Brexit : que disent vraiment les partisans du Leave ?

Publié Par Vincent Benard, le dans Europe

Par Vincent Bénard.

Brexit ne caricaturons pas les termes du débat

Brexit (Crédits : Jeff Djevdet, licence CC-BY 2.0)

Aujourd’hui se tient à Londres un scrutin majeur pour l’Union Européenne, et bien malin peut dire qui l’emportera, tant les sondages sont serrés. Mais au-delà du vote, ce scrutin nous interroge sur la direction que prend l’Europe d’aujourd’hui.

Comme à chaque scrutin européen, les positions eurosceptiques, en l’occurrence celles des Britanniques, sont caricaturées. Contrairement aux euroscepticismes continentaux dont beaucoup prônent une sorte de repli économique et/ou identitaire (cf Le Pen, Mélenchon), une grande partie des soutiens britanniques au Brexit sont libéraux.

La plupart de ces sceptiques avouent qu’ils resteraient europhiles si l’Europe était réorientée vers un club de nations qui échangent librement, et ne prenait pas la direction d’une supra-nation sous la coupe d’un conseil (en russe : soviet…) élitiste, bureaucratique, dirigiste, non élu, et de plus en plus déconnecté des réalités vécues par une mosaïque de peuples qui n’est pas prêt de développer un sentiment de solidarité transnationales, condition indispensable – et donc non remplie- d’une intégration politique européenne étendue.

Les plus curieux pourront visionner le film #Brexit The Movie du réalisateur australien Martin Durkin, pour comprendre quels sont les ressorts du ressentiment anglais vis-à-vis de l’Union.

Autant le dire : je me reconnais pleinement dans ces reproches adressés à l’union européenne telle qu’elle évolue.

Les libéraux ne sont pas Europhobes, juste euro-exigeants

Ceux qui me suivent depuis longtemps savent que j’ai voté contre le traité constitutionnel en 2005, et que j’en aurai fait de même contre le traité de Lisbonne, si nos élites apeurées par les possibles conséquences d’une rebuffade du bon peuple ne nous avaient pas soustrait à la tentation de renouveler notre censure à cette proposition liberticide.

Ce double rejet suffit à me cataloguer parmi les eurosceptiques, ce qui équivaut pratiquement à une accusation d’extrémisme dans la bouche des plus fervents euro-technocrates, comme le détestable président du parlement européen Martin Schulz, dont j’ai déjà dénoncé la dérive euro-autoritaire ici.

Pour ces gens, ou bien vous êtes favorables à l’Europe auto-confectionnée sur mesure par les élites politiques pour leur propres intérêts, ou bien vous êtes anti-européen.

Pourtant, il existe bien d’autres façons de concevoir l’Europe. L’on peut être pro-européen et ne pas être constructiviste, dirigiste, et socialiste ! On peut aimer l’idée européenne sans accepter n’importe quoi en provenance de nos élites dirigistes. Mais voyons ce qui fait débat aujourd’hui.

L’Europe de Lisbonne : sur la route de l’asservissement bureaucratique

L’Europe de Lisbonne, fille de celle de Valéry Giscard d’Estaing, dont l’empathie vis-à-vis des simples mortels n’était pas la qualité première, ne reconnaît qu’une dimension verticale dans la répartition des compétences politiques au sein de l’union : européenne, nationale, locale.

Elle ignore totalement le fait qu’un certain nombre de compétences essentielles puissent être laissées à l’appréciation soit des individus, soit des entités privées que ceux ci forment pour résoudre leurs problèmes, associations, entreprises… Bref, ce que l’on appelle la société civile. L’Europe de Lisbonne voudrait pouvoir se mêler de tout, là où l’Européen libéral voudrait qu’elle ne se mêlât que de ce que la société civile ne peut prendre en charge elle même, quelles qu’en soient les raisons.

D’autre part, l’Europe envisage de façon très curieuse le principe de subsidiarité cher aux libéraux. Outre cette ignorance de la société civile qu’elle manifeste, elle prétend que les États ne conservent leurs compétences législatives que dans la mesure où l’Union n’a pas exercé la sienne. D’où cette propension de l’Union à vouloir réglementer tout et n’importe quoi.

Pour l’anecdote, l’union a légiféré, entre milliers d’exemples, sur la taille du paquet de spaghettis ou la composition du lait vendu en grande surface, pour être certain que le consommateur trouve partout le même lait. Comme si le consommateur grec et suédois avait les mêmes demandes ! Au lieu de nous enrichir de nos différences, l’union voudrait uniformiser au motif de normaliser.

Certes, certains commissaires, conscients du problème, ont tenté de limiter cet absurdisme (le saviez-vous ? La taille du paquet de spaghettis a été déréglementée. On respire !), et on peut créditer M. Barroso d’avoir commencé un timide nettoyage des idioties les plus manifestes. Mais malgré tout, les textes européens les plus courtelinesques continuent de paraître à un rythme régulier.

L’Europe de Lisbonne, en outre, voudrait nous imposer une charte contraignante des droits de type « sociaux », c’est-à-dire garantis par les pouvoirs publics par le biais d’une imposition des contribuables, alors que cette approche a depuis longtemps prouvé qu’elle ne permettait pas d’assurer les droits en question (ex :le « droit au logement » français est une vaste farce…) et qu’elle donnait de bien moins bons résultats qu’un marché libre d’entraves pour permettre l’accès à ces prestations.

Tout cet arsenal institutionnel donne à l’Europe les moyens de se comporter comme une couche bureaucratique supplémentaire qui s’arrogera le droit de se mêler de tous les aspects de la vie des citoyens, au mépris croissant de ses libertés individuelles.

Alors beaucoup d’Anglais disent: “No Thanks !”. Les Anglais n’aiment pas la bureaucratie et ont inventé le commerce moderne. Cette évolution ultra dirigiste de l’union ne peut leur convenir.

Brexit oui, Frexit non !

À ce stade, il faut comprendre que si un #Brexit peut avoir pour les Anglais un impact positif, un #Frexit serait catastrophique pour la France. Car si les Britanniques voudraient quitter l’Europe pour débureaucratiser tout ce qui peut l’être, les politiciens français anti-européens sont anti-libéraux, anti-mondialisation, voire même anti-capitalistes.

Les Français ne peuvent négliger les apports positifs de l’Europe depuis la création du premier marché commun à 6 dans les années 1950.

Tout d’abord, la multiplication des échanges commerciaux et personnels rendus possibles par l’Europe rend nettement moins probable l’occurrence de guerres entre pays européens. Quand on connaît le prix payé par le vieux continent aux guerres qui l’ont secoué, on se dit que ce point majeur est tout sauf anecdotique, quand bien même l’on pourra discuter de l’impact d’autres facteurs dans cette pacification spectaculaire.

De surcroît, l’extension de l’union commerciale a permis de faire jouer les avantages de la division du travail, ce qui permet à chaque pays de l’Union de profiter, au moins en ce qui concerne l’agriculture et l’industrie, de ce que les autres produisent de meilleur. Cette évolution reste à compléter dans le domaine des services.

Les traités européens, et leur application sans faille par la Cour de justice de l’UE, ont permis de faire sauter bien des monopoles publics français nuisibles à la prospérité du plus grand nombre. Là encore, l’évolution vers une Europe sans monopoles limitant arbitrairement la liberté de choix des individus qui y vivent n’est pas totalement achevée. Par exemple, il n’est toujours pas possible pour nombre de citoyens français de prendre une assurance maladie au premier euro dans un autre pays de l’Union.

Mais malgré tout, le chemin parcouru vers la création d’un grand espace économique européen unifié est énorme depuis l’après guerre, pour le plus grand bénéfice de tous les Européens.

Cependant, là où certains pays ont effectué ces réformes libérales par eux mêmes, à l’intelligence, les politiciens français n’ont fait que réformer, à leurs dires, sous la pression de l’Europe, ce qui nourrit une forme d’Euroscepticisme assez différent de celui de nos voisins d’outre Manche.

Si la France devait quitter l’Europe, elle serait à nouveau livrée à ses vieux démons dirigistes colbertistes, pour son grand malheur. Car le socialisme, qu’il soit light ou Hardcore, échoue toujours, tout le temps.

Au sein de l’Europe se produit constamment, comme au sein de tout État, une lutte d’influence entre dirigisme et libéralisation, et l’État actuel de l’Europe traduit une absence de choix clair dans l’une ou l’autre de ces directions. En France, nous avons largement bénéficié du volet libéral de l’union, car sans lui, nombre de nos grands monopoles publics n’auraient peut être pas sauté. Mais nous risquons d’y perdre si l’Europe-léviathan venait à remporter son combat contre l’Europe libérale.

La tendance peut se retourner

La seule question qui peut vraiment nous tarauder est celle de la pérennité des avancées libérales passées du fait de la direction prise par l’Europe d’alors.

Or, en observant les évolutions de l’Europe au cours de son histoire récente, il me semble qu’il y a un danger réel de régression.

En effet, l’Europe, depuis les années 1980, semble avoir été en prise avec deux forces antagonistes dont on ne saurait garantir que la résultante reste d’inspiration plutôt libérale ad vitam aeternam.

En effet, si d’un côté, les différentes lois et directives votées au niveau de l’union ont effectivement permis de grands progrès dans l’élaboration d’un marché unique, d’un autre point de vue, les pouvoirs dont la bureaucratie de la commission se sont saisis semble toujours plus nombreux, et la constitution de Lisbonne consacrerait la fin de toute limite dans cette augmentation du pouvoir central européen sur les États et les individus qui y vivent.

Jusqu’ici, un « consensus technocratique plutôt libéral » a permis que les décisions les plus importantes prises par l’union renforcent le caractère libéral du vieux continent. Mais hélas, cette évolution semble plus tenir de la chance que d’une véritable solidité des racines libérales de l’Union.

L’évolution plutôt libérale de l’Europe ces quarante dernières années, tient, à mon avis, en partie à la chance. Au niveau européen, l’humeur, la tendance, étaient libérales, et ainsi l’Europe a-t-elle pu avancer dans la bonne direction. Hélas, les crises actuelles (financières, migrants), malgré leurs racines étatiques indubitables (cf.dossier « crise » de l’auteur), pourrait renverser cette tendance, et rien, dans les traités en vigueur, hormis la bonne volonté de la Cour de justice de l’union, ne pourrait empêcher, à mon avis, une évolution contraire de l’UE dans les décennies à venir.

Notre Europe : l’Europe des libertés !

Voilà pourquoi les Libéraux Européens, loin d’être les eurosceptiques que dénoncent les euro-sociolâtres, sont pro-européens, mais pour une Europe qui consacre d’abord et avant tout les libertés fondamentales des individus et l’abolition des dernières barrières intérieures, et non les possibilités pour Bruxelles ou pour les États membres de définir à la place des individus et de la société civile ce que doivent être nos choix.

Un projet européen renouvelé allant dans cette direction, celle d’une véritable “Europe des Libertés”, est nécessaire. Cela passe sans aucun doute par une révision des institutions européennes et de ses fondements législatifs. Une victoire du Brexit serait-elle de nature à provoquer une telle révision ? Voire. Les élites européennes pourraient au contraire prendre prétexte d’un tel vote pour crier au “pas assez d’Europe”, comprendre “pas assez d’Europe dirigiste”, et s’enfoncer dans le déni constructiviste.

C’est ce que laissent entendre les dernières déclarations de l’ineffable Jean-Claude Juncker, qui pense que les dirigeants des pays de l’union “tiennent trop compte de leurs électeurs”. Mais cela pourrait aussi donner le coup d’envoi à une vague de revendications anti-européennes forçant les élites européennes à faire le ménage chez les vieux euro-bureaucrates comme Juncker et à entamer un véritable travail de réflexion sur l’avenir de l’Europe. Dans ce cas, un Brexit serait salutaire bien au delà des riants paysages du Kent… Au point de pousser les Anglais à revenir !

Lectures complémentaires :

Pro #Brexit

Film : “Brexit”, de Martin Durkin

“6 bonnes raisons de partir”, par Dan Hannan

The economic case for Brexit, par Dan J. Mitchell

Pro #Bremain

Diego Zuluaga, “Blazing Trails in post Brexit Europe

Philippe Legrain, “EU makes us richer, safer and freer

Rions un peu avec Jean Claude Juncker 

Jean-Claude Juncker traite les britanniques de “déserteurs”

Jean-Claude Juncker trouve que les dirigeants européens écoutent trop leurs électeurs

Sur le web

  1. Bon article montrant bien la différence entre les motivations des partisans d’un brexit et celles d’un frexit complètements antagonistes.

  2. pourquoi seule la GB fait-elle un référendum ? pourquoi les autres membres de l’UE ne demandent-ils pas ce que leurs peuples pensent de la sortie de la GB ? « A votre avec, la GB doit-elle OUI ou NON rester dans l’UE ? ». Quelque chose me dit que la GB serait mal barrée. Ca, ca serait de la démocratie. Mais au lieu de ça, l’UE baisse le froc devant la GB qui fait du chantage avec cette sortie depuis des années et qui refile tout plein d’avantages que les autres pays, et donc leurs peuples avec leurs impôts, devront financer, mais sans nous demander notre avis ! tu m’étonnes que derrière il y ait des poussées importantes de l’extrême droite dans beaucoup de pays de l’UE…

    1. Et si vous souhaitez quitter la France pour payer moins d’impôts, pourquoi ne pas faire un référendum pour savoir si les français sont d’accord? C’est tout aussi bête.

    2. Vous avez lu l’article, ou vous suggérez que l’UE serait légitime à dicter aux Britanniques ce qu’ils doivent faire juste comme ça ?

      1. je dis que les peuples ont le droit de décider de l’avenir d’un membre du groupe qui ne respecte pas les règles définies par le groupe. Là, on adapte les règles aux frais des autres pays pour un pays qui en demande toujours plus. Et si la GB reste, ça continuera de plus belle

        1. Vous déniez donc à un ou des individus leur liberté d’adhésion à un groupe ou pas !
          La règle du groupe ne peut pas être de faire partie du groupe : c’est un raisonnement circulaire.
          Pour mémoire vous êtes sur un site libéral. Vous m’avez l’air d’un toto totalitaire.

          D’autre part, quelque soient les législations, les engagements perpétuels sont prohibés et ça se traduit dans la loi par votre possibilité de démissionner de votre travail, de résilier votre bail, et plus généralement de rompre un contrat avec préavis et/ou indemnités.

          1. D’autre part, mettre en avant le peuple ça ne veut rien dire, tout comme la société, c’est un concept creux permettant de faire avaler n’importe quoi.
            Moi je veux une bière ou je veux dormir, le peuple ou la société ils s’en foutent.

          2. exacte la non adhésion et l’adhésion est un libre choix en revanche tous les avantages et inconvénients sont attachés à l’adhésion ou à la non adhésion et sur ce point là la GB n’a aucune prise.
            Mais comme on est sur un site libéral libre à chaque anglais si le brexit l’emporte de négocier individuellement sa situation par la suite 🙂

            1. @ Lazarius
              Votre raisonnement est logique.

              Donc, l’Union Européenne, en cas de « Brexit » n’aura plus à respecter les lois concernant les pays-membres vis à vis du Royaume-Uni et peut donc tout à fait bien supprimer la libre circulation de personnes, de marchandises et de biens (€ et £) avec ce pays qui croit pourtant possible de se faire son « adhésion à la carte », en refusant toute influence européenne jugée désagréable mais en conservant toutes les facilités favorables, commerciales et financières.

              Le Royaume-Uni, où quasi 50% des habitants (selon les sondages) regretteront cette décision, n’ont jamais eu cette fibre « communautaire » qui lie les pays européens dans une solidarité d’égalité des chances, jusqu’à renflouer la Grèce, ce qui n’est pas rien mais représente bien cet aspect solidaire dont le Royaume-Uni va se libérer: il s’agissait évidemment d’une décision hautement politique impossible à concevoir en-dehors de l’Union Européenne.

              Il en fut de même de cet égoïsme insulaire, quand M.Tatcher sortit son fameux « My money back! », démontrant qu’ils acceptaient les avantages en refusant tout inconvénient. Il est peut-être du devoir de l’Union Européenne, de leur rappeler qu’il n’y a pas d’avantages sans inconvénients, comme une seule pièce a 2 faces, outre l’éventuel désir de les sanctionner de ce brexit si cela correspond à nos intérêts.

        2. je dis que les peuples ont le droit de décider de l’avenir d’un membre du groupe qui ne respecte pas les règles définies par le groupe.

          Quel pays respecte les règles UE ❓ Surement pas la France … 🙁

          1. @ MichelC

            De fait, non seulement la France reste un « mauvais élève » de l’Union Europénne, c’est de notoriété internationale (absentéisme chronique au parlement européen, retard record dans la ratification parlementaire des décisions européennes, application lentes et quasi facultatives de ces textes sur le terrain, refus politique opiniâtre de respecter les critères de convergence de l’€ qui vous auraient pourtant aidés à vous sortir de votre marasme actuel …)

            Mais elle veut garder l’illusion de rester le « co-moteur » de l’Europe avec l’Allemagne dont le leadership reconnu et respecté, dorénavant encore plus libre, s’exerce concrètement, certaines formalités demeurant nécessaires pour ne pas vexer ce partenaire susceptible, malgré son faible rôle européen.

        3. Car évidemment les autres membres ils respectent les règles?
          Quels états membres de la zone euro respectent les critères de Maastricht?
          Les 3 états baltes et le Luxembourg.
          Donc on doit donner le droit à la Lituanie, la Lettonie, l’Estonie et Luxembourg d’exclure tous les autres memebres de la zone euro?

          Et quand les états membres se permettent au mépris des traités d’autoriser la BCE à racheter de la dette publique et faire des QE on a adapte pas les règles aux frais des autres pays pour retarder la faillite de la Grèce.

          1. @ bibi
            Nous n’avons sans doute pas le mêmes sources: la mienne (provenant de l’UE et datée 2012) me dit que 3 pays respectent tous les critères: Suède, Finlande et Luxembourg. Cependant d’autres s’en rapprochent alors que la France ne respecte que son taux d’inflation.

            http://www.statistiques-mondiales.com/ue_criteres_de_convergence.htm

        4. Pierre Kirool (émigré)

          « je dis que les peuples ont le droit de décider de l’avenir d’un membre du groupe qui ne respecte pas les règles définies par le groupe »
          Si on appliquait ça pour la France il resterait rien de notre souveraineté.

      2. @ MichelO
        Une fois encore, il faut répéter que jusqu’à présent, l’Union Européenne, ne décide rien qui ne soit le résultat d’un accord provenant d’un consensus entre tous les pays puisque le décideur était le « conseil européen des chefs d’état et de gouvernement » unanime, où chaque pays a le droit de veto!

        Depuis 2014, vu l’immobilisme de ce conseil, provenant exclusivement de l’exécutif de chaque pays, au milieu du gué de la construction européenne, a été introduit le vote à la majorité, le plus souvent « qualifiée », d’une part, et le poids du parlement européen sera d’avantage pris en compte, afin d’augmenter le caractère démocratique des décisions, d’autre part. Pour rappel, chaque pays est représenté à la Commission européenne comme à la présidence tournante du Conseil européen et c’est bien le parlement national qui ratifie les décisions « de Bruxelles » et les adopte donc dans chaque pays: la démocratie étant ainsi doublement garantie.

        Donc, profiter des avantages européens provenant de ces accords unanimes des représentants de chaque pays puis rendre l’Union Européenne responsable des effets de ces accords, jugés indésirables à certains moments, n’a évidemment strictement aucun sens, même si des politiciens ne s’en privent pas, par démagogie infantile (« c’est pas moi, c’est lui! »): l’Union Européenne, ce n’est « personne » ou « tout le monde ».

        C’est bien pour ça que J.C.Juncker a raison: un politicien responsable n’a pas à écouter les critiques conjoncturelles d’une loi qui est bonne de façon structurelle.

        On ne va donc pas supprimer la liberté de circulation des personnes pour éviter l’arrivée de demandeurs d’asile qu’on s’est, PAR AILLEURS, engagé à réfugier, même si cela ne nous convient qu’à moitié.

        1. Je propose qu’on fasse un vote démocratique pour aller tous dîner chez vous ce soir.
          je vote pour.

          1. Tout pays de l’Union Européenne doit avoir signé la convention internationale de Genève de 1951 sur le statut des réfugiés politiques ou menacés.

            1. Raisonnement ciculaire

              1. oops Raisonnement ciRculaire

              2. Pas du tout puisque c’est une condition d’adhésion et que la convention date de 1951, avant les débuts du projet européen.

                1. D’une part vous devriez lire la convention : un réfugié qui arrive en Europe par la Turquie n’est plus un réfugié au sens d’un grand nombre de pays européen. C’est logique.
                  D’autre part la liberté de circulation est un leurre à cause de la notion d’espace public et de l’impossibilité de contrôler les flux migratoires : c’est là la limite des lois « morales » qui sont complètement décorrélées de la réalité et qui, si on les appliquait dans le texte, nous forceraient à alimenter et nourrir la planète entière… en théorie.

                  Et enfin, une convention peut être remise en cause (cf brexit) et vu la façon actuelle dont le droit d’asile est remis en cause ces temps-ci, nul doute que cette convention, initialement intra-européenne, va évoluer pour être plus restrictive

        2. L’UE s’est installée sur une escroquerie manifeste, celle de prétendre respecter le principe de subsidiarité. Les Britanniques ne voient pas les choses comme les Français : les « avantages » européens ne consistent pas à renvoyer à Bruxelles la responsabilité des décisions qu’on n’oserait pas prendre à Londres, ils sont pour eux de pouvoir commercer librement avec le Commonpoverty comme ils feraient avec le Commonwealth et de bénéficier de la subsidiarité pour le reste.
          Un autre malentendu est que le choix serait manichéen, tout ce qui est actuellement permis par l’UE devenant subitement interdit. Or la Suisse ou la Norvège montrent que le libre-échange qui intéresse les Britanniques n’oblige en rien à faire partie de l’UE.
          Enfin, le pire des malentendus est que la participation aux discussions à l’UE ne permet pas d’y faire préserver ses libertés. Le moment est venu où les avantages et les inconvénients ne s’équilibrent plus. Au lieu de chercher à rétablir l’équilibre, pour tous les membres, l’UE ressort les milliers de pages du contrat en disant « vous n’avez pas dénoncé cette clause quand vos prédécesseurs auraient pu le faire ». Même si le Bremain sort des urnes, il faut que l’UE se remette en cause, ou les tensions ne feront que s’amplifier.
          D’ailleurs, les « avantages » de la présence britannique sont manifestement biaisés au bénéfice du continent, sinon ce dernier soutiendrait le Brexit.

        3. Pierre Kirool (émigré)

          « conseil européen des chefs d’état et de gouvernement » oui qui décident seul pour le bien des peuples européens et tout ce peuples européens qui ne comprennent rien. Sont bêtes ces peuples puisqu’on leur dit que c’est démocratique zut alors!

  3. Après réflexion, je pense que les Anglais devrais sortirent de l’Europe, ce qui après un tel séisme fera réfléchir les autres pays de l’union européenne et tous ceci remettrait les pendules à l’heure. Les soit disant dignitaires qui manipule l’Europe serait confrontés à une refonte de leurs profits et leurs pouvoir qu’ils se sont attribués au long de ces dernières années. Et surtout cela devrait nous faire réfléchir profondément sur ce que doit être la France face à cette Europe bureaucratique.

    1. @ Tanguy88

      D’où vient cette idée d’une Europe bureaucratique colportée dans chaque article? En tout et pour tout, moins de 33 000 personnes sont rémunérées par l’Union Européenne pour 1/2 milliard d’européens! Le jour où la France s’approchera même de très très loin de ce même rapport, elle n’aura plus jamais de problèmes de finances publiques.

      1. La bureaucratie ne se mesure pas au nombre de fonctionnaires, mais au nombre de formulaires, de règles, d’interventionnismes, d’ingérences constructivistes. Qu’on ait eu affaire à la grosse Commission directement ou aux règles transposées dans les territoires nationaux, on ne peut qu’être exaspéré par la stérilisation de toute responsabilité et initiative individuelles et de toute innovation par l’UE (en tout cas, moi je le suis).

        1. Il est bien difficile d’en faire une généralité, surtout parce que les directives ne sont que le fruit des décisions communes pour les rendre applicables: elles ne sont pas dues à une décision de la Commission ou de l’administration.

          Mais il est compréhensible d’avoir dans une économie totalement ouverte des règles assurant une concurrence « honnête » évitant des trafics comme il y en a eu.

          C’est bien le problème de l’application du libéralisme mal compris qui « oublie » la responsabilité et l’obligation de veiller à ne pas nuire. Et la libre concurrence a besoin de règles pour éviter les arnaques qui, il faut bien le reconnaitre, ne sont pas rares.

          1. … et si l’on se fie à l’expérience passée, les Britanniques ont bien plus montré que la rue de la Loi leur capacité à faire pragmatiquement respecter la responsabilité individuelle et à éviter trafics et corruption.

  4. Le problème est que les dirigeants européens savent mieux que nous ce qui est bon pour nous. Ce qui est du socialisme… Comme le souligne l’auteur, malgré cette lugne directrice, cela a permis quelques évolutions en France, voire quelques rappels à l’ordre bienvenus sur les droits de l’homme. Il n’en demeure pas moins que la construction européenne est du constructivisme et que seule, une bonne « baffe » peut permettre de faire l’Europe autrement.
    Les propos de M. Juncker font froid dans le dos…

  5. Que le résultat me plaise ou non, ça sera le fruit de notre irréfléchi et insensé culte du vote majoritaire qui nous a mené, et pas seulement en France, où nous sommes et courons

    Mais « évidemment » plus ce sera serré plus ce sera ridicule

    Nous donnera-t-on aussi le score par rapport aux inscrits ? Il y a des gens très intelligents et pas égoïstes pour deux sous qui ne sont pas ou plus inscrits en Grande-Bretagne comme ailleurs

    On aura beau dire, on aura beau faire « Dès que nous disons le mot « démocratie » pour nommer notre mode de gouvernement qu’il soit américain, allemand ou français, nous mentons. La démocratie ne peut jamais être qu’une idée régulatrice, une belle idée dont nous baptisons promptement des pratiques très diverses. Nous en sommes loin, mais encore faut-il le savoir et le dire »(A.E)  

    « Nous sommes victimes d’un abus de mots. Notre système (les « démocraties » occidentales) ne peut s’appeler « démocratique » et le qualifier ainsi est grave, car ceci empêche la réalisation de la vraie démocratie tout en lui volant son nom. »  (S-C.K)
    « La démocratie, c’est le nom volé d’une idée violée » (J-P.M).
    « L’erreur ne devient pas  vérité parce qu’elle est approuvée par beaucoup » (M.G)
    « Ce n’est pas parce qu’ils sont nombreux à avoir tort qu’ils ont forcément raison » (M.C)
    «  Ceux qui regardent le vote universel comme une garantie de la bonté des choix se font une illusion complète. » (A.T)
    « Qui trouve globalement rationnelles et louables nos organisations et pratiques sociétales, en particulier sur le plan politique et économique et a fortiori environnemental, ne l’est guère » (I.I)  

    Je le sais, je le dis ici et ailleurs

    1. Attendez, réfléchissez faites les comptes vous verrez que votre « majorité » n’est qu’une minorité.

      COMMENT CALCULER : (Nombre de votants pour un candidat / Nombre de votants (personne sur les listes électorales)) * 100 = nombre de décisionnaire en pourcentage (au 1er tour car sinon il n’y a pas de choix, ce n’est pas un vote de choix mais d’obligation). D’une part.

      Le fait que les politiques ne respecte pas ce qu’ils disent. D’autre part.

      Le fait que la majorité des lois, notamment économique, sont décidé par la Commission Européenne (apprends si tu ne sais pas) via ce que d’aucun nomme des « recommandations ». Il s’agit bien d’une minorité « éclairée » -entendu que la « minorité » est de fait éclairée par cela même qu’elle est minoritaire- qui dirige, donc. Pour finir.

      Je note le succès.

      Enfin, je vois la Suisse et ces votations populaires.

      Je note le succès.

      Le débat se termine ici sur ceux qui se ne se sentent plus en se pensant terriblement anti-système d’être contre les décisions prises par le peuple.

      La Nation peut prendre de mauvaise décision. Des énergumènes également. Il est donc préférable de laisser la majorité se tromper car c’est plus juste. De plus la « majorité » n’a pas d’intérêts particulier à la différence des eurocrates qui font du capitalisme de « connivence » (qu’on aime à dénoncer, ici).

  6. l’UE c’est le nord le sud l’est..et les anglais….tout ça n’a aucun sens , aucune région n’a de points communs avec les autres , chacune a ses problèmes particuliers que les autres ne peuvent pas résoudre
    cette Europe est absurde , elle doit abandonner son rôle politique pour se contenter de ….ne rien faire , les états font déjà suffisamment de dégâts pour en rajouter encore une couche européenne !

  7. Merci! Un des meilleurs articles sur le sujet. Bravo

    1. Non! C’est un plaidoyer libéral mais il n’est pas intellectuellement sain de mettre la liberté au sommet des valeurs et le libéralisme comme « la seule voie du bien » puis de condamner tous ceux qui pensent différemment et donc à qui on refuserait leur égale liberté de penser autrement!

      J’entends bien qu’on est sur « Contrepoints » et pas sur « Rue 89 » et, personnellement, je suis de tendance libérale claire mais évidemment, je tolère très bien que d’autres, aussi libres que moi, puissent penser différemment.

      D’ailleurs, ce que je craindrais des résultats de ce référendum que les sondages ont été incapables de prévoir, c’est qu’ils concluent à un 50/50 +/- 2 ou 3%, ce qui scinderait l’opinion en 2, ce brexit devenant responsable de tout, en bien ou en mal, suivant le choix effectué par chacun.

      Ce que je veux dire c’est que l’union européenne n’est pas une personne qui décide de Bruxelles, quand on voit le système de décision commune où chaque pays a donné son accord, contresigné par son parlement.

      Le Royaume-Uni a toujours travaillé à la marge, refusant de devenir un membre comme les autres: cette attitude n’était pas saine non plus. Elle trouva son point de rupture quand les Britanniques ont voulu pouvoir participer aux décisions de l’€zone sans être concernés par ce projet auquel ils refusent de participer.

      Qu’ils s’en aillent, c’est leur liberté, c’est dommage mais pas mortel!

      Mais surtout que les autres pays travaillent pour rendre ce projet européen plus efficace sans en attendre les avantages en refusant les efforts d’adaptation.

      Si l’Union reste le bouc émissaire français de prédilection, y compris pour les autorités politiques, alors que la France, bien représentée, a donné son accord pour toutes les décisions, dès le début, ce sera bien un prétexte pour ne rien changer aux dépenses somptuaires de son état avec son millefeuille politico-administratif bien trop gourmand.

      1. Cet article explique les motivations des Brexiters sans recourir ni a l’intimidation, ni a l’invective, ni a l’association/assimilation. Ne vous en déplaise, c’est une approche rare, intellectuellement honnête, que j’applaudis.
        Le résultat de l’effroyable campagne du Remain est que la moitié du pays appelle l’autre « stupide » et « raciste ». C’est une impasse idéologique et un refus de voir la réalité de face.
        Nous n’avons jamais été, ne sommes pas et ne serons jamais Jacobins. Je suis serein et confiant.

        PS: le vrai sujet pour moi reste la relation franco allemande. Il va bien falloir siffler la fin de la recrée, la France est toujours en état d’urgence, le pouvoir perd prise, l’inconsequence fiscale peut s’apparenter a du populisme de gauche, qui a pour écho le populisme de droite. Ca risque de devenir très vite très moche. Je suis très inquiet et absolument pas confiant d’une issue heureuse.

  8. Les français seraient eurosceptiques car ils trouveraient l’Europe trop libérale, les anglais la trouvent, au contraire, pas assez libérale.
    Je préfère donc qu’ils restent, pour contrecarrer les dérives étatiques de l’Europe, influencée notamment par la France.

    1. Vous voulez qu’ils restent pour notre bien !
      Qu’ils fassent preuve d’abnégation !

      1. Ils n’ont rien à gagner à sortir. Même si la France n’abrogera jamais les accords du Touquet qui mettent la frontière anglaise à Calais.
        Les brexiteurs ont ils parlé des dizaines de milliers d’Afghans prêts à deferler sur Douvres?

        1. « Ils n’ont rien à gagner à sortir. »

          On se demande pourquoi des auteurs se cassent la tête à faire des articles de plusieurs lignes. Settled.

  9. la sociologie électorale du référendum montre sans ambiguïté que les localités pro brexit forment un électorat qui pourrait voter: Debout la République ou Le Front National, il est totalement biaisé de présenter ce référendum entre libéraux souverainiste et libéraux et sociaux-démocrates européistes. C’est essentiellement un vote de classe comme Maastricht en 1992, les plus précaires veulent quitter l’UE car ils ont le sentiment quelle ne les protège pas et la cadre sup et les catégories bien insérés dans la mondialisation votent pour le maintien tout simplement parce que c’est dans leur intérêt sur le pan personnel et les plus aisés sans foute car objectivement cela ne va rien changer pour eux.
    Dans tous les cas UKIP et populiste et opportuniste au possible et Cameron s’est perdu à son propre jeu.

  10.  » une grande partie des soutiens britanniques au Brexit sont libéraux. »

    Affirmation pieuses un peu non? des chiffres des études pour étayer ça? Faut pas confondre la classe politique qui défend le Brexit et qui effectivement et libérale et les électeurs dont les aspirations sont assez éloignés du libéralisme

    1. Ne vous en déplaise en dépit de son origine, « charbonnier est maître chez lui » n’est pas un dicton royaliste, conservateur ou nationaliste, mais parfaitement libéral.

  11. Bonjour,
    Je comprends le sens de ce billet selon son auteur.
    Il est vrai que le frexit est tjs possible et apres ?
    Ce qui serait bien est de faire une information claire et facile a comprendre pour les electeurs en particulier pour la politique europeenne et aussi Francaise.
    Illetree que je suis, je ne comprends pas tout.

  12. L’europe s’est transformé en empire.
    « Un empire désigne une forme de communauté politique unissant des peuples différents autour d’un pouvoir central unique. »
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Empire

    1.  » L’europe s’est transformé en empire.
      « Un empire désigne une forme de communauté politique unissant des peuples différents autour d’un pouvoir central unique. »  »

      Si c’était le cas cet empire que vous décrivez aurait dit aux britanniques qu’ils n’ont pas à décider si ils peuvent ou non quitter l’UE et qu’ils n’ont juste que le droit de la fermer. Maintenant de parler d’un pouvoir centrale unique; miky stouffs à bien expliqué comment fonctionnaient les décisions politiques communes qui n’ont rien d’un pouvoir centrale unique. Si c’était un empire avec un pouvoir central unique comme vous le décrivez il y aurait plus qu’une seule armée au service de cet empire et aucun pays de l’UE serait en dehors de l’Euro puisque le pouvoir centrale unique  » impérial  » ne laisserait pas le choix aux nations de l’UE de faire partie ou non de la zone euro. Avec de tel propos qui ne tiennent pas la route vous ne rendez pas service aux euroseptiques comme l’auteur du billet ( un pro- brexit plein de bon sens même si je suis contre ce brexit pour d’autres raisons ) et qui finissent par se faire mettre dans le même camps que les anti-libéraux comme les partis du type FN ou front de gauche.

      D.J

      1. Ben les empires chutent et éclatent aussi. Les mots exacts ont peu d’importance, l’UE s’est comportée comme un empire, a justement dit aux Britanniques et aux autres que leur seul droit était de la fermer et de se satisfaire de concessions mineures. Aujourd’hui, les sujets se révoltent, sans violence, mais la manière n’est qu’un détail. L’URSS n’est pas tombée autrement…

  13. Blabla de libéraux euro-béat habituelle mais ce que vous ne comprenez pas c’est que votre sur-étatisme (l’union européenne) ne sert à rien pourquoi se mettre un boulet aux pieds ? De + je rappelle qu’il faut l’unanimité pour une « autre (CONSTRUCTION!) Europe » donc ca marche pas. Et les gens ne veulent pas d’empire supranationale donc le problème ce règle de lui-meme euroxit !

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