Le parti socialiste est-il encore républicain ?

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Le parti socialiste est-il encore républicain ?

Publié le 17 février 2015
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Par Serge Federbusch.

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Cambadélis credits Parti socialiste (licence creative commons)

 

Il n’est pas de question taboue. Puisque l’étendard républicain a été brandi hautement et visiblement dans l’élection partielle du Doubs par le candidat du parti socialiste pour gommer son affiliation politique et appeler au sursaut de tous les électeurs, il est naturel de s’interroger sur la légitimité d’une telle revendication.

Ni plus ni moins que le FN, le PS ne viole le socle de la légalité républicaine, n’entraîne de corps francs ou de mouvements séditieux, ne prépare ou n’a préparé de putsch pour mettre fin aux institutions et leur substituer un régime autoritaire.

De la même manière que le FN en revanche, il stigmatise l’autre, lui reprochant de se placer en dehors du fonctionnement normal desdites institutions par un discours ségrégationniste. Jean-Christophe Cambadélis, le donneur de leçons de morale formé à la MNEF autant qu’à l’Université, si l’on en croit son parcours judiciaire et académique douteux, accuse le FN : « Revendiquer la préférence nationale, demander la purification culturelle, exiger que les Français de souche soient supérieurs aux « Français de papier », c’est créer les conditions d’une guerre civile entre les communautés. » Comme le FN laisse entendre que l’islamisation de la France pourrait conduire à cette guerre civile, le PS en fait de même en évoquant sa lepénisation. Bref, c’est bonnet sombre et sombre bonnet qu’on nous décrit là dans une redite lugubre de la formule historique de feu Jacques Duclos.

À y regarder de près, on peut se demander si, comme souvent, ces deux-là n’ont pas raison lorsqu’ils se critiquent l’un l’autre. On peut voir comme une similitude en effet entre le fantasme de grande substitution qui teinte le discours de la fondation « progressiste » autoproclamée Terra Nova, à la recherche d’un nouvel électorat durable pour les socialistes désertés par les classes populaires et celui de grand remplacement, imaginé par Renaud Camus. Certes, Marine Le Pen a estimé que cette dernière théorie relevait du complotisme mais Jean-Marie du même nom s’est rallié à cette ligne en mai 2014 lors d’un discours à Marseille : « Cette immigration massive risque de produire un véritable remplacement des populations ». Quant à Julien Rochedy, ancien président du FNJ, il l’utilise dans les communiqués officiels du Front.

Dans un cas comme dans l’autre, on lit la dénonciation d’une cinquième colonne et, implicitement mais nécessairement comme disent les juristes, l’idée que l’adversaire fait sécession de la communauté nationale ou de la communauté républicaine, respectivement.

En réalité, la pratique hautement clientéliste du parti socialiste vis-à-vis des populations immigrées ou issues de l’immigration depuis des décennies via ses élus locaux, sa réticence manifeste à appliquer strictement les principes laïques qu’un député courageux comme Malek Boutih a vertement dénoncé : tout cela témoigne d’une conception qui tend à la fragmentation du corps politique et social. Ces divisions sont précisément aux antipodes de la vision républicaine qui vise à diluer les corps intermédiaires et tend au rapport direct entre la communauté globale et l’individu par la voie du suffrage universel.

On peut donc juger plaisants ou obscènes, selon son humeur du moment, les trémolos républicanistes dans le Doubs. Et lancer, paraphrasant le Divin Marquis dont on célèbre actuellement le legs artistique et littéraire au musée d’Orsay : « Socialistes, encore beaucoup d’efforts pour redevenir vraiment républicains ! »

Dans un futur plus ou moins proche, il faudra en tout cas qu’ils ne se contentent plus de formules incantatoires de ce type pour faire barrage au FN. Un éditorial de Laurent Joffrin dans Libération, où il réduit désormais l’affrontement droite-gauche (dans ses rêves un affrontement PS/FN ?) à un débat sur la question de l’islam, témoigne du poison distillé par la gauche dans les veines de la République. Tournant le dos à sa tradition, elle réduit le combat politique à sa dimension communautaire et escamote ainsi la remise en cause de la politique économique du gouvernement.

Sans sombrer dans le marxisme ringard, on peut toutefois estimer que la montée du FN est au moins autant corrélée à celle du chômage et à l’incapacité de l’UMP et du PS de l’enrayer depuis des décennies qu’à la seule question musulmane, fût-elle de plus en plus épineuse en France. Il est vrai que parler de sous-emploi ou de dérive continue des comptes publics, cela ne laisse aucune possibilité au gouvernement de plaider sa cause. De cela, les médias « socialotropiques » ne veulent pas trop discuter.


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  • Bonnets sombres et sombres benêts!

  • Comme du temps de l’URSS, c’est juste que nos politiciens sont tellement mauvais qu’il n’y a que dans leur pays qu’on les achète !

  • Merci. Ce discours haineux des medias, fes politiques du monde du spectacle, a l’encontre des francais dit de souche commence a agacer. Surtout que le français commencent a regarder les noms des personnes qui énoncent ces diatribes anti « beaufs »..
    Et oui un Plutonien, vert a pois roses, qui débarque sur Jupiter ne pourra traiter les Jupiteriens, jaune à octogone mauve, de gros beaufs fermés sur eux meme uniquement s’il se repeint en jaune à octogone mauve. Par contre le Plutonien a plus de mal à influencer les Venusiens car ils ont 4 bras, alors qu eux memes en ont que deux. La Chine, le japon restent ainsi pour l instant impermeable. Je dis la chine et le japon car ils sont développés. Bien entendu l ensemble des pays a la durface de la terre refuse que l on vienne traiter ses autochtones de beaufs. Seul l’occident est fier de se chier dessus et de se faire chier dessus. Mais bon c est pour la bonne cause, le progressisme.

    • Orthographe en déroute et tout aussi confuse que la pensée exprimée: voici un pur produit de la débâcle scolaire

      • Entre deux metros c’est certain; seul moment de libre dans la journée. Vos n’avez pas compris? Je pense que bous avez parfaitement compris c’est la raison pour lasuelle vous attaquez sous l’angle de l’orthographe.

        • J’ai écris vos à la place de vous cela compte comme faute d’orthographe ou piyain de clavier samsung? A votre avis?

      • Obligé de prendre l exemple des plutoniens et des jupiteriens sinon cela tombe sous le coup de la loi. Dois je tout expliquer car la personne est reellement mal comprenante ou elle en fait exprès?

      • Les fautes d’orthographes m’énervent aussi. Mais il me semblent que nos gouvernants sont des pros de l orthographe cela en fait des génies? De plus je suis daccord avec vous, cela pourrait être plus expliqué mieux en meilleur bien. Mais clavier samsung qui auto corrige et que l on doit corriger plus transport inconfortable; on fait cquonpeut onestpasdesboeufs

        • non nos élus sont tout aussi nuls et ne parlent même pas correctement français. Les discours de Hollande sont un florilège de cuirs et de barbarismes

          • Sarko était à peine mieux mais il avait un ton moins hésitant et lénifiant. Les discours de Hollande sont des oraisons funèbres en français de potache entre-coupées de heu…heu…heu…

          • Contrairement à vous je n’ai pas le temps de les écouter.

  • La rrrrrrrépublique, le citoyen, les valeurs rrrrrrrépublicaines, acte citoyen, impôt citoyen……….Je n’ en peux plus d’ entendre ces même mots!!!!!VOUS ME SAOULEZ!!!!!!! On se croirait dans une rrrrépublique soviétique.

    • Même ras-le-bol !
      L’adjectif « citoyen » mis à toutes les sauces me fatigue au plus haut point, et son aspect péremptoire et obligatoire me fait peur.
      On se croirait revenu en 1792 … Bientôt 1793 ?

    • Et « citoyen » n’était pas un adjectif, sauf dans l’expression « roi citoyen » appliquée, sauf erreur de ma part, à Louis XVI. Mais pendant longtemps, les soixante-huitards n’ont pas voulu pas utiliser les mots « civique » et « civisme » qu’ils associaient aux « vieux réacs », par peur de leur donner raison.

    • Vous avez oublié « bananière »!

    • Absolument d’accord. Et on pourrait en dire de même sur le mot solidaire. L’État, à cause de son incompétence, veut vous voler mais si vous ne vous voulez pas vous laisser voler et que vous le faites par des moyens légaux, on vous accuse alors de ne pas être solidaire avec vos concitoyens. Quel culot.

  • Mais à la fin ça veut dire quoi « républicain », « valeurs républicaines » et autres machins ???
    La RDA était une république si je ne m’abuse, démocratique et populaire de surcroît. Avons-nous les mêmes valeurs « républicaines » que la RDA, si non pourquoi ? Qu’est-ce qui fait qu’on n’est pas « républicain » de la même façon d’une république à l’autre ?
    Les Anglais ou les Belges se demandent-ils si leurs partis politiques sont « monarchistes », s’ils respectent les « valeurs monarchiques » ? Quelqu’un peut-il m’éclairer ? Merci par avance.

    • Je me suis toujours posé ces questions aussi. On partage alors sûrement les mêmes valeurs que la République Populaire Démocratique de Corée, j’imagine !

    • On appelle république un régime politique dans lequel les détenteurs du pouvoir l’exercent en vertu d’un mandat donné par le corps social. En ce sens, et sans se confondre avec la démocratie, il s’oppose à la monarchie ou à l’empire.
      Par conséquent, je suis curieux de savoir comment aurait été appelée la marche du 11 janvier si nous avions vécu en Grande Bretagne, par exemple : la marche monarchique ?
      Silly, isn’t it ?

    • Républicain signifie socialiste.

  • « Républicain » ! En voilà un adjectif qui ne veut strictement rien dire.

    La République rends compte, au fil des temps et des lieux, de réalité parfaitement divergente.
    Quel rapport entre la République Romaine du Ier siècle avant JC et la République Populaire Démocratique de Corée ? Aucun, tant elles sont éloignés physiquement, temporellement et culturellement.
    Quel rapport entre la République Démocratique Allemande et la République Fédéral Allemande ?Aucun, et pourtant elles furent voisines, contemporaines et ethniquement semblables.

    La « République » est devenu une religion. La laïcité, une liturgie. La classe politique, un clergé. Et le collectivisme, un sacrement.

  • Avant de dire qui est républicain ? Demandons les critères.

    http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/institutions/veme-republique/heritages/quels-sont-principes-fondamentaux-republique-francaise.html

    Limiter les élections aux partis républicains serait une entrave à la liberté du suffrage ! Donc pas républicain. Bien des partis ne sont pas « républicain :
    – les royalistes
    – les partisans du Concordat, et ceux du Califat (laïcité)
    – les libéraux (république « sociale »)
    – les écolos-sceptiques (principe de précaution)
    – les autonomistes et les communautaristes (égalité dans la république « sociale »)
    – les indépendantistes (république une et indivisible)

    Ceux qui sauront fédérer peuvent devenir majoritaire !

    Par contre les partis « républicains » peuvent fort bien :
    aliéner les budgets de l’Etat au delà de leur mandat
    répandre le chômage de masse
    préparer la défaite militaire (1919-1940)
    acheter des voix avec des faveurs de l’administration (poste, logement social)
    censurer la contestation politique (XVIIe chambre du TGI de Paris)

    Vive le Roi !

  • « Il suffirait de faire la liste des ministres, sénateurs, députés, hauts fonctionnaires, politiques, parfois bi ou tri nationaux, détenant les postes clés qui ne sont pas nés en France, ne sont arrivés qu’adolescents, quand ce n’est pas à l’âge adulte, mais imposent au pays leur vision du « bon Français », ce qu’il a le droit de faire et même de penser »

    Eh bien faites là la liste. Je peux vous assurer qu’elle n’est pas si longue que ca. On rappelle que les Élus des DOM-TOM ne sont pas des bi-nationaux, que Sarkozy n’était pas hongrois et que quelqu’un comme Razzy Hamadi ou Samia Ghali sont nés et élevés en France.

    Au niveau des personnalités politiques naturalisées et élues en France, on trouve Manuel Valls, Sergio Coronado, Anne Hidalgo, Esther Benbassa, Eva Joly, Jean-Vincent Placé (adopté quel vilain!), Najat Vallaud-Belkacem, Pouria Amirshahi ou Eduardo Rihan Cypel. Mis à part Valls et NVB, les autres n’ont quasiment aucune influence. Tous sont des apparatchiks et n’ont quasiment aucune légitimité démocratique en dehors de leur parti.

    Certains emplois (Défense, Quai d’Orsay) sont interdits aux détentaires d’une double nationalité.

    Bref continuez à faire des étrangers la source des problèmes de la France, quand la vérité est que les étrangers n’existent quasiment pas au sein des cercles élitistes de la politique française.

    • La diversité d’origine du personnel politique peut être un plus, si elle venait de la société civile et notamment du monde de l’entreprise. Malheureusement en France cette diversité vient de l’ENA ou du collectivisme.
      Rama Yade, et Esther Benbassa en sont les archétypes.

  • Si les socialistes sont contre la préférence nationale, qu’ils demandent sa suppression dans la fonction publique !

    Ils ne le feront jamais pour la même raison qu’ils mettent leur progéniture dans des école privées : éviter de trop fréquenter les populations d’origine africaine. Le faire pour gagner les élections, c’est déjà trop leur demander.

  • Ben non, puisqu’il ne représente plus qu’un français sur dix et encore!

  • Les commentaires sont fermés.

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