Roundup : le désherbant « naturel » n’est pas moins toxique ou moins cher !

Publié Par Wackes Seppi, le dans Santé

Par Wackes Seppi.

Sel et vinaigre By: Lori L. StalteriCC BY 2.0

L’article ci-dessous a été écrit en juin 2014. Il est toujours d’actualité, peut-être même davantage avec l’intention proclamée par notre gouvernement de ne pas renouveler l’autorisation de mise sur le marché du glyphosate.

À lire par tous ceux qui pensent que le sel, le savon et le vinaigre seront une meilleure solution de désherbage que l’eau chaude qui vous ébouillante ou le lance-flammes qui met le feu à la cabane de jardin…

C’est aussi une saine lecture pour en savoir plus sur le fonctionnement des herbicides et les erreurs et escroqueries intellectuelles (sinon plus) de la bien-pensance « verte ».

Nous ne nous sommes pas aventurés à faire des conversions. Outre la difficulté, pour cet article, nous aurions perdu beaucoup de son… sel.


On m’a interrogé1 à plusieurs reprises au cours des dernières années sur une recette herbicide « maison » que l’on trouve sur la toile. Beaucoup d’entre vous l’ont probablement vue sur Facebook, Twitter ou Pinterest, ou sur votre site favori de jardinage. Une de mes descriptions préférées l’appelle « la potion magique, naturelle, de désherbage ». La recette est en grande partie la même quelle que soit la source. Il y a un assez large éventail d’allégations, d’un site à l’autre, quant à sa sécurité, son efficacité et sa « naturalité ». Un site dit même que c’est « une alternative aux herbicides chimiques » [soyons mesquins : la recette contient des produits… chimiques].

La recette est presque toujours une variation subtile de :

  • ½ gallon (un peu moins de 2 litres) de vinaigre
  • ½ tasse de sel
  • 2 cuillères à soupe de savon à vaisselle.

Le vinaigre contient de l’acide acétique, une substance chimique (oui, une substance chimique) avec des propriétés herbicides bien connues ; il est couramment utilisé par les jardiniers et les agriculteurs biologiques comme herbicide. On sait depuis fooort longtemps que le sel (habituellement du chlorure de sodium) a des propriétés herbicides. Le savon (même le savon est un produit chimique) est ajouté pour augmenter l’étalement des gouttelettes sur la surface des feuilles des mauvaises herbes. La plupart des herbicides commerciaux contiennent également des savons à cette fin, même si on se réfère généralement à eux comme des « agents tensio-actifs » ou des « surfactants » dans ce contexte. La combinaison de l’acide acétique, du sel et du savon va certainement tuer beaucoup de mauvaises herbes annuelles, en particulier si elle est appliquée lorsqu’elles sont jeunes.

La question qu’on me pose le plus souvent à propos de ce mélange fait maison est : « Comment se compare-t-il aux herbicides commerciaux ? » En particulier, comment se compare-t-il au Roundup (le nom commercial pour de nombreuses formulations de glyphosate) ? Cette question est particulièrement pertinente parce que plusieurs sites vantent le mélange comme une alternative sûre et peu coûteuse au glyphosate.

Efficacité des herbicides naturels

produits toxiques rené le honzecComparer le mélange maison au glyphosate est difficile parce que c’est la situation particulière qui dictera souvent quel herbicide est le meilleur choix. Si vous essayez d’éliminer des mauvaises herbes annuelles jeunes, je m’attendrais à ce que la solution maison soit aussi efficace que le glyphosate. La solution de vinaigre et de sel brûlera probablement les mauvaises herbes plus rapidement que le glyphosate, mais le glyphosate sera probablement un peu plus efficace sur le long terme, en particulier sur les mauvaises herbes plus développées. La molécule de glyphosate est systémique, c’est-à-dire qu’elle migre dans toute la plante (même jusqu’aux racines) pour tuer efficacement toutes les parties de la plante. La solution de vinaigre et de sel, en revanche, agit principalement par contact en perturbant l’intégrité des membranes cellulaires et desséchant la plante. Elle ne se déplacera pas sur de longues distances dans la plante (par exemple, d’une feuille à l’autre). Donc, si vous n’avez pas obtenu une couverture complète des feuilles de la plante avec la solution de vinaigre et de sel, il est possible que la plante repousse à partir des tissus restés vivants. La couverture est moins importante avec le glyphosate, car la molécule herbicide migrera vers les parties de la plante qui n’ont pas été mouillées.

Cette différence entre les herbicides systémiques et de contact est très importante pour la meilleure façon d’utiliser chaque produit. Parce que le glyphosate migre dans la plante, il peut contrôler les mauvaises herbes vivaces, telles que le cirse des champs et le chiendent. La solution de vinaigre et de sel, qui ne se déplace pas dans toute la plante, ne sera pas efficace sur les mauvaises herbes vivaces. Elle brûlera la partie supérieure des plantes vivaces (ce qui peut être souhaitable) mais ne permettra pas de contrôle à long terme.

La nature de produit de contact du mélange de vinaigre et de sel peut cependant être avantageuse. Si vous voulez éliminer les mauvaises herbes proches d’une plante désirable (par exemple, éliminer les mourons dans un parterre de fleurs), le glyphosate peut être problématique. Une ou deux gouttes de glyphosate tombant du pulvérisateur sur une fleur pourraient suffire pour tuer la plante entière. Quelques gouttes perdues de la solution de vinaigre et de sel, en revanche, causeront probablement un peu de moucheture, mais ne tueront pas les plantes désirables. Il y a toutefois une exception : si vous épandez continuellement du sel dans la même zone, vous pouvez vous retrouver avec un excès de sel dans le sol, ce qui va nuire à presque toutes les plantes. L’acide acétique et le glyphosate se dégradent assez rapidement dans le sol, et ne causent donc aucun problème de sol à long terme.

Ainsi, il y a certainement des scénarios où le mélange herbicide maison serait préférable au glyphosate pour des raisons pratiques. Comparer l’efficacité des deux herbicides est difficile ; ils ont chacun un créneau en fonction de la situation. Mais qu’en est-il des revendications relatives au prix et à la sécurité ? J’ai fait une sorte de devoir de vacances pour voir comment le mélange herbicide maison se compare au glyphosate du point de vue du coût et de la toxicité.

Coût

Pour les coûts, je suis allé à Walmart et j’ai vérifié les prix pour le vinaigre, le sel et le savon.

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Il en coûterait environ 3,31 $ pour produire un gallon d’herbicide maison, en utilisant les prix de Walmart, ceci en recourant aux produits de marque disponibles dans la plupart des épiceries ; on pourrait diminuer le prix en achetant les produits Walmart au lieu des marques de producteurs. Si j’achetais les produits Great Value de Walmart, le prix diminuerait à 2,70 $/gallon.

http://seppi.over-blog.com/2016/05/sel-savon-vinaigre-et-glyphosate.html

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Mon Walmart local ne vendait pas de produit de marque Roundup ne contenant que du glyphosate ; il y a toujours d’autres herbicides inclus, du triclopyr (contre les espèces ligneuses et sarmenteuses), du diquat (pour une destruction rapide) ou de l’imazapic (pour le contrôle résiduel à long terme). Mais il y avait plusieurs produits qui ne contenaient que du glyphosate. Un demi-gallon de Eliminator Weed & Grass Killer Concentrate était disponible pour 27,97 $. À première vue, cela semble beaucoup plus cher que le mélange fait maison ; cependant, pour obtenir 1 gallon de solution à pulvériser, il vous suffit de mettre 1,5 onces liquides du produit concentré. À cette dose, le coût de la solution de glyphosate est de seulement 0,66 $/gallon. L’étiquette indique que pour l’« élimination de la flore difficile », vous pouvez mettre jusqu’à 2,5 onces liquides par gallon, ce qui porte le coût à 1,09 $/gallon. Même dans ce cas, le glyphosate est moins cher que le mélange fait maison, sur la base du gallon prêt à l’emploi.2

Toxicité des herbicides maison et du glyphosate

Pour la comparaison de la toxicité, je n’ai considéré que les valeurs de toxicité chez les mammifères pour le glyphosate, l’acide acétique et le sel. Les valeurs de toxicité aiguë par voie orale chez le rat et par voie cutanée chez le lapin pour les trois produits chimiques sont résumées dans le tableau suivant. Les valeurs de toxicité sont présentées en mg de substance par kg de poids corporel de l’animal test. La DL 50 est la dose du produit chimique qui tue 50 % de la population test ; dans ce cas, les rats ayant reçu une dose par voie orale ou les lapins ayant reçu une dose sur la peau. Plus la DL50 est faible, plus la toxicité est élevée.

http://seppi.over-blog.com/2016/05/sel-savon-vinaigre-et-glyphosate.html

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Dans les deux mesures de toxicité, l’acide acétique est plus toxique que le glyphosate. Le sel est plus toxique chez les rats par rapport au glyphosate quand ils sont exposés par voie orale. Les chiffres de toxicité cutanée sont un peu plus difficiles à interpréter, car pour le glyphosate et le sel, ils sont exprimés comme étant supérieurs à une certaine valeur. Cela signifie généralement que les expérimentateurs n’ont pas tué assez de lapins aux plus fortes doses utilisées dans leurs études ; nous savons donc que le glyphosate ne provoque pas 50 % de mortalité au moins jusqu’à 2.000 mg/kg de poids corporel et le sel, au moins jusqu’à 10.000 mg/kg. Mais nous pouvons conclure à partir de ces données que l’acide acétique est plus toxique que le glyphosate ou le sel. À poids égal, le glyphosate semble en fait avoir une toxicité aiguë moindre pour les animaux test, des mammifères, que l’acide acétique ou le sel.

Mais ce n’est là que la moitié de l’histoire pour la toxicité. Pour estimer le risque réel de ces produits, nous devons connaître non seulement la toxicité, mais aussi la dose d’utilisation ; la dose fait le poison. Même des substances hautement toxiques peuvent être utilisées en toute sécurité si la dose est suffisamment faible, et des produits chimiques apparemment sans danger peuvent être problématiques si la dose est trop élevée.

Pour déterminer le risque réel, nous devons calculer la quantité de substances toxiques appliquée. Le vinaigre blanc distillé courant est de l’acide acétique à 5 %. À cette concentration, un gallon de mélange maison contient 6,4 onces liquides d’acide acétique (le principe actif). Un gallon d’acide acétique pèse 8,74 livres ; donc 6,4 onces liquides pèseraient 0,437 livre ; il y a donc 0,44 livre d’acide acétique par gallon de mélange maison. Convertissons en unités similaires aux valeurs de la DL50 : 0,44 livre est égal à 198.220 mg.

Eliminate Grass & Weed Killer contient 3,7 livres de glyphosate acide par gallon ; ou 0,0289 livre de glyphosate acide par once liquide. À la dose supérieure préconisée sur flore difficile de 2,5 onces liquides de produit par gallon, il y aurait 0,07 livre de glyphosate acide par gallon de bouillie. De même, si on convertit cela dans les mêmes unités que les valeurs de la DL50, 0,07 livre est égal à 31.751,5 mg. Il semble donc que le glyphosate, la substance la moins toxique, est appliquée à une dose 6 fois plus faible que l’acide acétique.

Faisons encore un calcul pour mettre en perspective ces chiffres sur la toxicité. Des rats mâles peuvent peser jusqu’à 500 g, soit 0,5 kg. Un gallon du mélange maison contient 198.200 mg d’acide acétique, suffisamment pour tuer environ 59 rats s’il était administré par voie orale. Un gallon de solution de glyphosate contient 31.752 mg glyphosate, assez pour tuer 6 rats. L’acide acétique dans le mélange fait maison est près de 10 fois plus mortel que le glyphosate dans la bouillie d’Eliminate. Et on ne tient pas compte ici du sel.

Comment cela se fait-il ? pourriez-vous vous demander. Tout ce que vous avez lu sur l’Internet dit que le glyphosate est à l’origine d’une foule de maux, allant de l’autisme à l’obésité. Comment le glyphosate pourrait-il être moins toxique que le vinaigre ? La vérité est qu’il est facile de faire croire qu’un produit chimique (tout produit chimique) est nocif, même si vous utilisez des informations vérifiables, factuelles.

Par exemple, le chlorure de sodium, l’un des ingrédients de la solution herbicide maison, est mutagène pour les cellules somatiques de mammifères et les bactéries. L’autre ingrédient, l’acide acétique, est très corrosif, peut aggraver les troubles respiratoires, et même provoquer une perte de vision permanente. Est-ce là quelque chose que vous voudriez pulvériser dans la cour où vos enfants et vos animaux jouent ? Devriez-vous être autorisé à arroser votre jardin avec un cocktail chimique puissant qui provoque des mutations chez l’homme et est cause de cécité ? Et maintenant, nous apprenons que ce cocktail chimique est près de 10 fois plus mortel pour les mammifères que le glyphosate, l’un des herbicides les plus puissants de la planète ! Si vous êtes moins scrupuleux sur vos sources, vous pouvez même trouver des liens entre l’acide acétique et une multitude de troubles, y compris l’eczéma, le psoriasis, le zona et l’herpès. Vous avez bien lu : CE COCKTAIL HERBICIDE FAIT MAISON POURRAIT PROVOQUER UN HERPES !

Mais peut-être n’êtes-vous pas inquiet à propos de l’aspect sécurité ; vous ne voulez tout simplement pas acheter du Roundup parce que vous n’aimez pas Monsanto. Eh bien, n’oubliez pas que le vinaigre est souvent fabriqué à partir de maïs, et que la plupart du maïs aux États-Unis a le trait Roundup Ready (qui a été développé par Monsanto). Donc, le vinaigre que vous utilisez pour éliminer vos mauvaises herbes est probablement fait à partir de maïs qui a été traité avec du glyphosate : l’herbicide que vous essayez précisément d’éviter.

Qu’est-ce que tout cela veut dire ?

Blague à part, la chose importante à garder à l’esprit est que le mélange de vinaigre et de sel maison et le Roundup sont diablement sûrs lorsqu’ils sont utilisés correctement, ils sont tous les deux relativement peu coûteux, et les deux peuvent assurer un contrôle efficace des mauvaises herbes dans la situation appropriée. Maintenant, toute cette discussion m’a donné envie de manger du maïs sucré Roundup Ready, avec juste un peu de sel, et une salade avec une belle vinaigrette.

Sur le web

  1. Il s’agit d’Andrew Kniss, Professeur d’écologie et de gestion des mauvaises herbes à l’Université du Wyoming.
  2. NdT : avec le glyphosate on peut probablement traiter une plus grande surface à volume égal car il n’est pas nécessaire que toute la plante soit mouillée.
  1. Tout ça est intéressant, mais il n’y a pas que ces curieux mélanges contenant du vinaigre et du sel.
    Le résultat serait différent si on comparait avec les désherbants thermiques…ou le désherbage mécanique!

  2. Encore le Glyphosate.
    Bravo pour cet article, écrit sur un ton humoristique mais efficace. Il traite de deux aspects : la toxicité et le coût. Les opposants feront donc valoir que leurs objections concernent le pouvoir « probablement » mutagène (donc cancérigène), idée basée sur je ne sais quels essais, et si le glyphosate n’est pas mutagène, ils se rabattront sur le pouvoir mutagène de la molécule catabolisée à partir du glyphosate (dans le sol ou peut-être dans la plante traitée et résistante). On n’en sortira donc jamais s’il n’y a pas de données précises obtenues sur les bactéries tests (Salmonelles, E. coli, etc.). Peut-être y a t-il des intervenants restés au courant de la bibliographie et qui pourraient résumer les résultats obtenus car il est certain qu’il y en a.

  3. Bonjour,

    Cet article est une traduction d’un texte d’Andrew Kniss.

  4. et alors les consommateurs bobos qui font des salades vinaigrette sont des empoisonneurs, mùoeux vaut faire sa vinaigrette avec du glyphosate non 🙂

  5. J’ai remarqué que lorsque je pissais dix fois de suite sur un pissenlit dans mon jardin, il crevait. Or on m’a dit que chacun d’entre nous avait des traces de glyphosate ( C3H8NO5P ) dans ses urines. Mais je dois avoir aussi de traces d’acide acétique ( CH3COOH ) et certainement du NaCl. Un beau mélange herbicide aussi, mais qui fait consommer de la bière.

    1. il y a surtout de l’acide urique, et puis, par principe, l’urine contient des corps nocif dont l’organisme veut se dzebarasser

  6. Dans cet article, mieux vaut ne pas s’attacher aux détails:

    Rat (ingestion) LD 50 pour l’acide acétique: 3,350 kilos par kilo de rat = 67 litres de vinaigre à 5 % par kilo de rat (pour un humain de 50 KGs, 3350 litres ( Il suffit de faire ingurgiter 4 à 6 litres d’eau pour faire convulser cet adulte et le plonger dans le coma!: l’eau est toxique?). Quant aux 3 Kgs de sel par kilo de lapin (ou 150 Kgs pour notre adulte) … (des rats de 250 g qui boivent plus de 16 litres de vinaigre avec 750 g de sel? Et seulement 1 sur 2 qui meure??? Ce n’est même pas crédible!)

    De plus, il est clairement indiqué que la plante, elle, n’assimile pas le mélange vinaigre-sel.

    Donc voyons le lapin:

    Lapin (exposition cutanée: pulvérisation? bain?) LD 50: 1,06 Kg d’acide acétique, soit 21 litres de vinaigre à 5 %, par kilo de lapin: comment ont-il fait? Les 50% qui ne sont pas morts savaient-ils nager? et à 14,3 % de sel.

    Alors dire après ça: « Mais nous pouvons conclure à partir de ces données que l’acide acétique est plus toxique que le glyphosate ou le sel »: désolé, moi je ne conclue rien de tout ça!

    1. Voyons pour le rat:
      3350mg = 3.350g = 0.0035kg
      Effectivement l’indigestion n’est même pas crédible.

      Voyons pour le lapin:
      1060mg=1.060g=0.0016kg
      Entièrement d’accord, la noyade est responsable.

      Je conclus que vous préférez vous répandre plutôt que de lire attentivement. Certains diraient que vous raisonnez comme un tambour.

    2. Vous seriez-vous aspergé les yeux avec du vinaigre ❓ (vous n’y voyez rien…)

    3. Ce commentaire est à mourir de rire ! Quel idiot !

  7. Remarquez , dans vos jardins , sur vos plantes cultivées , vos rosiers et vos salades , vous pouvez facilement éviter le Roundup et le « désherbant naturel  » en prenant une sarclette ( raclette , pioche ) et en coupant les adventices ( ce qui en plus permet d’aérer le sol ( un sarclage vaut deux arrosages , disaient les anciens jardiniers…) …Il y a un petit blème , la terre est basse et joint aux côtes en long , cela rend difficile l’opération de sarclage pour tout ceux qui préfèrent faire pschitt pschitt avec des herbicides …mais on s’habitue physiquement vite et la bonne conscience aidant , on se fait prosélyte et on essaie de multiplier les adeptes…

    Essayez et vous l’adopterez ( la sarclette)…et n’oubliez pas qu’avant l’arrivée des herbicides ( années 1960) , les vignes , légumes , jardins , étaient tous travaillés à la sarclette…

    1. Vous avez connu cette période de la sarclette ?
      A cette époque, les agriculteurs recrutaient des millions d’ouvriers agricoles qui certes, utilisaient la sarclette dans les champs, mais la productivité était si faible qu’ils recevaient un salaire de misère. De nos jours, dans les fermes bio où les agriculteurs redécouvrent l’huile de coude et les douleurs de dos, je ne connais pas grand monde parmi les chômeurs pour les aider avec une sarclette….

      1. Bastrin ,

        J’ai effectivement connu et pratiqué le sarclage des vignes , cassissiers , asperges ( débuttage , buttage , sarclage en été après arrêt de la récolte …) , à une époque ( jusqu’en 1965 , où cela était la pratique normale )…Non , il n’y avait pas des millions d’ouvriers à bricoles pour sarcler car cette opération se faisait en famille et ne durait que quelques jours par an…
        Oui , le travail est difficile au début ( mars pour les asperges ) car vous attrapez des ampoules aux mais , mais cela disparaît dans les deux jours et quand vous êtes entraîné , vous sarclez vite …
        Non , le salaire n’était pas de misère , ou alors personne ne voulait travailler …
        Oui , dans les fermes bio , les agriculteurs ont des difficultés pour trouver des sarcleurs ( parmi les chômeurs ) mais surtout car ils aiment beaucoup les volontaires pour le sarclage ( Amap) et ne veulent pas payer suffisamment les ouvriers agricoles …
        Et je suppose que ces mêmes agriculteurs n’aiment pas eux-mêmes l’huile de coude , d’où les difficultés pour diminuer la dangereuse quantité de pesticides sous forme d’herbicides administrés aux cultures …

        1. La Coupe Est Pleine

          Vol à vous venez de démontrer que le BIO n’est pas rentable. ..
          – les agris n’ont pas les moyens de payer la main d’oeuvre nécessaire pour le désherbage manuel à hauteur de la penibilité.
          – malgré la plus forte subvention de l’agriculture.
          – un prix de vente des produits deux fois supérieur au conventionnel pour le consommateur.
          …..
          Ça pique ? Alors on continue.
          Combien d’hectares d’asperges ou autres productions étiez vous capable de sarcler par jours ?
          Parce que sans vouloir vous offenser, je pense que la taille moyenne des exploitations a un peu changé depuis votre enfance.
          De plus sachez que mon pulvérisateur couvre pas moins de 14 hectares par heure. Ça risque d’être difficile de rivaliser, même si on embauche Usain Bolt.

        2. volna: « Non , le salaire n’était pas de misère »

          Vous aviez fait un sondage au bistrot du coin ? Parce que les données de l’époque vous contredisent.

          Votre « sarclette » de l’époque c’était 57 % de la population mondiale qui vivait avec une ration alimentaire inférieure à 2’200 calories.
          50 ans plus tard, la population a quasi doublé et malgré cela, les méthodes modernes on réduit la proportion de personnes souffrant de malnutrition à 12,5%.

          Cerise sur le gâteau: malgré vos « dangereuses quantités de pesticides », l’espérance de vie à la naissance dans le monde est passée de 48 à 68 ans.

    2. Tant de bon sens ne peuvent qu’entrainer adhésion Volna. Quant à l’article ci dessus il est tellement outrancier dans sa volonté de dédiaboliser le Glyphosate qu’on pourrait en faire un cas d’école lobbyiste. Cela discrédite totalement la ligne éditoriale de CP, c’est totalement préjudiciable au bon sens. Personnellement je n’ai pas prévu de me droguer au Glyphosate ou de me noyer dans le vinaigre… En écrire plus serait faire le jeu des Link buiders.

      1. « Personnellement je n’ai pas prévu de me droguer au Glyphosate »

        C’est dommage, car cela fait plus de 40 ans qu’on en bouffe (depuis 1974 – et c’est le désherbant le plus utilisé). Et comme en cherchant bien, on arrive toujours à en trouver dans l’eau ou dans l’air, à moins d’aller vivre sur Mars avec E. Musk …

        De toute façons, depuis 40 ans on est plombés ! Et si ce n’est pas par le glyphosate, c’est surement par l’une des innombrables molécules que l’on n’a pas testé. Alors peut-être faudrait-il se concentrer sur les moyens de soigner le cancer plutôt que de faire des études de 40 ans pour dire que peut-être et par précaution, il aurait mieux valu ne pas faire ça et se retrouver dans l’impossibilité de nourrir l’humanité si on applique le principe de précaution.

      2. Marcelle: « c’est totalement préjudiciable au bon sens. »

        Le « bon sens » empirique dans l’histoire, c’est 5000 ans de mortalité effrayante, de produits dangereux et de médecine inepte ou qui tuaient plus de malades qu’elle n’en soignait.
        Stop ! Place à la science et aux faits !

        Votre agriculture « naturelle » c’est 60% du monde souffrant de la faim et ayant une espérance de vie de 47 ans en 1960.
        Actuellement seul 12% des gens souffrent encore de la faim et l’espérance de vie est montée à 68 ans.

      3. Le « bon sens » de volna est peut-être valable pour un potager familial. Chaque jardinier du dimanche a le choix de sarcler à la main. Mais quand il s’agit de nourrir la population mondiale, le « bon sens » de volna est complètement dépassé.

  8. Les études sur le glyphosate démontrent l’innocuité de la substance mais les études sur le round’up, soit le glyphosate et ses adjuvants sont plus alarmantes en terme de toxicologie.
    « L’acide acétique et le glyphosate se dégradent assez rapidement dans le sol, et ne causent donc aucun problème de sol à long terme. »
    Ça passe tellement vite dans le sol que cela arrive plus vite dans les eaux mais il est vrai que les petits poissons ne mangent pas de salade en vinaigrette ( quoique la salade d’algues est certainement une de nos alternatives future pour nourrir notre population mondiale croissante).
    Les notions et exemples des DL50 et de la toxicité des produits cités jouent sur les valeurs d’échelle comme l’illustre Miky stouffs dans son commentaire. Je trouve cela aussi peu scientifique que peu journalistique, les deux devant servir le libre arbitre du public et non sa manipulation pour le faire pencher dans un camp ou dans un autre.

    Dommage. Le glyphosate est devenu aujourd’hui le nouveau marronnier des médias alors que cela pourrait être une opportunité de concertation par l’ensemble des parties prenantes du dossier, techniques et politiques, une bonne fois pour toute dans la bonne foi et pour un message unique.

    1. « les études sur le round’up, soit le glyphosate et ses adjuvants sont plus alarmantes »

      Mais a-t’on étudié l’innocuité de l’aspirine combinée au pommes de terre frites ?

      « Je trouve cela aussi peu scientifique que peu journalistique, les deux devant servir le libre arbitre du public et non sa manipulation pour le faire pencher dans un camp ou dans un autre. »

      On a exactement le même problème avec le climat : le problème scientifique est infiniment complexe. Comme cette question scientifique est de plus imbriquée avec des considérations de conséquences et de faisabilité, qui pourrait prétendre faire autorité ? (En revanche, dénoncer le manque de rigueur scientifique ou la limite des conclusions est possible).

      Vous ne pourrez jamais obtenir un « message unique » cohérent : vous le reconnaissez dès le début en faisant la différence entre le produit et le produit avec d’autres produits. Et encore, vous auriez pu ajouter les résidus de dégradation du produit. En revanche ce qui me dérange est ceci : est-ce qu’on s’attaque aux intérêts de Monsanto qui a investi dans les plantes résistantes au glyphosate, ou au glyphosate lui-même qui n’est peut-être pas sans danger mais qu’on utilise depuis 40 ans ?

  9. Bref , après lecture de l’article , essayez la sarclette , c’est écolo , ne côute rien , et entretiens la forme physique…

    1. Et ça n’affamera que 57% de la population mondiale comme « au bon vieux temps ».

    2. Ah mais chacun est libre d’utiliser ce qu’il veut dans son jardin ou dans son champ. Les agriculteurs ont massivement adopté les produits phytosanitaires plutôt que la sarclette. On se demande bien pourquoi…

  10. ça fait longtemps que j’ai fait le rapport cout efficacité toxicité.j’ai un bidon de 500cl depuis ..10 ans, cout insignifiant , seul produit efficace a 100% et cela jusqu’a l’hiver..et si cela repousse , c’est que la toxicité du produit a disparu ou que le produit a disparu…et puis , je n’ai jamais vu disparaitre les petits habitants de la terre pas question de se débarrasser des taupes avec ce produit!

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