Cancer du sein, vers une amélioration de la qualité de vie

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Deux études permettent d’espérer des avancées dans la qualité de vie des patientes atteintes d’un cancer du sein.

Par Bénédict Cart

Cancer du sein CC coolcool61Depuis quelques semaines fleurissent des articles préconisant aux femmes ayant un cancer du sein de dormir dans le noir. Les recherches sur ce sujet sont nombreuses, et les associations de malades, ayant compris qu’elles pouvaient orienter les sujets de recherche, se mobilisent en vue d’une amélioration des traitements et de la qualité de vie des patientes.

Cette recommandation, devenant traitement pour certains auteurs, nous interpelle. Mais quel lien pouvons-nous faire entre la guérison d’un cancer du sein et le fait de dormir dans le noir ? Il s’agit des conclusions d’une étude réalisée aux États-Unis en 2013, parue il y a quelques mois dans la revue Cancer Research.

Un des traitements du cancer du sein – en plus de la chirurgie, de la radiothérapie ou de la chimiothérapie – est l’hormonothérapie. Cette dernière ralentit la croissance et la propagation des cellules cancéreuses du sein en modifiant les taux d’hormones dans le corps ou en empêchant l’œstrogène de se fixer sur les récepteurs des cellules cancéreuses.

Dans cette étude, est utilisé plus particulièrement le Tamoxifène. Il s’agit d’un traitement anti-œstrogénique, le plus couramment utilisé : il ne modifie pas le taux d’œstrogène dans le sang mais vient se fixer sur les récepteurs spécifiques aux œstrogènes des cellules cancéreuses du sein, les empêchant de se développer.

Maintenant, pourquoi le noir complet ? Au cours de la nuit, nous sécrétons une hormone : la mélatonine. Lorsque notre cerveau ne reçoit aucune information de la rétine (il fait donc noir), il sécrète alors cette neuro-hormone (qui est un dérivé de la sérotonine). Celle-ci va réguler de nombreuses sécrétions hormonales, des rythmes chronobiologiques et aurait un rôle dans le système immunitaire.

L’expérience consistait à comparer la progression de cellules cancéreuses avec le traitement par tamoxifène selon des concentrations variables de lumière : un groupe de souris dans le noir complet pendant 12h (1), un autre dans la pénombre (2) et un troisième dans la semi-obscurité mais recevant des injections de mélatonine (3). Les résultats observés ont montré que les groupes 1 et 3 avaient une croissance fortement ralentie des cellules cancéreuses par rapport au groupe 2, démontrant que l’efficacité du traitement pouvait être meilleure dans le noir complet. Les conclusions de cette étude pourront avoir des implications en matière de préconisations ou concernant les causes à interroger quand l’efficacité du traitement n’est pas celui attendu.

Une deuxième avancée nous vient d’une autre étude, moins diffusée dans la presse, mais peut-être plus intéressante : une radiothérapie de 30 minutes pendant la chirurgie. Même si elle n’est encore qu’au stade expérimental, les résultats sont bons et équivalents à une radiothérapie « classique ».

Rappelons que la radiothérapie consiste en l’exposition aux rayonnements ionisants, détruisant les liaisons au sein des cellules (au niveau chromosomique), et  entrainant ainsi une altération des chromosomes et la mort de la cellule. Ce traitement est adapté aux tumeurs bien localisées. Le temps d’exposition et le nombre de séances dépendent du type de tumeur. Actuellement, on utilise des rayons à haute énergie et des accélérateurs de particules pour obtenir de meilleurs résultats.

Il s’agirait ici d’une seule dose délivrée, permettant d’éviter les nombreux allers et retours à l’hôpital une fois la chirurgie effectuée. En effet, les protocoles actuels s’établissent sur plusieurs mois, avec des séances de rayons espacées de plusieurs semaines. Ce nouveau traitement améliorerait grandement la qualité de vie des patientes.

En quoi consiste ce protocole ? Il consiste en l’irradiation directe de la zone atteinte avant de refermer le sein et après l’ablation chirurgicale de la zone tumorale. Ce traitement ne sera proposé qu’aux femmes ayant une forme peu agressive de cancer, au Royaume Uni pour débuter, en 2015.

Ces deux études montrent avant tout le souci d’améliorer la qualité de vie des patientes. C’est une demande entendue qui donne espoir quant à l’attention portée autant sur les corps et les esprits en souffrance.

Sources :