Panama Papers : quelle leçon retenir ?

Panama hat crédits Fabrizio Cornalba (CC BY 2.0)

Les Panama papers ont surtout révélé que l’évitement fiscal est généralisé, ce qui pose le problème de l’impôt confiscatoire.

Par Nathalie Elgrably-Lévy.

Chapeaux Panamas en paille
Panama hat crédits Fabrizio Cornalba (CC BY 2.0)

L’affaire des Panama papers a créé une onde de choc. Depuis, les questions se multiplient. Qui apparaît sur la liste ? Qui est derrière la fuite ? La sécurité informatique de Mossack Fonseca était-elle suffisante ? Comment punir les accusés ?

Pour les gouvernements, cette affaire est surtout l’occasion de réfléchir au moyen de mettre fin à l’évitement fiscal et de garnir leurs coffres. Pour les contribuables de la classe moyenne, lesquels ne peuvent s’offrir le luxe d’un paradis fiscal, c’est une question d’équité dans la répartition du fardeau fiscal.

« Fiscocratie »

Ces questions et ces considérations sont toutes légitimes. Mais elles ne devraient pas occulter le véritable message envoyé par les Panama papers et autres révélations du genre. Et ce message est limpide : la fiscalité, à l’échelle mondiale, est jugée confiscatoire. L’évitement fiscal en est le symptôme. La maladie, c’est la «fiscocratie» exercée par des gouvernements à l’appétit gargantuesque. Mais cette réalité, la classe politique refuse obstinément de l’admettre.

En 1850, l’économiste Frédéric Bastiat expliquait que pour toute chose il y a les effets que l’on voit, mais aussi ceux qu’on ne voit pas, et qui sont tout aussi réels. En matière de fiscalité, il y a l’évitement fiscal que l’on voit et dont les Panama papers nous ont fourni la preuve. Mais il y a aussi l’évitement fiscal que l’on ne voit pas, mais qui est extrêmement dommageable pour l’économie.

Tout à gagner

Refuser d’effectuer des heures supplémentaires, décliner une promotion, réduire l’effort au travail ou renoncer à une opportunité d’affaires pour payer moins d’impôt est une forme d’évitement fiscal. Celle-ci est d’autant plus sérieuse qu’elle prive toute la société d’activités productives, sources de prospérité et de bien-être.

Les riches cachent le fruit de leur travail. Les autres renoncent carrément au travail. La fiscalité est oppressive, voire dictatoriale. Pourvu que la classe politique le comprenne rapidement. Nous y gagnerons tous.

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