Terroristes : Made In France

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Terroristes : Made In France

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 18 novembre 2015
- A +

Ça ne rigole plus. Certes, après les attentats de Charlie Hebdo, ça ne rigolait déjà plus du tout, alors disons que ça ne rigole plus du tout encore moins : la France, auparavant en paix mais qui menait des opérations militaires hors de son sol, est maintenant en guerre et va pouvoir mener des opérations militaires hors de son sol. Et pour ce qui est de notre sécurité intérieure, le gouvernement va nous ciseler un ensemble de mesures qui feront passer celles prises après les tueries de janvier pour des bricolages approximatifs.

Pour le moment, les contours de la bête immonde sécuritaire sont encore un peu flous, et il faudra encore un peu de temps à Maître Manuel et Chef Hollande pour bien préciser tout ça, mais déjà quelques éléments apparaissent, petits cubes flottants dans le cocktail pimenté qu’ils nous préparent à grand coup de shaker républicain. L’un de ces cubes est celui déposé par Fleur, qui n’entend pas laisser se gâcher une si belle crise : comme les citoyens, apeurés, vont probablement déserter les salles de cinéma et de spectacle, vite, dépensons l’argent des autres en créant un gros fonds joufflu pour les aider ! C’est facile, c’est l’État qui paye !

pellerin karaoke : money for nothing

Ces fonds seront apparemment dépensés en judicieuse sécurisation, les normes habituelles de sécurité ne suffisant plus : tout comme l’existence des pompiers n’empêche certainement pas de disposer des extincteurs à droite et à gauche, l’existence d’une police armée et entraînée n’empêchera donc pas de disposer de personnes armées qui … Ah, non, en fait on me fait comprendre que les fonds seront utilisés pour assurer les éventuelles annulations et éviter les difficultés économiques des petites salles, et ainsi sécuriser… la survie de ces salles. Ouf.

Ça tombe bien, ces salles seront peut-être l’occasion d’y diffuser l’un ou l’autre film d’auteur, qui poussent à la réflexion ou qui portent une vision particulière sur la société qui nous entoure.

Par exemple, ce pourrait être l’occasion d’y présenter « Made in France », le nouveau film de Nicolas Boukhrief. C’est un film intéressant parce qu’il ne parle pas, comme son titre pourrait le laisser croire, d’une romance des aventures d’Arnaud Montebourg mais plutôt des milieux intégristes de la banlieue parisienne vus à travers le regard d’un journaliste de culture musulmane infiltrant une cellule djihadiste, qui prévoit un attentat sur les Champs-Élysées, en coordination avec d’autres opérations simultanées dans la capitale.

made in france - affiche du filmCe film devait sortir ce mercredi. Les attentats du 13 novembre ont un peu changé la donne. Comme l’explique cet article du Monde, le distributeur du film, Pretty Pictures, a décidé de repousser sa sortie, possiblement en janvier 2016. Et quand il sortira, ce sera avec une autre affiche que l’actuelle, représentant une kalachnikov à la verticale devant la Tour Eiffel.

James Velaise, le président de Pretty Pictures, justifie ainsi cette sortie repoussée :

« Nous sommes sous le choc. L’idée est de faire profil bas. Les salles n’ont fait aucune pression pour retirer le film. C’est une décision que j’ai prise avec les producteurs pour éviter toute provocation. »

Au passage, l’article du Monde nous apprend que ce film, au scénario terriblement prémonitoire, n’a bizarrement pas obtenu le soutien des inénarrables organismes publics qui ont d’habitude moins de réticence à distribuer l’argent des autres. Selon le réalisateur, Nicolas Boukhrief,

« Les structures de financement public sollicitées ont botté le film en touche dès les premières strates de décision, en trouvant le sujet du film bien trop anecdotique ou marginal. »

Finalement financé par M6 et tourné en octobre, il se retrouvera à nouveau en manque de fonds à la suite des attentats de janvier, et l’équipe aura dû batailler pour trouver un autre distributeur. Ce 13 novembre, la poisse s’est donc à nouveau abattue sur ce film, qui a pourtant, au-delà de sa trame presque prophétique, le mérite d’aborder aussi les mécanismes qui se mettent en place dans les banlieues, dans les cités, et qui aboutissent aux tragiques événements récents.

Mais voilà. Pour en savoir plus, il faudra attendre. Attendre même plusieurs mois, parce que montrer ce film choquerait, parce que ce qui y est décrit est trop proche de ce qu’on vient de vivre, parce que, vous comprenez, montrer une réalité comme celle-là (dont beaucoup s’accordent à dire qu’elle est assez bien documentée) n’est pas une bonne idée actuellement, et pourrait même constituer une « provocation » (selon les termes même du distributeur).

Et cette précaution n’est peut-être pas inutile, lorsqu’on voit ce qui s’est récemment passé en Belgique, pour le film « Black » d’Adil El Arbi et Bilal Fallah, qui évoque la problématique des bandes urbaines, et dont une séance a rapidement dégénéré en échauffourées. Rixes qui, au passage, ne débouchèrent sur aucune interpellation selon la police locale. Ben voyons.

Devant ce constat, on ne peut s’empêcher d’être surpris par cette société quelque peu schizoïde, qui, en l’espace de quelques heures, n’hésite pas d’un côté à jouer les gros bras liberticides en plaçant le pays en état d’urgence, en transformant son pédalophile en chef de guerre improbable, en allant bombarder de l’autre côté de la Méditerranée, et de l’autre, hésite franchement à montrer un film qui, finalement, décrit assez bien la situation. Cette société a un mal de chien à policer ses salles de cinéma, semble comme prise de panique de s’exprimer, de montrer une réalité crue pourtant existante, mais n’hésite pas une seconde à prétendre policer le reste du monde.

Cette société cherche autant à s’auto-censurer qu’à réclamer, par dessus, plus de mesures liberticides, et, somme toute, évite tant qu’elle peut de voir certaines réalités en face, notamment la plus douloureuse d’entre elles : ceux qui ont perpétré les actes immondes de vendredi dernier sont certes passés par des camps syriens, mais ils restent, directement et indubitablement, les produits des choix qui furent faits ici, en France. Je reprendrai ici un passage de la note d’intention du réalisateur, assez éclairante :

« Aujourd’hui, des jeunes gens accrochent dans leur studio des portraits de Ben Laden ou de Mohamed Merah, comme d’autres (…) des posters de Michael Jackson ou Justin Bieber. (…) de jeunes imams intégristes s’adaptent à ces nouvelles générations (… et) vont tranquillement jouer au foot avec elles en leur demandant incidemment de passer à la mosquée. (…) Alcool, drogue, échec scolaire, télévision, porno, chômage, sentiment de solitude. Ils savent aborder tous les thèmes actuels avec une intelligence discursive et un sens de la manipulation digne des plus grands chefs de secte. Si bien que chacun de leurs nouveaux fidèles vit sa radicalisation non pas comme un embrigadement, mais bien au contraire comme une renaissance. »

Chaque jour qui passe, la France devient une illusion, un Disneyland ou la parade des amis de Mickey, fortuitement au gouvernement, occupe les visiteurs et les employés. Derrière les décors de carton-pâte et les vitrines potemkine, on joue à être très méchant à l’extérieur, on tremble comme une feuille à l’intérieur et on tait les histoires qu’on ne veut pas entendre.

Surtout celles qui racontent la réalité.

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  • Hélas oui, trop d’état tue … l’état

    C’est bien la cause de ce qui se passe.

  • Oups j’ai oublié. Si vous voulez rire, allez lire http://www.je-suis-stupide-j-ai-vote-hollande.fr/blog/les-indecrottables-de-la-gauche/

    La bienpensance et le camp du bien modifient leurs titres ou veulent détourner l’attention.

    • Pour france inter c’est marrant, par contre tirer de la déclaration de Mamère qu’être contre la prolongation de l’état d’urgence tient de son idéologie uniquement, c’est franchement comique.

  • Conseil de (re)lecture « La société ouverte et ses nouveaux ennemis » d’Alain Laurent.

  • Excellent billet, qui montre une nouvelle fois l’hypocrisie des tenants du Camp du Bien. Au contraire de Voltaire, un bon collectiviste n’est prêt à défendre la liberté d’expression QUE si elle va dans son sens, ce qui est intrinséquement contradictoire et risible.
    Nous en avions déjà eu un bel aperçu avec l’histoire de Dieudonné et de l’interdiction citoyenne (évidemment citoyenne…) de ses spectacles. Nous en avons une nouvelle preuve ici.
    Surtout, ne pas risquer de déranger les bobos, les élécteurs de gôôôche et autres bien-pensants de tout poil , au mépris de tout constat réaliste, de toute interrogation sincère sur ce qui se passe profondément dans le pays.
    Et la réalité vient de leur, de nous exploser à la figure. Alors qu’il suffirait d’appliquer strictement les lois de la République et de mettre hors d’état de nuire quelques milliers de racailles qui emmerdent tout le monde, y compris et surtout dans les banlieues urbaines…Je suis écoeuré de tant de veulerie, de lâcheté et de nullité.

  • Il n’y a pas de mystère, pour bcp ces jeunes n’ont pas un de vraie scolarité et le peu qu’ils en ont eu relatait une France haïssable : colonialiste, raciste, esclavagiste….. Le rap musique de haine déstructurante est subsidié, la théorie du genre enseigné à des gosses de 5 ans, à 12 ans ils possèdent 300 mots sans grammaire ni syntaxe. Bref, des lendemains qui ne chantent pas du tout.

    • Et ce n’est pas fini: notre taux de natalité, dont nous nous vantons tant, est largement dû aux étrangers. Il est urgentissime de redonner à l’Education Nationale la faculté d’intégration dont elle a fait preuve pendant des décennies, donc de la sortir des idéologies nihilistes qui l’ont prise en otage. Commencer par abolir la nouvelle éducation civique et morale de M. Peillon, ainsi que la réforme du collège de l’actuelle ministre. Comme on n’a pas le temps de réformer le mammouth, libérer toutes les écoles de la tutelle étouffante de l’Etat

    • Est ce pour autant qu’il faille les excuser ? Est ce que pour autant les parents ne sont pas coupables de cet état de fait ?
      Les migrants polonais, espagnols, italiens, …, ont vu aussi dans nos livres d’histoire les guerres qu’a mené la France sur leur sol. Pourtant, ils n’ont pas ce sentiment de haine.
      Un autre point qui me tient à cœur: Ceux qui ont migré au début du siècle ou après s’obligeaient à parler notre langue. Ils obligeaient leurs enfants à parler en français car pour eux, la langue est le premier facteur d’intégration. Ce n’est pas le cas avec la population décrite dans l’article.

      Enfin, un dernier point pour l’intégration. En plus de la langue, il y a un truc tout bête pour montrer qu’on souhaite s’intégrer: les prénoms. Dans les migrants cités plus haut, espagnols, polonais, italiens, …, les parents donnaient des prénoms à consonance française à leurs enfants. Ainsi, ils ne se démarquaient pas de leurs camarades de classe. Cela leur donnait aussi un repère. Ce n’est plus le cas il y a 20-30 ans, génération qui n’a plus de repères. Aujourd’hui, les repères sont là du fait de la croissance des prénoms arabes (faut bien nommer un chat un chat) mais sont ils bons ?

  • Très bien vu, une fois de plus, docteur h16. Les terroristes sont Français. Ils sont peut-être manipulés par des méchants de la lointaine Syrie, mais ils viennent de France et ils agissent en France avec des complices en France. Les racines du problème sont en France et les solutions doivent être trouvées en France. Envoyer des avions bombarder la Syrie est illusoire.

    Cette attitude qui consiste à chercher la cause de nos malheurs chez les autres est assez fréquente en France. Par exemple on accuse l’Allemagne ou la Chine d’être la cause de notre déficit du commerce extérieur. C’est pitoyable.

  • « ceux qui ont perpétré les actes immondes de vendredi dernier sont certes passés par des camps syriens, mais ils restent, directement et indubitablement, les produits des choix qui furent faits ici, en France. »
    J’ai fait cette analyse il y a bien longtemps.

    En 1993, j’ai créé le laboratoire d’idées « les Clippers de Normandie » qui avait pour objectifs :

    1/ De participer, à partir de stages embarqués sur des grands voiliers assurant une pratique de la voile et la découverte de la mer, à l’éducation, la formation et la réinsertion d’adolescents et d’adultes.

    2/ De rechercher au préalable des partenaires publics ou privés pour le financement et l’exploitation de ses bateaux à voile.

    Malgré le recrutement de l’élite du milieu maritime en France (dont 30 amiraux) nous n’avons jamais été écouté par les pouvoirs publics…

    http://euroclippers.typepad.fr/mon_weblog/2009/02/le-laboratoire-did%C3%A9es-les-clippers-de-normandie.html

  • En effet ça ne rigole plus : en réponse aux attentats, les parisiens vont boire des cafés en terrasse et écouter de la musique. Et s’il le faut ils iront jusqu’à bouffer du saucisson ! Nan mais !

  • Bien vu. L’etat islamique frappe la France tout simplement parce que le recrutement y est simple et qu’il est trés facile d’y recruter à la fois des cadres et des éxécutants. Peut-être même que tous ces francophones s’organisent entre eux en dehors du noyeau dur de l’Etat islamique et font tout de A à Z (recrutement, logistique, plans, mise en oeuvre puis revendication des actes commis) mais c’est impossible à savoir. Bombarder nerveusement Racca ne sert absolument à rien.

  • Comment expliquer que la police ait été plus performante en trois jours plutôt qu’en trois ans ?
    On a fait simplement sauter le verrou de la justice et ses très nombreuses complicités internes qui se chargeaient de fermer les yeux quand ce n’était pas d’avertir les délinquants.
    Au cas où cela se passait vraiment mal (incarcération), il suffisait de donner l’affaire à un juge compatissant qui relâchait immédiatement l’individu.
    Sinon, en dernier recours, il restait les libertés conditionnelles.
    Tout cela étant fait au nom d’une idéologie soixante-huitarde et complétement rétrograde.
    On a encore l’espoir qu’il reste en France quelques juges travaillant au nom de l’état mais ils ont dû passer trois ans absolument apocalyptiques.

  • Hélas, les gens évitent soigneusement tous les reflets qui détruiraient leur réalité. Nous sommes toujours sur la voie de la gangrène, du pourrissement, et non de la guérison et/ou du sacrifice par amputation.

  • J’aurai plaisir à aller donner de l’argent à la production de ce film, dès sa sortie en salles. Ca ne m’étonne pas que les foireux bien-pensants de la culculture n’aient pas soutenu financièrement une telle entreprise. Ca me fait mal au ventre, mais ça ne m’étonne pas.
    Il faudra faire de la pub avant la sortie en salle !

  • Nous avons trop l’habitude de regarder les choses avec un regard moral et suffisant.

    Pour un jeune de banlieue, « Alcool, drogue, échec scolaire, télévision, porno, chômage, sentiment de solitude  » ne sont pas du tout comme la majorité des Français peuvent le penser un état dans lequel ils se complaisent (théorie de droite) ou qu’ils subissent et en sont les victimes (théorie de gauche) : c’est tout simplement le monde dans lequel ils vivent.

    Tant que les politiques n’auront pas compris que la seule chose dont ces jeunes ont besoin, c’est de moins de socialisme : moins de morale (positive comme négative) à deux balles venant de l’Etat et plus de liberté, tant que ce discours infantilisant sur « l’Islam ce n’est pas les musulmans » et toutes ces niaiseries bisounours sur le viveensemble continueront, comme continueront aussi les déclaration définitives sur des solutions finales à base de karcher … bref tant que l’on manquera aussi ouvertement de respect à cette population, en les considérant comme des incapables, sauf la veille des élections … on continuera à pomper tels des Shadocks.

  • Merci pour votre article et votre site en général, cela me rappel qu’il faut de tout pour faire un monde 🙂

  • L’ union, il n’y a que ça de vrai: Souvenez- vous quand Walls déclarait à la droite a l’Assemblée nationale avec son sens aigu de l’union :  »le terrorisme c’est vous ».

  • Les commentaires sont fermés.

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