Politique énergétique : les deux grands axes du nouveau quinquennat

Quelle stratégie énergétique pour le gouvernement Macron ?

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Eoliennes By: OliBac - CC BY 2.0

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Politique énergétique : les deux grands axes du nouveau quinquennat

Publié le 7 juin 2017
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Par Romain Ryon.

Le programme énergétique du nouveau président de la République s’articule selon deux grands axes : le développement des énergies renouvelables ainsi que l’amélioration de l’efficacité énergétique sur l’ensemble du territoire.

La vision d’Emmanuel Macron s’inscrit dans la droite ligne de la loi de transition énergétique votée en avril 2015 avec comme objectifs tant la réduction de la consommation énergétique que le recours à des sources décarbonées et diversifiées de mix énergétique.

Le Développement des énergies renouvelables

À la lecture de son programme, on comprend que le président de la République a pour ambition de réduire de 50% la part du nucléaire dans la production d’électricité à l’horizon 2025.

À hypothèse constante de consommation électrique, ce scénario aurait pour conséquence de réduire d’environ un tiers la production actuelle, entraînant la fermeture de plus de 17 réacteurs. Pour rappel, en 2016, la production d’énergie nucléaire s’est élevée à 384 TwH (Térawattheure) sur une production d’énergie électrique totale de 531 Th, soit 72% de la production.

Dans le même temps, Emmanuel Macron prévoit dans les 5 ans de doubler la capacité des parcs solaires et éoliens et de fermer les dernières centrales à charbon. Cet objectif correspond à une augmentation de la production d’énergie renouvelable de 32 TWh, inférieur à ce qui était prévu initialement par la programmation pluriannuelle de l’énergie (au moins 70 TWh en 2023).

En résumé, la trajectoire de production d’énergie renouvelable ne servira pas à combler le déficit laissé par l’objectif de baisse de production d’énergie nucléaire à 50% en 2025. Le programme d’Emmanuel Macron manque de précision sur ces questions ; or la politique énergétique ambitieuse de la France doit être pensée dans une logique de stratégie adaptive et non de pari pascalien.

Il est aujourd’hui indispensable de maximiser le développement des énergies « vertes » sous toutes leurs formes. Il ne s’agit pas là d’abandonner l’énergie nucléaire qui sera toujours nécessaire afin de pallier l’intermittence et les aléas de ces nouvelles sources d’énergies, mais de diversifier notre mix énergétique, tout en faisant de la France un leader en matière d’énergie verte.

Cependant, qu’en est-il du coût de financement de ces nouvelles technologies ? Dans les zones propices, l’éolien présente des coûts actualisés (LCOE) comparables à celui d’une centrale nucléaire.

À la différence fondamentale, que si l’énergie nucléaire présente un coût marginal faible (environ 5,80 euros/MwH pour le combustible), celui de l’éolien est nul. Cela contribue à diminuer le facteur de charge des centrales nucléaires et à augmenter le coût du MWh. En effet, plus les énergies intermittentes se développent, plus la compétitivité du nucléaire se détériore.

La poursuite des effets d’apprentissage permet de réduire le coût des énergies renouvelables de manière continue. En effet, les coûts de production diminuent grâce à l’expérience accumulée, les processus de production sont affinés, les erreurs sont rectifiées. À titre d’exemple, le coût moyen actualisé pour l’éolien terrestre a diminué par 3 entre la fin des années 80 et le début des années 2000.

L’Amélioration de l’efficacité énergétique

Emmanuel Macron prévoit d’investir 4 milliards d’euros pour diviser par deux le nombre de « passoires énergétiques » d’ici 2022, projet s’inscrivant dans un grand plan d’investissement de 50 milliards d’euros. On peut se satisfaire de cette proposition.

Cependant, le président de la République devrait s’atteler à développer la domotique afin d’optimiser la consommation énergétique et lutter contre toutes les formes de gaspillage.

Les leviers d’actions ne manquent pas : développement de la domotique programmable, effacement électrique… L’ensemble de ces procédés vise avant tout à optimiser les productions énergétiques locales (biomasses ou géothermie) ou irrégulières (solaire et éolien) et à les arbitrer au plan financier avec les énergies des réseaux nationaux en décidant, de recourir à l’un plutôt qu’à l’autre.

Il s’agit là d’une formidable opportunité d’optimisation de nos consommations alors même que la Ville de Paris a lancé, le 29 mai dernier, son premier « smart grid » au cœur du quartier Clichy-Batignolles.

 

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  • Bonjour

    La vraie bonne politique, c’est de ne pas en avoir et que Macron laisse le marché trouver la bonne solution, c’est à dire la solution qui va bien au client.

  • quelle stratégie pour le gouvernement macron ? celle qui va rapporter le plus de pognon pardi …..

  • « si l’énergie nucléaire présente un coût marginal faible (environ 5,80 euros/MwH pour le combustible) »

    C’est FAUX. Il y a effectivement, pas dans les mots, impasse sur le coût du démantèlement … et sur les conséquences d ‘une catastrophe évidemment

    Par contre à propos de l’éolien Hulot aurait déclaré « avant » : « Au départ, l’énergie éolienne est une très bonne idée, mais à l’arrivée, c’est une réalisation tragique. Si on nous disait au moins que cela permettrait de fermer des centrales, mais ce n’est pas le cas. »

    • Pourquoi démanteler est la première question à se poser, pourquoi aujourd’hui et pas dans 1 an ou 100 ans ou plus tard ou jamais? Pourquoi ne pas chiffrer les millions de vies sauvées depuis des décennies par l’énergie nucléaire ou autre pas chère. Pourquoi ne pas chiffrer les millions de vies qui vont être perdues par l’énergie chère que l’on met en place et le transfert financier monumental prévu au détriment des autres activités humaines dont la santé?

  • La réduction de la part du nucleaire à 50% de notre production électrique n’entraînera pas de fermeture de centrale autre que celle de Fessenheim (conditionnée à la mise en service de Flamanville). On aura toujours besoin de la puissance actuelle de nos centrales nucléaires en hiver lorsque le solaire ne produit rien à partir de 18h et que l’éolien ne produit presque rien en cas d’anticyclone (cf. décembre dernier).
    Simplement le taux d’utilisation de notre parc nucleaire sera réduit, ce qui augmentera son coût de revient et permettra aux escrologistes de fustiger son cout qui se rapprochera de celui de des coûteuses et inefficaces enr.
    Beau programme…

  • L’effacement électrique en région de montagne… Comment dire… Cela existe déjà, mais on ne peut le faire pendant bien longtemps. Une heure. Plus longtemps, les logements en hors gel pourraient bien avoir quelques problèmes.

    Avec ces âneries (du Poitou), les suisses ont vu la rentabilité de leur barrages fusillée, ils ne sont plus rentables, puisque même en hiver, le prix du kWh frôle souvent le ZÉRO. C’est bien la preuve qu’il ne faut pas faire n’importe quoi.

  • «l’énergie nucléaire qui sera toujours nécessaire afin de pallier l’intermittence et les aléas de ces nouvelles sources d’énergies »
    Bien sûr, il suffit d’appuyer sur le bouton, la preuve par l’image et le son :

    «A la différence fondamentale, que si l’énergie nucléaire présente un coût marginal faible (environ 5,80 euros/MwH pour le combustible), celui de l’éolien est nul. »
    Mon pauvre ! L’éolien est prioritaire sur le réseau on est donc déjà au cout marginal, il n’y a plus rien à gratter.

  • le calcul du coût du KWh éolien est biaisé car il ne tient pas compte de l’intermittence subie et non voulue. Si les producteurs éoliens étaient soumis à la loi du marché ils seraient tous en faillite car le prix du KWh sur le marché de gros s’effondre quand il y a
    beaucoup (trop) de vent ou de soleil. Quand le marché se tend (il n’y pas de vent et/ou de soleil, les prix de gros s’envolent et en général cela bénéficie aux centrales charbon/gaz. Une autre façon de dire c’est que on ne peut avoir un approvisionnement éolien/ solaire sans avoir à côté une puissance équivalente pilotable (hydraulique, nucléaire, gaz ou charbon). d’où un double investissement. Le véritable coût de l’éolien est à multiplier par deux ou trois …

  • Cet article est un joli concentré de propagande écolo-naïve… Quelques extraits:

    Le programme d’Emmanuel Macron manque de précision sur ces questions

    Bel euphémisme. L’auteur montre que le compte n’y est pas. Le programme d’EM ne manque pas de précision. Il est juste infaisable, à moins de s’engager résolument dans la décroissance.

    Il est aujourd’hui indispensable de maximiser le développement des énergies « vertes » sous toutes leurs formes.

    Affirmation péremptoire. Non cela n’a rien d’indispensable. On peut très bien se passer de l’éolien et du solaire. La preuve? Ils ne produisent qu’une quantité dérisoire d’électricité.

    [le] coût marginal de l’éolien est nul

    Vaste blague. Comme si les éoliennes ne s’usaient pas… Par ailleurs le coût marginal de l’éolien est parfaitement visible sur ma facture d’électricité.

    L’énergie nucléaire qui sera toujours nécessaire afin de pallier l’intermittence et les aléas de ces nouvelles sources d’énergies

    Vous prenez le problème à l’envers. Supprimez les sources intermittentes et il n’y a plus rien à pallier.

  • Il était prévu que Macron continuerait le programme des écologistes. On peut s’attendre à avoir des problèmes d’approvisionnement l’hiver, avec des prix qui vont exploser!

  • à l’auteur, manifestement vous avez deja oublié que le MACRON nouveau a deja signé l’investissement de 25 Milliards d’€ dans l’EPR anglais en tant que ministre et apres la faillite d’AREVA (4.5 Mlds à cahrge du contribuable) a cause de l’EPR finlandais et un budget qui a explosé pour l’

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casier Législatives coute
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