Réforme des syndicats : 8 propositions aux candidats

Quel candidat osera réformer le paysage syndical français ?

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Réforme des syndicats : 8 propositions aux candidats

Publié le 1 mai 2017
- A +

Par Nicolas Lecaussin.
Un article de l’Iref-Europe

L’ancien député Nicolas Perruchot a envoyé aux candidats de la primaire de droite et à 3 postulants à gauche, 8 propositions pour réformer le paritarisme. C’est une excellente initiative que l’IREF soutient tout en proposant d’aller beaucoup plus loin : il faut d’abord ne plus verser de l’argent public aux syndicats !

On se rappelle que M. Perruchot est celui qui a eu le courage en 2011 de faire un Rapport sur le financement des syndicats et qui s’est attiré les foudres d’une grande partie de la classe politique et, bien entendu, des leaders syndicaux. Son rapport a d’ailleurs été longtemps interdit de publication !

Les propositions qu’il a faites ont d’ailleurs eu un écho très modeste dans les médias. Pourtant, l’ancien député a raison lorsqu’il soutient qu’on ne pourra pas réformer la France sans une refonte totale du paritarisme. Dans ce sens, il propose de :

1. Mettre fin au monopole syndical au 1er tour des élections professionnelles tout en donnant la possibilité à tous les salariés de se présenter.

2. Donner la possibilité aux chefs d’entreprise, aux salariés et aux syndicats de salariés d’organiser un référendum au sein des entreprises sur les questions liées à l’organisation du travail.

3. Confier à la Cour des comptes l’évaluation du nombre de personnels mis à disposition par l’État et travaillant pour les syndicats.

4. Refonder le paritarisme de gestion.

5. Supprimer la taxe sur les salaires qui permet le financement des syndicats.

6. Supprimer la possibilité pour un syndicat attaquant une entreprise en justice de s’enrichir en récupérant l’argent du procès.

7. Instaurer une déclaration de patrimoine obligatoire pour les dirigeants syndicaux.

8. Soumettre le financement du comité d’entreprise d’Edf aux mêmes règles que les autres comités d’entreprise.

Bien entendu, l’IREF soutient toutes ces propositions. Mais est-ce suffisant pour mettre au pas les syndicats nuisibles ? Nous proposons d’aller plus loin et d’empêcher une minorité de syndicalistes de faire grève et prendre en otage la France entière. C’est la première mesure qui devra être assortie par d’autres comme la suppression des aides publiques – directes ou indirectes – accordées aux syndicats. Les organisations syndicales sont représentatives ou elles ne le sont pas.

La France a besoin de syndicats forts et non-politisés. Il faudra redéfinir leur rôle en leur donnant la possibilité de proposer des services comme c’est le cas dans de nombreux pays. Dans une étude récente, l’IREF propose l’ouverture à la concurrence de l’assurance chômage. Il n‘y a aucune raison pour qu’un syndicat libre et non-politisé ne soit pas habilité à rendre ce genre de service (dans un système concurrentiel) comme c’est le cas en Suède (67% de syndiqués), en Finlande (68% de syndiqués), au Danemark (67% de syndiqués) et dans d’autres pays…

On ne peut pas réformer les syndicats français sans les éloigner de la sphère de l’État, de la manne publique. Transformons-les en prestataires de services ! Ubérisons le syndicalisme français pour le guérir de l’idéologie de la lutte des classes !

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  • On ne peut qu’être d’accord. Il y a l’idée du chèque syndical, que l’entreprise distribue à ses salariés, ceux-ci le donnant aux syndicats de leur choix. Un bon moyen de garder un syndicalisme fort et représentatif.

    • Imposer la cotisation à 10 € et submergeons les syndicats actuels « représentatifs » de façon à atteindre des taux de syndicalisation des pays nordiques et évinçons leurs dirigeants actuels démocratiquement.

  • Certains syndicats disposent de sièges d’office au Conseil Économique Social et Environnemental (CESE).
    Cette troisième assemblée inscrite dans la Constitution a déjà prouvé son inutilité, voire sa nocivité du point de vue de la démocratie: sa suppression est nécessaire.

  • On pourrait déjà appliquer la loi relative aux syndicats (1998 je crois). Elle est claire sur de nombreux points : interdiction de grève politique, interdiction de grève « en soutien à », interdiction de bloquer le lieu de travail, etc.
    Pour une partie des violations de ces quelques règles élémentaires, la sanction est la dissolution pure et simple du syndicat : pas besoin de nouvelles mesures, on a déjà l’arsenal approprié.
    Il manque juste des politiciens ou des préfets responsables, ce qui n’existe plus…

  • @pukara : oui, reste un problème majeur non resolu : la représentativité des syndicats, ce qui bloque le débat social.

  • C’est un vaudeville, une pièce de boulevard ce rapport. pourquoi refuser un financement d’État que l’on a accordeaux politiques pour lutter contre la corruption ?
    Ce rapport semble fait pour régler des comptes politiques, pas pour améliorer le dialogue social.. affaiblir les syndicats au profit des partis politiques…. et, dans tous les vaudevilles il y a le cocu, les salariés.

  • C’est triste de constater que les syndicats, si peu reprensentes, ont un tel pouvoir. De nuisance généralement, de progrès social rarement. On débat de tout en France, sauf du financement des syndicats qui est un hold-up démocratique, utile à une minorité s’octroyant une position indue. Le rôle si utile des défenseurs des employés qui était à l’origine de la création des syndicats n’est plus qu’une vaste escroquerie démocratique. Personne ne respecte ses représentants et pourtant ils sont indelogeables.
    Aucun candidat à la Présidence ne ferra de programme là-dessus, et encore moins ils n’agiront contre.
    Pourtant, moi candidat, j’irai encore plus loin. Les syndicats sont vraiment utiles à la sociétés s’ils sont sérieux. Il fait qu’il y en ait. Mais pas autant, juste deux ou trois, un peu comme le numerus clausus pour certains métiers. Car en France, c’est un peu comme la communauté européenne : on est tellement nombreux qu’il est presque impossible d’avoir un consensus. Pour les syndicats français, c’est pareil. Il n’y a jamais d’accord constructif, aucune lois ne peut passer s’il faut leur accord.

    • Les deux premières propositions sont reprises par Fillon. Il y ajoute l’obligation pour tout délégué syndical d’exercer son activité professionnelle au moins la moitié du temps.

  • la lutte des classes^^
    je pense que ça ne vaut pas que pour la CGT, l’inverse est vrai pour le MEDEF qui entretient cette division patronat/monde ouvrier

  • Je ne comprend pas l’intérêt de permettre aux syndicats d’être prestataire de service alors que leur unique but est la représentation des salariés.

    Après tout à fait d’accord pour supprimer les taxes et subventions des syndicats.
    Il faudrait aussi que les syndicats ne s’occupent que de l’entreprise et non plus la formation, le logement, les prud’hommes (remplacés par de vrais juges).

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