François Fillon s’inspire-t-il de Margaret Thatcher ?

Thatcher By: daliscar1 - CC BY 2.0

Depuis dimanche dernier, le spectre de Margaret Thatcher a refait surface lorsque l’on évoque le programme de François Fillon. Retour sur le bilan des années Thatcher.

Un article de Génération Libre

Thatcher By: daliscar1CC BY 2.0

Depuis dimanche dernier, le spectre de Margaret Thatcher a refait surface lorsque l’on évoque le programme de François Fillon. Diminuer les dépenses publiques de 100 milliards d’euros, supprimer 500 000 postes dans le fonction publique, favoriser les modalités du licenciement, déréguler la durée du travail, promouvoir une plus grande autonomie scolaire… autant de propositions du candidat qui le rapprochent de la Dame de fer.

Laetitia Strauch-Bonart1, analyse dans une note publiée par le think-tank GenerationLibre la conception des idées libérales selon Margaret Thatcher. Elle revient sur ses réformes fondamentales et dresse un bilan synthétique de ses deux mandats au pouvoir au regard des finances publiques, de la fiscalité, du chômage et de la précarité.

Selon Gaspard Koenig, président de GenerationLibre, « de nombreuses similarités existent entre l’Angleterre de la fin des années 1970 et la France d’aujourd’hui ». L’évolution de la situation économique du Royaume-Uni depuis 1970 justifie de s’intéresser de plus près aux idées de Margaret Thatcher.

François Fillon incarne-t-il ce virage vers une ère « thatchériste » ? Selon Laetitia Strauch-Bonart :

« Le programme de François Fillon ne peut être une reconduction de celui de Margaret Thatcher, pour la simple raison que certaines de ses grandes réformes – la fin du contrôle des prix, les privatisations, la baisse de l’inflation – ne sont plus d’actualité en France. »

Mais des points communs existent manifestement.

« C’est surtout dans la détermination de desserrer le carcan d’une économie trop régulée que l’affinité entre Fillon et Thatcher est indéniable. »

Selon GenerationLibre, les ressorts politiques du thatchérisme (un pays souffrant de blocages et dont la population aspirait à plus de liberté économique), sa philosophie fondamentale (la volonté de rééquilibrer les rapports entre l’État et la société civile à la faveur de celle-ci) et sa méthode (la conviction et l’obstination) restent d’actualité.

Si le bilan du thatchérisme doit être plus nuancé, sur le plan des inégalités par exemple, Margaret Thatcher a indéniablement posé les bases d’une économie ouverte et dynamique.

Laetitia Strauch-Bonart le rappelle :

« Ni le conservateur David Cameron, ni le travailliste Tony Blair n’ont fondamentalement remis en cause les apports du thatchérisme.« 

Et Gaspard Koenig de conclure :

« À la France de s’en inspirer pour bâtir un programme libéral adapté aux enjeux de la modernité. »

  1. Laetitia Strauch-Bonart est chercheur à l’université Queen Mary of London et essayiste.