Macron veut-il réellement réformer les retraites ?

« A cotisations égales, retraite égale pour tous » ? Pas sûr que le nouveau gouvernement trouve le courage de mettre à plat tous les régimes de retraites et tous les régimes spéciaux…

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Macron veut-il réellement réformer les retraites ?

Publié le 22 juin 2017
- A +

Par Thierry Benne.
Un article de l’Iref-Europe

Vous avez certainement vu l’annonce de la grande réforme des retraites dans le programme présidentiel : « L’euro cotisé donne les mêmes droits, quel que soit le moment, quel que soit le statut de celui qui a cotisé ».

Et vous en avez donc déduit le plus simplement du monde le slogan à la mode : « à cotisations égales, retraite égale pour tous ». Ah, la belle histoire, pourtant la réalité est beaucoup moins lumineuse et elle commence même à interroger pour peu que l’on s’attache tout simplement au sens des mots.

Merci la cotisation patronale

En effet, tous les calculs, même ceux du Conseil d’Orientation des Retraites majoritairement constitué de fonctionnaires, montrent que l’équilibre financier du régime de la fonction publique civile d’État ne tient que grâce à une cotisation patronale – en fait, une grosse subvention – qui incorpore suivant les présentations qu’on en fait, et les retraitements qu’on lui impose, une majoration de 20 à 200% des cotisations patronales en vigueur dans le privé (la moyenne effectuée entre les cinq présentations distinctes du COR révèle un doublement !).

Et compte tenu de spécificités qu’on comprend mieux du fait notamment de carrières souvent plus courtes, la fonction publique militaire est plus coûteuse encore. En réalité, d’une manière ou d’une autre, c’est toujours l’État et donc le contribuable qui paye l’essentiel et de très loin des retraites des fonctionnaires… comme d’ailleurs de celles des autres régimes spéciaux.

On abuse et on amuse le public

Alors si l’on décide sans rien changer d’autre et sans revenir sur le poids relatif extrêmement dispersé des cotisations patronales qu’un euro de cotisations rapportera pour tous les mêmes droits, on abuse et on amuse le public (même si c’est vrai que trop souvent échaudé, il a appris à se méfier !).

Tant qu’elle demeure ainsi, les fonctionnaires et les régimes spéciaux n’ont quasiment rien à craindre de cette grande réforme qui en réalité pérenniserait leurs privilèges, puisque l’État continuerait à prodiguer ses largesses au sein de cotisations patronales surdimensionnées valant un commode supplément de retraites à ses fonctionnaires.

Or normalement et c’est d’ailleurs ainsi que l’OCDE raisonne au grand dam du COR et des autres officines publiques, c’est la contribution salariale qui doit constituer la référence de vérité et la justice veut que ce soit à l’aune du taux de rendement de cette seule cotisation que se mesure l’équité du système.

On ne touche pas aux statuts !

Cette approche vertueuse sous-tend évidemment des cotisations patronales de niveaux quasiment identiques pour la presque totalité des régimes et on peut se demander dans quelle mesure l’assurance contraire avançant qu’il n’en serait rien n’annonce pas en fait un autre biais en vue du maintien discret des privilèges de certains statuts bien en cour, notamment chez les régimes spéciaux (le cas des indépendants étant réservé à cause de leur contribution unique).

De même, si l’on décide certes et à juste titre de revenir sur l’usine à gaz de la pénibilité (sinistre avatar d’une intelligence de gauche passablement tourmentée et parfaitement étrangère aux réalités de l’entreprise), on prévoit de bloquer sagement le curseur à un plafond de deux ans d’anticipation de la retraite, contre quatre à cinq ans en réalité dans les catégories dites « actives » de la fonction publique et des autres régimes spéciaux.

Les métiers pénibles

Tout le monde sait bien en effet que les métiers pénibles le sont infiniment plus dans le secteur public où ils sont largement reconnus (c’est d’ailleurs sans doute pour cela que les horaires effectifs sont souvent « allégés » ou très favorablement « aménagés » comme pour les contrôleurs aériens) que dans le secteur privé où ils donnent lieu à de mesquines palabres et à des contestations infinies.

Après les retraités rançonnés par la majoration brute de la CSG qui iraient aux dires du pouvoir se refaire une santé sur l’exonération progressive de la taxe d’habitation et sur la suppression promise du reste à charge sur les prothèses dentaires et les lunettes, voici donc la grande et généreuse promesse de la retraite (quasiment) égale pour tous, assortie enfin d’un correctif de pénibilité qui sera simple et performant.

Assurément, à travers les quelques questions abordées ci-dessus ( et il y en a beaucoup d’autres : on ne sait toujours pas par exemple si la majoration annoncée de csg sera déductible, entièrement, partiellement ou pas du tout !), la prestidigitation médiatique est un domaine dans lequel « En Marche » et son chef sont très forts.

Ils y sont en tout cas beaucoup plus à l’aise que pour indiquer précisément les domaines où ils vont loger les quelque 60 milliards de réduction de la dépense publique qu’ils ont promis sur cinq ans (soit même pas 3 % d’un PIB annuel et donc 0,60 % du PIB quinquennal, à peine plus de 1 % du total de la dépense publique : quel exploit !).

Mais – ne nous pressons pas – cinq ans, c’est un délai suffisant pour que nous ayons à coup sûr l’occasion de revenir à loisir sur ces questions et tant d’autres, toutes nimbées pour l’instant et comme à dessein d’un halo hautement protecteur.

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  • À supposê qu’il maintienne le niveau de retraite il doit faire entrer plus d’argent dans les caisses pour diminuer le déficit…..
    Augmenter la cotisation d’un smicard semble impossible ,augmenter la cotisation des classes moyennes , moteur de l’économie…. dangereux……va faire comme les autres , ne rien changer jusqu’à ce que tout le système explose..en 2100 selon les « sages » du cor..après tout son plan de carrière est limite à 5 ans puis il passe à l’international.

  • De toute évidence, l’auteur de l’article ne fait pas partie des « croyants ».
    Heureusement, « les français votants » sont des gens dociles, disciplinés et disposés à croire…pour le moment.
    Jupiter Ier a réussi à mettre les français en marche sans véritablement leur communiquer la feuille de route.
    L’un des premiers objectifs du pouvoir sera maintenant d’instituer le pas cadencé… après, pour les réformes, on verra …

  • Il n’y a que des cotisations salariales. Il faut arrêter avec cette fiction des cortisations faussement appelées « patronales ».

    Pour les fonctionnaires il y a une énorme subvention des contribuables du privé.
    Donc, si on applIque la formule de Macron, les retraites des fonctionnaires vont baisser de 50% environ.
    Donc, cela n’arrivera pas.

    • l’État est une entreprise comme les autres il ne subventionne pas la retraite des fonctionnaires il cotise..mais comme c’est l’État ,il fait ce qu’il a de mieux pour lui…certaines entreprises font de même et c’est le client qui paie

    • Et qui paye votre salaire et vos cotisations sociales? Votre ignorance frise l’indécence.

  • Macron est comme son mentor, et il a été à bonne école: Science Po, ENA et élève de Hollande, un illusionniste, doublé d’un charlatan. Aucune de ses écoles n’enseigne l’économie, et le soi-disant prodige n’a aucune idée sur son fonctionnement réel. Il a réussi à mystifier des benêts jobards, facile puisqu’ils sont aussi ignorants et stupides. Pourtant son passage à l’Elysée et au gouvernement n’a produit aucun résultat positif. Au contraire, la croissance de 2016 s’est arrêté à 1,1% et le chômage a augmenté de 1 million de personnes en 5 ans!

  • Imaginez une économie française ou plusieurs centaines de milliards d’euro sont investis chaque année pour assurer les vieux jours des travailleurs ?
    C’est la France d’avant la retraite par répartition, ou l’on ne redevenait pas un enfant à charge passé 60 ans.

  • Macron var repousser l’âge de départ à la retraite à 65 ans ET réduire les pensions ET augmenter les cotisations. Sans rien changer aux divers statuts et aux montagnes de textes qui régissent le tout, parce que l’on est en FAILLITE et qu’il a été élu pour faire le ménage. Enfin, c’est ce qu’il dit et que chacun pense qu’il fera mais pas pour son bocal.

  • @ reactitude : n’importe quoi votre commentaire, on choisit volontairement d acheter un produit à une entreprise au prix affiché , peu importe où vont les bénéfices. les services de l état on est obligé de les payer, les cotisations patronales payées par l’état sont payées en réalité par les actifs du privé même contre leur volonté, via l impôt.

    Quand à compenser l augmentation de CSG par le plafonnement des prothèses dentaires et optiques mais qu’est ce que j’en ai ris (déclaration de CASTANER à la TV), tant de nullité de la part du porte parole du gouvernement, c’en est indécent, c’est vraiment du foutage de gueule puissance 1000000, ces gens sont fous à lier

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