Syndrome de fatigue chronique : quelle solution ?

Quel remède miracle contre cette maladie encore mal connue ?

Par Philippe P.

Sleepy credits Christophe /saturninolaic (CC BY-NC-ND 2.0)
Sleepy credits Christophe /saturninolaic (CC BY-NC-ND 2.0)

 

L’encéphalopathie myalgique, dit aussi syndrome de fatigue chronique (SFC), c’est comme la fibromyalgie, tout le monde en a entendu parler et tout le monde a son avis sur le sujet. Parce que ces pathologies touchent plus les femmes, certains y voient une manifestation hystérique destinée à être psychiatrisée, tandis que d’autres croient en une explication physiologique.

Moi, je n’en pense rien de particulier si ce n’est qu’il faut entendre les plaintes des patients et les situer à leur juste valeur. Il y a aussi des gens sincères qui souffrent sans en tirer un quelconque bénéfice et il me semble plus qu’abusif, sous le prétexte qu’on ne parvient pas à les traiter, de les adresser aux psys. Bien sur il y a aussi des personnes qui se complaisent dans la plainte et auront tendance à exagérer leurs symptômes. Ce sont ceux-là que l’on pourra éventuellement affubler de la qualification d’hystériques. Il ne me semble pas compliqué de faire la part des choses et de les distinguer.

Ce matin, une patiente me consultait justement pour un SFC. Durant tout l’entretien elle m’a semblé parfaitement sincère. Son parcours est celui du combattant, chaque spécialiste rejetant son cas à un confrère, le dernier plutôt que de s’avouer vaincu face à une pathologie dont on connait mal les origines lui recommandant d’aller voir un psychiatre. Ce dernier, tout comme moi, ne trouvant rien de pathologique chez ma patiente, la déclarant saine d’esprit, lui recommandant d’aller consulter je ne sais qui. Et voici plusieurs années que cela dure.

Je n’ai pas pu faire mieux. Je n’ai distingué chez elle aucune trace d’aucune pathologie quelconque. Elle m’a semblé totalement saine d’esprit ! Sa seule souffrance venait en fait de la manière dont elle était traitée. Et elle et moi avions des avis communs sur ce fameux SFC. Il s’agirait sans doute d’une maladie auto-immune qui nécessite de vraies recherches, lesquelles sont faites aux États-Unis. Dans l’attente d’un traitement, il n’y a rien à faire. Ceux qui souffrent d’un syndrome d’Elhers-Danlos ont connu pareille atteinte, eux que l’on taxait de mensonge avant que la recherche ne trouve qu’ils étaient atteints d’une anomalie des tissus conjonctifs.

Bon nombre de pathologies aujourd’hui parfaitement reconnues ont connu pareil parcours, ceux en étant atteint avant que l’on n’établisse un vrai diagnostic se voyant soit accusé de feindre la maladie ou se voyant astreint à un traitement inadapté.

Aujourd’hui en l’absence de traitement, on recommande à ma patiente une TCC basée sur l’apprentissage de l’effort comme si celui-ci était une phobie. Comme si sa fatigue n’était pas due à une quelconque pathologie bien réelle mais juste à une « peur de faire des efforts ».

Elle s’en est remise à moi. Non qu’elle pense que j’aurais une solution mais sans doute pour que je lui dise que je la trouvais parfaitement normale. Sans doute, lisant mes textes, a-t-elle imaginé que j’aurais une solution, un recours quelconque, une idée baroque à lui proposer.

Des idées baroques, j’en ai ! Ce sont les suivantes :

  • D’abord tenir bon et garder son humour et envoyer se faire foutre tout Diafoirus lui parlant de la psychiatriser ;
  • Continuer à se battre pour lire et collecter des documents allant dans le sens d’une reconnaissance scientifique de sa pathologie ;
  • De mon côté, je vais en parler aux médecins un peu « allumés » que je connais, ceux qui savent parfois sortir des sentiers battus et bricoler dans leurs coins sans pour autant avertir leur collègues de peur de passer pour des dingues ;
  • Rédiger cet article car qui sait, peut-être par le plus grand des hasards, un(e) lecteur(rice) aura-t-elle une adresse ou un remède miracle à proposer ;
  • Voir ce que les médecines alternatives proposent sans sombrer dans la superstition et la supercherie ;
  • Brûler un cierge à Sainte Rita et à Saint Jude les patrons des causes désespérées ;
  • Positiver en se disant que finalement c’est un bon moyen de devenir stoïque et aussi balaise qu’Épictète !

Alors chères lectrices, chers lecteurs, si l’un(e) d’entre vous a des idées au sujet du SFC, et connait un truc qui a marché, écrivez-moi par mail et je transmettrai à ma patiente !


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