L’économie selon François Fillon

Quels sont les objectifs de la stratégie économique de François Fillon, et quel est l’élément-clé sur lequel le stratège parie pour en assurer le succès ?

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François Fillon By: European People's Party - CC BY 2.0

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L’économie selon François Fillon

Publié le 9 décembre 2016
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Par Claude Sicard.
Un article d’Emploi 2017

L'économie selon François Fillon
François Fillon By: European People’s PartyCC BY 2.0

François Fillon vient de sortir vainqueur, haut la main, de la primaire de la droite. Ce candidat à la prochaine élection présidentielle a affiché un programme libéral fondé sur l’entreprise privée. Ce programme qui résulte d’un long travail de réflexion vise à redresser la situation économique de la France et à permettre à notre pays de retrouver le plein emploi.

Les mesures que ce candidat propose sont affichées très clairement, et chiffrées. Elles tiennent en trois points : restaurer la compétitivité des entreprises, renforcer le financement de l’économie, et simplifier le Code du travail. François Fillon a pris le soin d’expliciter en détail son programme dans l’ouvrage qu’il a publié en 2015, qu’il a intitulé Faire pour bien marquer sa ferme détermination à agir. Cet ouvrage a eu un immense succès.

Ce candidat fait de l’emploi la clef du redressement de la France, nous disant dans un slogan affiché sur son site : « L’emploi est la mère de toutes les batailles ». Aussi envisage-t-il d’être en mesure de ramener le taux de chômage de notre pays à 5%, en cinq ans. Le programme de François Fillon pour redresser l’économie de notre pays est fondé implicitement, comme tout programme économique embrassant une longue période, sur une stratégie, une stratégie intuitive dans ce cas, comme c’est généralement le cas en matière d’élaboration d’une stratégie.

Il est donc intéressant de tenter d’analyser cette stratégie en utilisant les enseignements et les concepts que les chercheurs américains ont dégagés de leurs travaux de recherche sur les problèmes de stratégie d’entreprise. Ces recherches qui ont débuté vers la fin des années 1960 ont conduit à dégager des concepts spécifiques de stratégie, et à mettre au point différentes méthodes pour élaborer rationnellement, et non plus intuitivement, des stratégies que l’on voudrait gagnantes.

On a abouti ainsi à différentes méthodes : celle très connue des matrices d’analyse stratégique du BCG, la méthode dite du « bonzaï technologique », la méthode de Harvard avec les apports précieux de Michael Porter, la méthode dite de « la force motrice », etc.

La notion-clé de « force motrice » dans l’élaboration d’une stratégie

La méthode qui nous paraît transposable au cas présent, s’agissant cette fois d’un État et non pas d’une entreprise, est la méthode de la force motrice qui a été proposée dans les années 1970 par deux chercheurs américains très connus : Benjamin Tregöe et John Zimmerman. Elle consiste à déceler avec la plus grande pertinence quelle est la force motrice qui anime une entreprise, et de bâtir ensuite la stratégie de développement de cette entreprise en se fondant sur cette force motrice. Si celle-ci ne convient pas dans la situation concurrentielle où se trouve l’entreprise, il faut en changer, et les auteurs de cette méthode ont élaboré un catalogue de 10 forces motrices différentes. Dans cette méthode, la force motrice est le principal déterminant des choix stratégiques : et elle est la source des avantages concurrentiels.

En examinant la stratégie dont le programme de François Fillon est l’expression on constate que la force motrice qui, par nature, sous-tend cette stratégie, n’a pas été identifiée, et c’est préjudiciable à la mise sur pied du programme présenté par ce candidat. La force motrice dont il s’agit, ici, est l’innovation.

Les objectifs des stratégies de Juppé et Fillon

Voyons, tout d’abord, le problème des objectifs, problème numéro un à traiter lorsque l’on entreprend d’élaborer une stratégie. François Fillon les énonce de la façon suivante : « faire de la France la première puissance économique européenne en l’espace de dix ans », et, simultanément, « arriver au plein emploi ». Son concurrent, Alain Juppé avait, lui, choisi un objectif différent : « Une France à l’identité heureuse ».

Comme on le voit, l’objectif fixé par François Fillon s’est révélé bien plus concret et mobilisateur, que celui d’Alain Juppé qui a proposé un objectif quelque peu inconsistant, et les électeurs n’ont pas hésité à opter pour l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, qu’ils ont jugé être l’homme dont la France a besoin pour demain.

Quelle est la « force motrice » de la stratégie de François Fillon ?

Second point : la détermination de la force motrice, et c’est l’identification de celle-ci qui a fait défaut dans l’élaboration de la stratégie de François Fillon. Pourquoi cette omission est-elle préjudiciable à la réussite du programme de redressement de la France proposé par ce candidat ? Parce qu’elle ne focalise pas les actions à mener sur ce qui va faire la réussite du programme.

Et l’on note que François Fillon, d’ailleurs, ne nous dit pratiquement rien de la recherche-développement qui est la source dans toute société moderne de l’innovation et donc de la création de nouvelles entreprises. Car c’est précisément dans ce domaine que notre pays a le plus grand besoin de start-up qui, rapidement, créeront des emplois.

L’Irdeme, Institut de recherche spécialisé dans les problèmes de démographie des entreprises, a parfaitement démontré que ce ne sont pas tant les entreprises existantes qui, réellement, dans un pays, créent des emplois, mais bien les entreprises nouvelles.

Et il est important que ces créations se fassent dans le secteur industriel, car, avec la mondialisation notre pays a vu fondre son secteur industriel du fait d’un manque de compétitivité de nos entreprises et des difficultés qu’ont eues beaucoup de nos entreprises industrielles à se battre sur les marchés étrangers. Notre secteur industriel ne représente plus aujourd’hui que 11% du PIB, alors qu’il s’agit de 24% en Allemagne, la moyenne des pays de l’OCDE se situant à environ 20%.

Quid donc, alors, de la R&D française ? Nous sommes, aujourd’hui, dans un monde plus que jamais engagés dans une course à l’innovation technique, et l’innovation est un des principaux ressorts de la croissance. Les deux grands puissances qui dominent aujourd’hui le monde, les États-Unis et la Chine, ont des budgets de R&D considérables : 397 milliards de dollars dans le cas des États-Unis et près de 300 milliards dans celui de la Chine, et ce pays accroît à très vive allure ses dépenses de R&D.

Elles ont doublé entre 2008 et 2012, et ce pays a annoncé qu’il consacrerait à la recherche 2,5% de son PIB en 2020. En nombre de chercheurs, la Chine rivalise avec les États Unis : 1.489.000 chercheurs dans le cas de la Chine et 1.413.000 dans celui des États-Unis. La Chine est devenue innovatrice, et les offices de brevets nous indiquent qu’elle a effectué en 2012 un peu plus de un million de demandes de brevets, chiffre à comparer aux 578.802 demandes déposées par les États-Unis, et 325.989 par le Japon.

En matière d’innovation la bataille va donc être très dure dans les années qui viennent, car les budgets de R&D des puissances européennes sont lilliputiens en comparaison de ceux des deux grands géants, sans compter dans cette bataille le Japon et la Corée du Sud.

Pourquoi faut-il miser sur un renforcement drastique des activités de R&D en France

La France, elle, a un budget de R&D qui se monte à 48 milliards d’euros seulement, soit 2,3% de son PIB. L’Allemagne, en est à 2,8% du PIB, avec des dépenses de R&D s’élevant à 79 milliards d’euros. Le Royaume-Uni est en retard, avec seulement 33 milliards de dollars, soit 1,7% de son PIB. En matière de brevets, les offices de dépôts de brevets indiquent que notre pays en est à un peu plus de 16.000 dépôts par an, et l’Allemagne à 60.000 environ.

L’urgence, on le voit bien, est donc à un accroissement considérable de nos budgets de R&D. Il faudrait se fixer de les porter à 4% du PIB, comme c’est le cas de la Finlande ou d’Israël. Quant au nombre des chercheurs, il faudrait pratiquement le doubler, pour passer de 259.000, chiffre actuel, à 400.000 environ, demain. Il va donc falloir consacrer chaque année environ 90 milliards d’euros à la R&D dans notre pays, et recruter environ 140.000 chercheurs, en les payant correctement, car beaucoup de jeunes doctorants émigrent actuellement aux États-Unis.

Les 100 milliards d’euros d’économies dégagés par le plan Fillon sur les dépenses publiques seront très loin de suffire car dans le programme de François Fillon il s’agit de 100 milliards dégagés sur la période du quinquennat. Il faudra donc trouver d’autres sources de financements pour alléger les charges qui minent la compétitivité de nos entreprises. Et, par ailleurs, va-t-on être en mesure de recruter, rapidement, 140.000 chercheurs nouveaux ?

L’exemple d’Israël, une « start-up nation »

L’exemple d’Israël doit nous donner espoir qu’un programme fondamentalement centré sur le renforcement de la R&D pourrait porter à terme ses fruits, et il y a donc à s’inspirer au plus vite des dispositions qu’a prises ce petit pays de 7,8 millions d’habitants pour se situer aujourd’hui dans le peloton de tête des pays les plus innovants. Israël est souvent qualifié de « start-up nation ».

Ce pays est leader mondial de la sécurité informatique, des drones, de l’imagerie médicale et de l’irrigation en goutte à goutte. Et c’est une terre d’accueil pour la R&D des grandes multinationales. En effet, 250 multinationales, pour les deux tiers américaines d’ailleurs, y ont à présent de très gros centres de recherche. Et l’on sait qu’Intel délocalise maintenant en Israël sa recherche française en s’installant à Haïfa.

La nécessité d’infléchir le programme de François Fillon en le centrant sur l’innovation

Il faudrait donc que François Fillon, candidat de la droite à l’élection présidentielle de 2017, puisse revoir son programme économique en le centrant bien davantage sur le développement de l’innovation dans notre pays. Dans une de ses publications, l’OCDE nous confirme bien dans cette orientation, disant : « L’innovation est un facteur déterminant de la croissance et des performances de l’économie mondialisée ».

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  • Excellent article. Effectivement, le programme de Fillon ne mentionne pas une fois la Recherche ou l’innovation. Par contre, il a désigné «l’ennemi de la France» comme étant la Chine !
    Je crains que son projet ne soit essentiellement conservateur, et non créatif. Un protectionnisme tourné vers les PME, pas du tout vers les startups technologiques, tournées vers le monde !
    N’oublions pas que Fillon est un provincial, qui n’a jamais vécu à l’étranger, ni même travaillé dans une entreprise… ni même dans la Fonction publique d’ailleurs. Depuis ses études en droit public, il a seulement suivi une carrière de politicien.
    Je crains que Fillon ne soit un Hollande de droite, provincial, franco-français et seulement conservateur.
    J’espère me tromper !

  • Yaka fokon….

    En quoi l’Etat devrait avoir comme objectif de booster la R&D des entreprises privées ?

    En quoi le % de PIB devrait il être un objectif politique ?

    Par des investissment d’Etat ? Par des crédits d’impôts ? Par des lois, des règlements ? Par des impôts nouveaux ?

    Par des strategies élaborées par des énarques et soumises à referendum populaire ?

    Complètement a coté de la plaque.

    • Les gros centres de r&d et pôles de compétitivité sont tous des partenariats publics privés, quel que soit le pays. Il est pur dogme d’opposer l’un et l’autre, surtout en justifiant cette position par zèle au libéralisme.

      • Oui et alors ?

        Soit l’auteur ne sait pas utiliser google et n’a pas trouvé la partie du programme de FF qui s’apelle « 9 MESURES POUR METTRE LE NUMÉRIQUE AU CŒUR DE LA CROISSANCE FRANÇAISE DE DEMAIN » soit il fait un proces d’intention sur ce programme qui clairement ne parle pas de recruter des chercheurs fonctionnaires et autres depenses publiques a tout va.

        • Oui cet article est un gros LOL et l’auteur n’a rien compris à ce qu’est une politique économique libérale et il nous refait le coup du plan.
          Culte du cargo.
          Foutons la paix aux entreprises : l’innovation ne se décrète pas.

  • Pour faire de la recherche… il faut des chercheurs…pas de chercheurs sans une école performante ni d’investisseurs….
    Fillon n’a pas gagné sa primaire sur un programme, pour cela il eut fallu que les gens y comprennent quelque chose.. et les français n’y comprennent plus rien.

    • comme Hollande, Fillon n’a pas gagné pour son programme incompréhensible mais par l’anti Sarkozysme. Sans cette élection au faciès on aurait pu voir que Sarkozy avait le programme le mieux adapté à la conjoncture actuelle. Il avait compris que l’austérité sape la reprise.

  • L’avenir sera écolonomique ou ne sera pas aurait aussi pu dire Malraux

    L’écolonomie étant un mot inventé dans les années 1975 par le pourtant ultra-pro-nucléaire Marcel Boiteux, patron d’ EDF à l’époque qui a grandement contribué à nous laisser la gestion, outre de démembrements (non prévus dans le prix actuel du Kwh) de nombreuses centrales, alors que l’EPR et le thorium sont de mauvaises solutions, des déchets à vie ultra-longue.

    Mais sur le plan de l’écolonomie Marcel Boiteux avait raison. Et ça commence par bannir de notre vocabulaire le trompeur concept de croissance du PIB, ce pseudo indicateur, alols que l’IDH qui l’intègre est, entre autres pour cela, déjà dépassé.

    Or apparemment le « sourcilleux » châtelain de la Sarthe et « Henri » son peut-être ambitieux futur premier ministre (Cf. le Canard de cette semaine) ne comprennent rien à l’écolonomie,seul salut pour les jeunes générations et celles à venir.

    • Rengaine.
      Le PIB est un indicateur qui tout imparfait qu’il soit doit être mis en regard d’autres indicateurs.

      Votre compteur peut très bien indiquer que vous roulez à 60kph mais si vous êtes enlisé c’est bien qu’il vous manque des informations.

      Casser le thermomètre ne fait pas tomber la fièvre.

      Et il n’empêche que pour l’instant le classement des pays par PIB par habitant donne déjà une bonne idée de la situation économique de la majorité des pays.

  • Vous n’avez sans doute pas écouté ses discours ni lu son programme. Fillon ne cesse de parler d’innovation : cf rubriques « compétitivité », « numérique », « enseignement recherche », « entreprise ». Et il dénonce par ailleurs le principe de précaution , en affirmant notamment au sujet des gaz de schiste qu’il était pour la liberté de la recherche.

    Comme quoi on peut écrire une analyse qui a les apparences de la profondeur et de l’objectivité tout en étant dans le mensonge le plus caricatural.

    • Il est un fait que malheureusement, quasiment plus personne ne lis, et surtout pas les programmes politiques. Fillon, parle d’économie numérique etc, d’ailleurs il était le seul a en parler lors des débats de la primaire.

      L’état doit investir dans la R&D, en facilitant les écoles d’ingénieurs ou les études scientifiques, mais pas en injectant de l’argent dans les entreprises. L’état ne sait pas gérer les entreprises, car ceux qui gouvernent, ministres, chef de cabinet etc n’ont jamais franchi le seuil d’une entreprise et ils ne font que réagir a une technologie, ils n’agissent pas en créant.

      Dernière chose, lisons son programme, laissons le l’affiner et une fois cela fait, on pourra lâcher les fauves de la critique. Mais évidemment, on hurle avec les loups sans savoir pourquoi on le fait.

      • Oui et franchement, écrire un article en faisant des procès d’intention et sans avoir pris la peine (ou ne pas savoir utiliser google) de lire ce qui est résumé sur le site du programme de qui que ce soit : c’est déplorable.

        Ok, je peux comprendre pour Macron, vu que pour essayer de comprendre ce qu’il veut faire (pas son programme, il a admis lui même qu’il n’en avait pas) il faut débourser 17 euros et acheter son livre.

        Sinon, c’est quand même un peu ridicule à l’heure de l’internet de prêter aux gens des propos qui sont l’inverse de ce qu’ils ont dit et écrit publiquement, sachant que tout le monde peut vérifier et se faire sa propre opinion.

        Ce genre de lobbying (yaka, on a pas assez d’argent, il faut des moyens, on dépense moins que les autres, etc…) répété en boucle depuis 40 ans, nous a donné la dette et la dépense publique que l’on connaît.

      • Il va falloir se cotiser pour offrir à l’auteur de l’article le bouquin « Faire » de Fillon.
        Il y a carrément un chapitre intitulé « Croire au progrès » et dont les termes abordés sont innovation et recherche.

  • Je vous invite à aller directement consulter le site et le programme, au chapitre « enseignement supérieur et recherche ».
    Il n’est pas sûr que notre problème actuel soit uniquement un problème de moyens (comme comme pour l’Education Nationale). Combien de chercheurs en sciences humaines qui brassent des idées, sans plus?
    Le CIR est un bon outil pour favoriser la recherche privée. Encore faut-il que la complexité de notre système fiscal ne conduise pas à des redressements…
    Par ailleurs des entreprises plus compétitives et qui augmentent leurs marges pourront davantage investir dans la recherche.
    Enfin, une économie qui facilite la création d’entreprises permet à l’innovation d’émerger (comme souligné dans l’article)

  • J’ai trouvé la première partie de l’article (sur la stratégie et la force motrice) intéressante.
    Je suis en désaccord avec la seconde partie : il me semble que la seule force motrice qui vaille est la liberté (qui suppose la disparition progressive de l’État) et que l’insuffisance de R&D est au mieux un des symptômes du mal. S’attaquer aux symptômes de la maladie plutôt qu’à sa racine (l’asservissement des citoyens) ne peut que donner des résultats décevants.
    En ce sens, il me semble rejoindre le point de vue de Stéphane Boulots.

  • Bien sur qu’il faut de la R&D et de l’innovation mais ce n’est pas qu’une question d’armées de chercheurs fonctionnarisés et de subventions à de gros machins. Le premier point clef c’est que l’innovation doit payer. L’entrepreneur qui a pris des risques et réussi doit pouvoir profiter d’une part substantielle de son bénéfice sans être dépouillé par le fisc et sans subir un harcèlement réglementaire permanent. Le deuxième point est que la population de travailleurs doit être apte à saisir cette innovation. On ne met pas une machine haut de gamme dans les mains d’un analphabète. Le troisième point, qui rejoint le premier, est que les bénéfices de l’innovation ne doivent pas être mangés par la montée de la bureaucratie (non seulement les fonctionnaires au sens propre mais aussi les bureaucrates des entreprises).
    Enfin, il ne faut pas verrouiller complètement la R&D par un excès de conformisme et le refus de la prise de risque. Si les seuls projets qui obtiennent des crédits sont ceux à la mode faisant l’objet d’un consensus de fonctionnaires incompétents et de mandarins dépassés, alors l’abondance de ceux-ci sera sans effet.

  • Encore une démonstration foireuse d’Emploi 2017, centrée sur le manque de moyens, c-à-d rejoignant la litanie de nos non moins foireux syndicats marxo-trotskistes. Partant d’une lecture biaisée du programme de Fillon, Emploi 2017, comme d’hab’, réclame de l’Etat et encore de l’Etat. L’Education Nationale avec son budget faramineux est l’une des pires des pays développés. Avec le résultat que l’on connaît: manque de moyens?

  • « La France innove, mais ne sait pas tirer suffisamment parti du fruit de son excellente recherche, l’une des meilleures dans le monde. Les projets de recherche et développement (R&D) ne contribuent pas suffisamment aux performances en matière de productivité et de compétitivité de nos entreprises. Le secteur de la santé illustre parfaitement ce paradoxe ». Gilles Bigot ,
    In http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-144910-recherche-fondamentale-et-developpement-un-gap-persistant-en-france-1179348.php

  • Concernant la création d’emplois, s’appuyer sur les entreprises nouvelles c’est bien.
    Mais ne faut-il pas tout d’abord préserver les entreprises existantes et par là même préserver leurs emplois et leur permettre de se développer pour en créer d’autres ?

    • Les entreprises ne font qu’augmenter leur productivité, c’est à dire diminuer le nombre de salariés nécessaires pour réaliser un chiffre d’affaire donné. Elles « détruisent » des emplois à long terme.

      C’est la raison pour laquelle les nationalisations, le made in France, le capitalisme de connivence, etc… sont des inepties : protéger des entreprises qui ne sont plus compétitives, c’est empêcher de nouvelles entreprises, plus créatrices d’emploi, de se créer.

      C’est un calcul à très court terme et très démagogique : il est clair que l’ouvrier de la sidérurgie préférera que l’on maintienne artificiellement son emploi, plutôt que de voir se créer 2 emplois nouveaux dans des secteurs innovants auquel il ne pourra pas avoir accès.

      Le graal de toute entreprise est de faire un énorme chiffre d’affaire avec le moins possible de salariés, il leur faut en général 10 à 30 ans pour arriver au plafond de productivité, un peu plus pour le plafond de croissance de CA.

      De plus, la création « interne » de nouvelles activités est bien plus difficile que la création « externe », c’est la raison pour laquelle les entreprises préfèrent acquérir des startups ou des concurrents, plutôt que de se diversifier : leur savoir faire est dans la consolidation d’un métier, ce qui permet croissance, résistance à la concurrence et gains de productivité, pas dans l’innovation et l’apprentissage de nouveaux métiers.

      • C’est bien évident. Mais pourquoi ne l’est ce pas pour tout le monde ? La production ne peut augmenter que parce que les entreprises existantes peuvent libérer des moyens (soit en rationalisant soit en disparaissant) qui serviront à en créer d’autres. Si l’on veut vraiment que la production augmente, il faut laisser les moyens aller librement là où ils seront le mieux utilisés. Bref il faut laisser les meilleurs se renforcer et les moins bons disparaitre. Faire le contraire est un déclin assuré. Par ailleurs il vaut mieux créer une nouvelle entreprise que de développer sur d’autres axes une vieille entreprise bénéficiaire. Une entreprise qui a un secteur bénéficiaire associé à un secteur boulet a forcément la tentation de faire survivre le boulet.

        • « Une entreprise qui a un secteur bénéficiaire associé à un secteur boulet a forcément la tentation de faire survivre le boulet. »

          Non, c’est bien mal connaître les entreprises que de dire cela, ce sont les syndicats et les politiques qui refusent le droit pour les entreprises de se séparer des activités en déclin et/ou de transformer leur cycle de production pour rationaliser (Peugeot) : cf autorisation administrative de licencier, haro sur les licenciements dits boursiers, refus des délocalisations ou de la sous-traitance, plan de sauvegarde de l’emploi. On pourrait citer des centaines d’entreprises qui ont été soutenues par des subventions ou des commandes d’état et qui finiront quand même par crever : Alstom, Continental, Arcelor etc…et même Montebourg avec les ex de Lejaby

          Même Tapie qui démantelait des entreprises créait en fait de la valeur car chaque entité extraite de l’entreprise mère regagnait une chance de s’en tirer avec d’autres investisseurs…et s’il a acquis ces entreprises, certaines pour des sommes modiques c’est bien qu’elles ne valaient plus grand chose. Si une sur cinq s’en est sortie c’est déjà bien.

          • Je suis d’accord avec vous. Une entreprise « normale » gérée par des gens compétents et pour produire le maximum de valeur va vouloir rationaliser et se débarrasser de ses poids morts. Mais les entreprises « normales » sont rares. Si l’on retire toutes celles ayant un financement public même partiel, celles vivant de marchés d’état, celles dirigées par des parachutés par faveur politique, que reste t il ? Et même pour les « normales », la tentation de céder pour avoir la paix sociale ou simplement pour ne pas avoir à faire face à un guérilla permanente (justice, prudhommes…) est une réalité. Personnellement, il me semble que la bonne solution pour une entreprise qui fait des bénéfices est de tous les distribuer à ses actionnaires. A charge pour eux ensuite de les réinvestir dans d’autres sociétés créées sur des créneaux porteurs. Mieux vaut des sociétés centrées sur ce qu’elle savent le mieux faire que des sociétés se dispersant sur de nombreuses productions et ayant besoin d’une bureaucratie monstrueuse pour cela. Je ne suis pas non plus favorable aux holdings. Même si la tête peut avoir une structure légère, il y a forcément des sociétés moins bénéficiaires qui alourdissent l’échafaudage.

  • « L’emploi est la mère de toutes les batailles « .
    Fillon a repris le slogan de son regretté ami Seguin qui, lors de la 1ere campagne victorieuse de Chirac clamait : « l’emploi est la clé de tout ».

    Espérons, s’il est élu,qu’il ait plus de succès que Chirac.

  • Étrange article qui fleure bon le plan quinquennal.

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