Pas de complot derrière les Panama Papers mais…

Publié Par Stephane Montabert, le dans Pushmobile, Sujets de société

Par Stéphane Montabert, depuis la Suisse.

Panama, au cœur de l'Amérique

In the middle of America crédits Kathie M Ceballos L (CC BY-NC-ND 2.0)

« Tous les commentaires sur les Panama Papers publiés avant de savoir qui est derrière ces informations n’ont que peu d’importance. Quelqu’un manipule des journalistes. Qui et pourquoi, dans quel intérêt ? » demande un commentateur soupçonneux.

Nous avons désormais les réponses à ces questions.

Les vraies-fausses théories du complot

La fuite des Panama Papers avait à peine reçu son nom que déjà des affrontements avaient lieu sur Internet pour faire porter le chapeau à tel ou tel protagoniste du grand jeu géopolitique.

Certains pointèrent donc du doigt la CIA, d’autres Poutine, Israël, George Soros, et probablement une demi-douzaine d’autres commanditaires possibles, bien entendu sans la moindre preuve. Ne restaient que des justifications de « plausibilité » derrière chaque accusation.

Il est clair que de nombreux groupes auraient eu leurs raisons de faire jaillir le scandale des Panama Papers, soit comme une démonstration de force de la supériorité de leurs services de renseignement (nous y reviendrons) soit pour semer le trouble dans le camp supposé « adverse », sachant que le scandale ratisse tout de même assez large.

Le site Slate.fr se donna la peine dans un article de relever les théories les plus saillantes du moment, mais aussi d’éclairer un aspect dérangeant du dossier, le petit nombre de clients américains repérés dans la fuite, principal argument invoqué par ceux qui impliquent la responsabilité des services secrets de l’Oncle Sam.

Puisque nous parlons de plausibilité, la relative absence de clients américains de Mossack Fonseca s’explique fort simplement par l’histoire des relations houleuses entre les deux pays :

Ni la dictature militaire qui sévit dans le pays jusqu’à 1989, ni son invasion par l’armée américaine à partir de cette date ne faisaient du Panama un environnement de confidentialité et de bienveillance pour de potentiels évadés fiscaux américains… Plus tard, un accord commercial passé en 2010 entre les deux pays a réduit à néant les possibilités pour les contribuables nord-américains de cacher de l’argent au Panama en toute sécurité. Une clause de l’accord prévoyait un échange bilatéral de toutes les informations détenues par les banques et autres institutions financières sur les citoyens des deux pays.

Le Panama était un paradis fiscal pour le monde entier, sauf les Américains. Rien d’étonnant alors à ce que la fuite de données d’un gros cabinet d’avocats du pays n’en contienne qu’une poignée. Comme pour le reste des noms cités, on ne sait d’ailleurs pas si quoi que ce soit d’illégal a été commis.

Mais évidemment, savoir que les États-Unis ne sont pas concernés ne fera que confirmer les soupçons de ceux qui y voient leur main dans cette fuite, puisqu’ils n’auraient « rien à y perdre ». Pourquoi ces gens pensent que les services secrets américains chercheraient à épargner leurs propres ressortissants coupables d’évasion fiscale, mystère !

Mais pour y voir plus clair, passons donc aux méthodes employées pour piller les données…

Services secrets ou amateurisme total ?

Dans mon précédent billet sur le thème, je pointais du doigt la « vulnérabilité » à long terme d’une stratégie de secret des affaires face à une informatisation toujours plus poussée.

Je pêchais par excès d’optimisme.

Il semble que le cabinet Mossack Fonseca se soit rendu coupable d’une incompétence sans limite en matière de sécurité informatique. Le site reflets.info parle d’une « incroyable bourde » mais les journalistes font œuvre de charité en employant ce terme. À ce qu’il semble, toutes les données de Mossack Fonseca étaient disponibles sur Internet à travers des sites web mal configurés, mal sécurisés, voire pas sécurisés du tout !

Un exemple valant des milliers de mots, voilà un fichier de configuration de Mossack Fonseca permettant d’accéder à une base de données du cabinet d’avocats :

mossack_fonseca_security.png

Même sans travailler dans le domaine de la sécurité informatique, il semblera relativement évident à tout internaute qu’utiliser le même nom pour l’utilisateur, le mot de passe et la base de données à laquelle il est sensé se connecter, le tout visible sur Internet, ne pouvait conduire qu’à la catastrophe. Si vous vous connectez sur le site du Crédit Suisse avec le nom d’utilisateur « CreditSuisse » et le mot de passe « CreditSuisse », ne venez pas jouer les surpris si vous découvrez un matin que votre compte a été vidé.

Il faut également rappeler que ces découvertes faites par des internautes curieux ont été faites après la révélation des Panama Papers. Les serveurs web de Mossack Fonseca, et à vrai dire toute leur infrastructure informatique, semblent toujours aussi mal sécurisés une semaine après les faits.

« N’attribuez pas à la malice ce qui s’explique amplement par la stupidité », dit l’adage, et nous en avons un nouvel exemple. Pas besoin d’imaginer l’implication de services secrets exotiques pour piller des données tellement mal protégées que virtuellement n’importe qui pouvait y avoir accès. Même pas besoin d’un espion dans les murs !

La fuite aurait pu avoir lieu n’importe quand – certains logiciels n’étaient plus mis à jour depuis trois ans. Le plus long pour le « lanceur d’alerte » aura sans doute été de pomper toutes ces données pour les copier sur un autre support. On comprend d’autant mieux qu’il n’ait pas souhaité de rétribution pour son « acte courageux »: il n’avait aucun mérite. Il n’a non seulement pris aucun risque, mais le premier informaticien venu aurait probablement été en mesure de faire pareil.

À ce stade, on peut même débattre du statut juridique de données volées pour les Panama Papers.

Quand l’intendance ne suit pas

Les Panama Papers jettent une lumière crue sur le niveau de compétence informatique de certaines entreprises qui ont pignon sur rue. Même les règles les plus basiques de la sécurité sont absentes, et il faudrait être bien naïf pour penser que Mossack Fonseca est l’exception qui confirme la règle.

La situation prêterait à sourire si elle ne concernait pas les données privées de milliers de personnes et jusqu’à la réputation de secret des affaires qu’essaye de se donner le Panama. Les lois sur les trusts et la coopération financière ne valent pas un clou sans sécurité informatique.

La force d’une chaîne se mesure à son maillon le plus faible, ici, le site web d’un cabinet d’avocats panaméen. Cela relativise grandement les efforts de sécurisation entrepris par les banques. Sans même parler du fond, tout le concept de sécurité informatique est à revoir.

Il n’existe probablement pas plus de complot que de services secrets derrière les Panama Papers – il n’y en a pas besoin. Juste de l’incompétence. Beaucoup d’incompétence. Pas certain malheureusement que cela suffise à étancher la soif de complot d’une partie du public ; la vérité est parfois tellement médiocre qu’il vaut mieux rêver de romans d’espionnage.

Sur le web

  1. C’est la mort du complotisme ou une nouvelle suite dans les idées ???
    Les français pourront faire à nouveau des transferts … de technologies. !

  2. mouais, il y a pourtant bien une intention de viser mossack fonseca. il faut etre tres au courant pour cibler precisemment un sous traitant administratif.

    Il y a forcement quelqu’un qui l’a cible et qui semble avoir fourni le dossier gracieusement donc sans intention pécunière.

    Mossack Fonseca est un des 5 plus gros cabinet au monde de sous traitance administrative de l’off shore. il a comme clients les banques les plus prestigieuses et les cabinets d’avocats les plus réputés (ceux qui traitent avec la famille d’espagne, cameron etc …). C’est une multinationale de la sous traitance offshore avec 40 filiales par le monde. Son activité est minoritaire au panama puisque 80% des dossiers de font à l’extérieur dont 55% aux seules BVI. les panama papers c’est tout sauf le Panama en fait, mais personne ne lit les dossiers et les chiffres.

    Donc cela revient à dire que ces 40 dernières années presque aucun américain n’a eu recours à des off shore …

    Pour info aussi, selon les statistiques du tourisme d’affaire au Panama 1/3 des entrées sont le fait d’américains et de canadiens donc non je suis désolé ici au Panama personne ne comprends pourquoi il y a si peu d’américains. d’autant que de nombreuses firmes d’avocats se sont spécialisée dans la vente de fondations qux américains qui pendant des années les ont vu comme des remparts efficaces pour sécuriser leurs propriétés contre les dérives du système judiciaire US qui n’est pas le plus respectueux du droit de propriété.

    Bien sûr que l’absence d’américains du listing, c’est du foutage de gueule.

    Après pourquoi ? Chacun y va de son histoire, pour les panaméens c’est très clair, les Etats Unis cherchent à se positionner comme la première plateforme off shore du monde, seul le Panama (avec les Etats Unis) résiste encore à la folie absolutiste de l’OCDE. Peut être que cela ne durera pas. Mais les panaméens sont extrêmement pragmatiques et n’ont aucune raison aujourd’hui de céder… et puis même s’ils cèdent ca ne changera pas grand chose cette industrie ne pèse presque rien dans le PIB aujourd’hui. Cela pose plus un problème de conviction profonde. C’est un des pays les plus libéraux au monde, ici l’état ne sait même pas qui est propriétaire des societés commerciales, il n’y a pas de registre et tout le monde trouve ça normal car au fond cela ne regarde pas l’état… alors pour eux tout noter et balancer à des pays tiers c’est de l’ordre du choc …

    Rectificatifs sur les éléments d’histoire aussi … A quel moment les relations entre les deux pays ont elles été houleuses ? Ca me fait bien rire …

    Rappelons quand même que le dictateur en question (Noriega) était au contraire l’ami des etats Unis. Il faisait partie de la CIA et si l’histoire ne le dit pas officiellement il y a de forts soupçons qu’il ait été placé là et ait organisé l’assassinat d’Omar Torrijos qui a marqué le réveil du nationalisme panaméen qui aura conduit à la restitution du canal.

    le débarquement américain provient du fait que le dictateur est devenu fou et donc gênant pour les Etats Unis qui ne pouvaient pas se permettre d’avoir un soulèvement sur un endroit stratégiquement si sensible.

    Et aussi surprenant que cela puisse paraitre il n’y a jamais eu la moindre animosité des panaméens avec les Etats Unis pour une raison toute simple … dans toutes les familles panaméennes il y a un américain et les panaméens ne cultivent aucune rancoeur particulière. Nombreux sont les américains qui de tous temps y sont venus cacher leurs fortunes. De nombreux cabinets d’avocats ciblent spécifiquement ces clients et les fondations couramment utilisées par ces derniers pour protéger leur patrimoine contre les caprice d’un système juridique US à la dérive qui piétine bien souvent le droit de propriété. Le Panama est une terre d’accueil et se fout royalement de qui vous êtes c’est un peuple sans complexe, nous sommes 20% de la population ici. C’est la constitution la plus libérale au monde qui consacre un état nain, géré par des entrepreneurs pour les entrepreneurs et qui garantit les libertés et des panaméens et des résidents. Ici l’état ne sait même pas qui est propriétaire des entreprises commerciales puisqu’il n’y a aucun registre et il s’en fout royal, le canal et la TVA a 7% lui suffisent amplement pour ce qu’il a à faire…

    Enfin l’entrée en Vigueur de FATCA que vous soulignez est mondiale. elle ne porte que sur l’ouverture de comptes en banques. Elle n’est en vigueur que depuis 2010, les dossiers portent sur 40. Qui plus est il est question ici de sociétés écran pour la plupart. Dans la grande majorité des dossiers concernés ces sociétés sont utilisées à but de discrétion et non pas de mouvements de fonds à l’intérieur du pays, bien que la confusion soit à peu près partout dans ce dossier qui est traité globalement par dessus la jambe. . DOnc oui là encore c’est surprenant.

    Ils sont convaincus d’une chose … C’est un des pays les plus libéraux au monde, 2/ c’est le plus gros hub de l’amérique atine 3/ ils sont en passe de devenir une des plus grosses plateforme logistiques du continent 4/150 multinationales du monde entier y ont établis leurs sièges régionaux dont un nombre important pour l’amerique du SUD et du NORD 4/ ils restent le pays du continent avec la meilleure fiscalité 5/ ils continuent a offrir les meilleurs rapports rendements au monde en dollars ici on peut arrier à sortir du 15/20 % 6/ l’industrie bancaire et off shore ne représente que 8% du PIB …

    Donc viendez c’est un des meilleurs endroits au monde …

    1. Binitials le syndicat d’initiative de panana. lol

      1. J’adore mon nouveau pays … C’est le TOP, un des derniers pays libres !!!!! https://www.youtube.com/watch?v=5tHHoZuKDh0

      2. J’y ai travaillé, et ce que dit Binitials est juste et précis. Tout le monde passe à côté de ce qu il dit, pourtant c est précis: le FATCA ne traite que de la transparence des comptes bancaires, pas des propriétaires des sociétés. Pourquoi ? Parce que au Panama, c est impossible dans la pratique, et si l OCDE persiste elle aura Toute l Amerique Latine et l Asie contre elle.
        Le business model du Panama c edt le canal, et avant qu il disparaisse, on a du temps.

        1. gracias Papito … mais je crois que tout le monde aime bien parler de choses qu’ils ne connaissent pas … Je suis sidéré par le niveau d’informations en France. Mème si ailleurs on voit des conneries et des confusions comme en espagne ou UK, c’est quand même plus sérieux. EN France mais alors entre le Monde l’Obs, le Huff post … j’hallucine … Le Huff post disait que 80% de l’économie du Panama c’est le off shore iet que c’est bien fait pour eux si on la coule … Mouais … Banque et off shore c’est 8,5% et il faut encore savoir aue l’activité des banques liées au off shore est encore une fois minoritaire … je suis sidéré par le niveau. Ici ça les emmerde qu’on dise du mal de Panama mais au fond ils savent que ce sont des conneries et que ceux aui en diront trop se priveront juste d’une opportunité …

    2. je peux pas modifier le message, il est 1:30 du mat ici, je vais me coucher. Désolé pour les redites et plein de choses que j’aurais du enlever avant de poster. Mais bon, l’idée c’est de dire que le Panama et les USa se sont toujours très bien entendu malgré le dossier Noriega ou les USA ont bien merdés. Le Panama est un pays extrêmement libéral et géré par des entrepreneurs, ils font du business avec tout le monde, et les nord américains représentent 1/3 des homme d’affaire qui se déplacent sur le territoire. Qui plus est les activites de Mossack fonseca sont globales 80% de font à l’étranger et ils travaillent avec les plus gros intervenants de l’offshore mondial. DOnc non, personne ne peut croire sérieusement à l’absence d’américains c’est une manipulation grossière. Au Panama, on pense que c’est parce que les USA cherchent à se positionner comme la première place off shore, d’ailleurs il y a plein de pub et d’articles qui vantent la sécurité des etats unis…

      Le paname reste et restera une des places les plus intéressantes du continent américain pour y faire des affaires mais aussi pour mettre un pied sur le continent américain.

    3. « mouais, il y a pourtant bien une intention de viser mossack fonseca. il faut etre tres au courant pour cibler precisemment un sous traitant administratif. » N’importe quel fiscaliste était capable de dire que Mossack Fonseca était une des plus rand cabinets panaméen. Pas besoi d’être un tycoon de la finance pour les connaitre.

      « Il y a forcement quelqu’un qui l’a ciblé et qui semble avoir fourni le dossier gracieusement donc sans intention pécuniaire »

      Oui, un idéaliste, un revanchard, n’importe qui en fait…

      « Mossack Fonseca est un des 5 plus gros cabinet au monde de sous traitance administrative de l’off shore. il a comme clients les banques les plus prestigieuses et les cabinets d’avocats les plus réputés (ceux qui traitent avec la famille d’espagne, cameron etc …). C’est une multinationale de la sous traitance offshore avec 40 filiales par le monde. Son activité est minoritaire au panama puisque 80% des dossiers de font à l’extérieur dont 55% aux seules BVI. les panama papers c’est tout sauf le Panama en fait, mais personne ne lit les dossiers et les chiffres.  »

      Comment pouvez vous dire ça de Mossak fonseca après avoir dit que « il faut êtr eau courant pour cibler précisément un sous traitant administratif ». Comme vous le reconnaissez ensuite, ces gens traitent avec des centaines de partenaires et sont l’un des plus gros. A l’évidence ils étaient une cible de choix et une cible claire. l’aplomb avec lequel vous vous contredisez sans vous en rendre compte fait franchement peur.

      1. je suis fatigué il est 2 heures ici maintenant. Oui il faut cibler ce cabinet il faut bien connaitre l’industrie pour le connaitre et sans motivation financière, quelle motivation pour prendre un si grand risque ?

        2/ Il faut être naif pour croire qu’un des plus gros groupe du secteur, multinational dont 80% des activités sont à l’extérieur du pays n’ait eu aucun client américain en 40 ans … cela revient à dire qu’aucun américain n’a jamais eu recours à l’offshore

        M’enfin voyons ce n’est pas sérieux, tout le monde rigole ici au Panama, faut être naïf pour croire une chose pareille et qui plus est le gouvernement US a clairement dit qu’il avait participé au financement … tous les dossiers ont été filtrés … En france c’est encore plus gros … sérieux, on vous a servi platini, balkany et cahuzac que des gens qui sont déjà en soucis avec la justice pour de telles raisons !!!!

        je suis désolé Mitch mais j’y crois pas une seconde…sans verser dans la théorie du complot bien sûr que dans de nombreux endroits c’est instrumentalisé. Qui peut croire que Mossack Fonseca sur 230 000 dossiers en 40 ans et travaillant avec les plus gros cabinets d’avocats toutes les banques spécialisées sur les américains n’a eu aucun dossier US ou seulement une petite centaine … sérieusement ?

    4. Tout en lisant votre commentaire, je me suis remémoré tout ceux que j’ai lu sur la position de la France, en terme de libertés économiques, qui ont alimenté le nombre important d’article traitant du sujet, que l’on trouve sur CP. Le classement portant sur le calcul des libertés économiques est très souvent repris ici ce qui donne lieu à : « Mon dieu ce pays est foutu, regardez nous sommes au même niveau que le Panama… Le socialisme c’est magique! » Une rengaine classique des lecteurs de ce site et à laquelle je me prête aussi.

      Du coup, bien que vous m’ayez déjà donné l’envie de voyager avec vos vidéos et vos posts (j’adore les Caraïbes), j’aimerai savoir, vu que vous habitez là-bas, la couille… entre nous… elle est où franchement ? Tout ça m’a l’air bien trop beau.

      1. J’habite au Panama !!! La France n’a jamais été au même niveau de liberté que le Panama … Les Français en seraient heureux !!!! Très peu d’impôts, aucune loi qui vous dit comment vous devez conduire vos affaires … EN fait ce qui m’a le plus coûté et que j’ai encore du mal à comprendre c’est à quel point on est libre ici … En France quand on veut se lancer dans un business on commence par chercher ce qui dans la loi nous contraint à faire les choses d’une certaine façon … ici pfff rien de rien… et les impôts sont bas et beaucoup d’argent s’investit dans le Pays. En 2014 les IDE représentaient 12% du PIB dont la plus grande partie est allé dans le secteur du commerce de gros et de detail.

        Le panama a bien des problèmes rien n’est tout rose, loin de là mais franchement on y est très bien !

      2. Tiens je viens de decouvrir l’index. Cela me semble très subjectif, des pays sont mieux classés alors que leurs citoyens viennent massivement au Panama à la recherche d’une liberté qu’ils n’ont pas dans le leur à l’exemple de la Colombie ou du pérou, le Mexique … même les costa ricains commencent à venir de façon importante.

        sans vouloir être méchant il y a des erreurs statistiques majeures. L’Index cite un PIB/habitant de plus de 19000 USD, ils sont à 11000 en 2013 dernières statistiques fiables et officielles. et d’Un dette à 50%, alors Qu’elle est de 41% et que ce gouvernement a resserré la vis. si le reste de l’a

        L’index pointe, le droit de propriété, la dépense publique la corruption et le système judiciaire… Il y a des progrès à faire mais :

        1- Dépense publique : elle est conduite par l’investissement massif qui est fait pour les infrastuctures. trois ligne d emétro à panama et banlieue, expansion du canal, aéroport international et nombreux hopitaux et écoles publiques car les villes ici poussent comme des champignons. En fait les investissements n’arrivent pas à suivre l’expansion du pays et des construtionc, il faudra des années pour que le pays arrive encore ne serait-ce qu’à maintenir son niveau au rythme de la croissance. La dette est investment grade et le pays emprunte à 4%, le revenus du canal représentent 2 milliards aujourd’hui et une fois le nouveau jeu d’écluses livré on parle selon les hypothèse d’un revenu qui sera entre deux fois et quatre fois le présent doit entre 4 et 8 milliards de dollars pour un PIB de 50 milliards. Mème en hypothèse basse, cela veut dire que la dette publique pourra atteindre 200% du PIB (avec 4% d’intérêts) sans que le gouvernement n’ait besoin de toucher à l’économie… le Pays à une solvabilité financière qu’aucun pays au monde n’a aujourd’hui… donc oui 40% de dette c’est élevé mais ce n’est pas comparable au rste du monde car nous avons le canal.

        2- Droit de propriété : Là je ne sais pas à quoi ils font référence. Si la référence c’est l’occident où la commission européenne envisageait d’interdire la prise de photos dans les espaces publics pour protéger le droit de propriété des architectes ou des propriétaires de bàtiments … oui le Panama ne respecte pas cela et ne le fera certainement jamais. L’excès des droits de copyright aussi ne passera certainement pas ici. Donc il faut défini précisément… Sur la question des terrains et de l’immobilier il y a des progrès du au fait qu’il existe un double système de propriété, l’un qui est un cadastre et qui garantit le droit de propriété, et l’autre qui est un système non cadastré librement cessible sans cadastre. le second peut poser des problèmes effectivement et cela prend du temps de cadastrer ses propriétés sans parler du niveau de compétence relativement bas des agents publics. Mais cela ne concerne que les terrains car aucun permis n’est délivré sur la base d’un terrain non cadastré. Peu à peu de plus en plus de propriétés se cadastrent. Au Costa Rica par exemple il n’existe pas de cadastre nombreux sont les étrangers qui se sont fait voler leurs propriétés l’année dernière on a eu un cas au Costa Rica d’américains qui avaient achetés pour 20 millions de dollars de terrains et le juge a statué qu’il devait retourner aux costa ricains car les américains ne l’avaient pas suffisamment entretenu… Nombreux sont les étrangers au costa rica qui ont investi, monté des hotels pour se faire ensuite denier la propriété. Ce sont des choses que l’on ne voit pas ici au Panama.

        3- Corruption : la corruption publique au panama est particulière, elle s’est illustrée avec le gouvernement précédent où de nombreuses affaires ont été données contre un associé politique … Par exemple des usines hydroélectriques ou les politiques avaient des participations. ca se pratique plutôt entre panaméens les sociétés étrangères ne s’en plaignent pas et soulignent plutôt bien souvent que le gouvernement ici respecte les contrats et est plutôt fair play, contrairement à la plupart des pays d’amérique latine. cette corruptions semble aujourd’hui complètement arrètée depuis ce gouvernement. On verra si cela tiendra dans la durée. Pour ce qui est des autorisations administratives, ici on ne paye pas pour une signature en tant que tel … En fait on met de l’huile dans les rouages ce qui est une forme de corruption mais pas très gênante … Vous invitez au restaurant, payez quelques honoraires de consulting à un architecte de la ville pour qu’il vous ponde un rapport sur la façon dont vous devez présenter le dossier etc … c’est cette façon de faire qui prévaut … et c’est compréhensible, pensez qu’un haut fonctionnaire touchera entre 800 et 1000 dollars de salaire et sa signature va vous faire gagner des millions, il y a une façon de mettre du beurre dans les épinards et tout l’art consiste à ne pas les prendre de haut et les considérer… une fois que vous avez compris cela au Panama, vous seriez étonnés. Au panama de toutes façons si vous avez besoin d’une autorisation publique et que votre dossier est en règle vous obtiendrez vos autorisations même si vous ne payez pas. par contre vous l’obtiendrez très lentement…

        4- Système judiciaire : ici il y a peu de lois donc sauf en cas d’arnaques, on ne va pas aux tribunaux autant qu’en France et encore moins aux Etats Unis. je ne sais pas ce qu’il y a de bon ou de mauvais. ici j’ai vu des petits gagner des procès contre d’énormes banques, propriétés d’oligarques et avec des intérêts politiques. J’ai vu le contraire aussi. D’une façon générale, je ne peux pas trop parler. je viens de Nice et il est clair que l’institution est défaillante en France, que l’on juge bien souvent à la tète du client et que lesliens entre l’avocat et le juge prévallent bien souvent sur le sain traitement du dossier en France. Kerviel reste à mes yeux le plus gros scandale, la justice française a condamné un homme à l’esclavage et vous ne pouvez pas aller contre l’état ni les grandes sociétés en France. Les Etats Unis, c’est encore plus risible le système. je n’ai en fait jamais u un système judiciaire qui fonctionne sérieusement. la meilleure justice pour moi c’est toujours celle que l’on ne saisit pas. Le fait est qu’elle est peu présente ici dans les affaires des gens, beaucoup moins qu’elle ne l’est en France ou aux ETats UNis et que cela vient probablement du fait qu’il y a beaucoup moins de lois. Après le Panam est un petit pays de 4 millions d’habitants dont les 2/3 sont pauvres, On parle donc d’une communauté business de max 1 million de personnes. c’est petit, très petit. quelques familles et groupes tiennent le haut du pavé et donc forcément, il faut plutôt éviter de piétiner leurs plates bandes.

        le véritable problème du Panama tient dans le fait qu’une petite élite tient le pays. mais ce sont tous des entrepreneurs. Comme me l’a dit un jour l’ancien directeur de la BNP ici qui a pris sa retraite après trente ans de services sur l’Amérique Latine : »seuls ceux qui ont pris les panaméens de haut se sont plantés ici, tous les autres ont réussi. Ici on te laissera sans problème prendre ta place et c’est seulement si tu fais une réussite fantastique qu’il faudra faire attention car il faudra alors dealer avec les familles mais ce sont des entrepreneurs et beaucoup sont bons, ils pourront apporter des capitaux et des marchés … « 

        1. Bonjour binitials,
          pouvez vous nous en dire plus sur le cout de la vie au panama? s’il est facile d’y débarquer et d’y trouver un travail, le cout du logement, le fonctionnement du systeme de santé, du systeme scolaire, le prix d’un terrain…

  3. A partir du moment où vous pouvez voir ce script, vous pouvez bien avoir des mots de passe de un kilomètre de long avec des caractères biscornus sans que cela ne change quoi que ce soit …

    La sécurisation donne surtout une apparence de sécurité. Le fait d’insister sur l’utilisation de mots de passe, de clés de cryptage, de mise à jour de logiciels permet de détourner l’attention sur le fait que la porte de derrière est grande ouverte et que les murs sont en carton.

    J’ai toujours pensé que de la même manière les théories du complot servaient surtout à détourner l’attention : multiplier les hypothèses farfelues afin de noyer une vérité bien plus simple dans la masse.

    1. Bonjour pragmat
      Je suis quand même sceptique sur cette capture d’écran où on voit en clair le login et le mot de passe. En général le mot de passe n’est pas visible dans les fichiers de configuration, ils sont cryptés.

      1. Si je ne m’abuse, ce que montre la capture d’écran est un script PHP. Si le script est fonctionnel pour accéder à la base, celui qui met la main sur le script a accès à la base. C’est le principe du loup dans la bergerie. La faille du système est d’avoir laissé entrer le loup. La base dans le réseau 10 n’est pas directement accessible de l’extérieur.

    2. Je pense un peu comme vous, il y a un complot de la part des anti-complotistes, pour cacher leurs turpitudes au sein d’innombrables complots.

      Dans ce cas précis, on peut identifier le lobby des administateurs système incompétents (Ceux qui mettent en post-it sur le mur le mot de passe de la base de données quand ils passent à la TV) , ceux là sont toujours victimes d’une attaque informatique très sophistiquée, ayant demandé des moyens extrêmement puissants.
      Pour faire semblant d’être compétents, ces administrateurs système rajoute des couches et des couches de filtres de droits selon les profils. La sécurité du système informatique devient si sophistiquée que même les concepteurs n’en ont pas une vue d’ensemble. Pour pouvoir travailler, il faut supplier des armées d’administrateurs, alors que dans le cas d’une mutation dans un autre service, les droits ne sont pas retirés par manque de vue de l’ensemble (cas de Société Générale vs Kerviel). Dans le cas des serveurs accessibles par internet, tout défaut est exploitable par toute la planéte.

      .

      Beaucoup de logiciels deviennent opérationnels, avec la configuration par défaut. Je pense qu’une recherche Google simple basée sur des configurations basiques améne dans les filets un grand nombre d’entreprises, Après ça , il n’y a plus pour les hackers qu’à faire leur marché.

      Je pense que la solution serait de simplifier à outrance la sécurité informatique, pour ne garder que quelques principes de base,
      1 Tout ce qui est sur Internet est susceptible d’être public.
      2 Contrôler a posteriori plutôt qu’à priori si ça n’est pas vital.
      3 Ne pas traiter toute demande avec une usine à gaz globale, réserver les contrôles sophistiqués aux données qui le méritent.

      Je suppose que Mossak Fonseca faisait certainement garder ses locaux aux murs en carton par des gardes armés, c’est souvent l’image que donne la Sécurité informatique.

      1. « Tout ce qui est sur Internet est susceptible d’être public »

        C’est tellement vrai que cela devrait tempérer les visions futuristes du monde « numérique ». La sécurisation de l’accès au réseau est tellement contraignante que cet accès devrait être limité à ce qui est indispensable : on met ses bijoux au coffre et pas l’ensemble de ses meubles. Je prêche bien sur dans le désert puisque le monde a pris l’habitude depuis des années de s’échanger par exemple des programmes exécutables sans aucun contrôle sous forme déguisée de « documents ». (Ca s’appelle un fichier Office)

  4. Un cabinet aussi peu scrupuleux en gestion de sécurité informatique qui digitalise tous ses documents / informations depuis les années 70 pour ensuite se les laisser copier, même par un amateur, c’est surprenant aussi.

  5. la fuite n’es pas le problème.
    que ce soit une passoire ou simplement un employé pas content, ca a l’air réel.

    le problème c’est qui fait l’analyse des données.

    c’est un mythe de dire que si une information peut sortir elle sera publiée.
    des choses publiques, ne sortent pas. dès qu’elle sortent on ne les répètes pas, on de le cherche pas, on de le cite pas, on d’en déduit rien, on dne relie rien…

    il y a pleinde trucs extrapollés sans fondement sur des gens qu’on veut abattre comme cameron…
    et plein qu’on ne cherche pas.
    trouvez vous des boss d’ONG, des gens cools, de miliardaires du green ? non…
    dernièrement une ONg écolo s’es fait épingler a se faire financer par unh libanais douteux… silence…
    Seralini a une secte et est financé par les hypermarché bio… silence.

    le filtre est plus important que la source.

    au pire si on veut tuer un gars on a pas besoin de preuves…
    mais aucune preuve ne peut attaquer une vache sacrée.

  6. L’Etat essaye de nous faire peur avec ce genre d’annonce diusée par les agences de presse
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    En France, alors que la campagne de déclaration des revenus 2015 est lancée, le ministère des Finances recevrait de très nombreux appels d’évadés fiscaux depuis près de quinze jours. Devant l’ampleur du phénomène, Bercy a décidé de recruter des agents supplémentaires à la cellule de régularisation des exilés fiscaux : ils vont passer de 159 à 209 agents à compter de juin, répartis dans une dizaine de centres un peu partout en France pour traiter les demandes des contribuables qui veulent rapatrier leurs avoirs cachés à l’étranger.
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    Les Français en ont marre de la « tonte fiscale ». Il faut se révolter et ne pas craindre les intimidatins des agents du fisc.

    1. C’est clair! Un Français qui va mettre ses sous dans un pseudo-paradis anglophone ne risque pas que Bercy fasse la démarche de demander à ce pays les fiches de déposants qui ne sont sans doute même pas connus des autorités.

    2. J’ai bien ri quand j’ai vu l’allocution de notre ministre évoquer ce point. Franchement, si j’avais des « avoirs cachés » Off shore, il me serait plus facile de les cacher dans un autre établissement Off shore, dans un autre paradis, plutôt que  »auto-dénoncer au fisc français.
      Le plus triste, c’est que ce bon ministre semble croire en ce qu’il dit…

  7. L’incompétence et l’administration c’est comme une symbiose. Mossack Fonseca c’est grave, d’accord, mais pas tant que cela. Imaginez que les serveurs des centres de tri de La Poste (en France) étaient ultra-hyper-supra protégés comme chez Mossack, le nom du centre de tri était égal au nom de l’utilisateur, qui était égal au mot de passe. Donc pour le centre de tri d’orly CPA, le nom de utilisateur c’était « orlycpa » et le mot de passe « orlycpa », tout ceci était disponible sur consultation d’un simple minitel, ou, à partir des années pré-2000 d’internet .

    C’était pourtant dans ces bases de données que l’on pouvait y trouver sur quel vol-cargo (mais aussi et surtout quel vol de passagers) devait se trouver le colis déposé le jour X, dans le centre Y. Il y avait de quoi faire sauter plusieurs dizaines d’avions en même temps, sachant que les douanes ne vérifient pas les colis à l’export.

    Rassurez vous … en dix ans, tout a changé … si si il faut y croire !

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