Faut-il amender le programme de la droite pour les législatives ?

Une lettre ouverte à Éric Woerth sur l’avenir de la droite, qui passe nécessairement par la maîtrise des dépenses publiques et la réforme de l’État.

Par Alain Mathieu.

Monsieur le ministre,

Les contribuables français vous adressent leurs plus vives félicitations. Les Républicains ont fait un excellent choix en vous chargeant de rédiger leur programme électoral pour les élections législatives de juin.
Vous avez fort justement déclaré : « Ce n’est pas la droite qui a perdu, c’est Fillon ». Son programme avait votre soutien : « Le programme de François Fillon c’est un programme de redressement du pays » déclariez-vous. Ce programme était d’ailleurs sans doute à vos yeux insuffisant, puisque vous écriviez en juillet 2015 : « Pour passer à 50 % du PIB de dépenses publiques compte tenu de l’augmentation de certaines dépenses, il faut faire 250 milliards d’économies ».

Assurer l’harmonie fiscale

Les 110 Mds d’économies initiales de François Fillon, ramenés à 100 par la suite, n’étaient pas suffisants pour assurer l’« harmonisation fiscale » européenne qui permettra de redresser la France en rendant ses entreprises compétitives.
Et pourtant vous allez être soumis à de très fortes pressions des perdants de la primaire des Républicains, comme de certains de leurs candidats aux élections législatives, pour « amender », « recentrer » le programme de François Fillon : réduire les baisses d’effectifs de fonctionnaires, les 39 heures dans la fonction publique, la retraite à 65 ans, etc.

Économiser les dépenses publiques

Contrairement à ce qu’ils vous diront, ces amendements ne leur feront pas gagner des voix et des sièges de députés. Ils vous en feront perdre en décourageant les 7 millions de Français qui ont voté pour François Fillon malgré ses « affaires ».
Dans les sondages, les Français donnent les priorités suivantes aux économies de dépenses publiques qu’ils jugent indispensables (par ordre décroissant d’adhésion) : durée de travail des fonctionnaires ; gel des allocations sociales ; suppression de postes de fonctionnaires ; suppression des départements ; relever l’âge de départ à la retraite, etc. Tenez compte des souhaits des Français.

Soyez ferme

Si vous êtes toujours convaincu qu’un programme énergique est nécessaire pour redonner à notre pays l’élan et la croissance qui lui manquent, ne cédez pas aux pressions de politiciens qui pensent trop à eux et pas assez à la France. Soyez ferme. Vous vous ferez quelques adversaires momentanés. Mais les Français vous en seront longtemps reconnaissants.

Veuillez agréer, Monsieur le ministre, l’expression de ma très haute considération