15 milliards aux fumeurs : un jugement soit logique, soit ridicule

cigarette credits corrie (licence creative commons)

Tout dépend de la manière dont nous concevons les libertés humaines.

Par Michel Kelly-Gagnon, depuis le Canada.

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Trois grands fabricants canadiens de cigarettes sont condamnés par la Cour supérieure du Québec à verser plus de 15 milliards de dollars dans le cadre de deux recours collectifs.

Ma première réaction, à chaud, est que ce jugement est soit parfaitement logique, ou bien, au contraire, qu’il n’a absolument aucun sens. Tout dépend des prémisses philosophiques fondamentales que l’on accepte, au départ.

Je n’ai pas lu le jugement en détail. Ces aspects techniques mériteront assurément une longue analyse, mais je tiens tout de même à commenter sur un aspect fondamental, qui sous-tend tout le reste : si on accepte que les adultes, par ailleurs dotés de raison, ne soient que des atomes manipulables et manipulés, ce jugement peut avoir du sens. Mais si on tient pour acquis que ces humains adultes sont, au contraire, des êtres dotés de leur propre capacité de réflexion et d’action, et sont responsables de leurs actes, ce jugement n’a aucun sens. Car personne ne peut sérieusement prétendre qu’il ignorait complètement les dangers que le tabac pose pour la santé.

Avant tous les aspects juridiques et techniques entourant ce dossier, il y a donc cette question philosophique fondamentale. Notre société en général, et pas seulement ce jugement en particulier, penche de plus en plus pour l’option faisant de nous tous de pauvres et innocentes créatures, ballottées au gré de l’influence d’autrui.

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