La prochaine crise financière s’annonce gravissime

bourse - crise financière (Crédits : CC0 Pixabay, licence Creative Commons)

La France a joué et la France perdra. Elle a joué avec le shadow banking tandis qu’il était essentiel de prévoir et de réguler.

Par Jean-Luc Grinder.

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bourse – crise financière (Crédits : CC0 Pixabay, licence Creative Commons)

Il est dans l’idée que nous avons mis en ordre notre système bancaire depuis 2008, que nous l’avons régulé comme a été régulé le système de prêts aux logements aux USA. Dans la réalité, la spéculation s’est déplacée des banques vers le shadow banking. De quoi s’agit-il ? le shadow banking est un système spéculatif qui repose sur la base de prêts extrêmement risqués aux entreprises. Les proportions prises par ce système sont devenues gigantesques. Les résultats qui ont été la conséquence des prêts insolvables aux particuliers seront les mêmes sur les prêts insolvables consentis aux entreprises fin 2016 ou début 2017.

Comment réguler ?

Ce risque majeur pourrait être évité par la régulation du système de la finance. La question est posée pour savoir… qui va, ou peut réguler ?

Le Conseil de stabilité financière, qui est une institution créée par le G20 au moment de la crise, estime que le shadow banking pèse 75 000 milliards de dollars, c’est-à-dire davantage que toutes les grandes économies du monde additionnées. On a pensé avoir réussi par un coup de force à réguler le système bancaire mondial après la crise de 2008.

Une action toujours a posteriori

Que ce soit dans nos vies privées ou dans la vie publique, la réalité est que nous traitons les problèmes après leur apparition. Il est malheureusement souvent très tard ou trop tard.

Il apparaît fort probable que les nouvelles actions nécessaires pour réguler ce shadow banking seront engagées après le début de la crise à venir, et il semble incontournable que nous devons nous préparer à ses terribles conséquences dès aujourd’hui.

À l’heure actuelle, le risque mondial de liquidité est particulièrement élevé, comme pour la crise mondiale de 2008, dont l’origine avait été la crise des crédits américains. La combinaison des politiques monétaires et du taux de crédit extrêmement bas conduit à une économie très affaiblie. Jamais les banques centrales n’ont injecté autant d’argent liquide dans l’économie ; et celle-ci demeure cependant très faible.

Prenons un exemple

Nous pouvons comprendre à partir d’un exemple simple : j’ai un projet et j’ai besoin d’argent pour acheter un appartement ou pour investir dans une société, ou encore pour la créer. Je me tourne donc naturellement vers ma banque. Cette dernière étudie mon dossier et si elle me donne son accord, ce qui est de plus en plus rare, elle va puiser dans les dépôts bancaires de ses clients, c’est-à-dire vos dépôts, et me propose un crédit que je rembourserai mensuellement. La banque garde alors une partie de ses bénéfices dans ses fonds propres et écrira la transaction dans son bilan, car les comptes des banques sont réglementés. Des clients comme moi, les banques en ont des millions.

Dans la réalité, certains de ces clients ont des profils risqués car ils font face à des difficultés (les entrepreneurs français, la classe moyenne…). Les banques n’ont pas le droit d’avoir des créances trop douteuses pour rester dans la légalité. Elles vont donc se tourner naturellement vers le « shadow banking » ou en français « la finance de l’ombre ».

Va-t-on vers le retour de la titrisation ?

En clair, elles vont adopter la technique financière de la titrisation, c’est-à-dire la transformation des créances en titres financiers, à savoir qu’elles vont sortir de leur bilan les créances les plus risquées, les mettre dans un même panier, les mélanger et émettre des titres dits structurés en bourse, ou les vendre à de gros investisseurs (banques d’investissements, fonds mutuels, fonds monétaires, des hedges funds).

Tous ces acteurs du shadow banking utilisent des techniques très sophistiquées non réglementées et très risquées pour l’ensemble du monde économique mondial. Depuis les années 2000, la finance de l’ombre s’est fortement développée dans le monde mais surtout en France, au point d’en devenir nécessaire pour l’économie nationale. Quand tout va bien, le marché du crédit tourne sans problème, mais le système présente un défaut majeur, l’interdépendance de tous ses acteurs. Si un maillon casse il entraînera dans sa chute tous les autres, vous, moi…

Notre problème est que notre banque traditionnelle qui a émis ces titres sera tenue pour responsable selon les règles françaises. La faillite d’une banque importante ferait exploser le système bancaire national, et l’État interviendrait pour la sauver. N’oublions pas que cela est arrivé en 2008. Neuf ans plus tard, les conséquences sont lourdes pour l’économie mondiale et plus particulièrement pour l’économie française ; et le shadow banking n’a toujours pas été réglementé.

Aujourd’hui en 2016 le risque n’a jamais aussi été élevé et dans les milieux autorisés, on chiffre déjà ce risque à 75 000 000 000 000 euros.

La pire crise financière que le monde n’a jamais connu est à notre porte… et que faisons-nous ?

Mesdames et messieurs, préparez-vous. Si elle se déclare elle n’épargnera personne…

So soon... comme disent les Anglais.

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