Pourquoi la croissance est-elle aussi faible ?

france croissance zero rené le honzec

Pourquoi la France est-elle à la traîne en Europe ?

Par Julien Barlan.

france croissance zero rené le honzecIl y a un véritable problème de croissance de l’économie en France. Des taux extrêmement faibles, 0,3% en 2013 et 0,4% en 2014, se sont traduits par une hausse du chômage de près de 28 % toutes catégories confondues depuis mars 2012. En comparaison avec nos principaux partenaires européens, on constate en effet qu’il n’existe que 4 500 Entreprises de Taille Intermédiaires (ETI) en France, soit deux fois moins par exemple qu’en Grande Bretagne ou qu’en Allemagne où le ratio s’élève à 2,5 fois. Ce chiffre illustre bien le retard pris par la France dans ce domaine.

Deux éléments méritent ici d’être soulignés.

Premièrement, c’est un relai de croissance précieux qui échappe à l’économie hexagonale. On sait en effet que la majorité des emplois sont créés par les start-up/TPE, qui grandissent ensuite en PME avant de devenir des ETI. Il est donc fondamental pour inverser durablement la courbe du chômage de créer un climat favorable à leur développement. Car ce ne sont pas le CAC 40 ou les grands groupes qui créent la majorité des emplois. Ce n’est pas une idée reçue mais bel et bien un effet empirique, étudié et mesuré :

  • Comme le souligne en effet une étude du cabinet KPMG, « Les ETI constituent également un soutien important de l’emploi en France : 67 % des chefs d’entreprises interrogés envisagent un maintien de leurs effectifs et 19 % prévoient des embauches. Cela est encore plus marqué dans les ETI de grande taille (de 1 000 à 5 000 salariés), 29 % d’entre elles envisageant d’augmenter leurs effectifs, soit 10 points au-dessus de la moyenne des ETI » (Source).
  • Ce constat est partagé par l’institut Xerfi qui note que « Les 100 premiers du top 500 des créateurs nets d’emplois sont à 63% ces entreprises de taille intermédiaire à capital français et implantées à l’international » (Source).
  • Voir aussi cet article du magazine Challenges

Deuxièmement, ce retard peut s’expliquer par l’organisation actuelle de l’économie française qui est encore trop déconnectée des réalités économiques du XXIème siècle. Depuis une trentaine d’années, et notamment depuis le début des années 2000, le monde est entré dans l’ère du numérique, favorisant, voire encourageant l’entrepreneuriat individuel qui est le cocon des futures ETI. Cette avancée du numérique, devenu aujourd’hui incontournable, ne pouvait que conduire à l’émergence d’une économie centrée sur les petites entreprises grâce à la vulgarisation de l’informatique, de l’importance de l’économie en ligne ou encore des possibilités offertes par les techniques d’analytics et de big data.

Or, l’économie française est encore régie par l’esprit post Seconde Guerre mondiale, lorsqu’elle était pilotée par l’État, ce dernier ayant des participations importantes dans de grandes entreprises industrielles. En l’absence de réformes majeures, on conçoit mieux pourquoi il existe en France de nombreuses lois et régulations qui ne favorisent pas le développement des petites entreprises, voire même qui découragent la création de ces dernières. On peut par exemple citer :

  • Un droit du travail beaucoup trop rigide qui décourage l’emploi
  • Le délit d’entrave, passible de poursuites pénales, qui fait en permanence régner un climat de suspicion sur le chef d’entreprise
  • Un coût du travail exorbitant en France où le total des charges sociales salariales et patronales est égal à 64% du salaire brut, ou 82% du salaire net
  • Des seuils sociaux qui découragent l’emploi du salarié supplémentaire en imposant que toute structure de 11 salariés doit avoir un délégué du personnel élu, et toute entreprise de 50 salariés doit avoir un Comité d’entreprise

Malheureusement et au contraire du bon sens, François Hollande n’a eu de cesse de prendre des décisions rendant le contexte économique encore plus complexe, contraignant et hostile aux PME/ETI :

  • Mesures défavorables à l’investissement avec l’alignement de la taxation du capital sur celle du travail au mépris des mécanismes de fonctionnement de l’économie et de ses entreprises
  • Usine à gaz du compte pénibilité qui va générer des tracas supplémentaires pour les chefs d’entreprises
  • Instauration d’un climat de défiance généralisée avec des annonces aussi intempestives que malvenues. Citons les tristement célèbres : « la finance c’est mon ennemi », « c’est pas cher c’est l’État qui paie », ou encore « je n’aime pas les riche, j’en conviens »
  • Rétropédalages multiples illustrés par l’éphémère taxe à 75% et la promesse jamais exaucée d’une réforme fiscale.

Un climat de défiance s’est donc clairement instauré à cause de François Hollande. Pour la première fois, les chefs d’entreprises, les créateurs « pigeons », sont dans la rue et protestent. Eux qui d’habitude font preuve d’un courage remarquable pour éviter les bâtons que l’État leur met dans les roues. Pour que la confiance revienne dans l’économie, il faudra prendre une série de mesures rapides et claires. On peut par exemple citer :

  • La réécriture complète du code du travail et la fin des 35h qui font que la France produit moins que ses partenaires
  • L’instauration d’une vraie visibilité fiscale en s’engageant à diminuer la fiscalité des entreprises et du coût du travail et les maintenir à ces niveaux
  • Supprimer l’ISF pour décourager l’évasion fiscale et encourager les grandes fortunes, synonymes de réussite, à investir dans l’économie et ainsi profiter à un plus grand nombre. C’est-à-dire une fiscalité positive, incitant à épargner dans du capital productif.
  • Réduire durablement la dépense publique pour alléger durablement les prélèvements obligatoires qui sont en France parmi les plus élevés au monde. Par exemple, l’écart avec l’Allemagne est de 120 milliards d’euros par an.
  • Faire une réforme territoriale ambitieuse, supprimant les échelons administratifs faisant doublons
  • Instaurer les 39 heures dans la fonction publique permettant l’économie de 600 000 postes de fonctionnaires
  • Réformer les retraites, en combattant les régimes spéciaux comme par exemple ceux instaurés par le compte pénibilité, ou celui des intermittents du spectacle dont le régime représente 1/3 du déficit de l’assurance chômage pour seulement 3% de cotisants.

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