François Hollande sur France 2 : un discours d’Ancien régime

François Hollande - Prix de l’Audace artistique et culturelle 2015 credits Actualitté (CC BY-SA 2.0)

François Hollande sur France 2 : déconnecté et impuissant face à la réalité sociale du pays, comme à la fin de l’Ancien régime.

Par Éric Verhaeghe.

François Hollande - Prix de l’Audace artistique et culturelle 2015 credits Actualitté (CC BY-SA 2.0)
François Hollande – Prix de l’Audace artistique et culturelle 2015 credits Actualitté (CC BY-SA 2.0)

François Hollande a de nouveau donné le spectacle de la vacuité fabuleuse qui caractérise le pouvoir présidentiel depuis son élection. En écoutant les litanies auxquelles il s’est livré dans un contexte de désillusion et d’impopularité forte (confirmées par les réactions en ligne sur les réseaux sociaux), il devient évident que tous ceux qui attendent la réforme du pays ont trois bonnes raisons de voter Hollande aux prochaines présidentielles.

Comment Hollande symbolise l’impuissance du pouvoir politique

Une fois de plus, François Hollande a donné le spectacle d’un pouvoir totalement incapable de modifier la réalité du pays et totalement incapable de le reconnaître. Face aux difficultés sociales, politiques, économiques, les Français qui avaient encore un espoir sur ce qu’ils pouvaient attendre du pouvoir sont cette fois définitivement fixés : après quatre ans de mandat, François Hollande est plutôt satisfait de son bilan, et personne non seulement ne le croit ni le comprend, mais ne peut même imaginer qu’il ne partage pas le bon diagnostic sur le désastre en cours. Manifestement, le gouvernement ne peut rien pour nous.

Pourtant, les éléments du diagnostic sont assez faciles à relever. Le chômage explose alors qu’il diminue chez nos voisins, la croissance stagne, le pays se paupérise. Partout, la contestation monte et la recherche du sens est immense.

Voter Hollande en 2017, c’est, sur tous ces points, le choix sûr de continuer à se mentir. Le navire continuera à s’enfoncer, mais le commandant de bord répétera inlassablement des messages rassurants aux passagers coincés dans la cale.

Comment Hollande symbolise la réaction nobiliaire

Il fallait entendre Hollande répondre à la cheffe d’entreprise sur les questions micro-économiques pour mesurer une fois de plus la rupture entre le pouvoir politique et la réalité des Français. Là encore, si certains imaginaient que l’occupant de l’Élysée avait la faculté de comprendre leurs préoccupations, ils ne peuvent plus avoir aucun doute aujourd’hui. Ce qui fait la vie quotidienne des Français est un mystère structurel pour le Président de la République. Ce n’est pas une question de mauvaise volonté, c’est une question d’ignorance.

Ainsi va la Ve République : les élus sont loin du peuple, au-dessus du peuple, et n’en connaissent pas la condition. Ils s’en portent très bien.

Donc… voter Hollande en 2017, c’est se promettre une longue continuité dans ce ton condescendant, méprisant, cette surdité mal cachée, ces regards évasifs et ennuyés lorsque les élus, dignes héritiers des aristocrates d’Ancien Régime, sont sommés de répondre aux questions portant sur la vie quotidienne des citoyens. Se salir les mains, quelle horreur !

Comment Hollande symbolise la médiocrité

Il fut une époque où la fonction présidentielle était revêtue d’un prestige, d’une autorité, d’une forme de sacralité, dont la familiarité avec laquelle les participants à l’émission se sont adressés au Président a montré qu’elle était réduite à néant. Hollande ne s’en était pas caché : il serait un Président normal, c’est-à-dire un homme sans qualité pour ce poste. Les Français seraient donc mal venus à jouer les surpris : l’impétrant les avait prévenus. Ils savaient à l’avance les sorties chez sa maîtresse avec un casque de Vespa sur la tête, le manque de charisme, l’absence de vision, le vide des idées, la soumission à l’Allemagne.

Voter Hollande en 2017 permet d’accélérer le changement de régime, parce qu’il désacralise le pouvoir, l’affecte d’une terrible banalité. À ce jeu-là, Hollande est d’ailleurs en position de force. Sa médiocrité impose une sorte de baisse générale du niveau politique français, et oblige tous ses concurrents à s’aligner sur une sorte d’offre au rabais, où le calcul tactique compte plus que le projet politique.

Continuons avec lui : s’il parvient à terminer son premier mandat, il est acquis qu’il ne terminera pas le suivant.

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