Euthanasie : l’affaire Lambert, suite et fin ?

Le Conseil d’État autorise l’arrêt des traitements de Vincent Lambert, patient tétraplégique en état végétatif depuis six ans.

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Euthanasie : l’affaire Lambert, suite et fin ?

Publié le 25 juin 2014
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Par Roseline Letteron

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Le Conseil d’État s’est finalement prononcé le 24 juin 2014, sur le cas de Vincent L., tétraplégique en « état de conscience minimum » depuis cinq ans. Il estime que les conditions posées par la loi Léonetti pour renoncer au « traitement n’ayant d’autre effet que le maintien artificiel de la vie » sont remplies et que sa poursuite traduirait une « obstination déraisonnable ». La décision de mettre fin à l’alimentation et à l’hydratation du patient n’est donc pas illégale et le Conseil d’État reconnait donc à Vincent L. le droit de mourir dans la dignité.

Le cas de Vincent L. est prévu par  l’art. L 1110-5 al. 2 csp. qui trouve son origine dans la loi Léonetti du 22 avril 2005 : « Les actes de prévention, d’investigation ou de soins ne doivent pas être poursuivis par une obstination déraisonnables. Lorsqu’ils apparaissent inutiles, disproportionnés ou n’ayant d’autre effet que le seul maintien artificiel de la vie, ils peuvent être suspendus ou ne pas être entrepris ». Il s’agit là d’un cas d’ « euthanasie passive », formule qui ne figure pas expressément dans la loi, mais qui désigne le droit qu’elle consacre de ne pas subir une « obstination déraisonnable ». Elle s’oppose à l’ « euthanasie active » qui consiste à injecter un produit mortel à un patient atteint d’une maladie incurable, avec son consentement. Si la seconde est toujours illicite dans notre système juridique, la première n’est pas rare. Dans ses conclusions, le rapporteur public Rémi Keller mentionne que 25 000 décès par an sont dus, dans notre pays, à une décision d’arrêt de soins.

La procédure de la loi Léonetti

Vincent L., âgé d’une trentaine d’années lors de l’accident dont il fut victime, n’avait pas pris la précaution de faire connaître sa volonté par des « directives anticipées » et n’avait pas davantage désigné une « personne de confiance » faisant connaître son souhait dans une telle situation.

En l’absence d’une telle procédure, le Conseil d’État se réfère cependant au témoignage de l’épouse de Vincent L. qui affirme que ce dernier, infirmier de profession, avait plusieurs fois exprimé le souhait de ne pas être maintenu artificiellement en vie, dans l’hypothèse où il se trouverait en état de grande dépendance. Ce témoignage est confirmé par le frère de l’intéressé.

Ces témoignages sont un élément du dossier mais ne peuvent être suffisants pour affirmer l’existence d’une volonté réelle de Vincent L. C’est pourquoi le Conseil d’État s’assure que la procédure organisée par la loi Léonetti, en l’absence de directives anticipées, a été respectée. Elle prévoit que lorsqu’une personne est hors d’état d’exprimer sa volonté, l’arrêt du traitement doit être réalisé par une procédure collégiale réunissant les médecins traitants, qui se prononcent après avis de la « famille » ou, à défaut « un des proches » du patient. (art L. 111-4 csp).

Le problème, on le sait, est que la famille de Vincent L. se déchire depuis cinq ans. D’un côté, son épouse et son frère veulent mettre en oeuvre les dispositions de la loi Léonetti et interrompre l’alimentation et l’hydratation du parent qui leur semble relever de « l’obstination déraisonnable ». De l’autre côté, ses parents ne cachent pas leurs convictions religieuses et veulent garder l’espoir d’une éventuelle guérison. Ils ont donc engagé un contentieux pour écarter l’application de la loi Léonetti et obtenir le maintien en vie de leur fils.

La cinquième décision de justice

Le 11 mai 2013, le tribunal administratif de Châlons en Champagne a suspendu une première décision d’interrompre l’alimentation du patient pour des motifs de procédure, ses parents, éloignés géographiquement, n’ayant pas été consultés. Le 16 janvier 2014, ce même tribunal a ordonné une nouvelle suspension, cette fois en se fondant sur des considérations médicales, et en estimant que Vincent L. recevait effectivement un traitement destiné à le maintenir en vie, et donc à garantir son droit à la vie, au sens de l’article 2 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme. C’est cette décision qui a fait l’objet d’un recours devant le Conseil d’État, émanant de l’épouse de Vincent L. d’une partie de sa famille ainsi que de l’hôpital de Reims. Le juge unique, compétent en référé, a décidé le 6 février de renvoyer l’affaire en formation collégiale, et l’assemblée du contentieux, par une ordonnance du14 février 2014, a demandé de nouvelles expertises médicales. C’est sur la base de ces expertises qu’a été rendu cet arrêt du 24 juin, la cinquième décision de justice intervenant sur le cas de Vincent L.

Comme le fait justement observer le rapporteur public Rémi Keller, cette cinquième décision traite d’une affaire hors du commun, puisque le Conseil se prononce sur la légalité d’une décision médicale ayant pour conséquence d’entraîner la mort d’une personne par l’arrêt de son alimentation. Ceci dit, le Conseil d’État insiste sur le fait que son arrêt est une décision d’espèce. C’est d’ailleurs le sens du communiqué de presse du vice Président du Conseil d’État, décidément très enclin à la communication depuis l’affaire Dieudonné, qui affirme qu’il s’agit de contrôler la légalité de la procédure concernant le cas de Vincent L. et non pas de poser une règle de principe.

L’application de la loi

Pour le Conseil d’État, les débats religieux ou éthiques n’ont plus lieu d’intervenir dans son prétoire. Ils se sont déroulés au parlement et ont conduit précisément à l’adoption de la loi Léonetti qui constitue le droit positif applicable au cas de Vincent L. Sur ce point, la décision repose sur une distinction très nette qui devrait d’ailleurs être rappelée plus souvent. D’un côté, la fonction législative doit dégager des règles en fonction de l’état de la société que le parlement représente. Rien ne lui interdit donc, au contraire, de prendre en considération des éléments de nature morale ou éthique dans la rédaction de la loi. De l’autre côté, la fonction juridictionnelle, celle à laquelle participe le Conseil d’État, a pour mission d’appliquer la loi. Il ne lui appartient pas d’en écarter les dispositions au profit de « valeurs » morales ou éthiques ou d’un droit naturel considéré comme supérieur mais qui ne trouve aucune fondement dans le droit positif.

Le Conseil s’assure donc que la loi Léonetti a été respectée. Il observe tout d’abord que le principe de collégialité a été respecté tant au niveau de la consultation de la famille qu’à celui de la décision médicale.

La collégialité de la décision

Cette collégialité existe d’abord au sein du corps médical, car la décision n’est pas prise par un médecin traitant mais par une équipe médicale. Et celle-ci doit consulter « la famille », procédure prévue par l’art L. 111-4 csp. L’arrêt du 24 juin 2014 donne quelques éclaircissements sur cette notion de famille, dont on sait désormais qu’il s’agit d’une famille aussi élargie que possible. On se souvient que, dans un premier temps, les médecins avaient seulement consulté la famille géographiquement proche du patient, en l’occurrence son épouse et son frère. Après la décision du tribunal administratif de mai 2013, ils ont élargi la consultation à ses parents et à d’autres proches. En tout onze personnes ont donné leur avis, dont sept se sont prononcées pour l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation de Vincent L. Une telle procédure présente l’avantage de ne pas faire peser sur un tout petit nombre de proches une décision extrêmement difficile à prendre et, en quelque sorte, de diluer la responsabilité à l’ensemble de l’équipe médicale et du cercle de famille. En revanche, elle présente l’inconvénient d’accroître le risque de contentieux.

L’obstination déraisonnable

La légalité de la décision ne s’apprécie pas seulement au regard de la procédure, et le Conseil d’État pénètre dans l’analyse de la légalité interne. Il s’assure de l’exactitude des faits et rappelle ainsi que Vincent L. est en état végétatif, totalement inconscient. Pour reprendre la formule du rapporteur public, « le traitement dont il bénéficie n’a pas d’autre effet que de le maintenir artificiellement en vie, emmuré dans sa nuit de solitude et d’inconscience ». Il est donc précisément dans le cas prévu par la loi Léonetti.

Encore faut-il que le maintien artificiel en vie puisse être considéré comme une « obstination déraisonnable ». Sur ce point, l’opinion des experts se révèle déterminante et le Conseil observe que « l’état (du patient) s’est détérioré, dès lors qu’il est dorénavant dans un état végétatif chronique, que les lésions cérébrales sont irréversibles et le pronostic clinique mauvais ». En tout état de cause, il n’existe aucune chance de progrès ni de retour à une communication, même minimale.

Le juge estime en conséquence qu’il y aurait bien obstination déraisonnable à maintenir Vincent L. en vie et estime que l’interruption de tout traitement n’est pas illégale, dans de telles conditions. Le droit applicable précise cependant que toutes les mesures doivent être prises pour éviter d’éventuelles souffrance et accompagner la personne jusqu’à ses derniers moments, conformément à l’article R 4127-37 csp. Cette exigence peut aller jusqu’à la mise en oeuvre de traitements antalgiques et sédatifs destinés à « sauvegarder la dignité du malade et réconforter son entourage » (art. R 4127-38 csp).

Vers un recours devant la Cour européenne ?

Reste que rien ne dit que l’arrêt du Conseil d’État marquera la fin de l’histoire de Vincent L. Il est tout à fait possible que ses parents demandent à la Cour européenne de prendre une mesure provisoire ordonnant la suspension de la décision du Conseil d’État, sur le fondement de l’article 39 du règlement de la Cour. L’objet de cette procédure d’urgence est en effet de maintenir une situation de fait, afin de sauvegarder les droits dont la reconnaissance est demandée au juge du fond. Les parents de Vincent L. pourraient donc demander à la Cour d’ordonner son maintien en vie, dans le but de ne pas rendre impossible un recours fondé sur la violation de l’article 2 de la Convention, article qui garantit le droit à la vie.

Il est vrai que le succès d’une telle démarche demeure hypothétique. Dans sa décision Diane Pretty c. Royaume Uni du 29 avril 2002, la Cour laisse aux États une grande latitude pour définir le contenu du droit de mourir dans la dignité. En l’espèce, la Cour avait rejeté le recours d’une patiente britannique, atteinte d’une maladie dégénérative, qui considérait que le refus d’une euthanasie active opposé par les autorités britanniques était constitutif d’un traitement inhumain et dégradant, au sens de l’article 3 de la Convention européenne. Sans cacher la compassion qu’elle éprouvait pour la requérante, la Cour a cependant estimé que les dispositions de la Convention ne sauraient être invoquées pour contraindre un État à adopter un système juridique acceptant l’euthanasie active.

Dans le cas de Vincent L., le Conseil d’État rappelle que le droit français a défini un cadre juridique et adopté une loi refusant « l’obstination déraisonnable ». Il ne s’agit pas de porter atteinte au droit à la vie, car le médecin ne tue pas son patient, mais se borne à renoncer à des soins qu’il sait sans espoir, attitude parfaitement autorisée par le droit positif.

Quelles que soient les suites d’un éventuel recours devant la juridiction européenne, la décision Vincent L. présente un grand intérêt. Le Conseil d’État rappelle que l’application de la loi permet seule de trouver des solutions dans des cas où la décision est difficile et toujours douloureuse. Car la loi Léonetti est peut être contestée, mais elle a au moins le mérite de permettre une décision, ce qui est loin d’être négligeable.


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  • Bon, visiblement la CEDH dit que ce n’est pas la fin.
    Je sais pas pourquoi cet affaire me dérange à ce point, j’ai identifié ça :
    – Le type ne serait pas dans un état purement végétatif, il communique, pleure, rigole.
    – Ses parents veulent le garder en vie, alors que sa femme et son fils le veulent mort.
    – Il aurait (à prendre avec des pincettes) souhaité, avant son accident, ne pas subir d’acharnement thérapeutique

    Après c’est sûr que si on ne peut plus lui demander ce qu’il en pense… Droit de vie ou de mort etc…

    • – « ne serait pas dans un état végétatif » : donc vous pensez que la mère a + raison que les médecins ?

      – « le veulent mort » : je serais bien étonnée que ce soit le cas. Sa femme l’aime. Ou l’a aimé. De plus, peut-on dire qu’il est « vivant » ? C’est ça être vivant ?

      Moi aussi ça me dérange cette affaire. J’ai identifié que ce qui me dérange, c’est que les gens se déchirent autour d’une situation triste. Et surtout que finalement on n’est jamais sûr que notre mort nous appartiendra. Il y a des gens qui aiment bien mêler l’Etat à tout ce qui est personnel.

      • Voilà ce que dit un expert sur l’Eétat de Vincent Lambert :

        Le Professeur Ducrocq, professeur de neurologie, est l’un des experts qui ont examiné Vincent Lambert pour le Conseil d’Etat. Il a en particulier déclaré :

        « Vincent communique. »
        « L’état de Vincent ne s’est pas dégradé. »
        « Vincent a récupéré la déglutition. »
        « Vincent a survécu à 31 jours de privation de nourriture. »
        « Comment prendre une telle décision qui ne va pas mettre fin a l’acharnement thérapeutique, qui ne va pas le laisser mourir, mais qui va le faire mourir ? »

        • Tout est dans cette distinction capitale :

          on ne va pas le laisser mourir, on va le faire mourir.

          Comme c’est encore interdit en France, au lieu de l’euthanasier on va le priver de nourriture.

          Vous rendez-vous compte de la barbarie absolue que nous sommes en train de cautionner.

          • Faire la distinction légale entre passif et actif est effectivement une monstruosité absolue.

            Cela veut dire que pousser quelqu’un devant un train est un meurtre, mais que regarder quelqu’un tomber devant un train en ayant la main sur le bouton qui coupe le courant sans l’actionner n’en est pas un.

            Il faut être un grand malade mental pour défendre cette asymétrie, et tous les députés l’ont défendu.

  • Il y a aussi un coût pour la société qui n’a pas été pris en compte.
    Au Japon, le maintien en survie de patients dépendants ayant perdu tout ou partie de leurs facultés intellectuelles, environ 100000 personnes toutes âgées de plus de 90 ans, coûte deux cent mille yens par jour, soit environ 1700 euros quotidiennement ! Faites le calcul sur une année, on arrive à la somme effrayante de 72 milliards d’euros ! Le ministre de la santé japonais a évoqué de débrancher toutes ces personnes. L’acharnement thérapeutique a ses limites mais comme il s’agit d’un gros business … en analysant cet évènement de ce point de vue le cas de Vincent L. revêt un tout autre aspect.

  • Si j’étais dans le cas de Vincent Lambert, je ne veux pas qu’on me fasse mourir. Je ne veux pas que le Conseil d’Etat se mêle de ma mort. Je veux que l’on me soigne dignement.
    Comment fait-on juridiquement pour obtenir cela ?

    • Vous pouvez laisser des directives anticipées. C’est peu pratiqué. Si beaucoup de gens demandaient à être maintenus en vie, on passerait outre, on changerait la loi si nécessaire. Eh ça coûte gros!

      • ça coûte tant que ça ? Plus que nos socialos de gauche et de droite ? Non, ce n’est pas possible, j’y crois pas 😉

    • Si vous ne demandez pas expressément le contraire soit par écrit soit en parlant à des proches, vous pourrez vivre des années en état de conscience limitée et sous perfusion comme Vincent Lambert à moins qu’un médecin comme le Dr Bonnemaison ne passe à votre chevet…
      Les directives anticipées permettent surtout à certains comme moi par exemple, de demander à ne pas être maintenu en vie artificiellement et à refuser l’acharnement thérapeutique.
      La loi permet d’anticiper sa fin de vie et de faire connaître sa position, je ne comprends pas que si peu de gens s’y intéressent, la crainte d’évoquer sa mort…?
      A défaut de donner son avis ( et de le confirmer régulièrement ) ce sont les autres, famille, proches, médecins qui agiront, ou pas…

      • Si Vincent Lambert avait laissé des directives, devrait-on empêcher ses parents de l’alimenter? Mon opinion n’est pas faite…

        • Votre opinion compterait-t-elle plus que celle de l’intéressé qui exprime clairement son souhait ?
          L’opinion de vos parents si elle venait à être différente de la vôtre devrait-elle l’emporter ?
          Il n’y a pas de réponse simple et définitive.

          • Il ne s’agit pas d’opinion mais d’acte. Qui aurait la légitimité pour exercer cette violence ainsi qu’une violence (séquestration…) vis-à-vis des personnes qui veulent le maintien en vie? Comme l’affirme Mme Letteron, on cherche actuellement à « diluer la responsabilité ».

      • Vincent Lambert ne l’aurait dit que deux fois.
        Et il est bien possible que je l’aie dit aussi, comme tout le monde quand on est en bonne santé.

        Mais maintenant que j’y réfléchis, je préfère prendre mes précautions. Je ne voudrais pas qu’on me tue sous prétexte d’une phrase exprimée à la légère.

        Tant qu’à faire, je préférerais aussi qu’on me soigne dans un hôpital comme celui de Reims où on ne se donne même plus le mal de pratiquer des soins de kiné à ce pauvre Vincent Lambert depuis deux ans.

    • Vous êtes improductif pour la société et vous coûtez cher. Dans l’utopie libertaire, vous pourrez survivre dans état végetatif aussi longtemps que pourrez vous le permettre, i.e. aussi longtemps que vous aurez des fonds ou quelqu’un prêt à vous financer.
      Par défaut c’est la survie qui prime, avec une gentille sécu pour financer tout cela. Et dans le cas présent, le problème est plus lié à un contentieux familial qui perdure qu’à un acharnement de l’Etat à s’immiscer dans leurs vies. Laissez vos dispositions et elle seront respectées.

      Note personnelle : Il faudrait arrêter avec ce mot « dignement » il n’y a pas de chose plus digne qu’une autre. Ce mot n’est qu’une illusion. Mourir dignement, être soigné dignement… Quand vous avez un(e) infirmier(e) pour récupérer vos défécations, il n’y a rien de digne; tout comme mourir dignement, il n’y a pas de mort digne, seulement la mort.

      • Il faudrait arrêter avec ce mot « dignement » il n’y a pas de chose plus digne qu’une autre. Ce mot n’est qu’une illusion.

        Non, il fait parti des droits individuels, des libertés, dont l’exercice est par nature basé sur la subjectivité individuelle.

        La dignité est là où on la met; « on » étant l’intéressé (pas sa famille, pas ses médecins).

        La famille n’est que l’intermédiaire propageant le message de l’intéressé.

        Tout cela est simple, évident, et indiscutable. Il n’y a rien à discutailler.

  • En bref, une personne est handicapée, un texte de politiciens permet aux médecins de décider souverainement de le laisser sans soins, des fonctionnaires contrôlent l’application de ce texte, un tribunal supra-étatique va sans doute renvoyer la question à l’échelon étatique, tout cela dans un contexte de collectivisation des soins…

    Un problème tout de même dans l’application de la « loi ». Celle-ci parle d' »actes de prévention, d’investigation ou de soins ». Permettre de boire & de manger en fait-il partie? Pour M. Léonetti oui. Or, ce n’est pas la « loi » de M. Léonetti mais celle de la République Française & on peut l’interpréter autrement.

    • Les médecins ne décident rien au cas présent, ils se sont trouvés face à des demandes contradictoires de la famille de leur patient lequel n’est plus en mesure de s’exprimer.
      Une partie demandait l’arrêt des traitements maintenant en vie leur proche, une autre partie s’y opposait.
      Les médecins ont été amenés à déterminer si leur patient avait exprimé sa position sur l’acharnement thérapeutique, si son cas relevait de la loi etc…
      Alimenter et hydrater artificiellement une personne qui n’est plus en mesure de le faire de façon autonome permet de maintenir en vie, mais ce qui est un soin nécessaire quand la perte d’autonomie est provisoire peut être considérée comme relevant de l’acharnement thérapeutique quand la perte d’autonomie est définitive…

      • Je ne considère pas que nourrir quelqu’un soit de l’acharnement thérapeutique, même si la perte d’autonomie est définitive. Je considère que c’est tout simplement de l’humanité.
        Mais chacun son opinion, n’est-ce pas ?

        • « Nourrir » par sonde peut être douloureux.
          Et cela peut prolonger indéfiniment l’état dans lequel on se trouve. Alors humanité, je me demande …

          • Prolonger indéfiniment ? Non, c’est parfaitement impossible.
            Moi, je trouve qu’il serait très humain de continuer à me nourrir par sonde. Ne plus me nourrir me paraîtrait monstrueux.

            • « Indéfiniment » était excessif. Plusieurs années. Après, il y aura des infections qui vont s’installer, etc … qu’on va donc traiter.
              Ca peut prendre des années pour mourir et ce n’est pas forcément plus confortable pour la personne.
              Ca pose la question « c’est quoi, être vivant » ? Les organes qui fonctionnent (même pas tout seuls) ?

            • Personnellement, je préférerais qu’on m’achève que végéter ainsi. Et il ne s’agit pas seulement de stopper l’alimentation, mais aussi l’hydratation, avec injections de morphine pour supprimer la douleur. Après, il s’agit d’un choix individuel, dont l’Etat n’a pas à se mêler et que personne n’a à juger. Si chacun prenait ses dispositions assez tôt, cela faciliterait grandement les choses et éviterait des querelles juridiques sans fin. Si vous désirez être maintenue en vie coûte que coûte, c’est votre décision et elle n’est pas moins juste que celui qui a décidé d’en finir. Simplement, ce qui vous paraît monstrueux pour vous ne l’est pas forcément pour autrui. Et la pensée libérale, c’est: « Ok, ça me répugne, mais ai-je le droit pour autant d’obliger tout le monde à vivre selon mes principes? »

              • Bien sûr Sandra mais j’aimerais bien que mon choix d’être maintenue en vie ne devienne pas matière à culpabilisation et qu’il existe encore des structures où l’on soigne les gens avec humanité quand mon heure sera venue.

        • C’est votre droit pour vous même, sans aucune hésitation.
          La difficulté est que au cas présent l’intéressé ne peut plus s’exprimer et que l’avis de ses proches diverge.

        • Mais chacun son opinion, n’est-ce pas ?

          Certes, mais personne ne vous demande votre avis sauf concernant votre corps.

      • La loi prévoit ne prévoit qu’une consultation de la famille ou des proches.

  • jacqueshenry (le 25 juin 2014 à 9 h 12 min )a raison.

    Avant, la mort était partout, on tuait poules et cochons soi-même, on voyait la famille et les mais mourir dans nos propres maisons. A défaut de supprimer la mort, on l’a évacuée, écartée, renvoyée dans des lieux spécialisés. Mais ça ne suffit pas. La mort reste une réalité qu’il faut bien se coltiner …
    et pire encore : avant la mort était inévitable, on la subissait mais on n’avait pas à prendre de décision cornélienne comme le cas Lambert.
    On est arrivé à un point où la seule limite à la prolongation de la vie c’est la volonté des autres et les moyens financiers. et là, plus moyen d’évacuer la décision de tuer, ou de laisser mourir…

  • Moi aussi cette situation me dérange et c’est assez simple en fait.
    Cela fait plusieurs années que je me pose la question de l’euthanasie et j’ai interrogé beaucoup de praticiens hospitaliers qui m’ont plus ou moins dit que dans la réalité, tout était possible et faisable.
    Dc la discussion sur ce que je veux/veux pas est réglée.
    Ce qui me dérange ici est que tout le monde s’en mêle et y va de son petit commentaire. Cela pour moi, signifie que les personnes concernées directement ne savent pas pendre une décision et qu’elles se reposent sur les autres ( la société) pour le faire. Je ne connais ni sa vie, ni son histoire ce Mr Lambert et je serais bien incapable d’en dire quoique ce soit, à part débrouillez-vous!

    • @Mathilde de St Amour
       » Dc la discussion sur ce que je veux/veux pas est réglée. »
      Rien n’est moins sûr malheureusement… pour preuve, ce documentaire diffusé sur Public Sénat
      http://www.youtube.com/watch?v=RBMQJFziua8
      Le droit des malades est une notion nouvelle pour le corps médical et même quand le patient peut s’exprimer et demander l’arrêt des soins, avec l’accord de sa famille, le corps médical peut ne pas donner suite…
      Il est utile et nécessaire que le cas de Vincent Lambert amène des échanges et des interrogations, non pas sur le cas Vincent Lambert lui-même mais sur la position de chacun de nous face à la dépendance, à l’absence de conscience, à la perte d’autonomie, à l’utilisation de techniques permettant de nourrir, d’hydrater de faire respirer une personne dans l’incapacité de le faire, l’acharnement thérapeutique…
      En effet, plus les individus revendiqueront le droit de décider pour eux-mêmes, moins la société aura des motifs de s’en mêler.

      • Pour moi, c’est un cas à part, un exemple de l' »étatisme » et réfléchir à partir de ce cas me montre seulement que vous êtes des procrastinateurs.
        Des cas comme celui-ci sont rencontrés régulièrement à l’hôpital, dans les unités de soins palliatifs, les équipes s’organisent pour gérer, discuter, réfléchir, décider et accompagner et respecter la volonté des patients et de leur famille. Quand on est face à ce genre de situation, les décisions sont prises dans la plus grandes majorités des cas.
        Après ils se débrouillent et ils n’attendent pas la loi et le droit du patient pour agir.
        Je ne dis pas qu’il ne faut pas en parler, mais je pense qu’il n’y a pas à avoir de raison, ni d’un cas pour le faire.
        En plus je pense que le seul angle pour construire quelque chose sur l’euthanasie est celui de la loi pour aborder le sujet. Les coûts financiers, humains sont à prendre en compte. Le reste est pour moi, secondaire et individuel, généraliser est difficile pour moi mais j’ai envie de lire les avis de libéraux qui ont réfléchi sur cette question, avec curiosité!
        Je ne sais pas si j’ai été très clair, pardonnez moi!

        • Je suis un peu perplexe quand vous écrivez :
           » Quand on est face à ce genre de situation, les décisions sont prises dans la plus grandes majorités des cas. Après ils se débrouillent et ils n’attendent pas la loi et le droit du patient pour agir »
          Qui est « on » ? qui prend les décisions et lesquelles ? quid pour ceux qui ne sont pas dans « la plus grande majorité des cas » ? Qui se débrouille, les médecins qui seraient hors la loi et ne respecteraient pas la volonté du patient ?
          Quand une loi sur la fin de vie, les droits du malade et l’acharnement thérapeutique est en vigueur et que malgré cette loi, certains malades n’arrivent pas à imposer leurs droits et que d’autres sont l’objet de conflits intra-familiaux sur l’application de la loi, cela amène à inciter chacun à réfléchir et à prendre clairement position pour lui-même.

          • Le on: c’est le patient et sa famille ainsi que le corps médical qui l’entoure. Les acteurs principaux.
            Je suis simplement méfiante de ceux qui crient au loup, qui produisent de grands discours, qui médiatisent cette affaire qui m’obligent a y prendre part, il est où le libéralisme là?
            Vous pouvez dire que je suis sans cœur, pas compatissante, mais quand j’ai vu une femme parler de l’acquittement de ce médecin, je me suis dit  » oui et? » , Nadège est contente, ben moi ça m’a rien fait du tout, je suis restée de marbre. Je trouve cela presque malsain, mais je n’empêche personne d’en parler.
            Je dis simplement que je préfère observer ce qui ne parlent pas. Chacun son chemin!

      • @carredas

        « Plus les individus revendiqueront le droit de décider pour eux-mêmes, moins la société aura des motifs de s’en mêler » : la société n’a pas de volonté, il convient de parler des gens de l’Etat & ces derniers se mêlent souvent de votre vie sans que vous le leur demandiez.

        Dans l’affaire Lambert, le père & la mère de l’intéressé veulent qu’il soit alimenté. Où y a-t-il conflit sinon éventuellement avec les fonctionnaires hospitaliers & autres qui estiment qu’il y a acharnement, gaspillage d’argent public…?

        • J’ai repris le terme opinion car vous avez écrit  » mon opinion n’est pas faite »
           » Si Vincent Lambert avait laissé des directives, devrait-on empêcher ses parents de l’alimenter? »
          Ce ne sont pas les parents qui « alimentent » une personne qui n’est plus en mesure de le faire mais l’équipe médicale qui met en place une sorte de sonde gastrique.
          Quant à qualifier de violence le respect de décisions clairement énoncées cela n’engage que vous.

        •  » Dans l’affaire Lambert, le père & la mère de l’intéressé veulent qu’il soit alimenté. »
          Oui et sa femme et plusieurs de ses frères veulent tout arrêter.
          C’est le conflit entre les membres de cette famille qui a amené la justice à être saisie.
          Si toute sa famille était du même avis, quel que soit l’avis, personne n’aurait entendu parler de Vincent Lambert.

          • Je fais la distinction entre 2 situations.

            Actuellement, M. Lambert est vivant, n’a pas demandé à mourir, ses parents veillent sur lui & des médecins sont sans doute disposés à leur prêter assistance, y compris à Reims. Je ne vois pas pourquoi l’Etat devrait s’occuper de cette affaire. Si un voisin ne pouvait pas supporter ma tronche & demandait aux policiers municipaux de me tuer, faudrait-il examiner sa requête devant tous les tribunaux?

            Ensuite, j’émets l’hypothèse de directives anticipées & je me demande si elles auraient la même force qu’un testament par ex. Si aucune personne de l’entourage de l’intéressé de veut le débrancher, l’Etat doit-il désigner un bourreau?

  • Le cas de Vincent Lambert est en fait un cas limite. Le problème est que le maintien de l’alimentation et de l’hydratation peut être vu soit comme un traitement à proprement parler soit comme un soin nécessaire. Dans son état il n’a pas la possibilité de se nourrir et de s’hydrater, mais ses fonctions vitales sont assurées normalement.

  • Une fois de plus on sait de quel côté penche « Médème Letteron »…

    Elle oublie de mentionner que le débranchement de Vincent Lambert provoquera son agonie pendant un minimum de 3 jours…

    Mais bon, « Médème Letteron » étant probablement affilié au syndicat de la magistrature, elle doit donc savoir comment les gens vivent et meurent « dignement »…

    • le débranchement de Vincent Lambert provoquera son agonie pendant un minimum de 3 jours…

      Ah oui?

      La faute à qui?

      On ne sait donc pas tuer une personne rapidement? Trop compliqué?

    • Je ne vois pas en quoi ceci est une bonne mouvelle, et ce d’autant plus que ce médecin n’avait informé personne de ses intentions, alors même que certains de ces patients n’ont pas demandé expressément qu’il abrège leur souffrance par la mort. En ce cas, autant légaliser le meurtre compassionnel immediatement, ce sera plus simple.

      • Je suis de votre avis, acquitter un médecin qui pratique l’euthanasie ( illégale à ce jour ) sans concertation avec son équipe, sans demande des patients ou de la famille, c’est donner aux médecins le droit exorbitant de vie et de mort selon leur bon vouloir.
        Aucun médecin n’a à prendre de telles décisions seul quand bien même est-il mu par la compassion.

    • C’est hors sujet. Le Dr Bonnemaison a été acquitté parce que le tribunal a estimé qu’il n’avait pas eu l’intention de donner la mort.

  • « Ces témoignages sont un élément du dossier mais ne peuvent être suffisants pour affirmer l’existence d’une volonté réelle de Vincent L.  »
    La question n’est pas celle de sa volonté. Depuis quand le suicide est-il moral?
    Et puis ceux qui « veulent » se suicider par noyade appellent immédiatement au secours dès qu’ils commencent à se noyer…
    Je peux clamer haut et fort aujourd’hui que je ne veux pas rester inconscient de façon trop prolongée, mais qu’en sera-t-il quand je serai sur un lit d’hôpital?
    En conclusion, notre propre vie ne nous appartient pas (pas plus que notre naissance, d’ailleurs, que nous n’avons pas demandée).

    • Effectivement, la volonté ne suffit pas sinon il faudrait clairement laisser mourir tous les gens qui se suicident et ne surtout pas s’en mêler. Après tout, si on se place dans une logique de coût, cela ferait de belles économies. Si on se place dans une logique d’humanité, c’est un cauchemar.

      • () sinon il faudrait clairement laisser mourir tous les gens qui se suicident et ne surtout pas s’en mêler

        Oui, il faudrait…

    • Vous pouvez changer d’avis une fois sur un lit d’hôpital, ou pas… c’est votre vie et votre décision.
      Mais ce qui vaut pour vous ne vaut pas nécessairement pour d’autres, et d’autres que vous peuvent demander à ne pas être maintenus en vie grâce à divers tuyaux.
      Et en quoi voyez-vous un parallèle avec le suicide ?
      Il n’est question dans la loi Léonetti que de personnes dont le pronostic vital est engagé mais que la technique médicale peut maintenir en vie artificiellement, il ne s’agit pas de suicide, ni même de suicide assisté mais d’arrêt de traitements.

      • Le parallèle avec le suicide est pourtant simple à mes yeux. Il s’agit de la volonté de mourir, volonté de mourir qui à vos yeux et aux yeux de beaucoup de gens est primordial dans cette affaire.
        Vous dites à juste titre que des suicidés peuvent changer d’avis sur leur lit d’hôpital.
        Quid des malades ? Ne changeraient-ils pas d’avis eux aussi ?
        Dans le cas Lambert, le pronostic vital n’est pas engagé. Du moment qu’on le nourrit et l’hydrate, il est vivant.
        Et il y a bien là un problème, c’est que l’on considère que nourrir et hydrater quelqu’un artificiellement est un traitement. Et donc on arrête son « traitement ». Je ne vois pas du tout les choses comme cela. Cela me gêne beaucoup que le fait de nourri et hydrater un homme soit considéré comme un traitement.

        • Florence, j’ai l’impression que vous confondez vouloir mourir, en clair vouloir se suicider, et accepter la mort qui vient.

          Quand il n’y a plus de possibilité de continuer de vivre, quand vous faites face au délabrement ou à l’arrêt de vos fonctions vitales sans possibilité d’y remédier médicalement, et que vous l’acceptez, cela n’a rien à voir avec un suicide.

          Si je ne peux plus respirer par moi-même, et qu’on me branche sur une machine pour y suppléer, cela me convient si l’on sait que c’est temporaire, et en attendant qu’un traitement me permette de retrouver ma fonction respiratoire. Mais si on me branche alors que l’on sait, ou que l’on découvre après coup qu’il n’y a pas d’espoir tangible de rétablir ma fonction respiratoire, alors je veux qu’on débranche et qu’on me laisse mourir des suites de l’arrêt de mes fonctions vitales: cela ne serait alors en aucun cas une volonté de mourir, un suicide, cela ne serait rien de plus que d’accepter que ma vie se termine, que d’accepter ma mort.

          • Dr Slump, je ne confonds rien du tout.
            J’entends juste les gens annoncer qu’ils préfèrent mourir que vivre comme Vincent Lambert et que c’est ce désir de mourir qui doit primer.
            Si c’est le désir de mourir qui doit primer, on doit laisser les suicidés mourir. Si les gens se suicident, c’est parce que leur souffrance de vivre est insupportable. Vivre comme Vincent Lambert paraît pour certains comme insupportable. Ce que je comprends parfaitement. Personne n’a envie de se trouver dans une telle situation. Je ne prétends pas porter un jugement moral sur qui que ce soit.

            Je rappelle une fois de plus que Vincent Lambert respire naturellement. Ses fonctions vitales ne sont pas atteintes.

            Ce qui n’est pas du tout l’éventualité que vous évoquez. Dans cette éventualité, je pense comme vous que ce serait mieux de ne pas s’acharner plus que de raison sur mon cas. Et il n’est effectivement pas question de suicide dans ce cas-là.

            Rien n’est simple.

    • « En conclusion, notre propre vie ne nous appartient pas »

      C’est votre droit de penser ainsi, mais c’est mon droit de penser autrement, j’estime que ma propre vie m’appartient et j’adhère totalement à ce qu’en disent les libertariens : « … le droit moral exclusif, pour chaque individu, d’être maître de son corps et de régir sa propre vie comme il l’entend. »

      • Nadège, j’ai le regret de vous dire que votre vie ne vous appartient pas et c’est pareil pour tout le monde.
        Si notre vie nous appartenait, cela se saurait. Nous ne mourrions pas dans des accidents, de maladies, d’homicides …

        • Le moment de mourir ne nous appartient certes pas, pas plus que notre naissance, pas grand chose à redire là dessus. Mais je suis un être doué de conscience et de libre-arbitre. Je suis soumis à des déterminismes, à des pulsions et des obligations diverses, mais je suis libre quant à la manière de m’y adapter, et c’est même ma responsabilité. Quelles que soient les contraintes, j’ai le choix sur ma façon de vivre, et de ce point de vue, ma vie m’appartient. Il ne faut pas confondre vie et existence. Quelle existence a un être en état végétatif, inconscient, et incapable de pourvoir à ses propres besoins vitaux? Je vous pose la question.

          • Je vous propose de supprimer sur cette terre toutes les formes de vie végétative qui selon vous ne valent rien.

            Vous aurez la surprise de ne plus avoir besoin de vous suicider…

            • Vous vous méprenez sur le sens de ma question, ou alors je me suis pas exprimé de façon suffisamment claire. Je ne fais que poser une question! Je m’interroge, et j’interroge les autres voilà.

              Le cas de Vincent Lambert n’est pas simple, il soulève nombre de questions complexes, difficiles, car à la croisée des questions juridiques, affectives, éthiques, morales, philosophiques. Je ne prétends pas avoir de réponse définitive, que ce soit dans un sens ou dans l’autre.

              Et vous, vous prétendez y répondre de cette façon lapidaire, en joignant l’amalgame à ce qui m’a l’air d’être la plus parfaite mauvaise foi. Compareriez-vous l’existence d’une plante à celle d’un humain, ou même d’un chien?

        • « Nadège, j’ai le regret de vous dire que votre vie ne vous appartient pas et c’est pareil pour tout le monde. »

          Quel ton péremptoire et quelle suffisance ! prétendriez-vous vouloir m’imposer votre façon de concevoir MA vie ? libre à vous de croire que votre vie ne vous appartient pas, mais de grâce laissez aux autres la liberté de penser le contraire… ce qui me semble la moindre des choses de la part d’une libérale, non ?

          « Nous ne mourrions pas dans des accidents, de maladies, d’homicides … »

          Dans ce cas nous serions éternels : mdr !

          • Nadège,
            je ne prétends rien vous concernant. Mais je pense juste que dire « ma vie m’appartient  » est vide de sens pour moi. La vie n’est pas une chose. Je préfère parler de liberté. Le mot liberté me paraît parfaitement juste.
            Mais vous voulez penser le contraire, que la vie est une chose et qu’elle vous appartient, libre à vous.

        • Si, elle nous appartient comme nous appartient n’importe quoi que nous possédons et que nous pouvons perdre de manière accidentelle et inopinée. Ce n’est pas parce que vous pouvez perdre quelque chose que cette chose ne vous appartient pas.

          • Sauf, Pascale, que perdre la vie, c’est un petit peu différent que se faire piquer son i-phone. Les conséquences sont largement différentes. La vie n’est pas une chose.

            J’avoue ne pas comprendre les expressions  » mon corps m’appartient », « ma vie m’appartient ».

            Si on me dit « je suis libre », je comprends parfaitement ce que ça veut dire et j’adhère à 100 %.
            Mais « ma vie m’appartient », non vraiment, je ne le comprends pas.
            Pareil pour mon corps. Mon corps n’est pas une chose. Mon corps , c’est moi.

            • La liberté non plus n’est pas une chose. Qu’est ce qui permet de se déclarer vraiment libre? Avoir le droit de vote et la liberté d’entreprendre ne garantis pas que vous ne soyez pas soumis à des blocages, peurs, croyances entravantes…

              Et votre être ne se réduit pas à votre corps. Si vous êtes complétement paralysée, vous n’êtes rien? Votre corps, ce n’est pas vous, en tant que personne vivante et consciente. Ou alors pour vous la conscience, l’esprit, est le produit du corps?

              • Certes, mon être ne se réduit pas à mon corps. Mais sans corps, est-ce que j’existe ? Je ne suis pas un pur esprit. Je suis à la fois un corps et un esprit qui sont indissociables.

                Bien sûr que personne n’est libre à 100% Mais la notion de liberté a un sens précis.

  • « la loi Léonetti est peut être contestée, mais elle a au moins le mérite de permettre une décision. »

    Cette loi était sans doute une étape nécessaire préparant une loi mieux élaborée et surtout simplifiée. Elle est désormais dépassée et le reconnaître ne retire rien à ses mérites passés. Elle présente notamment le défaut de tourner autour du pot. En refusant l’usage des termes exacts décrivant la fin de vie volontaire accordée par un tiers, la loi Leonetti place les médecins et le personnel médical dans des situations impossibles justement dans les cas les plus difficiles. Ce faisant, elle aboutit à l’inverse de ce qu’elle prétend, à savoir la poursuite d’un acharnement thérapeutique déraisonnable.

    Mais il faut toutefois prendre garde. Une loi sur la fin de vie n’a de sens que dans le cadre d’une médecine réellement libérale, tant pour la production des soins que pour leur financement (assurances santé). En effet, on imagine sans mal les dérives d’une médecine fonctionnarisée, étatisée, agissant plus ou moins directement sur ordre d’une administration pour laquelle la gestion prévaut toujours sur la médecine. Une nouvelle loi sur la fin de vie ne peut donc être acceptable sans garantir en parallèle la privatisation et la mise en concurrence systématique des producteurs de soins et de ceux qui les financent.

    • Je ne peux qu’approuver à 100 % votre dernier paragraphe.

    • C’est une mauvaise loi car elle permet à des médecins de décider si l’état d’une personne nécessite de l’aider à vivre ou de la laisser mourir. En outre, l’interprétation de la loi a pour conséquence de laisser mourir des gens de soif & de faim.

      Il faut une immunité pour la personne qui provoque la mort d’une autre avec le consentement de celle-ci.

  • La France est un havre de paix et de sérénité, calme, luxe et volupté : un juge administratif décide maintenant qui doit s’alimenter et s’hydrater et qui doit arrêter. Nous sommes entre de bonnes mains.

    Un juge administratif fait la leçon aux médecins en expliquant que décidément nourrir et donner à boire, ce sont vraiment des pratiques intolérables qui attentent à la dignité humaine et que ces pratiques médicales extrêmes doivent cesser séance tenante!

    Heureusement que ce juge administratif nous protège de ces pratiques infâmes!

    La France sociale sait protéger ses citoyens!

  • Sommes-nous propriétaires de notre vie et de notre corps?

    Les avons-nous achetés, disposons-nous d’un contrat notarié qui nous en donne la propriété et la jouissance,

    • Quand bien même nous n’en serions que locataire, que nous en aurions donc la responsabilité, et par conséquent la liberté de choix qui va avec, non?

      • Votre propriétaire va être content que vous foutiez en l’air sa maison!

        • J’ai parlé de liberté, et avant cela de responsabilité. Vous avez décidé de vous payer ma figure? Vous ne cherchez pas à comprendre, ni à débattre, vous ne faites que tourner en ridicule ce que je dis par des réponses hors de propos, sophismes et comparaisons plus que douteuses. Comparer le fait de disposer de son existence et de son corps à de vulgaires considérations contractuelles de notaire, ce n’est pas libéral, c’est insultant, méprisant et typiquement étatiste.

        • @Theotimedesavoie

          Considérez-vous que la vie est sacrée, qu’elle est un don de Dieu ?
          Cela éclairerait vos propos.

          • Oui, je suis croyant mais cela ne change rien.

            C’est un don de Dieu, de la nature ou du hasard et de la nécessité : peu importe, nous n’en sommes ni maîtres, ni propriétaire.

            • « Oui, je suis croyant mais cela ne change rien. »

              Au contraire, cela change certaines choses, pour le moins. A mon avis, cela éclaire sur vos prises de position, auxquelles je trouvais un semblant d’intégrisme. Ou d’extrémisme, si vous préférez.

              • Comme vous y allez Dr Slump !
                Theotimedesavoie a juste pratiqué un peu d’ironie de manière un peu lapidaire. Le traiter d’extrémisme me paraît assez extrême. Il se peut qu’il soit tout simplement occupé à autre chose, qu’il soit de mauvaise humeur, qu’il s’amuse ou je ne sais trop quoi d’autre.

              • N’est-il pas non plus extrême de traiter d’intégriste un homme qui se dit juste croyant ?
                Qui est intolérant pour le coup ?

                • Je suis beaucoup moins radical qu’il ne l’est dans certaines de ses réponses. J’avoue que ce n’est pas simple, que je n’ai pas de réponses définitives, ce que lui, comme vous d’ailleurs, ne semblez pas admettre: vous ne cessez d’asséner que nous ne sommes pas propriétaire, ou maître, ou ce que vous voulez de notre vie et de notre corps. Cela me semble radical, et faire fi de toute la fragilité et la difficulté d’appréhender ce que sont la vie, au sens large, l’existence, au sens individuel, le corps, la santé, etc.

                  Et je parlais de tout cela au sens large, pas dans le cas particulier de Vincent Lambert, dont je ne connais pas tous les tenants et aboutissants, et dont la complexité est telle qu’il cause un conflit juridique, avec de multiples avis contradictoires, expertises, remises en question, et ce depuis plusieurs années!

                  Mais vous, vous savez, vous auriez la réponse, qui émanerait de Dieu soi-même et ne souffrirait aucun débat? Qui serait intolérant là? Et cela alors que je n’ai jamais dit que j’étais pour l’euthanasie! Ou alors est-ce simplement que vous ne lisez pas assez attentivement ce que j’écris?

                  • Mais Dr Slump, les mots ont un sens. ouvrez un dictionnaire et regardez le sens du mot appartenir. Regardez le sens du mot « propriétaire ».
                    Si utiliser la langue française correctement est de l’extrémisme, on est vraiment mal barré.

                    Théotime n’a absolument JAMAIS dit quelque chose qui ressemble à ce que vous dites « la réponse, qui émanerait de Dieu soi-même et ne souffrirait aucun débat? »

                    • C’est ce que vos réponses semblent exprimer clairement : que notre vie et notre corps nous sont donnés par une entité/déité supérieure, et que par conséquent nous n’avons aucun droit d’en disposer selon notre gré. Je trouve cela extrême, je peux, oui?

                      Je cite:  » C’est un don de Dieu, de la nature ou du hasard et de la nécessité : peu importe, nous n’en sommes ni maîtres, ni propriétaire. »
                      Et vous:  » Nadège, j’ai le regret de vous dire que votre vie ne vous appartient pas et c’est pareil pour tout le monde. »

                      Et je n’ai JAMAIS traité Théotime d’intégriste.
                      Je me cite:  » A mon avis, cela éclaire sur vos prises de position, auxquelles je trouvais un semblant d’intégrisme. Ou d’extrémisme, si vous préférez.  » Vous saisissez la différence?

                      Et depuis le début, j’exprime que nous ne sommes pas totalement maître de notre vie, mais assez libre d’en faire ce que l’on veut.
                      Et je suis maitre de mon corps, propriétaire, au sens capitaliste, non, au sens moral, je ne sais pas, et pour moi ça n’a aucun sens, au sens utile, oui: si je veux me tatouer un diable grimaçant ou un Christ en majesté, je peux, et c’est mon droit et ma liberté, quitte à accepter d’en subir de la désapprobation. Si je veux lever le bras, je lève mon bras, si je veux prendre le risque de nuire à sa santé ou son intégrité, itou. C’est bon c’est clair maintenant?

                    • Dr Slump
                      mais dites-moi donc d’où nous vient la vie si elle ne nous vient pas de l’extérieur ? Nous ne sommes pas les créateurs de notre propre corps, de notre propre vie. Alors oui, la vie nous est donnée. Où est l’extrémisme ?
                      Votre corps c’est vous. Vous ne pouvez pas être propriétaire de vous-même.
                      Si vous prenez le risque de nuire à la santé de votre corps, c’est à vous que vous nuisez.
                      Mais qui a dit ici que vous n’auriez pas le droit de disposer de votre corps, de vous tatouer etc . ?

              • Oui, c’est bien dans l’air du temps de traiter les chrétiens d’intégristes mais de se taire face à d’autres religions…

                • Etes-vous tous d’accord pour dire: je suis libre de disposer de mon corps dans la mesure où je suis la personne la mieux placée pour savoir ce qui est bon pour lui?

                  Il y a l’influence de Dieu (pour ceux qui y croient), de la nature, du milieu social… mais aucune personne ne peut porter atteinte à mon corps sauf cas de légitime défense.

                  Je n’emploierais pas les termes de « propriétaire » & « locataire » pour le corps. Je nourrirai, laverai, soignerai un bébé sans qu’il me le demande, & même s’il semble exprimer un refus. Je n’en suis pas pour autant propriétaire…

    • Invictus

      Dans la nuit qui m’environne,
      Dans les ténèbres qui m’enserrent,
      Je loue les dieux qui me donnent
      Une âme à la fois noble et fière.

      Prisonnier de ma situation,
      Je ne veux pas me rebeller,
      Meurtri par les tribulations,
      Je suis debout, bien que blessé.

      En ce lieu d’opprobre et de pleurs,
      Je ne vois qu’horreur et ombres
      Les années s’annoncent sombres
      Mais je ne connaitrai pas la peur.

      Aussi étroit que soit le chemin,
      Bien qu’on m’accuse et qu’on me blâme :
      Je suis maître de mon destin ;
      Et capitaine de mon âme.

      William Ernest Henley

      • Très beau poème.
        Mais si je puis me permettre, il ne dit pas  » ma vie m’appartient, mon corps m’appartient » mais « je suis maître de mon destin, capitaine de mon âme ». C’est différent et j’y suis beaucoup plus sensible car j’y trouve un sens.

        • A mon sens il dit la même chose que vous, mais en employant des termes différents. C’est qu’on se rend compte de l’importance de s’accorder sur le sens des mots, leur définition.

      • Magnifique ! quitte à me faire ramasser par certains (au vu de leurs commentaires), je me permets d’ajouter que W.E. Henley avait reçu une éducation non religieuse et que l’église a vivement critiqué son poème.

      • Ohhh quel beau poème Dr Slump, vous faites vagabonder mon imagination là 😉
        Et voilà vous avez séduit toutes les femmes qui commentent cet article, ahah!

    • Je suis contente de trouver quelqu’un qui me comprenne !

    • Nadège, dites-moi, pourquoi le maintien en vie de Vincent Lambert vous dérange-t-il tant ?
      On dirait que cela vous chagrine vraiment qu’on ne le tue pas immédiatement.

      • « Nadège, dites-moi, pourquoi le maintien en vie de Vincent Lambert vous dérange-t-il tant ?
        On dirait que cela vous chagrine vraiment qu’on ne le tue pas immédiatement. »

        Là, vous dépassez les bornes ! alors, pour reprendre vos propres termes :

        « j’ai le regret de vous dire »

        que vous êtes non seulement complètement tarte, mais en plus malveillante pour me prêter de tels sentiments.

        • Alors que vouliez-vous dire quand vous écriviez « Voilà qui va en réjouir certains » ?
          De la pure bienveillance ou de l’intelligence pure ? Les deux à la fois, certainement.

  • Article faisant une bonne synthèse;dommage qu’ une pointe de partialité apparaisse au sujet des convictions religieuses des parents.En effet, si ces dernières ont pu influencer la décision des parents, il serait juste alors de mentionner celles qui ont influencé l’ épouse et le fils. Cependant, vous êtes loin du grand concert de manipulation journalistique auquel vos confrères s’ adonnent ces derniers temps.

  • Je ne sais pas si certains on relevé comme moi une contradiction chez les proches qui veulent faire mourir ce pauvre garçon, mais ces derniers estiment qu’ il est inhumain de maintenir en vie « quelqu’un qui souffre de cette manière » et plus tard de déclarer qu’ il est inhumain de le maintenir en vie quelqu’ un dont l’ activité cérébrale ne permet plus d’ être conscient.
    Il me semble que pour souffrir, il faut un minimum d’ activité cérébrale, non?

  • Une famille se déchire autour d’un être qui leur est cher.
    En tant que maman et mamie je pense déraisonnable de faire souffrir ses autres enfants, bien vivant et ne demandant sans doute qu’à être aimés et compris de leur parents .
    La religion, comme toujours, n’est que source de discorde.
    Aimer c’est vouloir le bonheur de l’autre .
    Est-ce vraiment aimer son enfant que de vouloir le garder en vie à tout prix? (pour soi peut-être?)
    Les grandes questions philosophiques sont évidements importantes, mais ne faut-il pas
    chercher au fond son cœur pour des parents?
    C’est évidemment extrêmement difficile.
    Tant de souffrances pour…………

    • Vous ne semblez pas être au courant des informations de base sur Vincent Lambert :
      1) Il est seulement handicapé, lourdement handicapé mais rien d’autre
      2) Il respire, dort, se réveille, mange, pleure, sourit : Il COMMUNIQUE
      3) Pour des raisons de commodité pour l’équipe soignante il est alimenté par sonde gastrique
      4) Il ne souffre pas physiquement, à cause de sa tétraplégie qui l’empêche de ressentir ses membres
      5) Il est maltraité par l’équipe soignante : plus de kiné depuis deux ans, plus d’orthophonie, pas de sorties
      6) Le médecin refuse de le laisser partir dans un autre service

      Dès lors en tant qu’être humain, sans même parler d’être sa mère, vous sentez-vous le droit de le tuer en le faisant mourir de faim et de soif ?

      Parce que Vincent Lambert N’EST PAS en réanimation ni rien de ce genre.

      Le truc qui gène vraiment les médecins et les partisans de sa mort c’est qu’ils n’arrivent pas à avoir une relation « normale » avec lui. Le Dr Kariger a dit que la vie c’était être en relation et que comme Vincent Lambert n’avait pas de relations il était un mort-vivant.

      Ceci appelle quelques remarques :
      1) Le Dr Kariger prend son cas pour une généralité : c’est lui qui n’arrive pas à avoir une relation avec Vincent Lambert. Il devrait pourtant savoir que le seul fait de regarder une chose ou une personne créé une relation qui change les deux protagonistes… On apprend ça en physique quantique au lycée…
      2) Quelle est la définition de relation ?
      3) Un langage parlé ou assisté par une machine est-il nécessaire pour communiquer ? Si oui il y a une confusion grave entre relation et facilité de communication. Un mère est en relation avec son enfant avant la naissance et pourtant ni parole ni machine…

      Sur le fond du problème il y a un cartésianisme diffus et inconscient des « animaux machines » qui assimile le vivant à un automate piloté par une machinerie complexe, le cerveau. Dès lors que l’automate n’est plus pleinement fonctionnel, comme automate il doit être mis au rebut.
      Mais la vie humaine est avant tout une vie spirituelle qui s’exprime à travers un corps de chair. Elle n’est donc pas purement biologique, même si elle est indissociable du corps. Et cette vie est effectivement un don, tout comme l’univers entier qui n’a pas en lui-même la cause de son existence.

      Donc le cas de Vincent Lambert, comme toutes les expériences qui nous font toucher du doigt les limites de notre univers nous rappelle que nous ne somme pas totalement autonomes. Auto-nome c’est être à soi-même sa propre norme, écrire ses propres règles de fonctionnement, ce qui n’est le cas ni de l’univers ni des humains. Nous constatons l’existence de ces règles et nous essayons de les décrire avec les différentes sciences. Mais nous ne décidons pas plus des lois de la biologie que de celles de la logique ou des mathématiques. Le triangle est triangle sans nous. Le principe de non-contradiction est la base du fonctionnement de notre intelligence avant que nous nous en rendions compte.

      Vouloir échapper à ces règles constitutives avec des assertions du genre « mon corps m’appartient » est donc parfaitement ridicule. A ce titre les gens qui se gargarisent de droit à mourir et autre fadaises devraient être cohérent et s’appliquer immédiatement ce droit à mourir. S’il ne le font pas c’est donc qu’ils ne sont que des sophistes et doivent être traités comme tels : en refusant de parler plus avant à ceux qui considèrent qu’ils ont le droit de se donner la mort. S’ils sont morts dans leur tête, je les prends au mot et je ne perds pas mon temps à causer à des cadavres ambulants.

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