Enlarge your Palm Oil Tax Now !

nutella credits awlgray (licence creative commons)

Dans beaucoup d’entreprises, le succès tient surtout à la persévérance. Et, paradoxalement, le succès de certains peut constituer l’échec de beaucoup, voire de tous lorsqu’il s’agit de politique. C’est ce que tente sans doute de démontrer avec une obstination assez singulière Aline Archimbaud, sénatrice EELV, qui n’entend probablement pas retomber dans les oubliettes de l’histoire sans avoir enfin pu propulser une ponction supplémentaire dans le portefeuille des Français.

Contrepoints809 - Palm Oil Tax - René Le HonzecAline, elle est maline. Elle sait que cent fois sur le métier, il lui faudra remettre son ouvrage. Et son métier, comme sénatrice, c’est d’excréter de la loi dès qu’elle le peut. Alors, Aline la maline ne lâche pas le morceau. Et Aline, elle a une dent contre une huile. Et pas n’importe laquelle, l’huile de palme. Et pas n’importe quelle dent : c’est toute une mâchoire qu’elle mobilise pour son entêtement.

On pourrait s’étonner de l’engouement de nos sénateurs à vouloir ainsi taxer cette huile de toutes les façons possibles. Quelle étrange attitude qu’avoir ainsi désigné à la vindicte populaire une huile qui n’a, en réalité, pas de défaut majeur : non seulement, ce ne sont pas ses acides gras saturés qui posent problèmes, mais l’huile de palme, naturellement solide à température ambiante, permet d’éviter d’autres huiles qui poussent à l’utilisation d’acides gras trans ou hydrogénés, très néfastes pour la santé.

wwf wtfBien sûr, moult campagnes écologiques (idiotes) tentent de faire croire à une déforestation massive pour l’exploitation du palmier huilier, déforestation honteusement exagérée entraînant l’évidente disparition de trouzaines de cures pour le cancer, d’une grosse poignée de koalas mignons ou d’orangs-outans choupinous. La réalité, c’est que le rendement de l’huile de palme est d’environ 3,72 tonnes à l’hectare alors que celle du soja est de 0,40 et celle du colza de 0,72 tonnes. Autrement dit, le palmier à huile produit près de dix fois plus de matière grasse que le soja, et plus de cinq fois plus que le colza à superficie égale. Imposer un boycott, une taxe punitive ou une campagne de dénigrement sur l’huile de palme, cela revient indirectement à favoriser des cultures cinq à dix fois plus gourmandes en superficie.

Et puisqu’on aura raconté n’importe quoi concernant l’aspect nutritif de l’huile de palme, qu’on a continué avec des calembredaines amusantes concernant son aspect écolodestructeur, il sera aisé de bobarder ensuite sur l’ignoble exploitation des fermiers locaux qui, en pratique, ont trouvé avec les plantations de palmiers huiliers une méthode efficace pour se sortir de la misère et vivre de leur travail et qui se retrouvent directement lésés par les campagnes régulières de dénigrement que leur font subir les associations écolos et … nos sénateurs.

Mais quand bien même ces éléments, factuels, sont régulièrement rappelés, ces sénateurs ne les entendent pas. Il faut, absolument, impérativement, fiscalement même, taxer l’huile de palme.

Oui, rappelez-vous de cette taxe Nutella qui défraya la chronique en 2012 (le Nutella devait être taxé), puis fut retoquée, puis rediscutée en 2013 et retentée en 2014.

Et remise sur la table en 2015 : si on se souvient des saillies ségolesques au sujet du Nutella en juin, on a sans doute peu entendu parler de la nouvelle tentative (oui oui, encore une) de la brave stAline qui se soldera, le 20 juillet, par une fin de non-recevoir à l’amendement 229. Au passage, on notera la réplique visiblement agacée de la sénatrice Deroche qui n’a pas pu s’empêcher de répondre « Nous n’allons pas non plus rouvrir ce débat. » lorsque fut abordé le cas pathologique de l’amendement Nutella.

Bref, Aline s’est pris un vent. Mais ne croyez pas qu’après ça, elle laisserait tomber. Elle a donc remis le couvert, encore une fois.

Oui, vous avez bien lu : la sénatrice a décidé de relancer le bastringue pour une nouvelle tentative d’extorsion de fonds du contribuable en ajoutant récemment deux amendements de son cru à la « loi sur la modernisation du système de santé » en vue de réinstaurer la taxe Nutella.

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Le premier amendement tente de faire passer l’idée qu’il faut absolument afficher qu’un produit contient de l’huile de palme, parce que « huile végétale » ne suffit pas, oubliant dans la foulée qu’une directive européenne impose déjà cette mention depuis décembre 2014. Délicieux sénateurs en retard d’une guerre…

Quant au second, pas de doute, c’est encore une fois l’idée générale d’un bon gonflement de la taxation sur les huiles de palme, palmiste et de coprah qui est détaillée. L’obsession s’installe.

Car oui, le doute n’est guère permis : Aline frôle le souci médical et s’approche doucement du trouble obsessionnel compulsif. Toute son activité parlementaire médiatiquement notable se résume à cette bataille d’arrière-garde, sur un sujet qu’elle ne maîtrise absolument pas, pour taxer une huile qui ne lui a rien fait, encore, encore et encore.

On doit s’imaginer, dans les couloirs du Sénat, l’embarras qui gagne les uns et les autres lorsqu’encore une fois, un amendement d’Aline pour une taxe Nutella est encore une fois déposé, et les sourires gênés des assistants parlementaires, des directeurs de cabinets qui font encore une fois tout pour bien faire comprendre que la lubie de la pauvrette doit lui être passée, sauf à déclencher sans doute une petite crise désagréable.

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Oui, il faut se rendre à l’évidence : si Aline était un e-mail, il serait rapidement classé en spam. Attention, pas le spam un peu ridicule mais rigolo qui tente de vous faire virer de l’argent à un Africain désespéré d’hériter de 8 millions de dollars. Non, plutôt ce spam récurrent qui veut absolument faire grossir certaines parties de votre anatomie.

Et qu’y a-t-il de plus gonflant qu’un spam pour élargir votre pénis ?

Eh bien apparemment, Aline, sénatrice, qui tente de faire grossir votre taxation sur l’huile de palme et donc le prix de votre Nutella. Et le truc avec ce genre d’obsession, c’est qu’on se doute bien qu’Aline, même si ce qu’elle prétend est faux, même si ses motivations sont de plus en plus douteuses (ou médicalement ouvertes à débat), même si elle se pare de toutes les meilleures intentions du monde pour justifier sa taxe chérie (et vas-y que je te propose d’aller aider les millions de petits enfants mal nourris du monde entier avec les produits de la taxe, pour amadouer le gogo), même si rien de tout cela ne tient la route, elle sait, la brave Aline, qu’en répétant l’opération de façon obstinée, elle parviendra, un jour, à faire passer sa p*$ù*in de taxe.

Car au Sénat, être buté, ça paye.