🙂

      • Bonjour Guillaume P.
        En quoi dire que 35% est plus du double de 16% est un mensonge ? Est-ce même possible de dire que 35 n’est pas plus du double de 16 ? C’est bien ce que vous dites, non ?
        Selon Guillaume P, 35 n’est pas au moins le double de 16 ! Bravo ! ça me rappelle une histoire.. 2+2=5 quand il le faut… C’est exactement ce que vous défendez.

        • C’est votre semaine nostalgie de l’URSS ont dirait: déjà bourré dès le matin. 🙂

          • oh, quelle surprise, vous ne répondez pas à la question : « En quoi dire que 35% est plus du double de 16% est un mensonge ? » et vous êtes insultant.

  • Cette crise du COVID aura eu pour mérite de nous faire passer sans aucune retenue le cap psychologique des 100% de dette.
    Nous pouvons donc maintenant envisager tranquillement une nouvelle période d’évolution progressive vers celui des 200% .

    • Au lieu de compter en %, il suffit de compter en années de PIB, et avec l’allongement général de l’espérance de vie, il n’y a pas de raison que celle de la dette raccourcisse, n’est-ce pas ?

  • Alors qu’on traîne péniblement autour d’ 1% de croissance (avant covid) sans réelle perspective depuis longtemps, pour les raisons que nous connaissons par cœur, il est certain qu’avec une macro-économie au bord de la ruine, son cortège d’entreprises zombies et de chômeurs, le curseur de la croissance placé à 8% en 2021 place l’objectif à la façon de l’enveloppe en haut du mât de cocagne !!
    Et bien sûr la dette s’envolera au premier coup de vent.
    Il est évidemment certain qu’on gagnera la course pieds nus dans la boue avec un sac à dos bourré de pavés.
    Mais qu’il est pessimiste ce Bubulle !

  • l’idéal serait surtout de virer manu militari cette bande d’incapable et de les remplacer par des gens sensés et courageux qui mettrait en route toute les réformes pour redresser le pays sans penser à se faire réélire ;

    • Pas mal « Virer Manu »

    • Tous les gens sensés, même courageux, refuseraient le poste.

    • Pas si simple: si Margaret Thatcher a réussi à redresser l’économie britannique, cela ne s’est pas fait tout seul en 1 ou 2 ans.
      Elle a bénéficié d’un concours de circonstances (guerre des Malouines en 1982) qui lui a permis d’avoir le soutien de la population.
      Arrivée au pouvoir en 1979, l’économie UK était encore très mal en point en 1984.

    • Oui mais il serait forcément traité de dictateur par tous les medias, donc , il n’y aura pas.

    • malheureusement les français ne sont pas de votre avis, trop contents d’avoir des allocs et peu enclins à vouloir du changement, alors oui ils se plaignent mais se plaignent surtout de ne pas en avoir assez ( de pognon et de service public)

  • Il n’y a que 3 possibilités pour un pays de sortir de l’endettement:

    – L’inflation: difficile avec l’Euro, la France n’est plus maître de sa monnaie depuis que le FF a disparu. L’Allemagne a utilisé cette solution au siècle passé.
    – La confiscation de la fortune privée: possible quand on sait que l’épargne des français est a peu près aussi importante que les dettes publiques. Roosevelt avait partiellement utilisé cette possibilité en 1933 en « confisquant » l’or détenu par les américains.
    – La faillite: déjà utilisée plusieurs fois par la France et d’autre pays. 2 pays n’ont jamais fait faillite: les USA et la Suisse.

    Les dettes publiques ne seront jamais payées, la résolution de ce problème sera certainement un « mix » des 3 possibilités. Le danger peut venir avec l’effondrement possible de l’Euro.

  • Bien d’accord avec l’auteur. Peut être faudrait il insister un peu plus sur la distinction entre la dette utilisée pour payer les dépenses courantes et la dette utilisée pour investir. Une entreprise normale qui emprunte pour investir va le plus souvent rembourser grâce à ce que produiront les moyens de productions financés par cette dette. En revanche, dans le cas de nos finances publiques, non seulement il y a peu d’investissement mais en plus nos gouvernants ont une fâcheuse tendance à utiliser le terme en synonyme de dépenses improductives ! Un investissement public qui ne dégage pas des bénéfices ou économies futures (notamment des réductions de personnel grâce à des équipements plus performants) n’est pas un véritable investissement.

  • Je plains le prochain gouvernement quand il ne recevra plus les impôts de production en 2022 alors qu’aucune économie n’aura été réalisée…
    Mais ils doivent être au courant de ce scenario…

  • « les effectifs de la fonction publique s’allègeront de… 157 postes »

    Mais il faudra bien embaucher quelque dizaines (ou centaines ?) de milliers de policiers pour faire régner l’ordre et remplacer ceux en arrêt maladie pour cause de dépression.

    Le plus effrayant dans le « volontarisme politique » n’est pas les plans sur la comète mais le refus de considérer les « effets de bord ».

  • Tous les gouvernements successifs ont parfaitement compris que le bénéfice médiatique et électoral des redistributions via endettement c’était pour tout de suite, alors que l’hypothétique cessation de paiement justifiant la rigueur donc les emmerdements d’aujourd’hui , c’était pour dans plus longtemps, probablement sous une autre mandature.
    Donc la dette, ils s’en foutent complètement.

    • De toutes façons, les ministres bénéficient d’une pension à vie même s’ils ne durent qu’un journée et se sont votés l’immunité pour et par « principe de précaution ».

  • On n’a pas le choix en fait, l’ UE commande, nos dettes sont les pensions des européens.

  • Il y a une nouvelle (de shekley il me semble) qui résume bien la situation :

    Un homme « tombe par hasard (?) » sur une machine qui réalise tous les voeux. Il en profite bien sur largement pour s’offrir tout ce dont il a envie. Jusqu’au moment où il demande – et obtient – l’immortalité.

    A ce moment là, le représentant de la firme propriétaire de la machine apparaît et lui présente la note. Et comme il ne peut pas payer, il lui annonce qu’il va être condamné à 1000 ans de travaux forcés dans les mines de sel pour éponger sa dette.

    • Ça resume bien la situation dans laquelle ils nous ont mis… Les intermédiaires étant toujours bien rémunérés si vous cherchez une motivaion

  • le 116% du PIB n’a pas beaucoup de signification, vu comment est calculé le PIB… Il faudrait voir par rapport au PIB marchand et là je pense que l’on est plutôt à 200 %.
    On peut ajouter tout l’endettement hors bilan (retraites des fonctionnaires…).

  • Comment Bruno Sucebites compte t il s’y prendre pour recréer avec un million de chômeurs en plus les deux cents milliards de PIB perdus cette année ?

  • Il y a une petite coquille de calcul dans le tableau. En effet, pour parvenir à 2223 milliards de PIB en 2020 avec un taux de croissance de -10%, il faut une inflation d’environ +2% et non de +0,2%. Sans inflation et avec une baisse de 10%, le PIB 2020 sera plutôt de l’ordre de 2183 milliards (2426*0,9).

    Par ailleurs, il convient d’ajouter aux dépenses publiques 2020 les aides « covid » de l’ordre de 150 milliards, ce qui élève le taux de dépenses dans le PIB à quasiment 70% (avec une hypothèse de croissance structurelle de 1,5%), à moins qu’un tour de passe-passe comptable dont Bercy a le secret conduise à ne pas inscrire ces aides exceptionnelles en dépenses publiques.

    Enfin, compte tenu de l’effet ciseau de la baisse des recettes d’une part et de la hausse des dépenses publiques d’autre part, le déficit 2020 pourrait atteindre 370 milliards, puis descendre vers 160 milliards en 2021, pour une dette publique cumulée de 126% du PIB fin 2021, et 130% sur la lancée en 2022. Il faut en effet anticiper la baisse des recettes fiscales et non fiscales en lien avec la baisse du PIB, tandis que les dépenses publiques restent à leur étiage en 2020 et 2021, insensibles au monde réel. Ce n’est pas parce qu’il y a une crise qu’il faudrait se priver ou faire le moindre effort, n’est-ce pas ?

    La troisième LFR de juillet dernier a prévu un déficit de seulement 206 milliards pour 2020. Il faut une sacrée dose d’optimisme (ou d’aveuglement, ou de rouerie budgétaire européenne) en termes de croissance et de recettes fiscales pour publier de telles prévisions. Sait-on jamais ? Mais si le déficit prévu se révèle inférieur à la réalité, ce sera la panique au dernier trimestre, lorsque l’AFT devra trouver en urgence sur les marchés des créanciers compatissants. La BCE certainement, mais pour combien de temps encore ?

    • Sans oublier la dette hors bilan de 5500 milliards et toutes les couleuvres planquées partout; dans le comptage du PIB, les dépenses cachées, les recettes gonflées.
      La chance, ou la malchance, de la France c’est qu’elle est too big too fail et que sa chute entrainerait l’UE et les autres malades avec sinon elle serait en mode grec depuis très longtemps.
      La bureaucratie française et européenne ne reculera devant rien pour continuer la fête: spoliation massive, argent gratuit, économie totalement administrée, c’est la fuite en avant.

  • Dette française : s’endetter pour s’appauvrir !

    En cette période de recherche de solutions pour sortir de la crise, les discussions sur le rôle de l’Etat en tant qu’emprunteur vont réapparaitre dans l’actualité. Un tel regain avait été constaté après la crise économique et financière de 2008-2009. La question était alors de savoir si une importante augmentation de la dette publique contribuerait ou pas à la croissance économique. Reposons-nous cette question en 2020.
    Pour y répondre, le calcul d’un coefficient de corrélation entre les évolutions des niveaux de la dette et ceux de la croissance constitue un facteur déterminant.
    Le calcul suivant a été effectué sur 648 couples valeurs de la dette et croissance sur 28 pays européens (manquent 24 valeurs sur 648 avant 2000 pour 6 pays) :
    Coefficient de corrélation calculé de 1996 à 2019, sur 28 pays, entre le taux de croissance annuel du PIB par habitant en volume (source INSEE) et le taux de croissance annuel de la dette brute consolidée des administrations publiques (source Eurostat) : Coef : – 0.23
    La faiblesse de ce coefficient signifie que les variations des dettes publiques n’ont qu’une influence très faible sur la croissance. Sa valeur négative peut être interprété par le fait que les augmentations de dette ont été réalisées en période de ralentissement et surtout sans aucun résultat.
    Ces résultats de 1996 à 2019 vont dans le même sens que les conclusions d’une étude (réalisée par Leila Ben Ltaief Université de Tunis) publiée en 2014 et qui affirmait que : « Suite aux différents tests économétriques effectués, nous signalons que les résultats obtenus au niveau de l’échantillon total et des pays à seuil élevé d’endettement rapporté au PIB (les pays du Sud de l’Europe) plaident en faveur d’un effet négatif du fardeau élevé de la dette publique sur la croissance. Cette conclusion, justifie l’effet néfaste et pénalisant sur le taux de croissance de la production qu’exerce le surendettement au-delà des valeurs limites exigées. Donc, plus les émissions de dette publique augmentent, moins les gouvernements ont de marge pour employer des politiques anticycliques. »

    Aujourd’hui, le débat n’étant pas clos, rappelons quelques éléments d’analyse : Quelles peuvent-être les origines des dettes publiques ?
    – Une crise avec une forte chute de l’activité qui réduit les entrées fiscales mais pas les dépenses de fonctionnement ;
    – Des politiques sociales de longue durée pour aider les ménages défavorisés ;
    – Une politique économique visant une forte relance de la croissance de moyen terme ;
    – Des dépenses publiques permanentes d’une économie qui « vit au-dessus de ses moyens » ;
    – Des dettes pour rembourser les dettes antérieures.
    Existe-t-il des risques ?
    Un Etat n’est pas un ménage ni une entreprise et peut, en théorie, s’endetter à vie, à très haut niveau. Il ne peut pas faire faillite, mais dans le cas où il fait défaut, il n’honore plus ses créanciers et peut alors appliquer un délai, une remise ou renoncer au remboursement intégral de sa dette. Les optimistes disent par exemple pour ce qui concerne la France, que l’ampleur de la dette est significativement inférieure à l’ensemble des actifs publics incluant également les écoles, les hôpitaux, les routes, … Cette vision relativiste de L’OFCE datait de 2009 et ne s’appliquerait plus aujourd’hui, en 2020, car le patrimoine des administrations publiques a chuté à près 190 milliards alors qu’il était de 420 milliards en 2009 (INSEE) ! En réalité tout est question de savoir, pour un pays donné, où se situe le curseur entre la confiance et l’inquiétude. Le Japon n’est pas la Grèce.
    Quel est alors le contexte actuel pour la France ?
    Le confinement décrété a généré un choc économique de grande ampleur. Ce choc se transforme en crise de récession dont la durée sera de l’ordre du long terme. On peut néanmoins rappeler le contexte international qui précédait le choc. Un niveau d’activité de bon niveau, peu d’anticipations négatives politiques ou économiques, pas d’anticipation d’une nouvelle inflation, peu d’anticipations de hausse des taux d’intérêt et une tendance de l’évolution des gains de productivité plutôt stable. Ces conditions étaient évidemment plutôt favorables à la conjoncture française qui contrairement aux autres pays européens se distinguait par des variables négatives (chômage, investissement, équilibre extérieur, …), et des données structurelles pesantes pour ce qui concerne l’Etat (poids, équilibre, solde budgétaire, …). Dans de telles conditions, le retour à une conjoncture normale ne sera pas évident. Ce retour à la normale sera d’autant plus grave que la transition énergétique risque de s’imposer de manière de plus en plus forte avec des phénomènes de créations et de destructions nécessitant des investissements, de la formation, des restructurations géographiques, …
    Pour être plus précis
    Le coefficient de corrélation (dette /PIB) de 1995 à 2019 pour la France est de -0.70 et se classe au 26e rang sur 28, ce qui signifie qu’une augmentation de la dette constitue potentiellement un impact négatif pour la croissance ; en partie parce que l’accroissement de la dette va se traduire directement ou indirectement par des hausses de taxes et d’impôts qui agissent de manière négative sur, le commerce extérieur, l’investissement, la consommation et donc le PIB. Ces perspectives risquent d’être aggravées dans la mesure où nos gouvernements ont trop souvent du mal à maîtriser les équilibres budgétaires.
    Recommandations
    L’idéal serait qu’un gouvernement gère avec rigueur, détermination, et actions de long terme une politique économique de réduction des dépenses et des recettes de l’Etat. Un pays dont le poids de l’Etat dans le PIB est parmi les plus élevés au monde et qui en plus est fortement endetté est potentiellement en position de grande faiblesse face à des crises comme celle que nous connaissons aujourd’hui. Malheureusement, l’histoire nous démontre que l’avenir nous réservera d’autres crises avec effets de surprises. Un comportement qui consiste à faire l’hypothèse que notre environnement économique international de long terme sera stable est discutable lorsqu’il constitue la base d’une politique économique.
    Revenons néanmoins à des propos plus optimistes. La France est dans l’Europe, la France est protégée par l’Europe. Alors croyons en ce que vient de proclamer Pierre Moscovici : « Il faut se garder de tout catastrophisme comme de tout irénisme. Une dette à 120% du PIB n’est pas en soi une catastrophe. Nous ne sommes pas en 2008, les conditions d’endettement sont beaucoup plus favorables et la qualité de la signature de la France est forte. »
    Bernard Biedermann
    Conjoncture et décisions
    http://theoreco.com

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Déjà en 1978, le prix Nobel d’économie Milton Friedman alertait sur les causes de l’inflation : due aux politiques monétaires des banques centrales, celle-ci est principalement liée aux excès de création monétaire et de dépenses publiques.

Concrètement, les banques centrales créent de la monnaie ex nihilo pour financer ou racheter la dette publique des États surendettés, ou encore accorder des crédits aux banques. L’injection d’une nouvelle masse monétaire dans l’économie induit, à terme, une baisse de la rareté de la monnaie, et donc ... Poursuivre la lecture

Il fallait s’y attendre. Chaque nouvel épisode de crise relance automatiquement la chasse aux « profiteurs » de crise. « Amazon se gave ! » lançait Roselyne Bachelot en novembre 2020, au cœur du débat sur les restrictions d’activité anti-covid. Vite, boycottons Amazon, taxons son chiffre d’affaires, ramenons de la sobriété et de la justice sociale dans ce monde de brutes ! Aujourd’hui même combat : haro sur le transporteur maritime CMA-CGM, haro sur le pétrolier TotalEnergies, haro sur tous les profits trop gigantesques pour être honnêtes.Poursuivre la lecture

La rentrée 2022 est véritablement cauchemardesque.

On rentre à peine de vacances, on ouvre les yeux en tremblant, et bim, l’inflation que le ministre de l’Économie Bruno Le Maire ou la présidente de la BCE Christine Lagarde nous décrivaient au début du printemps comme un petit désagrément technique temporaire uniquement attribuable à la reprise post-covid puis à la guerre russe en Ukraine n’a pas eu le bon goût de s’assécher au soleil de l’été.

Tout au contraire, elle est toujours là, plus vigoureuse que jamais – 8,9 % en zone e... Poursuivre la lecture

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