[Tribune] « Pourquoi, moi, je préfère Macron à Fillon »

Une tribune de Jérôme Dubus, spécialiste de l’économie et élu à Paris, en contrepoint de l’article de Pierre Chappaz.

Par Jérôme Dubus.

Dans cette campagne présidentielle atypique, on a jusqu’à présent peu parlé du projet tant le fond a été couvert par les turpitudes de certains candidats.

Et pourtant, jamais notre pays n’a fait face à autant de difficultés, à autant de problèmes non résolus faute de volonté et de courage. Le « mal français » est là, plus présent que jamais.

Les deux quinquennats, dont celui de François Hollande s’achève dans quelques jours, n’ont pas permis de redresser notre pays : ils se sont d’ailleurs traduits par l’éviction du sortant : l’un directement au suffrage universel en 2012 ; l’autre incapable de se représenter compte tenu de son impopularité record.

Pas de troisième échec possible

Les Français ne supporteront pas un troisième échec : ils attendent enfin que les questions économiques, les questions sociétales et la question de la place de la France en Europe et dans le monde soient abordées et résolues.

Parmi les cinq candidats dits « sérieux », deux s’affichent réformistes en matière économique : Emmanuel Macron et François Fillon.

L’inspiration est la même, même si les méthodes semblent différentes ; la priorité doit être donnée à la politique de l’offre, pour relancer la croissance par la compétitivité. Il faut remiser au grenier des antiquités les politiques de relance par la demande qui ont échoué partout et qui ne pourraient provoquer en France qu’une hausse des importations, conséquence de la faiblesse de notre appareil productif.

La démagogie à l’œuvre

Bien sûr, dans cette campagne, la démagogie est à l’œuvre pour faire croire l’inverse : le salut de l’économie française se situerait dans l’augmentation massive des salaires, des dépenses publiques avec pour corollaire celle des impôts et de la dette.

De vieilles lunes keynésiennes qui ne peuvent éventuellement fonctionner de manière conjoncturelle que lorsque le pays a déjà mis en œuvre des réformes profondes comme ce fut le cas en Angleterre ou en Allemagne.

Dans ces conditions, le programme d’Emmanuel Macron correspond le mieux à la situation actuelle de la France car il est à la fois réformiste et équilibré.

Outre son incapacité à appliquer un programme de rigueur alors que son comportement personnel ne l’est pas, François Fillon veut dupliquer des recettes économiques à l’anglo-saxonne. Mais, la France n’est pas l’Angleterre et sa situation actuelle n’a rien à voir avec celle de notre voisin d’Outre-Manche quand Margaret Thatcher est arrivée au pouvoir en 1980.

La spécificité de la France

La France a une histoire, un corps social actif, une tradition qui imposent une méthode particulière pour pouvoir enfin réformer en profondeur.

La brutalité ne peut servir de guide : elle aboutirait au même résultat qu’en décembre 1995, jetant notre pays dans les bras de l’extrémisme lors de l’élection présidentielle de 2022.

Réformer n’est pas brutaliser : réformer c’est convaincre et c’est trouver des consensus en démontrant la logique des changements.

Le programme d’E. Macron s’inscrit dans cette démarche : réforme profonde du marché du travail pour davantage de flexibilité et de sécurité ; transformation de l’assurance-chômage pour une équité enfin effective et une efficacité supérieure ; bouleversement du système de retraite vers une unification des régimes et la mise en place d’une retraite par points ; baisse de l’impôt sur les sociétés à 25 % ; baisse des charges sociales et salariales ; taxation du capital à 30 %. Et le programme d’E. Macron serait « tiède », « timide » dans la « continuité du quinquennat qui s’achève » ?

Ces critiques bien partisanes ne résistent pas à l’examen sérieux du projet Macron.

Quant à sa réalisation, il n’y a aucun doute : E. Macron aura une majorité à l’Assemblée s’il est élu Président.

De par sa jeunesse et sa capacité d’entraîner, de par son optimisme communicateur, il possède tous les atouts pour enfin réformer notre pays, ce qui n’est plus le cas de F. Fillon, décrédibilisé par son comportement personnel et son bilan de Premier Ministre particulièrement faible en la matière.

Lire en contrepoint l’article de Pierre Chappaz « Pourquoi je préfère Fillon à Macron »

— Jérôme Dubus est conseiller de Paris Les Républicains du 17e arrondissement. Il a décidé de soutenir le candidat d’En Marche !