Dilemme à droite : faut-il soutenir Fillon coûte que coûte ?

François Fillon By: European People's Party - CC BY 2.0

Tous ceux qui par fidélité ou réflexe clanique sont tentés de soutenir Fillon coûte que coûte devraient méditer ce qui est advenu aux partisans de DSK ou de Cahuzac pour s’être entêtés à défendre l’indéfendable.

Par Serge Federbusch.

Dilemme à droite : faut-il soutenir Fillon coûte que coûte ?
François Fillon By: European People’s PartyCC BY 2.0

La droite a vraiment un Fillon à la patte ! Les révélations vont à coup sûr se succéder au sujet de François Fillon et de Pénélope et être aussi collantes qu’une confiture faite maison. L’ancien Premier ministre aurait mieux fait de demander immédiatement pardon aux Français pour des comportements d’un temps (peut-être) révolu. Car la bombe à fragmentation va continuer de détonner.

Au vu de ce que l’on sait de ses relations avec Ladreit de Lacharrière, il est peu probable que l’affaire soit classée. Il y aura donc soit renvoi rapide en correctionnelle pour son épouse et son bienfaiteur des chefs d’abus de bien social et de recel de cet abus ; soit saisine d’un juge d’instruction si le Parquet estime que l’affaire est plus complexe — en réalité plus grave encore — qu’elle n’en a l’air. C’est bien le paradoxe de cette procédure : si François Fillon gagne du temps, le mal n’en sera que plus profond et les premières années de son désormais très éventuel mandat seraient pourries par un feuilleton judiciaire permanent.

Quelle légitimité aurait-il à demander aux fonctionnaires et allocataires en tout genre des efforts quand il devra répondre de ses voyages dans l’avion de son mécène, de la légion d’honneur accrochée au col d’icelui, de l’emploi de ses collaborateurs, etc. ? La gauche et toute la bureaucratie qui ne veulent rien changer seraient galvanisées par chacune des éditions hebdomadaires du Canard enchaîné.

Plus Fillon s’accroche, plus les dégâts sont importants

Du reste on voit déjà Fillon promettre de revaloriser les petites retraites et condamner les mesures de Trump sur l’immigration comme pour amadouer le camp d’en face !

Plus les Républicains attendent pour trouver une alternative, plus François Fillon s’accroche et plus les dégâts vont être importants. En jouant la montre, ce dernier se fait le pire ennemi de l’alternance et s’engage dans un processus délétère qui finira par la toucher irrémédiablement.

Tous ceux qui, par fidélité ou réflexe clanique, sont tentés de soutenir Fillon coûte que coûte devraient méditer ce qui est advenu aux partisans de DSK ou de Cahuzac pour s’être entêtés à défendre l’indéfendable. Si l’on veut éviter Macron, il faut désormais que Fillon s’en aille rapidement.

Je le disais dès le début de cette affaire : il est encore temps d’organiser des primaires par Internet. Un candidat désigné par le seul bureau politique des Républicains n’aurait aucune légitimité quand bien même cette instance obèse parviendrait à un choix.

Mais chaque jour compte.

Sur le web