De l’utilité de la monarchie en démocratie

Hier, la monarchie était absolue, aujourd’hui, ce sont les chefs d’État républicains qui le deviennent.

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Le roi Juan Carlos d'Espagne (Crédits Salamancablog.com licence Creative Commons)

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De l’utilité de la monarchie en démocratie

Publié le 2 juillet 2014
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Par Guy Sorman

Le roi Juan Carlos d'Espagne (Crédits Salamancablog.com licence Creative Commons)Dans les Anciens Régimes en Europe, il était d’usage à la mort du Roi de clamer « le Roi est mort, vive le roi », soulignant ainsi la continuité de la dynastie : le Roi, tout au fil de sa vie, était clairement l’incarnation d’une fonction beaucoup plus qu’un individu singulier.

De notre temps, les Rois ne meurent plus, ils abdiquent : le Roi d’Espagne n’a fait que s’inscrire dans une nouvelle tradition européenne, après Albert II de Belgique et Béatrix de Hollande en 2013. Seule la Reine d’Angleterre résiste à la tentation de la retraite, peut-être en raison de la médiocrité de son successeur désigné. Ces départs volontaires en retraite, qualifiés d’abdication, un terme plutôt péjoratif, banalisent la fonction monarchique et la personnalisent : si bien que l’on s’interroge sur la personnalité du roi, passé et futur, ses capacités et son utilité, ses penchants et ses travers, autant de questions qui dans les temps anciens ne faisaient pas sens.

De ce questionnement moderne, sous couvert de la démocratie souvent, ou de la recherche d’économies budgétaires, certains réclament la suppression de la monarchie là où elle perdure. Ces abolitionnistes ont absolument tort parce que le bilan des monarques européens est globalement positif : tous, à un moment donné de leur règne, ont sauvé la démocratie et leur nation par le seul fait de leur existence.

Il est indéniable que le Roi d’Espagne, Juan Carlos, en s’opposant à un coup d’état militaire en 1981, a certainement sauvé la démocratie espagnole, voire épargné au pays un nouveau conflit civil. Ce seul acte suffit largement pour légitimer tout son règne. De même et auparavant, le ralliement de la Reine Wilhelmine des Pays-Bas aux Alliés contre le nazisme pendant la Deuxième guerre mondiale, avait suffi à légitimer la monarchie néerlandaise. Et la Belgique sans un Roi des Belges résisterait-elle à ses contradictions linguistiques ? En France, le Général De Gaulle avait souvent regretté que le pays n’ait plus de monarque qui aurait pu en 1940 incarner l’opposition de la France à l’occupation nazie ; faute de Roi, le Général s’empara de la fonction. Quand il revint au pouvoir comme Président de la République en 1959, de nouveau il envisagea la restauration de la monarchie pour représenter la nation en temps de guerre internationale ou civile. Les candidats lui paraissant médiocres, familles des Bourbons et Orléans, il y substitua une sorte de monarchie républicaine, un Président tout puissant élu pour sept ans.

Mais un Président, en France, en Espagne ou ailleurs, ne remplit jamais les mêmes services qu’un monarque, parce que la démocratie l’enferme dans le court terme, dans la démagogie partisane ou dans la tentation de l’absolutisme. On atteint là les limites de la démocratie : d’un scrutin à l’autre, il est difficile ou suicidaire pour un dirigeant élu d’engager des politiques de long terme qui ne sont pas électoralement payantes. À l’autre extrême, l’élection au suffrage universel confère parfois aux dirigeants un sentiment de toute- puissance, parce qu’au-dessus d’eux, rien ni personne ne limitent leur désir d’absolutisme : le cas français en est l’illustration où l’excès de pouvoir des Présidents est la norme. Mais s’il y a un Roi, par son existence même, il empêche la dérive vers l’absolutisme démocratique.

Hier, la monarchie était absolue, aujourd’hui, ce sont les chefs d’État républicains qui le deviennent. Une inversion historique qui vaut hors d’Europe : par exemple dans le monde arabe où les Présidents élus s’avèrent plus autocratiques que les monarques traditionnels. Parmi les grandes républiques, seuls les États-Unis sont parvenus à interdire durablement la dérive despotique de leurs Présidents grâce à la sacralisation de la Constitution. Mais en Europe, les Constitutions ne sont que des chiffons de papier : nous n’avons, dans notre vieille Europe, ni la tradition constitutionnelle américaine, ni l’équivalent de la Cour Suprême des États-Unis pour empêcher que « le Pouvoir ne rende fou » selon le célèbre aphorisme attribué par les Français au philosophe Alain et par les Britanniques au Premier ministre Lord Acton. La formule complète est : « Le pouvoir rend fou, le pouvoir absolu rend absolument fou ». Donc, quand une nation démocratique a la chance d’avoir hérité d’un monarque constitutionnel, il est important de le conserver : le monarque, en général, ne fait rien, mais il est, ce qui suffit. En cas d’extrême urgence, comme la tentative de coup d’État en 1981 à Madrid, le monarque sorti de son placard doré s’avère irremplaçable pour sauver la démocratie, préserver l’unité de la nation, s’opposer si nécessaire à la dérive absolutiste, menace latente en démocratie.

On conclura sur ce paradoxe ultime : moins le monarque est actif, plus il se cantonne aux cérémonies symboliques mais insignifiantes, plus il peut s’avérer indispensable en cas d’extrême urgence. Il y a vingt-cinq siècles, un philosophe chinois qui s’appelait Lao Tseu, avait bien résumé cette importance de la passivité monarchique. « Le bon prince, dit Lao Tseu, est celui dont on ignore le nom ». Au temps des médias sociaux, il convient d’actualiser la formule Taoïste : « Le bon prince est celui dont on ignore l’emploi du temps et le nombre de ses amis ».

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  • Bonjour
    L’argument de Juan Carlos contre le coup d’état ne tient pas, qqu’un aurait contré celui-ci (putsch russe 1991).
    Je ne suis pas monarchiste (ni anti), l’important c’est d’avoir une constitution protégeant les libertés individuelles, une démocratie libérale.

    Ps Le pape démissionne aussi, tout fout l’camps mon povre mossieur.

    • Qui l’aurait contré? Il n’y avait personne en Espagne avec assez de légitimité pour ce faire ou bien on était reparti comme en 36 et l’Espagne serait encore un champ de ruine…

      Quant à la Constitution c’est un rempart très mince, on en changent en moyenne, tout les 3/4 ans en France par des révisions. Comment fonder l’important sur du sable?

  • Gillib: d’accord tout fous le camps, mais les monarques sont les garants des valeurs, des fondements constitutionnels par exemple, je suis sceptique sur la démocratie libérale, qd on regarde où vont les États Unis!

    • Bonjour Lea
      Dans démocratie libérale il y a démocratie qui pose problème.

      Mais comme disait Churchill…

      • Pourquoi la démocratie pose problème?
        Vu les commentaires, le libéralisme serait compatible avec une monarchie, ça m’étonne je pense tout le contraire.
        @robip: le fédéralisme territorial s’oppose à celui individuel? On ne peut pas concevoir un fédéralisme individuel dans un plus grand, territorial?

        • Le fédéralisme territorial donne des contours matériels extérieurs à l’individu, le fédéralisme individuel permet la versatilité au niveau de la gestion du territoire. Au Moyen-Age la question de ne posait pas parce que nous n’avions tout simplement pas les moyens de nous abstraire du territoire, l’industrie a participé à y trouver une solution proposant une centralisation géographique (mais pas seulement) décorrélée du territoire, mais cette centralisation passe par des contraintes assez strictes pour s’assurer que les personnes se retrouvent bien à un moment donné dans un endroit donné. Il s’agit de contraintes et de contingences matériels et des moyens organisationnels et techniques pour y répondre : nous avons aujourd’hui des opportunités qui n’existaient même pas au siècle dernier.

        • Lea, vous devriez regarder ce qu’en dit Hans Hermann Hoppe… Il est « très libéral » (autrichien à tendances anarcho-capitalistes) mais pense que la monarchie, peut-être même absolue, est dans les modes d’organisations du pouvoir Étatique probablement la moins pire. Pire quand même que l’anarchie, mais l’anarchie est, en l’état actuel, une utopie.

        • Bien sûr que la monarchie peut être compatible avec le libéralisme. Un roi qui garantit les fonctions régaliennes (police, justice, armée), et qui laisse une complète liberté pour tout le reste, est un système libéral parfaitement acceptable.

        • Vos réponses sont intéressantes.
          Anarchie, dans le sens anarcho-capitalisme si je vous comprends bien.
          Hum mais les systèmes monarchiques passés, en France, ont échoué, c’est peut être bien pour une raison, que cela restreint trop la liberté, non?

          • Anarchie dans le sens littéral du terme : Absence de dirigeant.
            L’utilisation actuelle de ‘bordel généralisé’ est erroné. D’abord parce que quand il n’y a pas de dirigeants, les gens s’organisent et c’est très rarement le bordel. Ensuite parce que le fait de pas avoir de « chef », de « commandant » ou de « dirigeant » (qui serait une personne) n’interdit pas du tout d’avoir une loi, une règle commune. Et qu’elle soit appliquée.

            Sinon pour l’échec de la monarchie en France c’est en fait plus compliqué que cela. Plus qu’un échec de la monarchie c’est l’échec de la fossilisation de l’aristocratie et un concours de circonstances que j’oserais appeler malheureux. Famines au mauvais moment, un roi assez pusillanime au mauvais moment, la montée d’idées socialistes et « terroristes » se cachant derrière des libéraux, eux aussi très vite débordés…
            Et plus tard, après la restauration, encore des « occasions manquées », des « accidents ».
            Parce que bon, la monarchie est le régime politique de la majorité des pays européens actuels. Et le pays qui a « inventé le capitalisme de marché », la Hollande, est toujours une monarchie.
            Les pires dictatures de l’histoire récente, l’Allemagne Nazie, la russie Soviétique, le Vietnam, etc. étaient/sont très majoritairement des républiques (si on exclus le Japon impérial on doit arriver à 100%) alors qu’il y a toujours plein de monarchies un peu partout.

          • « les systèmes monarchiques passés, en France, ont échoué, c’est peut être bien pour une raison, que cela restreint trop la liberté »

            Un gros problème des monarchies, c’est que lorsque le monarque est idiot, son idiotie pourrit la vie des concitoyens pendant toute sa vie, voire bien au-delà.

            Je me souviens d’un excellent bouquin de B. Barret-Kriegel, « les chemins de l’Etat », qui montre bien que pas mal des défauts de l’Etat, en France (et en particulier l’ultra centralisation des décisions), remontent à l’ancien régime et à Louis XIV.

        • « Pourquoi la démocratie pose problème? »
          Parce que le peuple souverain est avant la liberté.
          Je suis pour un système libéral avec des consultations périodiques des électeurs.
          A la révolution on a tué le Roi souverain absolu pour mettre à la place un peuple souverain absolu.
          Je suis pour l’individu libre et un gouvernement faible et fragmenté (confédéralisme avec sécession possible à tous les niveaux) .
          Je ne vois pas l’intérêt d’une monarchie, le pouvoir n’ayant aucune légitimité, ou en tout cas id à la mienne

          • En fait nous avons atteint un niveau d’exigence auquel la République ne répond plus. Il n’y a pas de raison particulière pour qu’une monarchie y réponde plus en effet, sauf à faire en sorte que de toutes façons on mette en place des solutions relatives à ces exigences : que ce soit malgré une monarchie ou malgré une république importe peu.
            Je suis tout à fait d’accord avec l’idée de confédéralisme libre (j’aime bien l’idée de versatilité pour ma part).

          • « Je suis pour l’individu libre et un gouvernement faible et fragmenté »

            Il faut faire attention : si un gouvernement fort est susceptible de devenir abusif, un gouvernement faible risque de ne pas pouvoir faire respecter la loi car il est facile à acheter (ça donne la RD Congo ou la Somalie, par exemple).

            Il y a un équilibre permanent à préserver : ce qui fait bien souvent la différence, c’est la vigilance et la volonté des citoyens de ne pas se laisser dépouiller de leur pouvoir.

  • Bien que les arguments apportés font sens, je pense qu’on gravite encore autour du mythe de « l’indépendance ».

    Un peu comme il y aurait une « Justice » indépendante, il y aurait une sphère de l’exercice du pouvoir pure et non contaminée par le calcul et la mesquinerie. Mais cette indépendance conduit à un moment ou un autre à l’irresponsabilité : indépendant veut dire en définitive coupé des autres et de leurs droits.

    Seul la concurrence (y compris pour les sources de Droit et leur exercice) permet l’équilibre.

  • On voit que l’idée d’une monarchie fait sont chemin, et c’est une très bonne chose !
    Je ne suis cependant pas d’accord pour cantonner le Roi à un seul rôle symbolique (pot de fleur…). Ce qui mine la politique moderne est l’obsession des politiciens pour la prochaine élection. Ils ne travaillent que dans l’ombre de l’échéance suivante. A l’heure ou tout le monde parle d’écologie, il faudrait peut être préférer à un président (d’un parti) qui attend la prochaine élection, un Roi (indépendant) qui oeuvre pour la prochaine génération… !

  • Excellent billet,

    Après De Gaulle et Pompidou, leurs successeurs ont été de plus en plus décevants. J’en suis devenu royaliste.

    Royauté et monarchie c’est différent.
    En Occident, la royauté médiévale était plus féodale que monarchique. En France la monarchie s’affirme lors de la Renaissance, et la monarchie absolue prend le pouvoir au XVIIe.

    Les Révolutions ont chassé la royauté française.
    La monarchie absolue est restée en place à travers la Révolution, l’Empire et la centralisation comme l’a magistralement décrit Tocqueville dans son Ancien Régime et la Révolution.

    Quels biens nous apporte la mémoire de la Royauté médiévale ?
    – pour les collectivités locales : l’autonomie, et la responsabilité budgétaire, la concurrence fiscale entre elles
    – l’autonomie des Universités,
    – une morale fondée sur des textes inaltérables : Bible, Décalogue, Evangiles,
    – des valeurs stables, et non falsifiables comme « les valeurs de la République » lesquelles ?
    – un Etat central minimal, ne donnant pas prise à la démagogie,
    – aucune élection centrale.
    – une France fédéraliste
    – pas d’armée permanente
    – un consentement aux nouveaux impôts donné ou refusé par les Etats généraux
    – un Droit local coutumier et souverain

    Vive le Roy !
    Terminons en chansons

  • dans la liste des 10 pays les plus démocratiques au monde, 7 sont des monarchies. dans la liste des 10 pays les moins démocratiques, 9 sont des républiques…..

  • http://fr.wikipedia.org/wiki/Indice_de_d%C3%A9mocratie si on enlève les petites principautés comme monaco où l’indice de démocratie n’est pas calculé, toutes monarchies constitutionnelles européennes sont plus démocratiques que la france et sont considérés comme démocratie alors que la france est une démocratie imparfaite

  • La France a une tradition « césariste ». Elle attend toujours César, mais chaque fois déçue.
    Pour articuler cette requête avec la rénovation du régime politique, il conviendrait sans doute que le chef d’Etat permanent (que l’on pourrait appeler roi) commande deux ou trois fonctions essentielles du « domaine régalien », pour y apporter l’indépendance vis à vis des partis-factions et l’efficacité d’une administration hors d’atteinte des enjeux politiciens de proximité : je pense à la police, l’armée, les cours (cassation, comptes) et Conseil d’Etat…
    Les budgets respectifs resteraient néanmoins votés par le parlement.
    Et les politiques publiques resteraient du ressort du Premier ministre, comme dans la lettre de la Constitution actuelle d’aillieurs.

  • Avec un état centralisé et des systèmes hiérarchiques pyramidaux, je veux bien. Mais de toutes façons avec la fin de la Révolution Industrielle on peut quand même essayer de se projeter dans le fédéralisme individuel. Les systèmes hiérarchiques sont en train de se recomposer, et a priori plutôt dans une hétérarchie en réseau. Du coup la notion de monarchie ne marche pas plus (on pourrait parler d’empire à la rigueur, mais en fait ça marche pour un fédéralisme territorial, pas un fédéralisme individuel).

  • Il aurait été sympa d’aborder la décentralisation aussi.

    Sinon très bon article

  • Le Liechtenstein est un concentré du meilleur de la monarchie

  • Il nous manquerait plus que ça ! On n’a pas assez de privilégiés « de haut rang » ? Il faut en rajouter ? J’hallucine…

    Si quelqu’un veut être roi, prince, princesse, duc, archiduchesse and cie, grand bien leur fasse, qu’ils se mettent une couronne (même en carton) sur la tête si ça leur chante.

    Par contre pourquoi devrais-je entretenir tout ce « beau » monde, ainsi que leurs proches et moins proches, leur train de vie (palais, propriétés, personnel, etc. ) avec mes impôts ? quant à les déloger, si on n’en veut plus, pas question d’élections puisqu’ils héritent de leurs privilèges.

    En fait, je ne vois pas ce que le libéralisme a à voir là-dedans… ni comment il pourrait s’accorder avec une monarchie… quant aux pays qui se rapprochent le plus de la liberté, pour moi c’est la Suisse et je n’y vois aucun roi…

    • les monarchies coutent moins chers que les républiques…..dans bcp de républiques, le président n’a qu’un role symbolique et c’est le premier ministre qui est le chef de l’exécutif. or ce président, en général, n’est meme pas élu de manière direct mais élu par le parlement.
      la suisse a un système tres particulier, aucun autre pays au monde n’a le meme système

  • « Hier, la monarchie était absolue, aujourd’hui, ce sont les chefs d’État républicains qui le deviennent.  »

    Euh, ça fait au moins deux siècles qu’on sait que la démocratie peut être plus absolue que l’Ancien Régime…

    Guy Sorman, ou l’art d’enfoncer des portes ouvertes.

    • « la démocratie peut être plus absolue que l’Ancien Régime » Ça ne veut absolument rien dire. Dans l’idée de monarchie absolue il y a l’idée de centralisation, pas dans l’idée de démocratie (cette volonté de toujours tout relativiser est sidérante). Guy Sorman dit ce qu’il dit (il suit sa ligne on va dire), on a le droit de ne pas être d’accord, il parle de République et même de chefs d’état républicains… c’est plus discutable qu’il n’y parait mais au moins ça a un sens, parler de démocratie absolue… ou alors faut expliquer.
      Enfin j’imagine un petit peu l’intention derrière le commentaire… oui, sur le papier l’Ancien Régime ce n’est pas l’enfer, mais le souci avec la monarchie française est le même qu’avec la république française : c’est la France. On aurait droit aux mêmes idiots à la télé d’ailleurs, sauf qu’ils rouleraient encore plus des mécaniques.
      Bon… mais tout ça ce sont des histoires : vouloir conserver les élites actuelles sous prétexte que des élites doivent être immuables ou les remplacer par des élites que nous voulons être immuables participe en fait de la même erreur de jugement (mais très profonde, à la limite de l’axiomatique… ça fait partie de ces causes perdues chez Sorman).

  • Un monarque vraiment absolu (le roi dit, le pays vit) mais dont l’autorité et le pouvoir seraient limités au stricte domaine régalien (ohhh, quelle coïncidence, régalien… le roi… ), c’est à dire justice, police, diplomatie, défense. Et dont l’action sur ces domaines se ferait dans le cadre strict d’un budget alloué par un parlement élu au suffrage universel (ou mieux, censitaire) et qui ne ferait presque que cela, c’est me semble-t-il l’organisation politique, le mode de gouvernement, qui garantit le mieux les libertés individuelles. Quelle que soit la dérive que d’autres exécutifs (locaux notamment) puissent vouloir, ce personnage par construction incorruptible et au dessus des intérêts des différents groupes d’influence peut arbitrer ayant la police et l’armée sous lui.
    Par contre il ne peut aller trop loin avec police, armée ou juges (à qui il donne des ordres), puisque les salaires de ces gens ne viennent pas de lui.

    Bref, pour moi le système de « checks and balances » le plus efficace.

  • les monarques absolus (comme louis 16) avait moins de pouvoir que le président de la république (la 5 république). la france est une république monarchique.

  • « La République n’est qu’une monarchie absolue, car peu importe que le souverain s’appelle Prince ou peuple : l’un et l’autre sont une « Majesté ». »
    Max Stirner

  • De toute évidence l’ auteur confond comme un autre grand penseur Revel démocratie et démocrassie ( crasseuse ) en espagne , france pour cette dernière les gens qui ont voté non au reférendum du 29mai 2005 ne me contrediront pas /

  • Ces monarchies gentilles et inoffensives ne le sont que parce qu il y a eu des revolutions pour les calmer… Au XXIe siecle, mieux vaut soutenir des INSTITUTIONS fortes

    • C’est bien vous êtes un gentil petit soutien de la dictature (républicaine) qui vient, on a réussi à vous faire croire qu’avant c’était mal par définition et que des institutions fortes étaient garantes de… de quoi au fait ? Du fait que quiconque regroupe 50.01% des suffrages exprimés peut vous imposer ce qu’il veut ? Et vous croyez que les révolutions c’est le bien, tant qu’à faire. Et bien voyez-vous je préfère mille fois vivre sous Louis XIV que pendant la révolution, sous la première république. Niveau sûreté, protection de la propriété, etc. c’est incomparable. Et la révolution «d’octobre» quel bonheur…quelles libertés…

      • Les dictatures sont des dictatures. Elles peuvent se légitimer différemment les unes les autres, peu importe. Le truc c’est qu’en France la monarchie que nous avons eue et la restauration qui en a été faite, et nous avons vu que quoi qu’il arrive nous avons des élites d’autant plus ridicules qu’elles se veulent immuables. Le problème n’est pas la hiérarchie, le problème n’est pas la République, le problème c’est de vouloir des hiérarchies définitives incapables de s’adapter aux contingences. La plupart des français veulent des chefs qui jouent le mâle alpha. Alors si on change la population, si on change les élites, si on change le pays… peut-être que la France pourrait avoir une monarchie permettant le libéralisme, mais prôner en premier la monarchie ne me semble pas être le plus facile, le plus rapide, le plus efficace.

        Pour ce qui est des révolutions c’est un peu la même chose : nous essayons de nous faire croire qu’elles sont avant tout idéologiques et du domaine de la volonté quand elles sont en réalité subies. Et tout le monde n’a sans doute pas aimé vivre sous Louis XIV, même si la Révolution a été un désordre généralisé dont sans doute assez peu de personnes ont réussi à échapper. Alors après on légitime les révolutions avec des idées mais en fait ce n’est pas ce qu’il y a de plus important ; même si je n’aime pas trop ce genre de formules rapides : les idées ça ne se mange pas.
        Les français font trop confiance en l’idéologie, que ce soit pour la supporter ou pour la combattre, nous lui donnons trop d’importance.

        • les révolutionnaires n’ont jamais voulu abolir la monarchie. la plupart était favorable à la monarchie (monarchie constitutionnelle).

          • Non mais la monarchie anglaise en France pourquoi pas, c’est juste que c’est impossible : il faudrait le peuple anglais et la noblesse anglaise… si ça se trouve on trouverait encore le moyen d’avoir besoin d’échanger le territoire de la France avec celui de l’Angleterre, autant aller là-bas directement. Il y a eu la Restauration en France, et je suis certain que si on rétablit encore la monarchie, même dans le cas où ce serait une bonne idée théorique (ce dont je doute par ailleurs) nous aurions droit à des idiots à la tête de l’état du même genre qu’aujourd’hui, et qui rouleraient juste encore plus des mécaniques.
            Il y a d’une part l’idée de chercher une hiérarchie pyramidale immuable, qui ne correspond plus à notre organisation, d’autre part l’idée de la déposséder la plupart du temps de moyens d’action pour une organisation en hétérarchie qui serait la véritable cible. Il y a plus simple.
            Le problème avec la monarchie en France c’est que si elle a démontré des forces elle a démontré des faiblesses à la fin. Si notre république a démontré des forces et démontre des faiblesses désormais on peut peut-être faire comme nous avons fait avant : trouver une autre organisation, plutôt que de vouloir encore revenir en arrière pour vérifier que les faiblesses d’antan sont toujours des faiblesses. Enfin… j’dirais pourquoi pas, les bébés sont capables de laisser tomber une centaine de fois un même objet pour vérifier qu’il tombe encore la 101è fois, c’est une méthode pour démontrer la persistance de la gravité qui a montré ses preuves… des fois ça casse avant, ce qui est un résultat intéressant aussi.

  • On pourrait encore louer nos monarchies constitutionnelles pour leur visibilité, leur pérennité, leur culture sage, l’économie qu’elles représentent ( bien moins chère que les républiques), et surtout, si l’on s’en réfère à un taux de satisfaction mesuré, bien mieux vécues par leurs peuples que ces despotes en CDD qu’on appelle Présidents.

  • Je suis de plus en plus persuadé que la France a commis une erreur en se débarrassant de sa monarchie. Oui ça ne changerait pas grand chose, mais tout de même, j’y vois un bien (et vu le nombre de libéraux qui étaient de cet avis, il doit y avoir quelques raisons : Tocqueville, Lafayette par exemple).

  • Bonjour à tous,

    Royaliste et libéral? J’y crois tout à fait.
    Un livre m’a particulièrement influencé à ce sujet, c’est (…) La République de Platon, dans lequel il analyse les différentes constitutions politiques (aristocratie > timocratie > démocratie > tyrannie) et les individus qui en résultent (livre 8, de mémoire ; par ailleurs très intéressant à croiser avec Tocqueville).
    Depuis cette lecture, je suis certain que TOUS les libéraux sont de facto des hommes de type aristocratiques, puisqu’il sont convaincus qu’une échelle de valeurs (dont liberté n°1…) existe par une « loi naturelle » que chacun est tenu de respecter.
    A contrario, la démocratie nie toute « loi naturelle », toute « vérité » intrinsèque à l’homme, puisque la seule loi qu’elle accepte est la loi du nombre, et la liberté n’est juste que si elle est demandée par la majorité… Ce qui veut dire que moralement, il serait tout à fait moral et juste (dans une vision utilitariste du monde) de spolier les 10% les plus riches et de les mener à l’échafaud, si le peuple le veut.

    • Que ce soit une nation ou un petit groupe d’ individus il faut parfois faire un CHOIX par exemple
      une famille de 5 personnes sont TOUTES les 5 invités soit : chez vos parent ou bx parents donc
      vous pouvez décider d’ autorité contre l’ avis des 4 autres ! vous etes un libéral aristo ?
      voter à main levée démocratiquement 3 peuvent gagner contre 2 vous accepter de perdre ?

      l’ influence des médias dans lesquels s’ expriment pas seulement les politique mais aussi entre autres divers intellectuels est prépondérant il nous est répété que nous sommes ( en france en démocratie je persiste à croire en démocrassie ! le meilleur ex est la pseudo loi (LEUR loi ) mariage pour tous/

  • C’est un fait. Les démocraties ne sont pas issues de la raison mais de la passion.

    Les plus grands dictateurs du monde n’étaient pas nés ainsi mais le sont devenus par election.

    Quand on compare les pouvoir des monarques bretons en plein moyen age et ceux des réprésentants de l’état français aujourd’hui c’est un cratère qui les sépare.
    Je ne me rappelle pas avoir entendu Nevenoe ou Morvan parler de droit au logement, ou la santé, ou au revenu minimum.
    La tradition chretienne des monarchies européennes s’articulait sur une seule phrase :
    – Tu gagneras ton pain a la sueur de ton front.

    Et même si on dit des nobles qu’ils vivaient grassement au frais du tiers état, qu’en est il des nobles d’aujourd’hui… SI on compare jour de libération fiscale sous l’ancien régime et aujourd’hui il y a de quoi avoir des nausées…

    En fait la monarchie a été globalement plus respectueuse des individus. Car celui qui était au pouvoir y était par hasard, et n’avait pas consacré sa vie a l’obtenir pour son propre intéret.

    Finalement a l’époque, même un roi despote ne posait pas tant problème déjà parce qu’ils étaient rare… Les moyens qu’ils possédaient étaient limités et la durée de vie moyenne empéchait toute action de long terme.

    • Non, le mérite et la valorisation de l’effort apparaissent environ au 12è siècle, c’est aussi le moment de la déterritorialisation de l’économie qui va entraîner le dysfonctionnement de la féodalité.
      La démocratie n’est ni issue de la Raison ni de la passion, c’est un mode de fonctionnement dicté par des exigences et par des modes d’organisation, ça n’a jamais été du domaine du choix (nous avons beaucoup trop confiance en l’idéologie, que ce soit pour en supporter une ou pour en dénoncer une autre). Il faut d’ailleurs la voir comme une dynamique, relativement à des modes hiérarchiques de convocation des compétences, et non comme un état final atteignable : nous ne vivons pas en démocratie aujourd’hui. Maintenant on peut poser la question de la pertinence de la République (et pourquoi pas relativement à la monarchie en effet), de la représentation nationale et du vote… nous associons tout ceci abusivement à la démocratie, c’est un système de légitimation et un discours avec lequel nous nous retrouvons aujourd’hui à devoir prendre de la distance. Comme à la fin du Moyen Age nous nous retrouvons à devoir gérer de nouvelles contraintes matérielles, avec d’anciens systèmes hiérarchiques en dysfonctionnement et de nouveaux qui n’ont pas encore été mis à l’épreuve du feu. C’est la fin de la Fin de l’Histoire (véhiculée par ceux qui ont en effet essayé de nous dire que la démocratie était définitivement advenue).

  • Quel idéal royaliste ?

    L’exemple de couronnes européennes montrent que la royauté peut limiter la démagogie, et donc préserver et promouvoir la liberté, notamment celle de gagner son argent, de le garder et d’en choisir l’usage.

    Si les Maisons princières de France sont neutres (blancs d’Eu et blancs d’Espagne) la web-galaxie du royalisme français – suivant ici la doxa économique républicaine – montre peu d’entrain sur les libertés économiques. Action Française est carrément corporatiste et le libéralisme y est dénigré. C’est davantage la norme que l’exception. http://www.actionfrancaise.net/craf/

    Ainsi les royalistes français sont nostalgiques d’une royauté « à la française » à base de grandeur de l’Etat », d’ordre économique » et de corporatisme. Suivant Tocqueville c’est un chemin logique, la République étant la fille de l’absolutisme royal.

    Ici sur ce forum, je crois que la royauté « à l’anglaise » serait davantage prisée pour la défense des libertés économiques et locales. La royauté anglaise n’ayant divergé de la française que par une défense résolue et constante des libertés locales, ce qui a permis la défense des libertés individuelles. En France qu’est-il advenu des huguenots un fois que l’armée royale leur a retiré leur places de sûreté ?

    Il est dommage que le mouvement royaliste n’ait pas compris que l’apogée politique de la royauté française c’est les franchises des villes, et les libertés des Etats-généraux médiévaux. Cet héritage médieval a été conservé notamment en Suisse et aux Etats-unis, pays libéraux. La liberté c’est la force vive d’une société. C’est une idée fédératrice, et c’est en France le moment d’agir !

    • je trouve le modèle politique du Liechtenstein avec un monarque forte, une démocratie directe qui va plus loin encore que la Suisse et la décentralisation politique qui donne à aux communautés beaucoup d’autonomie très intéressant.

  • Si vous regardez l’histoire humaine dans le monde, vous voyez à travers l’histoire humaine qu’en général la forme de gouvernement qui a dominé c’est les monarchies et non pas républiques. Il ya eu bien sûr des périodes républicaines mais ils étaient généralement plus courte. En tant qu’historien, on doit se demander pourquoi ce est bien sûr le cas. les monarchies peuvent apparemment offrir certains avantages qui les républiques ne peuvent pas apporter. la monarchie offre généralement une plus grande stabilité politique sur des périodes plus longues et le monarque a tendance à penser en générations et non pas de gagner les prochaines élections. Je pense que la combinaison qu’il y a au Liechtenstein avec un monarque fort, une démocratie directe qui va plus loin encore que la Suisse et la décentralisation politique qui donne à aux communautés beaucoup d’autonomie pourrait être un modèle pour les futures monarchies. Pour un peu moins de cent ans, nous avons vécu aujourd’hui dans une époque républicaine, ce qui ne est pas très long si vous regardez l’histoire humaine, et je pense que tôt ou tard les monarchies reviendrons

  • « Plus important que le modèle de gouvernement est la question de savoir si une composante à long terme, indépendante des partis politiques, doit être introduit dans le système politique d’un Etat, sous la forme d’une forte monarchie héréditaire comme celui de la Principauté de Liechtenstein. Un monarque héréditaire est sans aucune obligation des différentes parties, et il n’a pas à prendre en compte les élections. Au lieu de cela, il peut se concentrer sur le bien-être à long terme de l’Etat et sa population. Dans la Principauté de Liechtenstein, il a été possible de mener des politiques à long terme sur plusieurs générations au profit de l’Etat et de ses habitants. Une coopération positive et étroite entre les différentes générations de la famille régnante a été essentiel pour cela. » L’état au troisième millinéaire

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