Il faut faire confiance à la société civile

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Il faut faire confiance à la société civile

Publié le 3 février 2017
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Par Nicolas Lecaussin.
Un article de L’Iref-Europe

Il faut faire confiance à la société civile
liberté d’expression Rockwell credits Cliff (licence creative commons)

Les politiques sont omniprésents dans les médias. Il n’y a presque pas d’émission – même de divertissement – sans qu’au moins un des invités ne soit un personnage politique, de gauche, de droite ou des extrêmes… C’est une particularité bien française. Ni en Allemagne, ni au Royaume-Uni et encore moins en Amérique, les politiques ne squattent autant les plateaux de radio, de télé ou les couvertures des magazines. Et pourtant, quel paradoxe ! Malgré leur omniprésence dans les médias, les Français les rejettent massivement.

Selon le baromètre de la confiance réalisé par le Cevipof et publié il y a quelques jours, pour 89 % des Français sondés, les responsables politiques « ne se préoccupent pas de ce que pensent les gens comme nous » ; pour 75 %, ils sont « plutôt corrompus » ; 40 % des personnes interrogées éprouvent de la « méfiance » en pensant à la politique et 28 % du « dégoût » ; seules 11 % d’entre elles ont « confiance » dans les partis et près des trois quarts (70 %) estiment que « la démocratie ne fonctionne pas bien en France ».

Le Bundestag interdit aux députés l’embauche des membres de leur famille

Ce sondage a été réalisé avant l’affaire Fillon qui ne fait qu’aggraver cette perte de confiance. Les réactions de l’ancien Premier ministre aux révélations du Canard enchaîné confirment d’ailleurs les résultats du baromètre de confiance des Français envers les politiques. Il existe clairement un fossé entre les politiques (ou l’establishment) et le peuple. Malgré quelques changements ces dernières années, ceux qui vivent de l’argent public ne réalisent pas à quel point ils méconnaissent le fonctionnement de la société.

La preuve, cette situation – légale – d’embaucher un membre de la famille dans leur équipe. Avec la possibilité de le payer jusqu’à 4 700 euros par mois. Combien de Français dans le privé n’aimeraient-ils pas travailler avec quelqu’un de leur famille ? Entre les cadres qui font 50 heures par semaine et les chefs d’entreprise qui prennent des vacances une fois tous les trois ans, nombreux sont ceux qui aimeraient embaucher à leurs côtés des épouses ou des enfants.

Au même moment, on apprend que la taxe d’habitation pourrait augmenter jusqu’à 60 % pour les résidences secondaires à Paris ! Or, il s’agit souvent des appartements dont profitent les enfants et les petits-enfants pour la période des études supérieures…

Les politiques français devraient s’appuyer sur la société civile

Les élus profitent de la situation et le font sans se rendre compte des dégâts qu’ils provoquent. Car il s’agit bien d’un privilège, qu’il s’agisse d’un emploi fictif ou non (cette pratique est d’ailleurs interdite en Allemagne !). Un privilège financé avec l’argent public. Le contexte est encore plus grave pour François Fillon car il a mis sa campagne sous le signe de la transparence et de la vérité. Cela ne sert à rien de condamner le populisme extrémiste si l’on n’a pas conscience du fait que c’est justement ce genre de comportement qui l’alimente.

Lorsque les Français ont pris connaissance, dans le passé, des turpitudes de plusieurs anciens présidents de la République, des magouilles de certains anciens ministres auprès du fisc, des condamnations des élus, lorsqu’ils voient qu’un autre candidat, M. Macron, est soupçonné d’avoir utilisé l’argent public pour sa campagne, il ne faut pas s’étonner qu’ils votent pour les extrêmes. Les arguments pour les discours populistes ne manquent pas et semblent se multiplier.

Et ils sont vrais dans leur grande majorité. Aux États-Unis, Donald Trump avait fait campagne aussi en dénonçant les connivences entre la fondation des Clinton, l’argent public, l’administration et des chefs d’État étrangers. Or, on vient d’apprendre que cette fondation va être dissoute ce qui montre que les accusations de Trump étaient fondées.

C’est à la société civile de prendre les choses en main. Il faudrait que les politiques s’entourent davantage de membres de la société civile qui pourraient constituer de vrais remparts à certaines dérives et des sources d’inspiration pour des réformes. Quand seulement 11 députés sur 577 sont (ou ont été) chefs d’entreprise, mieux vaudrait prendre dans son équipe des connaisseurs du secteur privé et des vrais problèmes qui préoccupent les Français. En gros, plus éloignés des médias et plus proches des réalités.

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  • Pas tout à fait d’accord avec votre analyse : « les Français rejettent massivement les politiques »

    Ce n’est justement pas le cas hélas. On entend les cris mais ils ne représentent pas la majorité. Quand on voit que seulement 1/3 des partisans de Fillon le lâche, quand on voit le soutient inconditionnel qu’avait Sarkozy, quand on voit que le report est en train de se faire vers le FN qui doit 1.100.00 € à l’Europe pour exactement le même souci que Fillon…

    Nous sommes encore bien loin de la politique de nos amis du Nord que ce soit du coté exemplarité et intégrité des élus ou que ce soit du coté exigent pour le peuple.

    • Et j’oublie de citer le nom de tous les hommes politiques, que l’on sait coupables, et ceux reconnus coupables, et qui sont toujours à leur poste car ré-élus.

  • Un petit bémol : les « attachés parlementaires » ne sont pas assurés de retrouver du travail quand leur « champion » n’est pas réélu !
    Autre question : qu’est-ce au juste, que la « société civile » , Les élus n’en sont-ils pas tous issus, par définition ?
    En revanche les « professionnels » de la politique qui perdurent pendant des lustres, OK.
    Une des solutions ne résiderait-elle pas dans un nom cumul des mandats ET une limitation du nombre de fois (consécutives ou pas) où ils auraient le droit de se présenter devant la « société civile » pour les élections ?

  • La « société civile » serait à définir précisément!
    Votre analyse occulte l’énorme travail des lobbys. Les collusions entre entreprises sont telles que certains (Schäuble, Sapin ou Juncker) prennent des positions absolument dramatiques à long terme, incompréhensibles pour le public. Mme Merckel invite une fois par semaine les patrons des grandes industries et des grands organes de presse à un dîner informel à Berlin. Juncker fréquente un club dont les membres n’ont pas de soucis matériels!
    Et au niveau local, peut on assurer de l’indépendance des élus vis à vis des entreprises? Certainement pas! Les élus locaux sont là pour départager les concurrents et orienter les développements, malheureusement avec des préoccupations à trop courts termes.
    Les élus font donc confiance à « cette société civile » , que les Français la rejettent pour ses excès et ses erreurs (avidité matérielle, délocalisations, incompétences à long terme, abus de position…)
    Le problème me semble venir d’une société où les élites ont remplacé les valeurs humaines par le pouvoir et les valeurs matérielles.
    D’où, certainement, la perte de confiance en ces élites.

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