Tous les riches ne sont pas forcément méchants

Bill Gates fait-il de la com’ ou a-t-il simplement décidé librement d’être généreux, avec les moyens qui lui sont propres ?

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Tous les riches ne sont pas forcément méchants

Publié le 24 avril 2014
- A +

Par François Ménager.

LeMonde.fr publiait il y a quelques semaines une courte entrevue avec le fondateur de Microsoft, Bill Gates, aujourd’hui reconverti dans la philanthropie. Je vous invite chaleureusement à regarder cette vidéo d’à peine huit minutes disponible ici, où il expose brièvement une vision positive de la mondialisation.

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Pour ma part, je trouve surtout réjouissant de voir cet homme aussi riche que puissant faire le tour des popotes planétaires au service des plus pauvres, et répondre tout simplement et sans hésitation à la question de la journaliste, visiblement excitée par l’attente du prochain rêve brillant sans fil à écran mou, « Quels sont les changements majeurs que vont nous apporter les nouvelles technologies dans la prochaine décennie ? »

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« des vaccins. »

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Et d’ajouter, comme en s’excusant et pour se justifier d’être si trivial :

« La chose la plus importante, sur le plan de l’inégalité, ce serait un vaccin contre le paludisme, le sida, la tuberculose, et quelques autres vaccins. »

Eh non, pour Bill Gate, ce n’est pas le big data, le cloud, les Google Glass. C’est tout simplement l’accès du plus grand nombre à la santé.

Et ce n’est pas seulement pour la forme ou le bon sentiment : Bill Gates étaye ensuite ce propos nullement gratuit. Ces vaccins permettront à des populations protégées aujourd’hui de vivre sans séquelles demain, et de contribuer aux économies des pays pauvres, au lieu de peser sur elles. Raisonnement simple, terre à terre, qui ne sépare pas l’économique de l’intention généreuse. Car l’économie, tout simplement, c’est l’intendance de la vie.

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« Esclavagisme ! » dirons peut-être certains, « Visée bassement utilitaire et inhumaine » hurleront peut-être d’autres. « La santé est un droit inaliénable de l’homme qui ne saurait se monnayer contre une quelconque contribution au système économique » cracheront enfin les amateurs de phrases longues. Et pourtant, quelle contribution à la fois simple et immense à la liberté, que de donner à chacun la possibilité de vivre, et surtout de vivre de son travail.

Et Bill Gates de balayer d’un clignement de paupière, certes enjoué, mais justement enjoué comme face à des joujoux d’enfants, ce qu’ils sont, les prochains gadgets technologiques qui distrairont le monde riche. Lui compris, d’ailleurs, son enthousiasme à les évoquer, en seconde place, le dit assez.

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Mais, nous laisse t-il comprendre, l’essentiel est ailleurs.

Combien d’entre nous, à fortune bien moindre, se comportent bien davantage que lui en hommes de biens ? (Et non de bien)

Que cette déclaration soit spontanée ou savamment travaillée, le symbole reste puissant

Et au delà du symbole, peu importent les procès d’intention qu’on ne manquera pas de lui faire, l’exemple qu’il choisit de donner et l’action concrète qu’il mène restent une contribution bien plus utile que bien des discours généreux (celui-ci compris, d’ailleurs).

Oui je suis riche. Mais voyez-vous, les riches ne sont pas forcément incapables de bien employer leurs ressources. Au contraire, même, comme le prouve le simple fait qu’ils se sont enrichis. Comme le souligne Bill Gates, leur action, différente de celle des États et des ONG, leur est complémentaire, et peut apporter quelque chose dont ces derniers sont incapables. C’est pour cela qu’ils sont utiles, les riches, au moins autant que n’importe quel homme. Et que l’État ne devrait donc pas tenter de les éliminer. Ils apportent l’innovation, d’abord. Puis une certaine logique d’action, un pragmatisme économique, propre au secteur privé. Cette logique, c’est la croyance au mécanisme du marché :

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Y en a-t-il que cela choque ? Il ne pense donc qu’au marché, cet homme ? Pourtant, on n’a guère trouvé mieux que le marché pour allouer nourriture, médicaments, éducation, et stabiliser des systèmes politiques.

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Encore une affirmation étonnante, n’est-ce pas ? Je ne pense pas que Bill Gates touchera personnellement une part de ce retour sur investissement. S’il la touchait, ce serait une juste rétribution des 4 milliards de dollars que sa fondation consacre chaque année au développement. Mais il est bien évident que ceux qui tireront le plus grand bénéfice de cet investissement, ce sont les hommes et les femmes qui connaîtront la paix, la satiété, la santé, et la possibilité d’éduquer leurs enfants dans un environnement stable et sain, grâce à un investissement économique bien conduit.

Logique de marché et inégalités

Le système construit autour du capitalisme, du gouvernement, de l’innovation scientifique a effectivement élevé le niveau des gens, et il est juste de dire que cette élévation s’est produite d’une façon inégale, déclare Bill Gates : « Il y a trois cents ans, nous étions peut-être plus égaux : égaux dans la pauvreté, avec une espérance de vie moitié moindre, presque tout le monde était illettré, plus de la moitié des enfants mouraient avant 5 ans ».

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En multipliant les richesses par le travail et par l’innovation, comme on démultiplie la force grâce aux pignons d’un vélo, on a effectivement accru les différences : ceux qui étaient branchés sur le grand pignon arrière ont augmenté moins vite que ceux qui étaient sur le petit, quand on est passé du petit au grand plateau avant. C’est mathématique. Mais ils ont augmenté tout de même. À vrai dire, l’important est que tout le monde s’est élevé : le niveau de vie a augmenté pour tout le monde.

pignon

Sortie de route

De ce point de vue, je le note en passant, quand on voit l’incapacité d’une majorité de Français à utiliser correctement une chose aussi simple qu’un dérailleur de vélo, y compris dans les plus hautes sphères de la société, on ne peut qu’être inquiet pour l’économie de ce pays.

Et, toujours en passant et en pédalant, quitte à sortir légèrement de la piste cyclable, l’initiative publique du point de vue cycliste est tout à fait révélatrice d’un certain état d’esprit : les vélos en usage libre type Vélib’, Vélov’ et autres disposent d’un dérailleur monobloc totalement opaque et contraint… Toujours le même dilemme entre dirigisme et liberté ! Par défaut, contraignons les utilisateurs, qui ne peuvent être qu’idiots ou mal intentionnés. Je sais bien qu’il n’est pas envisageable de produire des machines trop fragiles, ainsi exposées au public. Mais que croit-on que crée ce système ? Des hommes libres ? Ou des esclaves ?

Voilà un exemple de nivellement par le moyeu moyen (c’est-à-dire le bas) qui ne manquera pas de dresser sur leurs têtes les cheveux, déjà un peu tirés par mes soins, des lecteurs de Contrepoints. Voilà la hantise des systèmes à deux vitesses. Et après on s’étonne que certains ne rêvent que de s’échapper du système. Pourtant, plus il y a de vitesses, adaptées aux situations différentes, plus le système est efficient, et profite à tout le monde. Si l’on veut empêcher les plus rapides d’aller trop vite, il faut bien voir qu’il est impossible de découpler les autres (sauf à scier l’essieu, mais alors on n’avance plus du tout), et qu’alors on ralentit tout le monde.

C’est ce qu’avez bien compris Deng Xiaoping, qui déclarait au peuple chinois en 1992 :

« Enrichissez-vous ! »

Non pas parce que l’argent fait le bonheur, mais parce que l’enrichissement des uns entraîne celui des autres, l’enrichissement des riches et des pauvres procède du même mouvement, et que c’est le seul moyen de sortir de la misère. Les Chinois le savent désormais d’expérience, et s’en accommodent.

Pour ceux à qui la métaphore vélocipédique donne des vertiges, essayons-nous à une modélisation mathématique du dimanche (de Pâques) :

Imaginons un modèle simple ou les richesses sont multipliées au cours du temps :

slide14

Mais c’est encore trop facile. Chacun sait que dans la réalité, le capitalisme est si pervers que les riches s’enrichissent en fait plus vite que les pauvres. Très bien, c’est simplement qu’au lieu d’avoir une multiplication, nous avons une fonction exponentielle. Ou encore : le nombre de pignons supplémentaires lorsqu’on change de braquet n’augmente pas de façon linéaire, mais croît plutôt de plus en plus vite.

Pas de problème, voyons ce que cela donne avec une exponentielle :

slide24

Est-ce vraiment l’essentiel en effet ? Dans cette modélisation très grossière, ne voit-on pas que l’important, en fin de compte, c’est tout de même que la richesse des pauvres a été multipliée, dans ce modèle très grossier, par rien moins que 10 ?

L’exemple du vélo, bien sûr, ainsi que ce petit modèle, ne prétendent être rien d’autre qu’anecdotiques. Pourtant, je crois profondément que contrairement au baratin courant qui ne sert qu’à obscurcir et manipuler les esprits, l’économie repose sur des phénomènes très simples, compréhensibles par tous. À condition qu’on en fasse l’effort.

Capitalisme et liberté versus socialisme et contrainte

En réalité, tant qu’on laisse les gens libres d’utiliser leur propre vélo privé, avec autant de pignons qu’ils le souhaitent, à côté du système public, alors tout va bien. Mais justement, le problème des idéologies sociales, c’est qu’elles ne tolèrent pas tellement l’initiative privée, et font trop confiance à l’organisation centralisée et obligatoire des États. En matière d’assurance maladie par exemple.

La logique du marché, au contraire, c’est qu’il fonctionne sur le libre assentiment des acteurs. La liberté est intrinsèque au marché : il n’y a pas de liberté sans marché, ni de marché sans liberté. Comment ferais-je un choix libre, si je n’avais plusieurs choix ? Un marché sans liberté, ce n’est tout simplement pas un marché. Autrement dit : le marché n’est rien d’autre qu’une modélisation de notre liberté : en permanence, nous devons faire des choix, et nous arbitrons entre des possibilités diverses.

Ce qui est magnifique, c’est que dans ce contexte libre, il n’est du tout exclu que les individus se mettent d’eux-mêmes à être généreux. Non, ce n’est pas utopique ; oui cela existe réellement ; non Gates ne fait pas que de la com’, il a simplement décidé librement d’être généreux, avec les moyens qui lui sont propres ; tout comme d’ailleurs une infinité d’autres avant lui.

Je vous pose donc la question : si l’on décide que c’est à l’État, et à lui seul, de prélever les richesses de force (par exemple 75% d’un revenu individuel, ou, de manière moins polémique, quelques 56% du PIB) et de les redistribuer à sa façon, promeut-on vraiment la générosité individuelle, personnelle et libre, spontanée et innovante, qui seule peut venir à bout de la misère, comme le promet Gates pour 2035 ? Ce que l’on veut mettre en place, finalement, est-ce systèmes (avec leur lot de défauts bien connus : complexité, rigidité, gaspillages), contraintes et uniformité, ou bien liberté, confiance, et générosité ?


Sur le web.

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  • 10 000 – 100 = 99 900, really ?

    • C’est à l’image de Bill Gates, qui contrairement aux idées reçues n’a jamais brillé sur le plan technique mais est un génie du marcketing. Du coup quand il vient nous vendre du libéralisme, j’en viendrais presque à douter de son efficience réelle.

  • Je pense que la question de savoir si les riches sont des gentils ou des méchants n’a pas de sens tant le contexte est mis à l’écart.
    « Je vous ai coupé la jambe plutôt que de vous tuer, je suis un mec plutôt cool non ! Après tout je vous laisse la vie sauve, cessez donc de vous plaindre ! »
    D’une part, imaginez cette phrase prononcée par un inconnu assez tordu qui vous a kidnappé.
    D’autre part, imaginez qu’un chirurgien vous ait dit ça après avoir conclu que c’était la meilleure chose à faire compte-tenu de votre jambe gangrenée.
    Différent contextes, différentes conclusions !

  • Vous auriez dû faire quelques efforts de recherche sur la fondation Gates avant d’utiliser cette interview comme levier…

    • Pourquoi donc ? Qu est ce qui cloche dans la fondation Gates ?

      • Ce qui cloche dans la fondation Gates ? Peut-être des investissements massifs dans des entreprises connues pour mépriser l’homme et son environnement tel que Monsanto, Cargill et ENI.

        Ces multinationales sont tristement connues pour leurs destructions environnementales et leur rôle d’esclavagistes des temps modernes. Entres les journées de 14h pour des ouvriers argentins, un trafic d’enfants mis au travail forcé en Afrique, les impacts environnementaux non assumés de leurs « désherbants » miracles, leurs torchères et puits de pétroles affectant la santé des riverains…

        Un extrait d’article du LA Times, rapporté par Courrier International sur ce sujet est assez parlant:
        « […]la Fondation Gates détient des participations dans un grand nombre d’entreprises qui contreviennent aux normes écologiques, opèrent des discriminations professionnelles, violent les droits des salariés ou développent d’autres pratiques contraires à l’éthique, et ne remplissent donc pas les critères classiques de responsabilité sociale. Plusieurs centaines de placements réalisés par l’institution – représentant un total d’au moins 8,7 milliards de dollars, soit 41 % de ses actifs (hors titres d’Etat américains ou étrangers) – concernent des entreprises dont l’action contrarie ses objectifs philanthropiques ou ses préoccupations sociales. » Source: http://www.courrierinternational.com/article/2007/02/01/les-etranges-placements-de-la-fondation-gates

        Il suffit de gratter un peu à la surface pour se rendre bien vite compte que le masque présenté par la fondation Gates n’est pas d’une blancheur aussi immaculée . Encore faut-il avoir la volonté de gratter un peu…

        • Il n’y a pas de bonnes entreprises et de mauvaises entreprises. Si l’entreprise survit, c’est qu’elle satisfait ses clients.
          Par contre, j’aurais moi aussi des réserves sur la fondation Gates, pour d’autres raisons. Quand on regarde le détail de ses actions, on peine à y trouver, par exemple, la volonté réelle d’éradiquer le paludisme. On trouve des dons en logiciels micromou à des jeunes utilisateurs en volume tel qu’on se demande si micromou a encore besoin d’autres actions commerciales pour entretenir son monopole. On trouve des aides dispersées à des laboratoires, sans schéma d’ensemble, juste parce qu’ils ont l’habileté de travailler dans les domaines « bien-communicants ». On voit un étalement dans le temps qui correspond visiblement plus à une stratégie d’optimisation fiscale qu’à un plan d’action.
          J’aurais nettement préféré que vous prissiez la fondation Omidyar plutôt que la fondation Gates, elle est plus discrète mais me paraît mieux à sa place dans un tel article.

        • Merci pour c précisions

  • J’adore la formule : « l’économie c’est l’intendance de la vie ». Est-elle de vous ou l’avez-vous emprunté (auquel cas ce serait une belle trouvaille quand même) ?

    • Ravi que ça vous plaise, je ne me souviens pas de l’avoir lu nulle part avant de l’écrire et doit donc supposer que c’est de moi ? Je pensais simplement à l’origine du mot, l’oikos grec, qui désigne le foyer, ce qui fait de l’oiko-nomie la science de la gestion du foyer, ou intendance, à laquelle je dois d’ailleurs être lié par quelque hérédité comme en témoigne mon patronyme.

      Ceci dit, la formule reste libre de droit !

  • les pauvres non plus ne sont pas forcement méchant….encore que!!

  • Mon dieu mais regerdez les commentaires de la vidéo…
    Ce pays est foutu.

    • Oui, c’est un peu ça qui m’a donné envie d’écrire ce truc en fait… Mais peu de chance que les commentateurs du monde me fasse l’honneur de me lire malheureusement. Ça pourrait être amusant.

    • En lisant les dits commentaires, j’ai cru un moment être sur le Gorafi… Absolument affolant

  • Trop long article à caractère prosélyte !
    Là oµ l’auteur (pourtant pas naïf ?) se laisse prendre par le discours.
    Gates fut et reste un talentueux marketer. Cela depuis 33 ans !

    Homme le plus riche du monde (et accroissant sa fortune sur l’élan de toujours en % à deux chiffres), il peut entreprendre des « à côté ». Horreur ? Sa Fondation bénéficia t-elle pas d’un juste calcul de défiscalisation ? Sachant qu’à côté de dizaines de milliards dont elle est dotée, la fortune résiduelle prospèrera sans bruit (hors pub annuelles de FORBES & Co) durant des années de sa propre espérance de vie ! Regard sordide : réfléchissez-y à deux fois !
    Le verbiage est bien au point. Qui reprocherait de vouloir un monde en parfaite santé et l’éradication de la pauvreté ? L’ONU n’en dit pas autrement depuis plus de SOIXANTE ans.
    Un cousin profondément catho (Dieu ait son âme) justifie le geste de Gates par la seule Foi. Rions !

    Foi en l’homme ? Mais c’est ce que des milliers de gens silencieux et d’institutions de tous ordres contribuent à amplifier, avec ou sans Gates. Donc un habile coup de COMM (joint à un calcul pas vraiment idiot) …

  • Quelle blague. Se battre pour le santé des enfants, c’est conditionner son aide à l’utilisation exclusive de produits monsantos? Ahahahahahahahahahahahah

  • J’ai bien aimé ce passage : « Toujours le même dilemme entre dirigisme et liberté ! Par défaut, contraignons les utilisateurs, qui ne peuvent être qu’idiots ou mal intentionnés. Je sais bien qu’il n’est pas envisageable de produire des machines trop fragiles, ainsi exposées au public. Mais que croit-on que crée ce système ? Des hommes libres ? Ou des esclaves ? »

    Ainsi mettre à disposition des vélos solides susceptibles d’endurer les outrages des utilisateurs, c’est faire de ceux-ci des esclaves.

    Qui a dit que cet article venait du GORAFI?

  • question à 100 yuan , que se passerait-il si bill gates était français ?

    antvort : il s’appelerait guillaume portes …

    et depuis longtemps , il l’aurait pris … la porte !

  • On ne peut être que d’accord avec la vision de Bill Gates de la mondialisation et de la libre entreprise, c’est même un peu pour ça que l’on va sur Contrepoints. Mais ça n’empêche pas d’être un peu critique envers le dogmatisme du site en même temps.
    Sur CP on a pour habitude de tirer à boulets rouges sur le « socialisme » et « l’étatisme », comme si les fonctions qu’assument les états modernes étaient imposées aux peuples sans leurs consentements et dans un but de « domination bienveillante » d’une classe politique.
    Mais pourquoi ne faîtes vous pas allusion à ce que dit Bill Gates dans cette même vidéo (en fait c’est même la cause de sa venue), à savoir que les états ont leur rôle à jouer dans cette générosité (ça ne m’a pas l’air bien « régalien » comme fonction de donner de l’argent pour le développement, ça sonne même dangereusement « état providence », sans parler que cet argent doit bien venir de taxes).
    Bref dans le discours de Bill Gates qui appelait à un impôt sur la fortune aux USA, c’est cohérent. Venant de Contrepoints qui prône souvent la fin de l’impôt, la réduction de l’état à ses fonctions indispensables et l’initiative privée et exclusivement privée….force est de constater que vous avez passé sous silence ce qui ne vous arrangeait pas dans cette vidéo. Et vous nous ressortez la même avec Deng Xiaoping, il ne faut pas oublier que le réveil de la Chine provient aussi d’une politique ultra interventionniste et sans cassures de générations en générations. Bref un état fort, autoritaire, corrompu mais relativement efficace.
    J’aimerais tellement voir plus de pragmatisme et de modération sur ce site…c’est dommage car il nivelle vraiment le débat par le haut, mais au final on se perd parfois dans un fondamentalisme.
    Pour finir, on peut transposer à l’étatisme ce qu’a dit Bill Gates de la mondialisation: OK ce n’est pas idéal, mais le monde à quand même beaucoup avancé grâce à ça. Et puis ce que les rédacteurs de Contrepoints appellent de leurs voeux, ça n’existe nulle part dans le monde. Même à Hong Kong, paradis libéral par excellence, l’état va beaucoup plus loin qu’assurer la sécurité des citoyens. Tenter de dissocier le succès du capitalisme de celui de l’étatisme est une malhonnêteté intellectuelle puisque dans les fait les deux logiques sont intimement liées.

    • Puis l’exemple des Vélibs…pas terrible.
      On peut assez facilement imaginer que la conception des Vélibs ne vient pas de la fonction publique. Au mieux, on peut concevoir que la MOA (la mairie donc) ait établi le cahier des charges suivant:

      – Vélo accessible à un néophyte
      – Solidité à toute épreuve
      – Coûts de production et d’entretien raisonnable
      – Distraction minimale dans la conduite

      Et que tout ça ait été soumis à un appel d’offre pour des solutions techniques et technologiques. C’est donc probablement notre cher secteur privé adoré qui, suite à des études de marché et de faisabilité, a proposé cette immonde atteinte aux liberté individuelle qu’est de ne pas équiper un vélo servant à faire des déplacements urbains de moins de 10km d’un ensemble plateau-cassettes-dérailleur digne d’un vélo de compétition cross-country.

    • Bonjour Méchant_étatisme
      « Tenter de dissocier le succès du capitalisme de celui de l’étatisme est une malhonnêteté intellectuelle puisque dans les fait les deux logiques sont intimement liées. »
      Les libéraux n’ont jamais été (sauf les anarcaps) anti-étatiste, et non jamais nié l’importance de l’état.
      Nous voulons un état qui se limite à ses fonctions régaliennes.
      L’argument que cela n’existe nulle part n’est pas un argument fort. (dans l’ancien régime il n’existait pas d’état démocratique).

      • Bonjour Gillib,

        Tout l’objet de mon discours est de dire que la partie (pourtant importante) de la vidéo où Bill Gates nous parle de la contribution des états au financement de la lutte contre la pauvreté, a été passée sous silence car on a beau tourner autour du pot, ce n’est absolument pas une des quatre fonctions régalienne au sens purement libéral du terme.

        Puis le deuxième argument n’est bien sûr pas une tentative de preuve douteuse que le vrai libéralisme ne pourra jamais fonctionner. C’est juste pour dire que même les pays les plus libéraux le sont raisonnablement, et vu comme ça marche pour eux, je ne vois pas l’intérêt de vouloir à tout prix aller plus loin dans le recul des pouvoirs de l’état.
        Si on a conféré des pouvoirs supplémentaires aux états, il y a des raisons: les menaces dues à une santé non maîtrisée à l’échelle nationale et les risques de fracture sociale en sont deux, et il y en a d’autres. Il y a peu d’idéologie derrière les missions que s’octroie le gouvernement, c’est surtout des décisions rationnelles basées sur le fait que la mise en oeuvre des techniques disponibles à une époque donnée ne peut se faire qu’avec un levier financier conséquent que seul un gouvernement est capable de mettre en place au moment où le besoin se fait sentir dans la population. Alors jusqu’à ce qu’un Mark Zuckerberg de la santé ou un Bill Gates du social nous propose des solutions purement privées à ce genre de gros problèmes, qui seraient plus viables que des solutions étatiques…pour l’instant à part les Social Bonds (que je regrette ne pas voir se développer en France) il n’y a pas beaucoup mieux que le gouvernement et le recours à l’impôt pour assurer la viabilité de notre société.
        Attention: je ne dis pas qu’il ne faut pas quand même faire évoluer le système vers plus d’initiative privée, mais il ne faut pas trop forcer le rythme sinon la société ne le suivra pas.

        • « a contribution des états au financement de la lutte contre la pauvreté, »
          Désolé de vous décevoir mais dans la réalité les états ont rarement lutter contre la pauvreté, c’est plutot le contraire, non par perversité (quoique) mais plutot par une mauvaise allocations des ressources.
          « il n’y a pas beaucoup mieux que le gouvernement et le recours à l’impôt pour assurer la viabilité de notre société. »
          Je vais vous répondre par une pirouette, mais regarder cela:

          • Premièrement, votre avis sur la dépense publique ne change rien à mon observation initiale: l’auteur de cet article n’a pas daigné écrire la moindre petite ligne sur ce que dit Bill Gates à propos du rôle des états dans la lutte contre la pauvreté. Ce n’est pas étonnant, ça n’arrange personne sur ce site d’entendre ce genre de choses venant du messie.

            Deuxièmement, très bien votre vidéo (libertarien TV, gage d’objectivité). En complément, je vous renvoie à cet article qui vous démontrera par A+B que c’est vous qui souffrez du syndrome du larbin à défendre avec autant d’ardeur le secteur privé.
            http://www.legrandsoir.info/Le-syndrome-du-larbin.html
            Morale de l’histoire: nous n’avons pas fait honneur à la devise de CP avec ce genre d’arguments. Le syndrome du larbin est l’argument de ceux qui n’en ont plus.
            On passe ce petit intermède très peu instructif ?

            J’ouvre le vrai débat en déclarant que je suis 100% d’accord avec le discours de Bill Gates dans cette vidéo: Le libéralisme, sous sa forme pragmatique et modérée, n’est pas incompatible avec l’intervention de l’état dans certaines fonctions AUTRES QUE RÉGALIENNES, il est même souhaitable faute de mieux.

            Je vous invité à revisionner cette vidéo (ou visionnez la au lieu de vous fier à son compte-rendu extrêmement biaisé) et à partager votre sentiment sur la sombre face socialiste de notre ami Bill.

  • Article « La voix de son maître », extrêmement préoccupant !

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