Sondage : la dépénalisation du cannabis de plus en plus populaire

Cannabis (Crédits N.ico, licence Creative Commons)

Les Français sont de plus en plus nombreux à souhaiter une dépénalisation du cannabis.

Par la rédaction de Contrepoints.

Dépénalisation du cannabis : une idée qui progresse
cannabis-colorado-docmonstereyes(CC BY 2.0)

Un sondage IFOP d’avril 20161 montre qu’une proportion croissante des Français se prononce en faveur d’une dépénalisation du cannabis. Le sujet reste toutefois clivant, notamment si l’on s’intéresse à l’âge ou au bord politique des personnes interrogées.

Un clivage selon l’âge

Si 41% des Français se déclarent plutôt favorables à une dépénalisation des drogues douces comme le cannabis, ce sont surtout les jeunes générations qui contribuent à ce résultat, tandis que les personnes âgées sont les plus réticentes.

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Part des Français favorables à la dépénalisation du cannabis par classe d’âge

Un clivage selon l’orientation politique

Il est par ailleurs assez peu surprenant que le succès d’une telle proposition soit très fort à gauche du spectre politique (64% au Front de Gauche et 50% au Parti socialiste). Plus inattendu, une part importante de sympathisants Front National est favorable à la dépénalisation du cannabis (40%), bien plus importante que pour les sympathisants Les Républicains (26%).

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Part des Français favorables à la dépénalisation du cannabis par orientation politique

Une évolution importante ces dernières années en faveur de la dépénalisation du cannabis

On constate au regard des historiques de chiffres de sondages analogues parus depuis janvier 1996 que, malgré quelques variations, il n’y a jamais eu autant de soutien pour une dépénalisation, ni aussi peu de rejet de cette proposition.

Sondage dépénalisation cannabis évolution soutien
Évolution du soutien à la dépénalisation du cannabis

La dépénalisation du cannabis, c’est pour quand ?

Le résultat de ce sondage tranche dans un historique très stable. Des clivages politiques et générationnels persistent mais si la progression atteint 12 points parmi les sympathisants du PS, elle est de 14 points parmi ceux des Républicains et de 17 points dans les rangs du FN. De la même façon, la proportion de personnes favorables à la dépénalisation des drogues douces gagne 10 points chez les moins de 35 ans et 14 points parmi les 65 ans et plus.

Jean-Marie Le Guen a jeté un pavé dans la marre en se déclarant favorable à une dépénalisation du cannabis. Avant lui, Vincent Peillon, Cécile Duflot ou encore Christiane Taubira avaient émis la même opinion. Les arguments avancés sont à chaque fois les mêmes et soulignent l’impasse de la politique de prohibition qui n’a empêché ni la hausse du nombre de consommateurs, ni le développement des réseaux de trafiquants dont l’emprise est manifeste sur certains quartiers. À chaque fois, le gouvernement s’empresse de désapprouver. Jusqu’à quand ? Il faudra certainement qu’une majorité de Français se prononce durablement en faveur de la dépénalisation pour que l’exécutif, quel qu’il soit, y trouve un intérêt. Les avantages économiques de la démarche, la qualité des produits qui circulent, l’inefficacité de la prohibition, la mainmise des trafiquants sur certains quartiers et la surpopulation carcérale ne semblent en tout cas pas émouvoir les décideurs…

  1. L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 1 008 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne du 14 au 15 avril 2016.