OGM en Inde : vers la fin de la famine ?

Le Premier ministre Indien a décidé de lever l’interdiction concernant la culture des plantes transgéniques destinées à l’alimentation. Qu’attend-il de la légalisation des OGM ?

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OGM en Inde : vers la fin de la famine ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 3 mars 2015
- A +

Par Jacques Henry.

Narendra Modi credits global panorama (CC BY-SA 2.0)
Narendra Modi credits global panorama (CC BY-SA 2.0)

 

Autorisé en 2002 en Inde, le coton Bt qui produit son propre insecticide a connu un immense succès. À cette époque l’Inde importait du coton, aujourd’hui 95 % des 116 millions d’hectares de coton sont du coton Bt et font que l’Inde est devenu le deuxième producteur de coton et deuxième exportateur de ce même coton au monde. Même pas besoin d’épiloguer d’autant plus que quand on va s’acheter un jean ou un chemisier on ne se pose pas la question de savoir si le coton avec lequel sont fabriqués ces vêtements est génétiquement modifié ou non. Certes le coton ne se mange pas mais les graines de coton servent à produire de l’huile dite « végétale » parfois à hauteur de 30 % de cette huile et personne non plus ne s’en soucie, même pas les écolos !

Devant ce succès incontestable pour les petits agriculteurs, le Premier ministre Indien Narendra Modi a décidé de lever l’interdiction concernant la culture des plantes transgéniques destinées à l’alimentation. Son raisonnement est le suivant : dans 30 ans il y aura 1,5 milliard d’Indiens et il faudra bien que tout ce petit monde mange à sa faim. Mais il faudra également préserver l’environnement et les plantes « Bt » sont de bons candidats pour satisfaire les besoins en nourriture des populations dans la mesure où elles requièrent beaucoup moins de traitements aux insecticides. En conséquence, les petits paysans se frottent les mains car ils ne doivent plus emprunter d’argent pour acheter des insecticides coûteux. En effet, la productivité de l’agriculture indienne est catastrophique et l’autorisation de plantes transgéniques destinées à l’alimentation pourrait selon le Premier ministre améliorer la situation.

ogm inde rené le honzecCependant le marché des semences de plantes vivrières transgéniques est contrôlé par 4 compagnies : Monsanto, DuPont Pioneer, Dow AgroSciences et Syngenta. Tous les autres acteurs de la transgénèse végétale ont virtuellement disparu sous la pression des mouvements écologistes sans que jamais aucun argument valable n’ai été apporté clairement par ces derniers pour justifier l’interdiction des plantes transgéniques. Modi exerce donc une pression constante sur les réfractaires du BJP (Bharatiya Janata Party) de tendance nationaliste et dont il fait partie pour autoriser la culture des oléagineux transgéniques sur le sol indien en particulier la moutarde.

La moutarde (Brassica juncea), de la famille du colza (Brassica napus), est une plante oléagineuse originaire du Népal à haut rendement en huile et une variété transgénique « made in India » à très haut rendement est en cours d’essai tout près de la résidence du Premier ministre qui s’intéresse au plus haut point à ce premier essai en plein champ depuis le moratoire de 2010 interdisant la poursuite d’essais en plein champ de riz, de pois chiche, de maïs ou d’aubergine transgéniques. Il est important de noter au sujet de la moutarde que l’Inde importe 60 % de l’huile à usage alimentaire consommée pour un montant de 10 milliards de dollars, le troisième poste d’importation après le pétrole et l’or destiné à la bijouterie !

Le gouvernement central a autorisé sans restriction les essais plein champ et par voie de conséquence la culture de plantes transgéniques au grand dam des organisations écologistes dont Greenpeace, qui se trouve être dans le collimateur du Ministère des Finances Indien. Les agriculteurs désireux de cultiver des plantes génétiquement modifiées doivent néanmoins obtenir une autorisation locale. Ce « détail » offusque naturellement Greenpeace, organisation de plus en plus démunie d’arguments surtout en Inde puisque le coton transgénique Bt a fait l’objet d’accords de licence avec plusieurs compagnies indiennes. Il en résulte que Monsanto n’est plus la bête noire à combattre dans ce pays pour cette organisation…

Sous l’impulsion du Premier ministre, une multitude d’universitaires indiens a tenté, en vain, de montrer que les plantes transgéniques vivrières étaient dangereuses pour l’environnement ou la santé animale et humaine. Il faut donc admirer le pragmatisme des dirigeants indiens qui permettra à terme d’améliorer les conditions de travail et de vie, tout simplement, de dizaines de millions de petits agriculteurs indiens et contribuer au bien-être de l’ensemble de la population du pays quoique puissent en penser Greenpeace ou WWF…

  • Source : Reuters

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  • autour de moi, en 2014, les nombreux agriculteurs qui produisent du maïs, culture trés populaire dans une région ou les sols souvent hydromorphe limitent les rendements en blé ou en colza ( sans parler des protéagineux qui ne sont pas du tout pouplaire pour des raisons qu’il seraient trop long d’expliquer ici … ) ont tous fait 130qx à l’hectare, sans OGM et sans irrigation… c’est vrai que l’année a été parfaite climatiquement parlant : printemps précoce et relativement sec, qui permit des semis tôt et superbe, forte somme de température du semis à la récolte ( le réchauffement climatique ? les écologistes, c’est des cons … claude allègre ! ) avec des pluies de mousson au mois de juillet, période ou le déficit hydrique est le plus préjudiciable à l’élaboration de fort rendement …

    ont voit bien que la culture est maîtrisée, et cela sans OGM , mais les agriculteurs indiens sont surement tellement bêtes, eux ? que sans OGM américains, ils font des rendements de misères … propagande, quand tu nous tient !!!

    en chine, depuis les années 70, la recherche a mis au point des riz hybrides ( non OGM … ) qui ont également le potentielle de rendement de 130qx hectares, soit plus de 800 kg par mu … rappelons que les chinois, qui maîtrisent parfaitement la science des rotations, font pratiquement tout le temps deux récoltes par ans.
    plus récemment , ont été mis aux point dans ce grand pays agricole, des millets hybrides ( sétaria italica ), non OGM … qui peuvent également avoisiner les 120qx hectares, ce qui est remarquable pour une culture qui contrairement au riz et au maÏs, est extrémement sobre en eau …

    c’est sur, si les indiens n’adoptent pas immédiatement les OGM, ils vont tous mourir de faim !

    • Vous ne pouvez pas comparer les conditions de culture en France et en Inde! Compte tenu du climat les problèmes d’insectes en France sont mineurs comparés à des pays comme l’Inde ou le Brésil.Il est donc facile pour un maïsiculteur francais de se priver d’une variété OGM BT.Lorsqu’il faut traiter toutes les semaines ou presque avec un insecticide classique on peut comprendre la supériorité des variétés OGM. Cela dit, il est vrai que l’on peut aussi obtenir des variétés résistantes par d’autres techniques ( mutations,etc…). La France fait un blocage idéologique sur le principe de la transgenèse …. pour l’agriculture ( mais elle admet que l’insuline données aux diabétiques est 100% OGM) mais accepte d’importer massivement du soja OGM pour nourrir nos animaux.Même si les OGM ne sont pas la réponse à tout il est absurde de s’opposer à cette technique par principe.

    • Et si les indiens étaient assez grands pour décider seuls de ce qu’ils font chez eux sans se préoccuper des peurs des riches oisifs occidentaux et leurs leçons de morale ?

  • Les mouvements écologistes sont portés par des idéologies néo-malthusiennes. C’est à cette aune qu’il faut considérer les combats de Greenpeace et du WWF.

  • bonne nouvelle, l’inde commence a se détacher de l’emprise des anglo-saxon pour décider de son avenir , nous aussi on en rêve mais c’est mal barré !

  • Excellente nouvelle: l’inde s’affranchit du colonialisme de Greenpeace qui veut imposer dans le monde sa vision d’une agriculture en décroissance.

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