Les taux d’intérêt bas menacent votre retraite

Les politiques monétaires conduisent les systèmes de retraites des pays développés à la ruine. Mais tout le monde prétend que tout est normal.

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Retraité français (Crédits : Ken Wu, CC-Zero)

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Les taux d’intérêt bas menacent votre retraite

Publié le 27 mai 2017
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Par Simone Wapler.

Si vous interrogez les « zinzins », les investisseurs institutionnels, la valorisation des actions est normale au regard de celle des obligations et des rendements. Dans ce monde, celui des professionnels payés pour gérer l’argent des autres, tout n’est que relatif. Il n’y a plus de valeur absolue. C’est ainsi qu’on arrive à accepter un monde de taux négatifs.

Toutefois, pour celui qui épargne en vue d’un projet ou pour sa retraite, le rendement et la valorisation ne se mesurent pas en valeur absolue. Le capital doit rapporter plus que l’inflation et permettre d’obtenir un revenu décent ou de financer un projet dans un horizon de temps donné.

Prenons l’exemple de quelqu’un qui exerce une profession dite libérale. Il compte sur la vente de son affaire au moment de la retraite, et table sur un rendement de son capital d’environ 5 % pour s’assurer un revenu durant ses vieux jours. Ce chiffre n’est pas sorti d’un chapeau mais d’une moyenne historique.

Le jour venu, la vente conclue, le voilà à la tête d’un capital dont les perspectives de rendement sont inférieures à 2 %. Son « conseiller financier » lui expliquera qu’il lui faut prendre le risque des actions, qu’à long terme, on est toujours gagnant, blablabla…

Ce conseiller financier avisé semble avoir oublié que si un malheureux avait acheté le CAC 40 en 2000, au moment de la bulle internet, 17 ans plus tard, il serait toujours perdant… d’où l’importance d’acheter bas. Or actuellement, nous ne sommes pas à un point bas. Nous sommes à des sommets jamais atteints sur la plupart des indices…

Car il y a bien évidemment un effet de contagion entre les actions et les obligations.

Vendredi, je vous parlais de l‘ingénierie financière qui consiste, pour certaines grandes entreprises, à emprunter sur les marchés pour racheter leurs propres actions.

Un peu plus sur ce mécanisme.

Apple, par exemple, a émis 2,5 Md€ d’obligations en euro. Selon le document communiqué à la SEC, le gendarme boursier américain, cet emprunt va servir à racheter des actions et verser des dividendes, le tout en dollar.

Il y a eu deux tranches d’émission : 1,25 Md€ sur huit ans à coupon de 0,875 %, et 1,25 Md€ sur 12 ans à coupon de 1,375 %. Des rendements inférieurs à l’inflation en Zone euro, sous les moyennes historiques.

Pour obtenir 1 000 € par mois avec un rendement de 0,875 %, il vous faut un capital de 1,37 M€.

Pour obtenir 1 000 € par mois avec un rendement de 5 %, il vous faut un capital de 240 000 €.

Vous saisissez la différence pour celui qui épargne…

Le système de retraite par répartition de la France est une exception. La plupart des pays développés ont recours à un système de retraite par capitalisation ou au moins à un système mixte. Dans un système par capitalisation, les salariés épargnent pour leurs futures rentes et le rendement est la clé du calcul de la cotisation. Avec la répartition, les salariés en activité payent pour les anciens et espèrent que les autres générations paieront pour eux-mêmes.

Source Eclairages Economiques http://www.eclaireco.org/

Les manœuvres de la Banque centrale européenne ruinent les systèmes de retraite et l’épargne complémentaire de la Zone euro, tout en faisant le bonheur des firmes américaines qui empruntent à taux faible en euro.

Il ne reste plus aux zinzins gestionnaires qui auront des comptes à rendre qu’à espérer des plus-values sur des actions achetées très chères puisque les obligations ne rapportent rien.

Pour leur défense, les zinzins – acheteurs forcés – indiquent qu’ils ne font que « suivre le marché », prétendant et persuadant leurs clients que tout est normal.

Il n’en est rien. Aujourd’hui, rien n’est normal au regard de toutes les normes historiques. 60 Md€ déversés tous les mois par la BCE pour faire baisser les taux n’est pas normal.

Les manoeuvres des banques centrales vont conduire les systèmes de retraite occidentaux à la faillite.

Certains lecteurs à la fibre sociale et généreuse me rétorqueront que c’est la preuve de la supériorité d’un système de retraite par répartition qui fait appel à la solidarité entre générations, etc.

En tant que rédactrice d’une chronique non solidaire, non sociale et sans aucune prétention charitable, j’écris NON.

Ce système par répartition selon lequel une génération prétend vivre aux crochets d’une autre est tout simplement indigne et immoral. La dignité du bipède consiste à subvenir lui-même à ses besoins. La démographie se chargera de tuer ce système honteux inadapté à une population vieillissante.

Pour plus d’informations et de conseils de ce genre, c’est ici et c’est gratuit

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  • Pas d’accord , la répartition est meilleur que la capitalisation dans tous les cas.la répartition fonctionne comme un assurance avec une incertitude en moins ,on connait date de paiement , et la durée , il s’agit de moduler la cotisation en fonction des variations lentes du nombre de cotisants et de la mortalité.La capitalisation..rien n’est certain on navigue dans le brouillard ,c’est un pari , ce pari devrait être interdit pour une retraite principale.

    • Pas d’accord réactitude: un vrai système par répartition fait que les actifs de l’année doivent payer les retraites de l’année, sans effet de cliquet. Cela signifie que si le nombre d’actifs baisse ou si l’économie stagne, les sommes allouées aux retraites aussi, sauf augmentation des cotisations à proportion, car elles doivent suivre le cycle économique selon le principe de répartition. Les français sont en fait accros à ce système parce qu’il est dévoyé et compensé par la dette.

      • Pour pouvoir fonctionner, ce ne sont pas les cotisations qui devraient fluctuer selon les besoins de rente, mais l’inverse…

        Avec une réévaluation tous les 3 ou 5 ans, à la hausse si plein emploi… à la baisse le cas échéant…

        Les actifs ne seraient plus otages des retraités…
        Les retraités seraient toujours motivés pour préserver l’emploi En france…

      • En effet mais qui décide ? Les syndicats , c’est à dire des actifs décident pour défendre les actifs et cela ne peut être qu’au détriment des retraités et ou de l’état..il y a conflit d’intérêt .
        De plus , ce système doit concerner tous les actifs et selon les mêmes règles..et ce n’est pas le cas puisque les syndicats ne représentent que les fonctionnaires.,la répartition ne peut être bien geree que par une entreprise indépendante de l’état et des lobbys syndicaux

    • l’épargne devrait être interdite ?

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C’est un poncif de déclarer que les Français sont très attachés au système de retraite par répartition et que pour cette raison, il est vital de le conserver.

En réalité, les Français ne sont pas plus attachés à ce système qu’à un autre. Du moins si l’on se réfère, aux discussions de comptoir, la majorité d’entre eux reste d’ailleurs attachée à une autre idée fausse, à savoir que la retraite qu’ils percevront provient de l’argent qu’ils mettent de côté de façon plus ou moins forcée par prélèvement sur leur salaire.

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