Le scandale Uber : la France en otage

Quand cessera le scandale des agressions contre Uberpop ?

Par Frédéric Mas.

Uber credits joakim formo (CC BY-NC-SA 2.0)
Uber credits joakim formo (CC BY-NC-SA 2.0)

Une minorité de taxis a pris la France en otage. Depuis quelques semaines se multiplient dans les grandes villes les agressions et les intimidations envers les clients et les usagers d’Uberpop, accusés de concurrence déloyale envers les taxis. Dernièrement, un jeune homme a été hospitalisé pour avoir osé défier les diktats de ces nouveaux ligueurs. Le comportement abject de cette fraction minoritaire de taxis n’a que des conséquences négatives. Non contente de détériorer les relations de travail entre services de transport, elle jette le discrédit sur toute une profession, tout à fait honorable au demeurant : l’image de violence et de sans-gêne de ces taxis empressés à bloquer la circulation pour avoir gain de cause rejaillit sur la majorité des professionnels qui n’en demandait pas tant. Un tour rapide sur les réseaux sociaux ou les commentaires des articles sur le sujet offre un bon indicateur de l’état d’agacement des usagers. En effet, quelle idée absurde que de vouloir exprimer son mécontentement en pénalisant (quand ce n’est pas en agressant) le client ?

Cette querelle dévoile aussi un aspect peu reluisant du corporatisme qui gangrène le pays. Le cartel des taxis, qui fixe le prix d’entrée dans la corporation ainsi que les tarifs proposés au consommateur voit d’un mauvais œil l’arrivée d’un service qui va les obliger à s’adapter pour répondre aux attentes du client d’aujourd’hui. Dans le langage barbare de l’économie, il s’agit d’une « rente de situation » qui est en train de leur échapper, c’est-à-dire une profession bénéficiant d’un surplus de rentabilité offert par un avantage compétitif, ici protégé par des barrières d’entrée règlementaires. Cette protection, en interdisant toute concurrence, permettait aux membres du cartel de vendre aux clients le service qu’ils souhaitaient sans craindre de voir s’évader cette clientèle captive. Du coup, les tarifs pouvaient très bien augmenter et les services se dégrader sans inquiétude pour les producteurs desdits services.

Le corporatisme protège la rente en faisant usage de la violence légale de l’État : non seulement l’argent dépensé pour son maintien se répercute sur le service proposé qui se dégrade, mais il devient tout à fait normal aux yeux des bénéficiaires du corporatisme d’utiliser la violence et la coercition pour maintenir leurs intérêts. Il ne faut donc pas s’étonner de voir certains taxis employer des méthodes de caïds pour éviter que le client puisse choisir ce qui est le plus conforme à ses propres intérêts.

Malheureusement pour les taxis, les évolutions techniques et économiques sont souvent plus rapides que celles réglementaires, et les voilà devant un concurrent ayant la souplesse que le taxi a perdu en s’inféodant au corporatisme étatique. Pour y faire face, la violence et le chantage ne devraient pas être admis. Pour le bien des taxis, d’Uberpop comme des consommateurs, ces méthodes factieuses devraient être sévèrement condamnées.

 

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