Le féminisme de genre, parasite de la cause de la liberté des femmes 3/3

L’« abolitionnisme », qui vise à faire des prostitués des parias, est la pire abomination engendrée par le féminisme de genre.

Par Jabial

abolitionnisme prostitution

Lire les deux premiers articles de la série :  (1) Le féminisme de genre a abandonné le combat pour la liberté des femmes (2) pour fonder son action sur des peurs irrationnelles qui attisent la haine.

Les prostituées : oubliées, bannies, infantilisées, exclues

Les féministes de genre, comme tous ces gens qui portent sur leur cœur leur passeport de membre du Parti du Bien qui les autorise à prendre les autres de haut, à les haïr et à prendre comme une évidence qu’ils sont idiots ou mal intentionnés, n’hésitent pas une seule seconde à marcher sur les plus faibles lorsqu’ils sont sur le chemin du Paradis sur Terre promis par leur magnifique idéologie. Et c’est ainsi que, comme les socialistes ont créé le chômage de masse (on appelle ça SMIC : c’est le niveau de productivité sous lequel vous n’avez pas le droit de travailler) au prétexte de protéger les ouvriers et les employés de la terrible exploitation, voilà que les féministes de genre, à quelques dissidentes près (et je dis bien dissidentes, car les hommes féministes de genre s’en trouvent quasi totalement absents), ont décidé que les prostituées n’étaient pas assez opprimées comme ça et qu’il fallait en rajouter une couche.

Je parle bien sûr de la pire abomination qu’a engendré le féminisme de genre dernièrement : le soi-disant « abolitionnisme ». C’est-à-dire que ces ignobles salopards osent se parer de l’aura de ceux qui ont combattu l’esclavage pour tenter d’affamer les prostituées, d’en faire des SDF, de les priver de tout pour les forcer à changer de métier de gré ou de force. Leurs motivations sont diverses : préjugés moraux réactionnaires non assumés, peur de la concurrence des professionnelles qualifiées, naïveté infantile ou au contraire le cynisme dont seuls les politiciens sont capables. Ils prétendent aujourd’hui qu’une large majorité des prostituées seraient des esclaves sexuelles asservies par des proxénètes, et que pour la maigre population de prostituées libres qu’il resterait, ces pauvres filles ne seraient pas capables de réaliser ce à quoi elles consentent.

Ces gens se rendent-ils donc compte exactement de ce qu’ils sont en train de défendre ? Certains choix de vie d’une femme seraient donc une preuve de son incapacité à choisir sa propre vie ? Cela devrait rappeler à tout féministe de biens sinistres souvenirs. Mais de quoi se souviendraient-ils ? Ils sont dans le féminisme comme ils pourraient être dans l’écologisme ou l’antiracisme ; ils ont une révérence superficielle teintée d’un mépris fielleux pour ces précurseurs qui n’avaient pas tout compris, contrairement à eux. Chevaliers blancs fantasmés d’une grande cause qui n’avait pas besoin d’eux, ils sont fiers des dégâts qu’ils causent comme jadis étaient fiers les soudards de la bannière des croisades parce que chaque pillage, chaque viol, chaque meurtre, était une expression de supériorité sur l’ennemi, et qu’après tout, Dieu reconnaîtrait les siens.

Les « abolos », comme les appellent celles des associations de défenses des travailleurs du sexe qui refusent de regarder en face la nature de ce qu’elles combattent, qui sont-ils avec leurs chiffres qui sortent de nulle part, leurs spécialistes qui n’ont jamais vu que des victimes de violences, leurs réunions où on ne laisse pas les prostituées parler, sauf si elles sont « repenties » (leur propre terme lu de mes yeux – comme si on devait se repentir d’avoir été, selon eux, exploitée) ? Ces gens parlent de traite et d’esclavage à longueur de journée mais semblent interloqués quand on leur explique que ce phénomène n’est pas spécifique au secteur du sexe et que ce secteur n’y est même pas majoritaire. Qui parle de ces ateliers où des milliers de femmes travaillent douze heures par jour en échange d’une maigre pitance pour récupérer un visa qui ne viendra jamais ? Mais qui sont ces gens aux mots vides qui prétendent tendre la main à leurs victimes pour mieux les jeter dans le précipice ?

 

Imaginez donc. Vous êtes éboueur. On décide que votre métier est sale. On arrête votre patron alors vous louez un camion et vous vous mettez à votre compte, mais on arrête le loueur aussi. On ferme votre compte en banque. On menace votre propriétaire, qui vous expulse de chez vous. On arrête votre femme parce qu’elle bénéficie de vos revenus. Et maintenant, on veut aussi faire payer des amendes aux copropriétés qui font appel à vous pour le ramassage de leurs ordures. Comment finirez-vous ? Vous serez seul et isolé. Les seuls qui accepteront de vous louer un camion, c’est la mafia. Gare à vous si vous bronchez. Les copropriétés prendront un risque en faisant appel à vous, il sera plus difficile de trouver des clients, alors il faudra demander moins cher et accepter des conditions de travail plus dures.

C’est ce qui arrive aux prostituées aujourd’hui. C’est ce qui arrivera aux prostituées demain si nous ne faisons rien.

Un devoir : agir

Trop facilement, nous nous laissons intimider. Trop facilement, nous sommes lâches et pitoyables. Alors que ceux qui nous ont précédés ont risqué la mort ou l’asile, nous aurions peur pour notre réputation ? Si nous ne parlons pas de la cause des prostituées dans notre vie de tous les jours, si nous ne réagissons pas aux arguments mensongers des féministes de genre qui veulent écraser des femmes réelles au nom d’une femme idéale dont l’image exclut la notion même de fonctions biologiques, qui le fera ? Les socialistes sont acquis aux féministes de genre ; quant aux réactionnaires, ils cherchent déjà à revenir sur le droit des femmes sur leur propre corps.

Mais tout n’est pas sombre. Il ne tient qu’à nous de redresser la barre. Si les nobles causes ont toutes attiré des parasites dès lors qu’elles sont devenues populaires, nous ne devons pas renoncer pour autant. Ce n’est pas une excuse. Il n’y a jamais d’excuse pour ne pas faire le bien. Il existe ici et maintenant des gens de bonne volonté qui souhaitent depuis plusieurs années refonder le féminisme autour de l’individu et des droits humains. Si vous voulez faire quelque chose pour la cause des femmes, alors voici où vous devez chercher (désolé, tout est en anglais) :

Il n’est pas non plus interdit d’aller faire un tour du côté du STRASS, le syndicat français du travail sexuel. Oui mais voilà, elles et ils sont français et, tout imprégnés de marxisme et de féminisme de genre, ont bien du mal à reconnaître leurs amis de leurs ennemis.


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