Cameron et la « révolution éducative »

David Cameron (Crédits : UK Home Office, licence CC-BY 2.0), via Flickr.

Une réforme qui donne une plus grande liberté aux établissements scolaires.

Par Delphine Gondebert
Un article de Trop Libre

David Cameron (Crédits : UK Home Office, licence Creative Commons)
David Cameron (Crédits : UK Home Office, licence CC-BY 2.0), via Flickr.

Lors des élections législatives d’avril 2010, le parti conservateur, accompagné de son leader David Cameron, avait promis de réformer le système éducatif anglais par la création de « nouvelles écoles ». Ces « nouvelles écoles » appelées free schools s’inspiraient des réformes scolaires suédoises et du mouvement des charter schools aux États-Unis. Par cette réforme, la volonté du Premier ministre anglais était d’améliorer la qualité de l’enseignement et du niveau des élèves en installant une concurrence saine entre les établissements. Dans ce nouveau modèle, les équipes éducatives et de direction disposent d’une plus grande liberté dans la gestion et l’organisation de leurs établissements. La réforme devrait permettre de résoudre le manque de places des écoles anglaises.

L’historique d’une réforme attendue

Lancée en 2010, la réforme éducative de David Cameron a été mise en place dès la rentrée scolaire 2011 malgré une vive opposition des syndicats d’enseignants. Elle a permis une forte déconcentration de la politique éducative en privilégiant une gestion locale, contre une gestion gouvernementale qui prévalait auparavant. Aspirant à une plus grande autonomie des établissements scolaires, David Cameron a lancé un programme de free schools auquel parents, enseignants, associations ou autorités locales pouvaient postuler afin de créer et gérer une free school. Subventionnées par le gouvernement tout comme les écoles d’État, les free schools permettent aux fondateurs de ces écoles d’innover dans leurs pratiques pédagogiques tout en respectant les grandes lignes définies par l’État sur le contenu des enseignements. Pour David Cameron, « le principe le plus important reste celui de la diversité (…) un autre principe clé est celui du choix. » (février 2011, Daily Telegraph) ; diversité du personnel enseignants et des élèves qui s’accompagnent pour les parents du choix de l’école de leurs enfants.

L’autonomie et la concurrence : les deux maîtres mots de la révolution éducative

Indépendantes des autorités locales, les free schools sont des établissements autonomes dans les choix pédagogiques et logistiques. Elles sont libres dans la gestion de leurs budgets, de l’organisation des programmes scolaires, des recrutements et rémunérations du personnel ainsi que dans la modification du calendrier scolaire (durée d’une journée d’école et nombre de jours travaillés par année scolaire) : cette nouvelle école est une vraie révolution dans l’organisation du système éducatif anglais. Ces établissements autonomes doivent permettre l’amélioration de la qualité de l’enseignement et le développement des projets créateurs et innovants portés par les acteurs de chaque école.

Dès lors, une véritable concurrence entre établissements s’est mise en place. Celle-ci doit permettre une amélioration générale du niveau scolaire, tant des établissements que des élèves. Cette concurrence s’accompagne de l’émergence de partenariats entre ces établissements et des entreprises ou organisations extérieures, qui participent au budget de l’école et à son prestige.

Ce nouveau système éducatif permet une plus grande autonomie des établissements scolaires, libres dans leurs choix pédagogiques. Cette indépendance grandissante s’accompagne aussi d’une rationalisation des financements et d’une saine émulation entre établissements.
Avec 60% de free schools dans le secondaire et 112 nouvelles ouvertures d’écoles pour l’année scolaire 2015-2016, l’Angleterre a su transformer l’essai de sa réforme éducative.

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