Le scandale Uber : la France en otage

Quand cessera le scandale des agressions contre Uberpop ?

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Le scandale Uber : la France en otage

Publié le 23 juin 2015
- A +

Par Frédéric Mas.

Uber credits joakim formo (CC BY-NC-SA 2.0)
Uber credits joakim formo (CC BY-NC-SA 2.0)

Une minorité de taxis a pris la France en otage. Depuis quelques semaines se multiplient dans les grandes villes les agressions et les intimidations envers les clients et les usagers d’Uberpop, accusés de concurrence déloyale envers les taxis. Dernièrement, un jeune homme a été hospitalisé pour avoir osé défier les diktats de ces nouveaux ligueurs. Le comportement abject de cette fraction minoritaire de taxis n’a que des conséquences négatives. Non contente de détériorer les relations de travail entre services de transport, elle jette le discrédit sur toute une profession, tout à fait honorable au demeurant : l’image de violence et de sans-gêne de ces taxis empressés à bloquer la circulation pour avoir gain de cause rejaillit sur la majorité des professionnels qui n’en demandait pas tant. Un tour rapide sur les réseaux sociaux ou les commentaires des articles sur le sujet offre un bon indicateur de l’état d’agacement des usagers. En effet, quelle idée absurde que de vouloir exprimer son mécontentement en pénalisant (quand ce n’est pas en agressant) le client ?

Cette querelle dévoile aussi un aspect peu reluisant du corporatisme qui gangrène le pays. Le cartel des taxis, qui fixe le prix d’entrée dans la corporation ainsi que les tarifs proposés au consommateur voit d’un mauvais œil l’arrivée d’un service qui va les obliger à s’adapter pour répondre aux attentes du client d’aujourd’hui. Dans le langage barbare de l’économie, il s’agit d’une « rente de situation » qui est en train de leur échapper, c’est-à-dire une profession bénéficiant d’un surplus de rentabilité offert par un avantage compétitif, ici protégé par des barrières d’entrée règlementaires. Cette protection, en interdisant toute concurrence, permettait aux membres du cartel de vendre aux clients le service qu’ils souhaitaient sans craindre de voir s’évader cette clientèle captive. Du coup, les tarifs pouvaient très bien augmenter et les services se dégrader sans inquiétude pour les producteurs desdits services.

Le corporatisme protège la rente en faisant usage de la violence légale de l’État : non seulement l’argent dépensé pour son maintien se répercute sur le service proposé qui se dégrade, mais il devient tout à fait normal aux yeux des bénéficiaires du corporatisme d’utiliser la violence et la coercition pour maintenir leurs intérêts. Il ne faut donc pas s’étonner de voir certains taxis employer des méthodes de caïds pour éviter que le client puisse choisir ce qui est le plus conforme à ses propres intérêts.

Malheureusement pour les taxis, les évolutions techniques et économiques sont souvent plus rapides que celles réglementaires, et les voilà devant un concurrent ayant la souplesse que le taxi a perdu en s’inféodant au corporatisme étatique. Pour y faire face, la violence et le chantage ne devraient pas être admis. Pour le bien des taxis, d’Uberpop comme des consommateurs, ces méthodes factieuses devraient être sévèrement condamnées.

 

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  • Bienvenue en France…

  • Il est à noter que les chauffeurs de taxi sont des adeptes du marché libre lorsque il s’agit de vendre leurs ‘autorisations de stationnements’ en fin de carrière….

  • Le propriétaire du groupe G7, c’est bien toujours André Rousselet ? Autrefois chef de cabinet et trésorier de campagne de Mitterrand…

  • Et ce n’est que le début! D’autres forteresses vont tomber pour le plus grand intérêt des citoyens. Et si Uber pop était le début du changement pour mettre fin à tout type d’abus et de rente protégée ?
    Heureusement que ces personnes et corporations ont plusieurs temps de retard dans leur compréhension des enjeux de la révolution numérique.

  • L’état est le responsable de ce genre d’acte. Il faudrait le poursuivre en justice.

    Il est croustillant de constater que pour la téléphonie, on prétend défendre le client en interdisant la fusion de deux opérateurs.

    • Il est clair que toute agression violente doit être punie au civil comme au pénal, a fortiori pour un usager responsable de son seul choix personnel. Espérons qu’il ait les témoins suffisants.

      En ce qui concerne la téléphonie, SFR et Bouyghes, j’ai effectivement déjà entendu des ministres « conditionner » (de quoi je me mêle?). Par contre, Bouyghes ne semble pas vendeur, actuellement(Pour faire monter le prix?).

      Mais des initiatives comme Uber, le co-voiturage (en version auto et maintenant scooter et moto), les trocs, prêts, échanges de services de voisinage, les monnaies locales, le crowdfunding en don ou en prêt, les sites gratuits permettant d’échanger des appréciations et de bonnes adresses (restau, vacances et beaucoup d’autres choses): il me parait enthousiasmant de voir ces utilisations pratiques entre individus qui s’éloignent progressivement des « troupeaux » de suiveurs que ce soit face à des partis dont on gomme les nuances pour faire semblant d’être unis ou les « groupes constitués » ou les grandes marques commerciales-pièges pour consommateurs se voulant « in the mood »!

      Philosophiquement (en exagérant un peu), cette offre élargie rend plus libre et responsable et beaucoup de choses comportent tacitement ce conseil: « ne vous faites plus avoir! »

  • Ce n’est pas tout à fait çà.

    Rien n’empêche UBER POP de racheter toutes les licences de taxi pour ensuite faire un service quasi gratuit avec des salariés sans couverture sociale et à terme fourni par des voitures robots.

    Une fois son monopole bien établi et non concurrentiel (vous savez faire des voitures robots vous ?, déjà que les constructeurs ont du mal à les faire électriques…), il sera libre de bien monter les prix. Comme le fait Amazon en travaillant à perte depuis des années, en consommant le capital des gogos qui le suivent et en asséchant toute concurrence (en attendant de pouvoir monter ses prix une fois la concurrence détruite).

    Les taxis indemnisés au moins à la valeur d’achat de leur licence n’y verrait certainement aucun inconvénient.
    Le problème, c’est la sortie de ce système et l’indemnisation des taxis actuels.
    Si à la place d’UBER, l’état s’engage à les sortir de ce bourbier en les indemnisants, sûr qu’on retrouvera des taxi souriants.
    Mais là c’est l’état qui a créé un marché réglementé et qui ne peut plus s’en sortir sans spolier quelqu’un et se trouve face à une anomalie monstrueusement cynique et avec un business modèle absolument pas rentable pour toute sa chaine de production de valeur.

    • Gageons aussi que pour les vrais salariés d’UBER, la couverture sociale et chômage est excellente.

      Le reste c’est de la chair à canon, de simple journaliers (voir des horailliers, des oreilliers, … heu des gars qui travaillent à l’heure quoi. (des vacataires ??).

      Comme TF1, en fait, ils vendent des minutes de cerveaux (et de bras) disponibles, mais ils ne créent pas d’emploi pérenne.

      Donc ils ne sont la solution à rien et certainement pas un modèle de référence et ne méritent pas un article, même chez les libéraux.

      • C’est sûrement pour ça qu’il y a des usagers…

      • C’est quoi un emploi perenne ? Faire la même chose toute sa vie sans jamais se remettre en question ?

        Après entre faire un job payé à l’heure, mais payé et attendre des sous de maman Etat quelle est la meilleure solution ?

        • Je me souviens très bien qu’en 1968 (il y a 47 ans, cette année!), à la sortie de l’équivalent du bac français, le premier ministre de ce pays disait déjà qu’on serait nombreux à changer de métier dans notre carrière 1 ou plusieurs fois. À chaque fermeture d’usine, on voit des témoignages de gens qui ont fait le même travail depuis le début et qui, très émus et persuadés d’être victimes d’une injustice flagrante, à 50 ans, ne se voient pas déménager, se former, changer d’entreprise et faire un autre métier, même pour 15 ans de carrières! Où étaient les syndicats pendant ces années, et la formation continue, et l’ascenseur social? À quoi bon 3200 pages et 2 kgs de code du travail si rien n’a été prévu?

    • Quand vous faites un investissement immobilier et que suite aux changement d’environnements il s’avère n’être plus rentable. On vous indemnise peut-être ?

      Ici les chauffeurs de taxis ont fait un investissement sans tenir compte que la règlementation pouvait changer en leur défaveur. Tant pis pour eux.

      • C’est à cause de ça que plus personne n’investit en France. L’instabilité réglementaire (et aussi fiscale) est un fléau pour notre pays.

    • « Rien n’empêche UBER POP de racheter toutes les licences de taxi »
      Vous voulez parier combien que l’état s’y opposerait?

      C’est le système de licence qui est vicié dès le départ, de quel droit l’état décide arbitrairement de limiter le nombre de taxi en circulation si ce n’est pour créer une pénurie artificiel et ainsi piéger les clients en leur faisant supporté des tarifs exorbitants.
      Si les licences (gratuite à la délivrance) sont si chères à la revente c’est bien la démonstration éclatante que la rémunération est disproportionnée. les taxis ont spéculé d’eux même et se sont mit dans la muise tout seul. Si demain j’achète pour 200000 € d’actions et que leur valeur tombe à 0 je devrais être indemnisé par l’état? Non, j’ai joué, j’ai perdu. Nul par les taxis, lorsqu’il récupèrent une licence, n’ont de garantis sur sa une valeur supposée de celle ci. Donc dans mon cas comme dans le leur il est compréhensible qu’ils soient mécontent mais c’est leur problème pas celui des français en général et il est du devoir du gouvernement de les empêcher de nuire en pourrissant la vie de la population en général.
      Que je sache personne n’est forcé de travaillé pour Uber donc ceux qui y travail y trouve leur intérêt. Si jamais demain Uber ne propose pas des alaire suffisant il ne trouverons plus de volontaires.

  • La preuve par 9 !

  • La violence est inexcusable , mais après tant de louanges vers nos révolutionnaires , on ne peut guère s’attendre à autre chose. Ceci dit , si j’ai bien compris , les taxis ont bien quelques raisons de se fâcher. Un parlement plus efficace pourrait s’occuper du problème de leur pensions, après tout ils ont contribué aux finances de l’Etat depuis longtemps. Et aussi , la taxation ,très différente subie les taxis et par les UBER. A mon sens le rôle du gouvernement n’est pas de taxer , ni de refuser la modernité , mais d’organiser une transition équitable et avantageuse pour tous. ( les ‘rentes’ sont-elles équitables ? )

    • Qui s’est opposé à toute évolution pendant des décennies?

    • D’accord, mais les taxis ne veulent pas de la transition, parce que le système actuel va au-delà de la licence donnée par les pouvoirs publics, il repose sur une exploitation semi-mafieuse de ce système à la Madoff. La question n’est jamais abordée de savoir qui profite de l’augmentation de prix des licences entre le moment où elles sont délivrées gratuitement par les autorités et celui où elles sont revendues à prix d’or à l’exploitant suivant. Les clients ont-ils pu bénéficier de tarifs plus avantageux sur la course, du fait que les chauffeurs se faisaient une belle plus-value qui aurait quasiment dû suffire à les payer ? Où est passé cet argent ?

      • Vous ne pouvez revendre une licence obtenu gratuitement qu’au bout de 15 ans d’exploitation et 5 ans si achetée. L’immobilier a été bien plus générateur de plus-value que ce système de licence.

        Je crois que ce n’est vraiment pas un investissement très rentable compte tenu du travail à fournir pendant 15 ans et que toutes les licences ne se vendent pas au prix parisien (i.e. : 100 k€ dans une ville moyenne soit sur 15 ans un peu moins de 7000€ par an pour un type qui bosse au moins 70h par semaine, certains fonctionnaires se font plus que ça en prime annuelle)

  • Bonjour !
    Comme d’habitude le gouvernement est fort avec les faibles et faible avec les forts !
    Malheureusement même la droite ( républicains et Udi ) tombent dans la même lâcheté face au corporatisme des taxis car ils veulent l’interdiction d’Uberpop.
    Et dire que c’est quelqu’un comme Thévenoud , avec toutes les casseroles qu’il traine , qui est à l’origine de cette loi contre la libre-concurrence !!!
    J’ai lu sur un site d’information que le responsable de la CGT taxi , Karim Asnoun , ne condamnait pas les violences physiques faites aux conducteurs et usagers d’ Uberpop ! Ce n’est pas de l’incitation à la haine punie pénalement , ça?
    Bon , de la part de la CGT , syndicat aux méthodes totalitaires voire fascistes et composés de membres nostalgiques de l’époque stalinienne , intellectuellement bas du plafond ( donc comme tous les gens limités , leurs seules réponses sont la violence ), incapables de comprendre que le monde a changé , de concevoir l’économie de marché et la libre-concurrence , qu’attendre d’autre de ce syndicat englué dans le passé ?

  • Même problème avec Uber qu’avec Free Mobile : faut-il baisser les prix, et faire augmenter le pouvoir d’achat des consommateurs, au détriment d’une corporation dont les méfaits sont avérés ? Oui. Free Mobile comme Uber sont une évolution, vers un marché plus sain, sans monopole, où les clients sont au même niveau que les prestataires.

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