La moralisation de la vie publique passe d’abord par celle de l’État

Est-ce que si l’on avait eu toutes ces lois de moralisation de la vie politique on aurait pu éviter les affaires Elf, Urba, Péchiney, Falcone, Méry… ? Pas vraiment, car le problème est bien plus profond.

Par Nicolas Lecaussin.
Un article de l’Iref-Europe

Les mesures annoncées par François Bayrou n’auraient pas changé la donne et elles frisent le ridicule avec cette proposition de création d’une Banque de la démocratie qu’on croirait tout droit sortie des propositions du XXIVe Congrès du Parti communiste de l’URSS qui s’est tenu en 1971 sous la direction de Léonid Brejnev.

La mise en place de cette Banque est justement une mesure anti-morale car elle instaurerait un monopole du financement des partis politiques. Il faudrait, au contraire, encourager le financement privé comme c’est le cas dans d’autres pays (Allemagne, États-Unis, Royaume-Uni) car il n’y a aucune raison que l’argent des contribuables soit utilisé par les partis politiques.

Réformer le pays en priorité

Lors d’un précédent article, nous avons montré qu’on ne pouvait pas moraliser la vie politique avec des lois. Mais on pourrait rendre la vie politique plus morale si les élus étaient efficaces en réformant le pays. Ils pourraient commencer par diminuer le poids de l’État (la France est le seul pays à ne pas avoir réformé son secteur public) et par mettre un terme aux inégalités entre le public et le privé.

Une excellente mesure morale serait de supprimer l’ENA, cette école de la noblesse d’État qui dirige (très mal) le pays depuis des décennies.

Un grand pas vers la moralisation de la vie politique serait la fin du pantouflage et du va-et-vient entre l’administration, les entreprises privées et les grandes institutions de l’État comme la Cour des comptes, le Conseil d’État, etc…

Outre les conflits d’intérêt qui n’échappent qu’à ceux qui en profitent, ce système permet aux bénéficiaires de cumuler des retraites dont les niveaux choquent à juste titre les contribuables français.

Fin de l’impunité des syndicats

Enfin, moraliser la vie politique, ce serait mettre fin au financement et à l’impunité des syndicats français qui ne représentent personne mais qui se nourrissent de l’argent public et profitent aussi du fameux paritarisme à la française en colonisant les caisses de retraite et de formation professionnelle.

Faire toutes ces réformes aurait largement contribué à moraliser la vie politique et économique du pays.

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