Banques centrales : la fin de l’argent facile ?

argent credits tax credit (licence creative commons)

L’économie retrouve-t-elle la santé en revenant à des principes de rigueur ou en stimulant les crédits ?

Un article de l’ALEPS

 

argent credits tax credit (licence creative commons)

Le débat est toujours resté très ouvert entre les « orthodoxes » monétaristes, qui refusent de financer le déficit budgétaire par des emprunts à la banque centrale, et les keynésiens estimant qu’un abaissement des taux encourage les banques à faire davantage de crédit, donc à relancer l’économie et résorber le chômage.

Aux États-Unis, la Fed de Ben Bernanke avait tranché en faveur des keynésiens : ainsi s’est ouverte l’ère du « quantitative easing », de l’aisance monétaire. Au même moment, Jean Claude Trichet avait refusé que la BCE prenne le moindre risque dans la gestion de l’euro.

Il est vrai que l’économie américaine s’est assez bien tirée de la crise et que le chômage est aujourd’hui à peine supérieur à 5 % de la population active, proche du plein emploi. Est-ce une victoire des keynésiens ? En fait, la politique monétaire n’y a pas été pour grand-chose. Les États-Unis ont profité de la nouvelle autonomie énergétique acquise avec les gaz de schiste et de la grande flexibilité du marché du travail et des entreprises américaines.

Toujours est-il que Janet Yellen, qui a succédé à Ben Bernanke à la tête de la FED, a décidé de mettre fin progressivement à sa générosité envers le Trésor américain (4.000 milliards de bons rachetés à ce jour). Au lieu de 55 milliards par mois de rachat de la dette fédérale, c’est maintenant 15 milliards « seulement ». Les keynésiens (notamment ceux du FMI) ne désarment pas : maintenons les taux d’intérêt au plus bas. C’est la position de Mario Draghi pour la BCE ; de son côté, la Banque de Suède vient de décréter un taux zéro.

La question de fond est celle-ci : l’économie retrouve-t-elle la santé en revenant à des principes de rigueur, dans les choix des entreprises et des ménages, ou en stimulant les crédits jusqu’au point d’encourager l’irresponsabilité, la spéculation et l’endettement permanent ?

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