Brexit : ce qui va se passer désormais

Nathan Rupert-I love London(CC BY-NC-ND 2.0)

Après le Brexit, la Grande Bretagne peut rester une nation libérale et tolérante. Et choisir simplement un mode différent pour ses relations avec l’Europe.

Par Richard North, depuis Bradford, Royaume-Uni.

Nathan Rupert-I love London(CC BY-NC-ND 2.0)
Nathan Rupert-I love London(CC BY-NC-ND 2.0)

Eh bien, nous l’avons fait. Contrairement à toutes mes attentes. Tout d’abord, je veux clarifier certaines choses. Bien que j’aie eu tort sur le résultat, je pense que la campagne Vote Leave a été lamentable. Je pense qu’elle est responsable de cette victoire étriquée et non d’un véritable tremblement de terre. Les idées mises en avant par le camp du Leave sont écœurantes et factuellement incorrectes. Je veux quitter l’UE mais je ne souhaite pas une Grande Bretagne telle qu’elle est envisagée par la droite conservatrice, la gauche travailliste, ou UKIP. Heureusement, la réalité leur barrera le chemin.

En tant qu’activiste et auteur de contributions pour la campagne de The Leave Alliance, vous devriez savoir cela. La campagne officielle pour Leave a fait face à une large opposition, et nous n’avons jamais voulu des individus comme Boris Johnson ou Nigel Farage. Ils ne sont pas informés et n’ont aucune idée de ce dont ils parlent. Notre éthique à The Leave Alliance était la présentation d’un plaidoyer libéral pour quitter l’UE, sans chercher à esquiver les réalités politiques.

À cette fin, nous avons produit un plan exhaustif de 400 pages pour le Brexit, déjà téléchargé 80.000 fois, dont la rumeur dit qu’il est devenu lecture obligatoire chez les fonctionnaires. Nous avançons que quitter l’UE d’un seul bond est impossible, car cela causerait des dégâts aussi bien pour le Royaume-Uni que pour l’Union Européenne. La voie que nous recommandons est celle tracée par la Norvège : rester membres du marché unique et conserver la liberté de circulation.

Le financement de la campagne officielle Vote Leave s’achève aujourd’hui, et cette entité nocive sera démantelée. Le discours de UKIP ne sera plus pertinent. Il s’agit maintenant d’une décision entre adultes.

La majorité des députés de la Chambre des Communes est opposée à la sortie de l’UE, et sera donc absolument réfractaire à tout mouvement aboutissant à quitter également l’Espace Économique Européen (EEE) ; des sauvegardes sont donc en place pour assurer qu’aucune mesure extrême ne soit prise.

Nous nous réunissons mercredi prochain pour discuter de la direction future. La proposition sera le maintien de notre plan intitulé Flexcit et l’adhésion à l’Association Européenne de Libre Échange (AELE). Nous nous plaçons pour cela sous la bannière de The Leave Alliance, ce qui nous met en position d’alliés proches de l’Union Européenne mais non subordonnés à elle, ce que je crois être le meilleur pour le Royaume-Uni. Ceci préserve la plupart des avantages de l’UE sans exiger une fusion politique, et nous donne le contrôle de politiques-clés. Je pense que c’est la bonne approche.

Ceci n’est pas une question d’hostilité vis-à-vis de l’Europe ou des Européens, mais vis-à-vis de notre classe politique qui a continué à nous engager à davantage de subordination sans le consentement du public. D’une façon ou d’une autre, la Grande Bretagne restera une nation libérale et tolérante. Nous choisissons simplement un mode différent pour nos relations avec l’Europe.

L’UE est fondée sur un principe dogmatique de supranationalisme. Nous abandonnons ce principe afin d’adopter un mode de fonctionnement plus multilatéral au sein de  l’AELE et l’Organisation Mondiale du Commerce. Ce n’est pas la fin du monde et je peux vous assurer que UKIP et ses semblables ne l’emporteront pas quant au chemin suivi. Nous en sommes certains car ils n’ont remporté que 14% des suffrages à la dernière élection parlementaire nationale ; et nous avons davantage de soutien qu’eux.

En tant que personne engagée toute ma vie d’adulte en faveur de la sortie de l’UE, je déteste UKIP et ce qu’il représente. Et il en est de même pour nos milliers de partisans. Je pense que c’est le bon choix, parce que la question est désormais résolue, nous pouvons redémarrer la politique de la Grande Bretagne, refonder notre gouvernance, et sortir d’une querelle vieille de 40 ans. La politique en sera beaucoup plus saine à la fin de ce processus.

Entre-temps, il ne va rien se passer dans l’immédiat, nul besoin de s’alarmer. Le Brexit est un processus, pas un événement, et nous verrons au bout du compte que la propagande déversée par la campagne Remain était une grossière distorsion des faits.

Cependant, si vous souhaitez que la Grande Bretagne demeure un pays libéral et tolérant, ceci exige que vous mainteniez votre niveau actuel d’implication politique, et exprimiez vos convictions, ce en quoi vous croyez. Nous avons été désengagés pendant bien trop longtemps, ce qui est la raison même de l’existence de notre mouvement, en premier lieu.

Il y aura plus à discuter, nos publications continueront normalement, et je m’attends à ce qu’il y ait davantage de travail à produire. En attendant, profitez de la fête. Vous l’avez bien méritée.

Traduction Contrepoints.

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