Éducation Nationale : les 100 premiers jours du prochain ministre

Un petit guide des manœuvres d’urgence à opérer durant les 100 premiers jours du nouveau ministre pour rompre avec des décennies de déclin.

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Éducation Nationale : les 100 premiers jours du prochain ministre

Publié le 14 décembre 2016
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Par Éric Verhaeghe.

Éducation Nationale : les 100 premiers jours du prochain ministre
By: Frédéric BISSONCC BY 2.0

En mai 2017 arrivera un nouveau ministre de l’Éducation Nationale. Comme à chaque scrutin ou chaque remaniement d’ampleur, le Président et son Premier ministre devront choisir entre deux voies : soit un personnage falot qui ne touchera rien et habillera son immobilisme à coups de réformettes pour amuser la galerie (cas le plus fréquemment rencontré), soit choisir un réformateur (ou une réformatrice) bien décidé à améliorer notre performance éducative.

Si l’on en juge par le profil des candidats actuels (Vincent Peillon et François Fillon ont été ministres de l’Éducation), le choix de la réforme devrait s’imposer. Voici un petit guide des manoeuvres d’urgence à opérer durant les 100 premiers jours du nouveau ministre pour rompre avec des décennies de déclin.

Éducation Nationale : un diagnostic rapide

Sur le fond, les grandes étapes du diagnostic à porter sur l’Éducation nationale sont bien connues, grâce aux classements internationaux.

Le classement PISA mesure la difficulté de l’école publique à corriger les inégalités sociales et, plus largement, sa difficulté à épanouir des compétences fondamentales chez les élèves. Par compétences fondamentales, il faut entendre l’aptitude des élèves à maîtriser le langage et son sens.

À l’occasion du rapport PISA, d’autres difficultés inhérentes au système scolaire français apparaissent régulièrement. En particulier, la muraille de Chine que cherche à bâtir chaque matin le corps enseignant pour être séparé du reste du monde pose un lourd problème : les systèmes éducatifs les plus performants dans le monde sont ceux qui intègrent le mieux les parents dans le fonctionnement quotidien de l’école.

Le classement de Shanghaï montre pour sa part les dégâts causés par l’implosion universitaire en France. Longtemps niée par le corps éducatif, cette implosion se traduit aujourd’hui par des affectations des étudiants dans les filières de formation à coups de tirage au sort…

On s’intéressera ici à l’enseignement secondaire.

Pourquoi agir en 100 jours ?

Beaucoup aiment à faire croire que les réformes éducatives s’inscrivent forcément dans un temps long. Je me souviens même d’un haut fonctionnaire de l’Éducation nationale me soutenant un jour qu’une bonne réforme ne pouvait se faire en moins de 10 ans.

Cette légende urbaine fait évidemment partie de l’anthologie de l’immobilisme rééditée chaque année par la nomenklatura éducative, d’autant plus attachée à son confort de vie qu’elle n’inscrit pas ses enfants dans les établissements difficiles. Je me souviens d’un inspecteur général de l’Éducation, déclaré trotskyste, qui condamnait les horribles parents qui recouraient à l’école privée mais était très heureux d’avoir inscrit ses enfants dans une école publique de l’un des quartiers les plus chics de Paris.

En réalité, l’Allemagne est parvenue à métamorphoser son système scolaire en quelques années, avec beaucoup de volontarisme politique. En revanche, elle a remis au travail sa pédostructure et lui a demandé de porter un projet collectif.

Rétablir une pédostructure démocratique

La première mesure que le nouveau ministre devra prendre consistera à suivre le même chemin qu’en Allemagne : une reprise en main de l’appareil éducatif, et une mise à l’écart consciencieuse des capitaines de tranchée qui occupent les bureaux du mammouth avec le même esprit conquérant et performeur que des officiers d’état-major qui entendent pour la première fois le son du canon. Dans cette perspective, plusieurs axes précis doivent être « opérés » de façon très méthodique pour casser les blocages habituels que la machine éducative organise en toute discrétion.

En premier lieu, le nouveau ministre doit rétablir une vraie transparence sur le fonctionnement de son administration centrale.

Ceci passe par la mise en place d’outils indispensables, comme la communication d’un budget sincère au Parlement, permettant de connaître les vrais coûts de fonctionnement du système. Il est par exemple d’usage de cacher au Parlement la véritable masse salariale de l’administration centrale ou le nombre exact de fonctionnaires qui y sont effectivement affectés.

Ce genre de cachotteries se révèle être mère de tous les vices. Mais on pourrait dire la même chose des marchés informatiques, qui représentent des sommes colossales que personne n’analyse et dont on aimerait savoir à qui ils profitent vraiment. Il ne faudra sans doute pas longtemps pour comprendre que, derrière les grandes déclarations humanistes et solidaires des pédocrates, se cache d’abord une source intarissable de profits pour quelques groupes qui vivent sur le dos de la bête (et du contribuable).

En second lieu, il doit responsabiliser les administrateurs du système en écartant très vite les « planqués » : combien d’inspecteurs généraux n’inspectent plus ? voire ont été interdits de mettre les pieds dans une académie, tant leur incompétence est grande et dévastatrice. Une bonne mesure exemplaire de licenciement pour insuffisance professionnelle permettrait de mieux expliquer aux autres que l’heure est venue d’agir.

En troisième lieu, il est temps de mettre fin à la politique systémique d’emplois fictifs en vigueur à l’Éducation nationale. Plusieurs milliers d’enseignants sont mis à disposition de structures obscures où n’a lieu aucune action d’enseignement. Cela suffit.

Débureaucratiser le système éducatif

Si l’école publique coûte cher et performe peu, sa surbureaucratisation en constitue un premier facteur d’explication. Plus qu’aucun autre pays, la France a inventé de multiples étages d’administration territoriale de l’Éducation Nationale, avec pléthore d’effectifs sous-occupés qui produisent ce que produit toute bureaucratie : un empilement de procédures dont la seule utilité est d’occuper ceux qui les inventent et de justifier leur emploi, et dont l’inconvénient majeur s’appelle démotivation et déresponsabilisation des échelons qui les subissent.

Pour rompre avec cette spirale bureaucratique, le nouveau ministre devra procéder en deux étapes.

Premièrement, il devra immédiatement préparer une grande loi comportant deux chapitres. Le premier chapitre doit instaurer dans les 18 mois l’autonomie des établissements, spécialement dans le second degré.

Cette autonomie doit à la fois porter sur la pédagogie et sur le recrutement des enseignants. Le second chapitre de la loi doit supprimer le système de « barème » qui subordonne les parcours de promotion à l’engagement syndical et non à la compétence éducative.

Deuxièmement, dans les deux ans consécutifs à cette loi, le ministre doit préparer une loi de dégagement des cadres, visant à licencier l’ensemble des personnels administratifs rendus inutiles par l’autonomie des établissements.

Dans les trois ans, le ministre aura ainsi mis un terme à la tyrannie bureaucratique qui étouffe l’école publique.

Défiscaliser les frais de scolarité dans l’enseignement privé hors contrat

Pour le projet de loi de finances suivant, le ministre doit impérativement obtenir de son collègue des Finances une mesure fondamentale pour la vitalité pédagogique en France : la défiscalisation complète des frais de scolarité dans l’enseignement privé hors contrat, dans la limite d’un plafond correspondant à la subvention moyenne perçue par élève au niveau scolaire idoine.

Concrètement, un lycéen coûte aujourd’hui 8.000 euros par an à la collectivité. Les parents qui inscrivent leur enfant en âge d’aller au lycée dans un établissement privé hors contrat doivent bénéficier d’un crédit d’impôt de 8.000 euros pour financer la scolarité de leur enfant.

Cette parfaite neutralité financière entre l’enseignement public et l’enseignement privé, qu’il soit ou non sous contrat, permettra d’établir une véritable concurrence pédagogique entre établissements, et obligera l’école publique à repenser ses méthodes pédagogiques pour attirer des élèves.

Supprimer la carte scolaire

Le ministre doit annoncer que les établissements disposent d’une période de transition de deux ans pour se préparer à la suppression complète de la carte scolaire. Les parents doivent être libres d’inscrire leurs enfants là où ils le souhaitent.

Bien sûr, une telle mesure se prépare, d’où l’instauration d’une période de transition. Mais celle-ci doit aussi permettre aux établissements de préparer une autre réforme fondamentale : l’indexation de la dotation de fonctionnement sur le nombre d’élèves. Chaque année, les moyens de fonctionnement doivent être adaptés à la population réelle des établissements.

Pour tenir compte de la difficulté présentée par certains publics, la dotation doit être majorée pour l’accueil d’un élève boursier. Le système de bourse peut être affiné pour bien tenir compte des difficultés spécifiques de certains établissements.

Réformer la diplomation par l’Éducation Nationale

Enfin, pour donner une cohérence durable à ce système, le ministre de l’Éducation nationale doit réformer en profondeur le système d’examen, et spécialement le baccalauréat.

Cette réforme, qui doit être travaillée avec un corps enseignant remotivé et remobilisé, doit avoir trois objectifs majeurs.

Le premier objectif est d’élever le niveau de connaissances et de compétences de nos élèves en appréhendant mieux leurs savoirs. Un baccalauréat entièrement numérisé doit remplacer le baccalauréat actuel. Il doit servir de pivot à un franchissement fondamental de cap : l’école doit passer de l’ère papier à l’ère numérique.

Dans cet objectif, des épreuves éliminatoires doivent être mises en place. Il faut arrêter de donner le bac S à des élèves nuls en mathématiques mais excellents en sport. Le baccalauréat doit valider des parcours qui ont un rapport réaliste avec leur intitulé.

Au passage, il ne serait pas choquant qu’un premier examen intervienne en fin d’école primaire ou de CM1 pour valider les savoirs fondamentaux des élèves. Les recalés pourraient passer un CM2 entier à les réacquérir.

Le deuxième objectif est de piloter la pédagogie en profondeur, en garantissant l’homogénéité relative d’un système désormais fondé sur la liberté pédagogique. L’examen devrait donc être professionnalisé dans sa conception et ses évolutions pour entraîner avec lui l’ensemble du système éducatif, qu’il soit privé ou public.

Le troisième objectif serait d’évaluer la performance éducative des enseignants. Les moins efficaces d’entre eux, c’est-à-dire ceux qui apporteraient le moins d’amélioration éducative aux élèves, seraient licenciés. Bien entendu, il ne s’agit pas de lier arithmétiquement la performance des enseignants aux résultats des élèves à l’examen. En revanche, une sophistication du dispositif actuel permettrait de mesurer les nouveaux acquis des élèves à l’école. Les enseignants qui apportent peu doivent être écartés du système.

Une rupture dans l’Éducation Nationale vitale pour notre redressement

Ces mesures de bon sens, déjà largement pratiquées ailleurs, sont indispensables à notre redressement collectif. Le gâchis qui consiste à investir chaque années près de 60 milliards d’euros dans un système peu performant constitue en effet un danger colossal pour notre pays. Il nous faut le courage d’agir.

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  • beau programme mais avec le corporatisme comment faire ? une competition entre les etablissements , un examen objectif de chacun d eux afin de retablir les desequilibres possibles mais la carte scolaire . la motivation comme moteur des professeurs et autres

    responsabiliser les parents l ecole n est pas le supermarche l ecole est un bijou offert aux enfants

    • Le sans-culotte Verhaeghe veut sortir la guillotine du musée et couper des têtes (inspecteurs incompétents, profs dont les élèves ont de mauvais résultats, ronds de cuir du mammouth, syndicalistes, etc.). Je vois là dedans plus une manière de faire des économies que d’améliorer les classements PISA. Il amène l’idée de tests informatisés au bac : que ne la propose t-il pour TOUS les niveaux, soit une fois par an, depuis le CP !

      Je ne crois pas que le libéralisme ou la concurrence soient la solution pour réformer le système. Ce qu’il faut c’est savoir traiter les échecs (élèves en difficulté, profs pas dans le coup), notamment par des filières de formation, rattrapage, mise à niveau, etc. Par contre, les carrières au mérite, alors là, 100% d’accord. Cela va nécessiter de marcher sur le ventre des syndicats. C’est là que l’épreuve de force va se dérouler. L’erreur majeure à éviter serait de faire une grande réforme, impliquant des changements pour le mammouth comme pour les étudiants : ces derniers descendront dans la rue sous le moindre prétexte pour défendre les privilèges de ceux dont M. Verhaghe voudrait voir tomber les têtes !

  • Les IG inspectent très peu. Vous confondez avec les IA IPR.

    Il n’y a pas de promotions « syndicales ». Être syndiqué ne charge rien, et heureusement, puisque 70 à 80 % des enseignants ne sont pas syndiqués, selon les sources ( ce qui reste il est vrai au moins deux fois plus élevé que la moyenne nationale). Les règles de promotions sont désespéramment standardisées, et vont l’être encore davantage.

    « Plusieurs milliers d’enseignants sont mis à disposition de structures obscures où n’a lieu aucune action d’enseignement. Cela suffit. » : Des enseignants sont affectés dans des établissements dépendants du ministère de l’Agriculture, des Affaires Étrangères ou de la Défense, pour y enseigner. Ce ne sont pas des structures obscures. D’autres enseignants sont chargés de mission auprès des Rectorats ou du Ministère . Ce ne sont pas des structures obscures. S’ils  » disparaissent du radar de l’educ nat « , cela ne signifie pas qu’ils glandent chez eux ou pantouflent forcément dans des postes fictifs, comme un petit nombre effectivement peut le faire . Mais on sait très bien que ceux là proviennent le plus souvent de la classe politique ou de ses bordures ( le gouvernement se réserve le droit de nommer des petits copains inspecteurs généraux sans aucune compétences, et on ne sait pas trop ce qu’ils font)

    D’autre part un enseignant est un professionnel qui peut bénéficier d’évolution de carrière qui l’amène à faire autre chose qu’enseigner Ou est le problème ? contesterait on la mobilité de carrière pour un enseignant ? Combien d’ingénieurs effectuent des tâches qui n’ont plus rien à voir avec leur recrutement d’origine ? Contesterait-on à un enseignant d’autres compétences que celle d’enseigner strictement ?

    Pour les test PISA, tant de choses à dire. La lâcheté, le dogmatisme, et le politiquement correct interdit toute analyse lucide, factuelle.

    Enfin, l’école est malade, oui. Mais c’est faire preuve d’une très grande naïveté ou d’aveuglement que croire qu’un rôle accru des parents dans l’école améliora les choses. Les parents n’ont cessé de gagné sur ce plan là depuis 30 ans. L’école est aussi le produit de cette évolution. Vous parlez de la terminale S. OK. Vous n’identifiez pas le souci ?

    • Tout à fait d’accord avec votre commentaire, Gil, … j’aurais simplement envie de développer « le politiquement correct interdit toute analyse lucide, factuelle ». Si parmi les lecteurs de Contrepoints il y a bien sûr peu d’enseignants, il y en a quand-même. Moi par exemple. Ancien prof de collège, ayant enseigné en France, en Hongrie, en Martinique et en Nouvelle-Calédonie. Les pires postes que j’ai eus étaient en France. Dans des banlieues fortement maghrébines (Orly entre autres), où il était presque impossible de faire autre chose que de la garderie. Une intervention plus grande de la part des parents n’auraient été d’aucune aide pour améliorer la scolarité de leurs rejetons, et surtout des garçons : ils ne s’en souciaient nullement. Une chose qu’on n’apprend que si on a été « dans le bain », ou dans la cage aux fauves : c’est la classe qui fait le prof et non le prof qui fait la classe … à méditer pour les non-pédagos.

    • « D’autre part un enseignant est un professionnel qui peut bénéficier d’évolution de carrière qui l’amène à faire autre chose qu’enseigner Ou est le problème ? »
      C’est élémentaire : un enseignant se définit non pas en fonction de ses diplômes mais en fonction du fait qu’il enseigne. Un fonctionnaire qui aurait été enseignant et qui serait devenu administrateur de cantine, éleveur de chèvres dans un lycée agricole ou ministre n’est plus un enseignant, par definition.
      A l’inverse, ingénieur correspond à une double définition : celui qui a obtenu le diplôme, et celui qui exerce la fonction.
      Dans le premier cas on est « ingénieur » a vie, tout comme on est docteur, dès lors où on a reçu le titre en question.
      Dans le second cas on peut devenir ingénieur dans le poste et les fonctions au sein d’une entreprise. Mais on n’aura pas le droit d’en revendiquer le titre.
      Si je vous suis, un ingénieur qui voudrait donner des cours dans un lycée, c’est toujours un ingénieur ou c’est devenu un enseignant ? Je ne sais plus trop…

  • « Concrètement, un lycéen coûte aujourd’hui 8.000 euros par an à la collectivité. Les parents qui inscrivent leur enfant en âge d’aller au lycée dans un établissement privé hors contrat doivent bénéficier d’un crédit d’impôt de 8.000 euros pour financer la scolarité de leur enfant. »
    J’approuve sans réserve !
    Même principe que pour la Secu : on rend l’ensemble des charges aux salariés et ils choisissent leur assurance.
    Si le modèle (social ou scolaire) est si bon, les gouvernants, fonctionnaires et syndicats concernes par le gâteau n’ont rien à craindre…
    Mais si le modèle n’est pas si bon que ça (ce que certains pensent), le résultat peut être … amusant !

  • Ne faut-il pas en premier lieu redéfinir des objectifs « désidéologisés » pour les enseignants et leur redonner leur liberté pédagogique au lieu de les assommer de circulaires?

  • On croit rêver de lire cet article, lorsqu’on connaît l’état de décomposition avancée de l’éducation nationale
    LES deux mesures phares sont l’autonomie des établissements avec u vrai Directeur compétent qui fait fi des structures syndical
    Es archaïques
    D’autre part, vancement lie aux véritables performances de l’enseignant et à la notation DE son chef d’établissement
    J’ai LES instituteurs de la III république dont JE ne cesserai jusqu’à ma mort de louer leur sens du travail et de l’honnêteté. Malheureusement LE collège unique et 68 ontt détruit un fleuron de notre pays

  • Nouveau ministre = nouvelle réforme, des rythmes et des programmes, toujours aussi incontournable qu’inspirée sans oublier géniale

  • Si vous voulez choisir l’établissement scolaire de votre enfant, pourquoi voulez-vous que ce soit la société qui vous paie les frais de scolarité par le biais d’une défiscalisation ? Quand on veut choisir, il faut payer !
    L’école publique n’a pas besoin de repenser ses méthodes pédagogiques davantage que le privé : les professeurs qui y enseignent reçoivent la même formation initiale, passent le même concours et sont inspectés par les mêmes inspecteurs qui les conseillent sur les méthodes pédagogiques. Certes le fonctionnement de l’établissement peut être un peu différent, par exemple il y a plus de voyages scolaires dans les établissements privés (eh oui, puisqu’ils ont plus d’argent !) et les effectifs des classes sont plus faibles (eh oui, puisqu’ils ont plus d’argent !), et vous voudriez que la société vous paie ce luxe ! Ce qui différencie les établissements scolaires publics et privés, en plus du budget qui n’est pas le même, c’est essentiellement le profil de la population d’élèves qui y va, ce qui peut rendre les conditions d’enseignements plus ou moins difficiles suivant ces profils. Ce que vous proposez, aggraverait encore cette situation. Par ailleurs, les professeurs du public ne vous ont pas attendu pour remettre tous les jours en question leurs méthodes pédagogiques dans le face à face qu’ils ont tous les jours avec les élèves (environ 30 par classe au collège, et 35 au lycée).
    Avec ce que vous proposez, les établissement privés auraient plus d’argent que les établissement publics et cela serait payé par la société ! Absurde et intéressé…quand on veut faire jouer la concurrence, il faut payer de ses propres deniers, ou sinon vous vivez au crochet de la société !

    • Que faites-vous de l’interdiction de donner des devoirs en primaire? De l’interdiction de donner plus de deux livres à lire par an? Croyez-vous que ça aide les élèves? Ce sont les conséquences d’un but fallacieux dévolu â l’EN: réduire les inégalités.

    • Euh rassurez moi sur juste un point : actuellement les personnes qui payent pour leur enfant une école privée payent également à travers leur impôt l’école publique (ce qui concètement leur fait une belle jambe). J’ai donc du mal à comprendre votre argument. Ils doivent payer pour leur choix d’une éducation privée, certe, mais pourquoi devoir payer également une éducation publique qui ne leur sert à rien ?

      • Voir la réponse faîtes à Kanon: l’élément qu’il vous manque est que les professeurs des établissements privés sous contrat sont payés par l’Etat.

        • Je n’étais effectivement pas au courant de cette subtilité très importante en effet ! Je comprend mieux votre point de vue dans ce cas.

  • Avant tout, comme dans les autres institutions nationales, réformer le syndicalisme! Quand on sait le nombre d’agrégés qui ne font que cela, et le pouvoir qu’ils ont sur leurs confrères, étant donné le gauchisme ambiant post soixante-huitard, on ne s’étonne pas de l’échec.

  • l’éducation nationale n’est pas réformable ! il faut juste permettre aux parents de choisir une alternative sans payer pour l’Ed Nat en plus.
    Et laisser couler le mammouth.

  • à Dut. parce que l’éducation nationale n’est pas payée par tous? le concept de defiscalisation ou de chèque scolaire est justement la pour éviter de payer deux fois l’école. 1 fois l’éducation nationale via les impots et une fois les écoles privées hors contrat. Donc c’est complètement l’inverse de ce que vous dites

    • Kanon : les professeurs du privé sont payés par l’Etat : c’est peut-être cet élément là qu’il vous manque ! Donc le privé est payé par tous, tout autant que le public, et donc l’argent payé par les parents pour que leurs enfants soient scolarisés dans un établissement privé vient « en plus » pour les établissements privés. C’est pour ça que les établissements privés ont plus d’argent. Donc une défiscalisation de cet argent n’aurait pas de sens : ce petit luxe en plus serait payé par tous, alors il faudrait dans ce cas que tout le monde puisse avoir ce petit luxe : des classes moins surchargées, du matériel en meilleur état, davantage de voyages scolaires, ….

    • Une petite rectification : je parlais des établissements privés sous contrat avec l’Etat, c’est-à-dire la très grande majorité des établissements privés. Pour les établissements hors contrat avec l’Etat, effectivement, c’est différent, mais vous prenez alors le risque de scolariser votre enfant dans un établissement régi par ses propres règles, sans programme national, sans contrôle par personne : pour le meilleur, ou pour le pire…

      • Concernant le meilleur ou le pire, une évidence cela ne peut être pire.
        Pour rappel, la scolarité n’est pas obligatoire mais l’instruction oui. Celle-ci est clairement cadrée par le socle commun et contrôlée par l’inspection académique tant pour une école hors contrat que pour des enfants déscolarisé.

        Pour revenir à l’article, pour un libéral demander un crédit d’impôt est plutôt une réaction corporatiste avec les effets habituels, le coût de l’éducation tendra pour les écoles privée vers le coût actuel majoré du crédit d’impôt. (de la même manière que pour les APL et bien d’autres encore)

  • Je trouve cette idée de chèque éducation sympa et tout ça, la libertée de choisir son établissement etc..
    Mais concrètement sommes nous totalement libre ?

    Si chacun va pouvoir choisir et payer l’école qui lui convient, pas sur que géographiquement cet établissement idéal leur sera vraiment accessible.
    Si on est pragmatique, les établissements privés vont moduler leur prix selon le niveau de leur professeurs, de leurs prestations, de leur emplacement (loyers, zones géographiques près des transports).

    Au final ce système risque de devenir totalement inégalitaire et injuste.
    Les riches se payeront le meilleur établissement, la meilleure éducation et se targueront du fait d’avoir un VRAI choix (puisque outre le fait de choisir l’éducation de leur enfant, ils choississent leur zone d’habitation, leur moyens de transports, etc).
    Les plus défavorisés socialement auront certe le choix mais celui ci sera tellement limité (lieu de résidence, transports, contraintes physiques…) que ça reviendra à la même chose qu’avant, voir pire. Je pense que c’est une fausse bonne idée et qu’à terme, cela engendrera des gouffres sociaux encore plus grand que ceux qui existent actuellement.

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