Présidentielle : la jeunesse qui vote est radicalisée

Si l’on avait fait « confiance aux jeunes », on aurait eu droit à un deuxième tour Le Pen – Jean-Luc Mélenchon. Anti-mondialisation, anti-capitalistes et hostiles à l’Europe, les jeunes Français souhaitent l’immobilisme. Comment en est-on arrivé là ?

Par Nicolas Lecaussin.
Un article de l’Iref-Europe

Tous les ans plus de 150 000 jeunes quittent l’école sans aucun diplôme, ou quelque formation que ce soit ! L’une des causes principales en est notre enseignement scolaire.

L’école française ne prépare pas les jeunes à devenir des entrepreneurs. Pire encore, elle leur apprend à se méfier du monde de l’entreprise, de l’économie mondialisée, du libre-échange et en général de tout ce qui vient de la société civile.

Il est intéressant de consulter les manuels d’économie de première et de terminale à ce sujet, afin de constater comment y est présentée l’économie de marché et la place qui est réservée à l’entreprise et à l’entrepreneur.

Dans la plupart des manuels, le constat est accablant ! Les auteurs des manuels donnent la priorité pour ce qui concerne l’économie à la mission de l’État et des acteurs publics, plutôt qu’à l’entreprise.

On parle du « social » et de la « solidarité » plus que de l’entrepreneuriat ou des chefs d’entreprise. D’ailleurs, dans ces manuels, on ne trouve pas de portraits d’entrepreneurs ayant réussi et qui donneraient envie aux jeunes d’entreprendre.

Échec des politiques publiques

Des milliards d’euros ont été distribués afin de « lutter contre le chômage des jeunes » ou leur accorder des aides les plus farfelues les unes que les autres, le RSA jeunes étant l’une des dernières…

Cela fait plus de trente ans qu’on empile les mesures en faveur des jeunes, depuis les fameux TUC mis en place par Laurent Fabius lorsqu’il était Premier ministre jusqu’aux emplois d’avenir du gouvernement Ayrault.

Tous les ans, plus de 6 Mds d’euros sont dépensés en faveur de l’emploi des jeunes. Avec quels résultats ? Le taux de chômage des jeunes est à 24%, trois fois plus élevé qu’en Allemagne !

Chômage des jeunes actifs (15-24 ans)

Et les jeunes sont devenus des assistés qui votent pour les plus antilibéraux au lieu de se prononcer pour davantage de libertés économiques et entrepreneuriales. La démagogie du « jeunisme » et les discours paternalistes ont fait croire aux jeunes qu’ils ne sont que des « victimes de la société » et qu’aucun effort ne leur est demandé afin de s’en sortir.

Au Royaume-Uni, les jeunes sont libéraux

Par comparaison, dans un pays comme le Royaume-Uni où l’assistanat n’est pas vraiment la caractéristiques des politiques, environ 70% des jeunes ont voté contre le Brexit et en faveur du maintien du Royaume-Uni au sein de l’Union européenne.

Au Royaume-Uni, le chômage des jeunes est à 14,6%, dix points de moins qu’en France. Et l’avantage principal accordé aux jeunes Britanniques est un prêt bancaire pour payer leurs frais d’inscription en faculté, qu’ils ne remboursent que lorsqu’ils sont dans la vie active et qu’ils gagnent plus de 21 000 livres sterling /an (26 600 euro).

Il faut aussi mentionner le fait que les jeunes qui travaillent ont droit à leur propre… SMIC horaire : 3,87 livres (4,90 euros) pour ceux de moins de 18 ans, 5,30 livres (6,70 euros) pour les 18-20 ans, 6,70 livres (8,49 euros) pour les 21-24 ans et 7,20 livres (9,12 euros) pour les plus de 25 ans alors qu’en France c’est le même montant pour tous : 9,67 euros/brut de l’heure. Mais la flexibilité britannique n’empêche pas d’être payé…

Enfin, lorsque David Cameron a baissé l’IS (Impôt sur les sociétés) à 20%, il a dit qu’il s’agissait aussi d’une mesure en faveur des… jeunes. Mieux vaut embaucher des jeunes que payer beaucoup d’impôts comme en France où l’IS est à 34%, 14 points de plus qu’au Royaume-Uni.

L’école, l’assistanat et le « jeunisme » ont fabriqué une jeunesse qui attend tout de l’État et qui ne veut pas s’en sortir par ses propres moyens. En votant pour les deux candidats extrémistes, elle montre qu’il y a urgence à réformer l’Éducation nationale mais aussi le marché du travail.

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