L’État aime bien mal l’entreprise !

Les entreprises qui courent après les aides publiques sont des entreprises qui abandonnent une partie de leur liberté.

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Entreprise faillite (Crédits : mamasuco, licence CC-BY-NC-SA 2.0), via Flickr.

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L’État aime bien mal l’entreprise !

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 2 mai 2015
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Par Geneviève Frixon

Entreprise faillite (Crédits : mamasuco, licence Creative Commons)
Entreprise faillite (Crédits : mamasuco, licence CC-BY-NC-SA 2.0), via Flickr.

 

La France consacre chaque année 110 milliards aux entreprises. La fiction de l’État-Providence n’empêche pas les fermetures d’usines et les licenciements. Dans un récent rapport l’ex-ministre socialiste Jean-Jack Queyranne estime que « ces aides représentent un coût exorbitant pour les contribuables ». En effet, qui dit aides dit impôts. Les français ne sont pas dupes et ressentent tous les jours le poids de cette spoliation. « L’État-Providence détruit la société » et nous ne pouvons qu’être d’accord avec M. Queyranne : depuis 2009, 1 576 usines ont fermé leurs portes ; quant aux usines qui se créent, celles-ci sont plus petites et ne comptent plus que 49 emplois contre 84 en 2012. Sans doute à cause du seuil des 50 salariés qui augmente considérablement les charges salariales, obligations syndicales de créer un comité d’entreprise etc.

Mais où va l’argent me direz-vous ? Aux plus gros lobbies industriels. Un exemple, la vente de 24 Rafales à l’Égypte. Le magazine Les enquêtes du contribuable nous apprend que l’État finance largement cette commande d’un total de plus de 5 milliards d’euros en garantissant environ la moitié de l’opération. L’avionneur est l’un des principaux bénéficiaires des largesses de l’État : en 2013, il a reçu 1,47 milliard de commandes publiques, juste derrière Airbus Group. Les buralistes, les fabricants d’éoliennes en passant par les fabricants de biocarburants, tous tendent leur sébile !

Ces aides sont distribuées à travers différentes enveloppes, allègements de charges sur les bas salaires, TVA à taux réduit, aides au logement social etc. Et qu’en est-il des lobbies ? Selon une recension citée par L’Expansion, 2500 représentants d’intérêts privés ont approché des parlementaires entre 2007 et 2010. La tentation est grande !

L’État aime l’entreprise et surtout la paix sociale ! La SNCM a, par exemple, profité de centaines de millions d’argent public pour éviter que la CGT bloque l’économie corse. L’État s’étant comporté comme un investisseur privé alors que ce n’est pas son rôle, la justice européenne a sommé la SNCM de rembourser 200 millions d’euros d’aides accordées lors de sa « privatisation » en 2006.

L’État aime les banques aussi ! En 2008 les contribuables ont payé une facture bien salée avec les 360 milliards d’euros mobilisés pour garantir leur solvabilité. Comment ne pas évoquer Dexia et les emprunts toxiques qui ont mis à genoux des villes imprudentes, des départements et même des hôpitaux. Dexia a été honteusement renflouée à hauteur de 6,6 milliards d’euros à notre charge !

L’État nourricier s’immisce dans les moindres interstices de notre économie, jouant les démiurges. Conclusion, 600 aides directes et indirectes dont la mise en œuvre se fait « sans cohérence suffisante et sans vue d’ensemble de leur efficacité » (rapport de la Cour des comptes 2013).

Couper dans les milliards de subventions aux entreprises, baisser la pression fiscale, recentrer l’État sur ses missions régaliennes et laisser les entreprises s’occuper d’économie n’est pas une hérésie : les entreprises qui acceptent des aides sont des entreprises qui renoncent et abandonnent une partie de leur propriété et de leur liberté !


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  • Ne pas oublier aussi que beaucoup des « aides » sont simplement des réductions d’impôt par rapport à un montant arbitrairement élevé qui tuerait instantanément l’entreprise s’il était appliqué à sa valeur nominale. Il est très facile à l’état d’augmenter ses aides aux entreprises : il suffit de créer un nouvel impôt ou d’augmenter son taux, et de les faire bénéficier d’une exonération équivalente à cette hausse (mais qu’il faut demander avec le Cerfa qui va bien).

    • il s’agit d’un jeu d’ecriture comptable L’auteur s ‘en prend a Dassault Les USA font exactement la meme chose Ils protegent leur savoir faire Le probleme n’est pas nouveau Giscard constatait la faiblesse de nos PME PMI face a l’Allemagne Quoi qu il en soit ce n’est pas la culture d’entreprende qui nous est inculque a l’ecole Cela a commencer par la haine du patron on a l’education nationale que l’on merite il faudrait commencer par le debut Vaste probleme dans un vaste foutoir qu’est devenu cette institution En France il y a toujours quelqu un pout vous apprendre a hair son voisin

  • Les français sont de grands spécialistes en économie, enfin surtout en économie communiste : ils considèrent en effet à 34% que le chômage est causé par le fait que les entreprises n’embauchent pas pour faire plus de bénéfices.

    Yaka tout nationaliser. J’espère pour eux qu’ils aiment aussi les files d’attente devant des magasins vides.

    • 34%, c’est signe que 66% ne retiennent pas ce qu’on leur enseigne à l’école. Si c’était par esprit critique, ce serait presque encourageant.

  • Bien sûr!
    Mais Est-ce trop évident pour cela se mette en pratique? Est-ce trop simple pour que ce soit mis en place par nos gouvernants?
    De quoi rêvent-ils? d’idéal communiste?

  • Une seule solution : partir et monter sa Société ailleurs.

  • Donc il faut renoncer au CICE et payer les cotisations familiales?
    Vous avez une société, Genevieve? histoire de montrer l’exemple, car seul l’exemple peut faire changer les choses. Monter une société et refuser toutes les aides disponibles.

    • Bien entendu qu’il faut supprimer le CICE, et réduire indifféremment les prélèvements du montant correspondant. Idem pour le crédit-impôt recherche. Aujourd’hui, la norme est l’assommoir, et des exceptions sont ménagées pour ceux qui se comportent bien, ou qui font partie de telle ou telle catégorie. Le but est atteint : chacun de ceux qui bénéficient d’une exception devient un soutien de sa niche, et par ricochet de la norme écrasante. Plus personne ne veut quitter le système perverti de peur de ne pas conserver ses avantages.
      Pourtant le terme même de « crédit d’impôt » est explicite, il devrait appeler automatiquement la question : pourquoi ne pas avoir plutôt choisi simplement de réduire l’impôt uniformément du même montant, économisant ainsi toute la gestion de l’usine à gaz ?

  • Ca cache beaucoup de mallettes douteuses ses aides du publique. Alors ce n’est pas prêt de s’arrêter.

  • Du vol en bande organisé, ni plus ni moins…

  • Il serait bon de réviser le droit des aides d’Etat ! Contrairement à ce que tu écris, c’est justement parce que l’Etat ne s’est pas comporté en « investisseur privé rationnel dans une économie de marché » (c’est à dire motivé par une probabilité raisonnable de tirer un profit matériel à long terme) s’agissant de ses opérations relatives à la SNCM que la justice européenne a considéré qu’il s’agissait d’aides d’Etat illégales.

  • ce n’est pas des subventions que l’Etat doit donner mais plus de libertés aux entreprises. Les entreprises doivent faire pression sur lui non pas pour qu’il lui donne quelques miettes mais pour qu’il les libère (normes, charges, droit du travail). Très bon article.

  • Le pire dans l’histoire c’est que Dassault Systems qui n’aurait pas exister sans ces aides ne veut plus payer l’impôt en France. Certains ont la mémoire très courte.

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