La FDA vient-elle de bannir le fromage européen ?

Aux États-Unis, la Food & Drug Administration (FDA) utilise ses pouvoirs exorbitants pour interdire l’import de pans entiers de la production alimentaire mondiale, pourtant réputée.

Par K. William Watson pour le Cato Institute

Jusqu’ici, la principale préoccupation des fromagers européens était d’établir des « indicateurs géographiques » empêchant les entreprises américaines d’utiliser des noms comme gorgonzola, feta ou parmesan. Mais en quoi le nom du produit est-il important si personne n’a le droit d’en manger ? Une récente décision de la Foods and Drug Administration (FDA) de bannir les fromages vieillis sur planche à bois pourrait potentiellement bloquer la majeure partie des importations depuis l’Europe.

Cela semble faire partie d’une croisade étrange contre le fromage savoureux. L’an dernier, la FDA avait ciblé le fromage de mimolette, inspirant des commentaires informatifs et une vidéo de mes collègues du Cato Institute. La raison invoquée était que la croûte de la mimolette pouvait contenir des traces d’acariens, une bestiole inoffensive essentielle à la création de certaines saveurs.

La FDA est désormais passée à plein régime et a banni tous les fromages vieillis sur planche de bois. Selon l’agence :

La structure poreuse du bois lui permet d’absorber et de retenir des bactéries, qui colonisent non seulement la surface, mais aussi l’intérieur du bois. Les étagères et planches utilisées pour le vieillissement sont en contact direct avec les produits finis, pouvant ainsi être la source potentielle de micro-organismes pathogènes dans les produits finis.

fromages sur boisEst-ce que placer de la nourriture sur du bois la rend trop dangereuse pour être mangée par des humains ?

Si c’est un problème pour les fromagers artisanaux des États-Unis, cela pourrait avoir de sérieuses répercussions sur les imports de fromage depuis l’Europe. Selon le blog Cheese Underground, la majorité des fromages importés aux États-Unis sont vieillis sur bois.

Les entreprises américaines se plaignent souvent que les régulateurs européens sont trop prudents lorsqu’il est question de nouvelles méthodes de production de nourriture avec des modifications génétiques ou des hormones de croissance. La complainte principale est que les régulations européennes sont basées sur une peur irrationnelle de la nouveauté et non sur des raisons scientifiques. Des pratiques courantes aux États-Unis sont interdites en Europe, empêchant les producteurs américains de vendre leurs produits outre-Atlantique.

La FDA est apparemment plus intéressée à éradiquer les méthodes plus traditionnelles. Est-ce que la « science » peut justifier la criminalisation de techniques de production clairement sûres qui sont utilisées pour améliorer la qualité d’un produit ?

Les différences de réglementation sont un problème critique dans les négociations actuelles sur un accord de libre-échange entre les États-Unis et l’Union Européenne. Alors que les négociateurs américains poussent les européens à adopter une approche plus scientifique, les négociateurs de l’Union Européenne devraient peut-être réclamer un peu plus de bon sens.

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