Retraites complémentaires alignées sur les profits ?

Publié Par Jacques Garello, le dans Retraites

Par Jacques Garello.

Seniors Retraités (Crédits Patrick, licence CC-BY-NC-ND 2.0)

Seniors Retraités (Crédits Patrick, licence CC-BY-NC-ND 2.0)

 

Depuis la semaine passée a débuté un nouveau round de négociations sociales sur les retraites complémentaires. Elles portent sur une question inquiétante : va-t-on diminuer les pensions, en particulier celles des cadres ?

Les réserves de l’ARRCO et de l’AGIRC ont fondu comme neige au soleil, le déficit a été en 2014 de 1,4 milliard d’euros pour l’AGIRC (cadres) et de 400 millions pour l’ARRCO (autres salariés) et ces organismes ne pourront pas assurer l’équilibre de leurs caisses sur les bases actuelles et des cotisations, et des pensions. Une fois de plus, c’est le système par répartition qui est en cause, même si une capitalisation de points existe pour les complémentaires – sans que l’on sache évidemment la valeur du point, qui dépend… de l’argent dans les caisses.

Le patronat est désespérément classique : repousser l’âge de la retraite, ou allonger la durée et le montant de cotisations. Les syndicats sont plus créatifs. Chez FO, on soutient que les retraites ne sont pas l’objet d’une négociation sociale, mais relèvent du législateur : donc tout sera a priori refusé. À la CGT, la solution la plus évidente est le relèvement des cotisations patronales et tant pis si les profits des entreprises sont diminués. Les communistes ont oublié les déclarations d’Ambroise Croizat en 1946 : les cotisations sont prises sur la rémunération du travailleur, et il n’y a pas à distinguer parts patronale et salariale. Déclaration qui a l’accord des libéraux, puisque nous soutenons l’idée du salaire complet.

Mais, au passage, l’idée (rapportée sur France 2 il y a quelques jours) de lier le montant des retraites complémentaires au profit des entreprises est intéressante : pourquoi ne pas l’appliquer à toutes les retraites, pourquoi ne pas indexer les cotisations elles-mêmes sur les profits ? Pourrait-on appliquer le principe à la retraite des fonctionnaires, puisque les services publics ne font pas de profits ? Et finalement les entreprises déficitaires seraient-elles exemptées de cotisations ? Solution innovante que celle qui mêle une logique d’assurance à une logique de redistribution.


Sur le web

  1. Mr garello j’ai le plus grand respect et intérêt pour vos articles mais là vous vous égarez
    Pourquoi ne pas lier l’assurance auto au profit aussi?
    Soit dit en passant tant que les assurances santé pourront être payées par les entreprises et pas uniquement a titre prive comme l’assurance auto, on ne mettra pas de pression concurrentielle sur ce secteur, imaginez que votre société paie votre assurance auto ? Vous vous intéresseriez a son coût? Au rapport qualité prix de ses prestations ? Vous iriez passer une heure sur des comparateurs sur internet pour la renouveler? Vous feriez jouer la concurrence ? Vous seriez responsabilisé dans votre comportement ?
    Vous êtes un libéral monsieur garello non? Alors back to the basics!!!

  2. Pourquoi vous vous épuisez à trouver des « solutions innovantes », alors qu’il n’Y A PAS DE SOLUTION ?

    Cela dépasse l’entendement. Le problème n’est pas de savoir ce qu’on va prendre à Pierre, ou la manière de lui prendre, pour donner à Jacques.

    Il y a trop de Jacques, et qui nécessiteront de plus en plus de soins médicaux.

    Même avec une « croissance » de X % par an, il sera impossible de payer les promesses qui ont été faites.

    Le mot-clé ici est « promesses ».

    Et comme il est impossible de réduire d’autorité le nombre de Jacques, et qu’il est peu probable qu’une super grippe fasse le sale boulot… alors même un enfant peut résoudre l’équation : il y aura moins pour tous.

    Les retraités seront au minimum retraite, mais pourront survivre. Et les actifs subiront encore quelques hausses de la ponction totale.

    Tout le monde aura moins.

    CQFD.

    Bien entendu, certains seront plus égaux que d’autres, et certains privilèges seront maintenus… Mais ce qui compte c’est la big picture.

    Moins pour tous.

    1. Bravo Jean ! Il y aura bien un zozo du 3ème type pour polémiquer !

  3. Ce qu’il faut avant tout, c’est diminuer les salaire et indemnités des députés et sénateurs du pourcentage du déficit des comptes de l’état. Avec 4 % en moins chaque année, ils vont se réveiller et arrêter de rêver.

    1. La retraite complémentaire….
      C’est pourtant clair, chacun met une portion de son revenu chaque année, et il choisit combien. Ensuite, il reçoit en fonction de ce qu’il a mis. A quel âge? C’est à lui de choisir, en fonction de ce qu’il peut toucher.
      L’Etat n’a rien à voir avec cela, sauf à installer une justice rapide et efficace qui règle les litiges avec les assureurs.
      Je veux bien que l’Etat s’occupe d’un « minimum vieillesse » par cotisations obligatoires et prestations, au nom de la « solidarité ».
      Mais cela n’a rien à voir avec la retraire complémentaire.

      1. Mais si… Dans le système soviétique français… le « complémentaire »… est devenu « obligatoire »… et sert peu à peu à compenser le régime général.

        Phénomène rigoureusement identique pour la Sécu !

        Ergo : la retraite « complémentaire » est bel et bien liée à la retraite, régime général.

        Là encore, multiplier virtuellement les appellations, les « régimes », les acronymes, les modes de fonctionnement, ne change absolument rien aux données démographiques, économiques (et politiques, mais c’est hors sujet) : moins pour tous.

  4. Comment nos politiques osent parler d’égalité et des droits de l’homme dans le pays où sévicent statut public et régimes spéciaux. La réforme structurelle qui s’impose est un régime de retraite universel et la suppression du statut public pour tout ce qui n’est pas régalien. Votre site n’a t’il pas signalé le don de la CNAV pour le régime spécial EDF/GDF bien supérieur au trou prévisible de l’AGIRC/ARRCO. Qui a conscience que les rentes des statuts publics représentent en 30 ans plus de la moitié de notre dette abyssale !!

  5. « pourquoi ne pas indexer les cotisations elles-mêmes sur les profits »
    Déja on entends quoi par profit? Le bénéfice de l’exercice ?

    Et on fait comment pour toutes ces sociétés qui « montages fiscaux aidant » ne déclare aucun bénéfice?

    On déduit les réinvestissements et les réintégrations fiscales ? Va pas y avoir grand monde pour entretenir le régime. (en même temps ça serait peut être pas un mal)

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