Attentats de Bruxelles : nous ne céderons pas

Face à la menace djihadiste, les États devraient s'attaquer franchement au terrorisme islamiste et non à leurs citoyens.

Par Aurélien Véron.

Hamas (Crédits : Zoriah, licence creative commons)
Hamas (Crédits : Zoriah, licence creative commons)

Mardi noir baigné dans le sang et les larmes des victimes des attentats à Bruxelles et de leurs proches. Une fois de plus, l’Europe est sous le choc. Ces crimes s’inscrivent dans la stratégie de la terreur généralisée menée par Daech. « L’appel à la résistance islamique mondiale » annonçait la couleur dès 2005. Son auteur Abou Moussab Al-Souri y racontait comment il souhaitait déclencher une guerre civile et disloquer l’Europe, ventre mou de l’Occident, dans la guerre civile.

Ses alliés naturels ? Les immigrés musulmans de banlieues abandonnées, essentiellement issus du Maghreb, souvent déracinés et frappés de plein fouet par l’échec des systèmes scolaires et le chômage de masse. Des délinquants radicaux ont été islamisés en prison ou sur le net pour former des commandos de la mort. Nous savons depuis quelques années que ces fantassins illuminés sont prêts aux pires folies meurtrières dans une démarche tragique de rédemption et de quête d’un idéal sanglant.

Nous nous trompons de réponse

Les pouvoirs occidentaux n’ont pas compris la nature de cette menace jusqu’ici. Ils ont voulu appliquer les traditionnelles méthodes sécuritaires – qui ont systématiquement fait la preuve de leur échec – en faisant de chaque citoyen un présumé coupable. En France, la liste de mesures inutilement liberticides est longue. Parmi elles figurent la loi LOPPSI 2, la loi Renseignement et l’État d’urgence retirant leur pouvoir aux juges, alors que la lutte contre le terrorisme est légitimement de leur compétence, pour le confier aux forces de police.

Les attentats bruxellois n’ont pas pu être anticipés car ses organisateurs n’ont pas utilisé les moyens de communication surveillés. Les terroristes auront toujours un temps d’avance sur les technologies. Même identifiés et surveillés comme l’ont été nombre d’entre eux. C’est pourquoi policiers et magistrats anti-terroristes ont conjointement dénoncé ces choix à plusieurs reprises. Nos politiques ont agi exactement comme l’attendaient les théoriciens de Daesh avec la mise en place de ces outils propres aux régimes totalitaires (parallèlement à la montée des populismes).

Il faut enfin s’attaquer au péril islamiste 

Leur refus de définir et d’affronter le mal islamiste a nourri la montée du rejet des musulmans et de l’islam, évidemment mal vécu par ses pratiquants que cette menace inquiète – et frappe – autant que les non-musulmans. Le piège agit comme le prévoyait Abou Moussab Al-Souri.

Pire, les politiques n’hésitent plus à s’étriper publiquement, profitant de ce qui leur apparaît comme une aubaine pour jeter l’opprobre sur leurs adversaires. Marion Maréchal Le Pen affirme qu’elle aurait stoppé l’immigration depuis longtemps et qu’aucun attentat n’aurait eu lieu sous sa férule. Le président du groupe socialiste Bruno Le Roux attaque le Sénat qu’il estime presque responsable des attentats par son rejet du projet de déchéance de nationalité ardemment défendu par François Hollande malgré son caractère inique et contreproductif. À part humilier un peu plus les descendants de l’immigration maghrébine, comme espéré par Abou Moussab Al-Souri, qui peut croire qu’une telle mesure effraiera les islamistes prêts à mourir pour leur secte ?

Nous avons besoin de dirigeants d’une autre trempe, aptes à ne céder en rien sur nos valeurs fondamentales pour montrer aux barbares d’ISIS que nous sommes plus forts que leurs kamikazes. Nous attendons d’un pouvoir digne de notre respect une vraie stratégie de lutte contre ce terrorisme décentralisé dont de nombreux éléments ont été identifiés par le passé mais non suivis jusqu’ici. Plus que jamais les peuples européens doivent rester soudés face à cette menace totalitaire nouvelle. L’heure n’est pas aux atermoiements ou aux postures, mais bien à une action déterminée pour neutraliser ces réseaux et décrédibiliser l’idéologie islamiste, dans le respect de l’état de droit qui constitue le socle et la force des sociétés occidentales.