Fiat perd 10 000 euros par voiture électrique vendue

Sergio Marchionne

Pour Sergio Marchionne, PDG de Fiat-Chrysler Automobiles, la production de voitures électriques est du « masochisme industriel ».

Par Patrick George

Sergio Marchionne

On dit que chaque fois qu’une cloche sonne, un ange perd ses ailes. De même, chaque fois que quelqu’un achète une Fiat 500e électrique, Sergio Marchionne perd 10 000 euros. C’est ce que Marchionne, PDG de Fiat-Chrysler Automobiles, célèbre pour ses remarques au débotté, a déclaré il y a quelques jours dans un débat sur les séquelles du plan de sauvetage de la Brookings Institution à Washington.

Ce n’est pas souvent que le principal manager d’un constructeur automobile vous dit qu’il préfère que vous n’achetiez pas une de ses voitures. « Si vous envisagez d’acheter une 500e, j’espère que vous ne l’achèterez pas, parce que chaque fois que j’en vends une ça me coûte 14 000 $1», a déclaré Marchionne.

La 500e est amusante, intéressante et puissante, et elle obtient l’équivalent électrique de 116 miles par gallon (2 litres aux 100 km). Malheureusement, Fiat-Chrysler prend un bouillon sur toutes les ventes. Déjà l’année dernière, Marchionne disait qu’ils allaient perdre 7000 euros sur chaque 500e vendue, ce qui doit compliquer les choses à grande échelle. « Masochisme industriel » est le terme qu’il utilisait alors !

Pourquoi les pertes ont augmenté de 3000 euros depuis n’est pas clair, mais les coûts de production pour la 500e restent assez élevés pour Fiat-Chrysler. La voiture est vendue 32 300 $ aux États-Unis (23 600 euros) avant les primes à l’achat, et peut être louée pour 199 $ par mois seulement.

Heureusement, les pertes ne devraient pas être trop importantes. Vous ne pouvez acheter une 500e qu’en Californie pour l’instant, et c’est en grande partie en raison du zéro émission de CO2, obligatoire pour un véhicule d’État.

Eh bien, maintenant nous savons comment acculer Fiat-Chrysler à la faillite s’il le fallait : rendons-nous en Californie et achetons tous des Fiat 500e. Voilà qui est bon à savoir.

Source : Jalopnik.com – Traduction : Jean-Pierre Cousty pour Contrepoints.

 


 

Et pendant ce temps, les mêmes causes produisant les mêmes effets…

Mia : l’échec cuisant de Ségolène Royal

Elle rêvait de constituer une filière de la voiture électrique en Poitou-Charentes, investissant des millions. Mais l’expérience a tourné au fiasco. Article du 14.05.2014 à lire sur Le Point.fr.

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Ségolène Royal avait fait de Mia sa voiture officielle.

 

Sauf que l’on parle d’argent public engagé et perdu : « Dernier avatar en date de la micro-voiture électrique, chère à Ségolène Royal… avec  l’argent public ! Mia Electric (ex-Heuliez) devrait être repris. La présidente PS du Conseil régional de Poitou-Charentes, actionnaire à 11,88% de Mia Electric, se déclare  « très satisfaite ». »

Un article du Monde du 12.03.2014, titré « Liquidation judiciaire pour la voiture électrique chère à Ségolène Royal », expliquait les déboires du constructeur Mia Electric, malgré le soutien de la région : « Résultats : seules 201 Mia ont été immatriculées en 2013, selon les relevés officiels. Bien loin des 700 à 900 visées initialement par Mme Boos, et des 12 000 unités par an attendues à une époque. »

Au vu de l’expérience de Fiat, de ce que Mme Royal a réalisé avec Mia et de ce qu’elle compte faire avec sa « transition énergétique » relancée ce 8 juin, on peut avoir quelques inquiétudes concernant les orientations économiques et écologiques prises par la France.

  1. 14 000 dollars = environ 10 000 euros.