Manuel Valls : l’aveu

Manuel Valls (Crédits : Parti Socialiste, licence CC-BY-NC-ND 2.0), via Flickr.

Il a fallu attendre trois ans pour qu’il admette l’erreur du gouvernement socialiste.

Par Serge Federbusch.

Manuel Valls (Crédits Mathieu Delmestre-PS licence Creative Commons)
Manuel Valls (CC BY 2.0)

Avez-vous déjà vu un pédalo avancer sans que son passager ne fasse le moindre effort avec ses petites jambes ? N’ayant plus de majorité parlementaire, confronté à un parti d’élus traumatisés par les saignées électorales passées et à venir, Hollande comptait sur le vent et les courants, en clair la baisse de l’euro et la politique de création monétaire de Draghi, pour pousser son esquif.

Mais ça ne vient pas.

D’abord, il faudrait plus qu’un recul de 25 % de l’euro face au dollar pour doper vigoureusement notre économie. Il ne s’agit encore que de la correction d’une surévaluation nocive qui a duré près de dix ans et fait des dégâts considérables. Les derniers chiffres des échanges commerciaux montrent que, si le déficit se réduit, il reste au niveau élevé de 3,4 milliards d’euros sur le seul mois de février. Les exportations n’ont augmenté que de +1,4% après une baisse de 2,5% en janvier et le déficit cumulé sur les douze derniers mois atteint toujours 50,9 milliards. Cette entropie pèse naturellement sur la croissance.

Mais le pire reste la dilatation du secteur public et son corollaire fiscal qui plombent durablement notre économie. Il a fallu attendre près de trois ans pour qu’enfin, par la voix de Valls, le pouvoir admette que : « la hausse cumulée des impôts depuis des années… a créé un effet de ras-le-bol qui a étouffé l’économie française pour les entreprises et qui a mis très en colère les Français. » Un pareil aveu fait frémir. Oui, vous avez bien lu, le chef du gouvernement explique que la politique qu’il a contribué à mener depuis l’arrivée de son clan au pouvoir est un échec total !

Il faut dire qu’après 21,4 milliards en 2011 d’impôts supplémentaires dus à la « droite » et 22,8 milliards en 2012, les mesures nouvelles en ce domaine ont représenté 29,5 milliards en 2013, soit 70 milliards en trois ans. En 2014, bien que la pause fiscale ait été déjà claironnée, la hausse a continué : 2,8 milliards. Tout cela pèse sur les investissements des entreprises et la consommation des ménages, l’appareil productif français vieillit et le moral des agents économiques est encore très bas. Bref, le ressort est cassé au moment précis où le président décide de ne plus rien faire, si ce n’est adopter quelques mesurettes technocratiques pour distraire les médias.

Ce ne sont pas, en effet, un dispositif de sur-amortissement de 40 % des investissements, l’augmentation de deux milliards d’euros des prêts de développement de la Banque publique d’investissement ou une plus grande déductibilité des travaux d’isolation thermique qui seront à même de relancer une machine ensablée.

Il est pathétique d’observer à quel point le pouvoir socialiste est désarmé. Ne lui reste donc qu’à amuser la galerie sociétale ou se lancer dans des manœuvres intempestives pour interférer dans la vie des entreprises.

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