Capitaliser les retraites de la fonction publique !

Il y a urgence : la dette implicite des régimes de retraite de la fonction publique représente plus de 96% du PIB.

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Capitaliser les retraites de la fonction publique !

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 12 février 2014
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Une interview de Cécile Philippe.
Un article de l’Institut économique Molinari.

Tirelire

Capitaliser les retraites de la fonction publique ! Expliquez-nous de quoi il s’agit.

Il s’agirait, pour une entité publique qui embauche une personne, de provisionner ou mettre en réserve, pendant toute la durée d’emploi de ladite personne, le montant qui lui sera versé au titre de sa retraite. Il s’agit de capitaliser les retraites des fonctionnaires dans leur ensemble.

Quel serait l’intérêt d’une telle mesure ?

Pour le comprendre, il suffit de se rappeler que tout ce que perçoivent les fonctionnaires, qu’ils soient retraités ou en activité, provient de la poche du contribuable et pèse d’une façon ou d’une autre sur le budget global de l’État.

Or dans le système actuel – où les retraites des fonctionnaires ne sont pas capitalisées –, les pouvoirs publics se permettent d’embaucher des fonctionnaires dont le salaire sera certes payé par les contribuables actuels mais dont les retraites seront payées par des contribuables pas encore nés ou qui n’ont pas le droit de vote.

Au-delà de l’injustice que cela implique pour toute cette population, ce n’est pas non plus une règle de bonne gestion. Cela laisse croire qu’il est possible d’embaucher plus de fonctionnaires que cela ne serait le cas si on prenait en compte l’ensemble des coûts associés à cette embauche. Cela remet en perspective le débat sur le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux, par exemple.

Les sommes en jeu sont loin d’être anecdotiques. La dette implicite des régimes de retraite de la fonction publique représente plus de 96% du PIB.

Comment ça fonctionne dans le privé ?

La réglementation impose aux entreprises, comme aux assureurs, de provisionner toutes les promesses de retraite qu’elles proposent à leurs salariés ou assurés en plus du système classique (par répartition ou complémentaire). C’est un bon principe de gestion et une forme d’obligation de bon sens dont nos autorités s’exonèrent, ce qui est la porte ouverte à des dérapages.

Ce qui expliquerait les réformes plus que timides des régimes spéciaux ?

Exactement. C’est plus facile de faire des promesses que d’assumer le coût immédiatement. Du coup, il y a eu un certain laxisme sur les règles concernant les retraites du public qui leur sont en général très favorables. Les pensions sont servies, au minimum, à 75% du dernier traitement après une carrière complète. À cela s’ajoute toutes sortes d’avantages comme la retraite dès 55 ans, voire 50 ans, la bonification d’annuités ou « trimestres gratuits », le départ anticipé possible des parents de trois enfants, le calcul du niveau de pension sur les 6 derniers mois d’activité, etc.

Introduire le principe de capitalisation dans les retraites de la fonction publique paraît quand même chimérique…

Ce ne serait pourtant pas si révolutionnaire. Certaines administrations fonctionnaient déjà comme cela au 19ème siècle et il existe en fait en France la structure juridique ad hoc puisque qu’il y a un fonds de pension public appelé le Régime de retraite additionnelle de la fonction publique (RAFP). Sa taille reste totalement anecdotique, mais c’est néanmoins un système de capitalisation obligatoire pour le secteur public et l’idée serait de le généraliser.


Chronique de Cécile Philippe, directrice de l’Institut économique Molinari, diffusée sur les ondes de Radio classique le 7 février 2014.

Voir les commentaires (9)

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  • Entre la faillite tout de suite (ce que provoquerait ce système de provision), et la faillite plus tard (ce que provoquera ce système de retraite)… nous savons tous ce que les politiciens choisiront.

    Dès lors, inutile de perdre notre temps avec des études, des propositions. Lorsque nous aurons précipité la faillite du Système, alors ce débat (surréaliste dans les termes) au sujet des retraites des fonctionnaires, de leurs privilèges obscènes… deviendra caduque.

    Sans pognon, pas de retraite à 55 ans pour les crapules cheminot par exemple. Pas de « régimes spéciaux ». Finis les arrangements entre copains et coquins.

    Case closed. C’est simple, carré.

    Dès lors le seul enjeu : comment accélérer la mise en faillite du Leviathan ?

    • prends l’avion .. il y a des compagnies ou les gens qui bossent en France sont soumis aux droits sociaux d’autres pays .. le top quoi … pas de 35 h, presque pas d’impôts à payer ..la liberté …

  • La RAFP, une belle escroquerie, pour récupérer le capital investi (sans compter les intérêts), il faut compter pas loin de 30 ans de retraite… il vaut mieux placer les sommes considérées sur une assurance vie…

  • Déjà si le régime de retraite dans le privé était par capitalisation ça serait bien….
    Le problème des fonctionnaire c’est surtout leurs niveau de salaire trop haut ou trop bat qui tue le la concurrence. Une bonne privatisation et le tour est joué!

  • Il est curieux que les socialistes qui sont souvent adeptes de l’égalitarisme défendent les privilèges ( scandaleux) des fonctionnaires à la retraite ( % dernier salaire, âge…). Quid de la solidarité qui est toujours mise en avant par les socialistes quand il s’agit de ponctionner les entreprises et les salariés du privé. Il faut absolument en finir avec l’idée de sécurité de l’emploi à vie des fonctionnaires même en temps de crise ainsi que des multiples privilèges qu’ils se sont octroyés … sinon on va tous couler ( eux aussi , heureusement).

  • Non, il faut purement et simplement supprimer le statut de fonctionnaire.

  • le symbôle des excès et des privilèges donnés par la fonction publique est Anne Hidalgo
    Inspecteur du travail, qui ne travaillait pas mais touchait son salaire de fonctionnaire qui a demandé sa retraite à ….52 ans. Donc toujours à charge de l’état.
    Elle cumule une retraite du public très confortable et en plus une indemnité d’élue. Pour mesurer, son train de vie. Voyez le reportage touné chez elle. Une bobo caviar qui avait menti sur ses revenus réels.
    Imaginons la même travaillant dans le privé. Elle aurait encore 10 ans à travailler et n’aurait pu faire de la politique qu’en abandonnant son emploi. Faites circuler cette information.

  • en réalité c’est tout le système par répartition que vous voulez détruire ! Dites le carrément ! Puisqu’il fonctionne sur le même principe.

  • Les commentaires sont fermés.

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pascal salin
6
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Par Pascal Salin.

La détermination du montant de sa retraite est évidemment fondamentale pour tout individu puisqu’elle conditionne son niveau de vie une fois ses activités productives terminées.

C’est pourquoi on peut comprendre que le projet de réforme du système des retraites élaboré par le gouvernement français retienne considérablement l’attention de l’opinion publique et suscite même des grèves très importantes. Il serait certes fondamental que les réformes envisagées contribuent à une amélioration du système des retraites... Poursuivre la lecture

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3
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L’interventionnisme étatique est fréquemment justifié sous le prétexte que seul l’État serait capable de prendre des décisions en tenant compte de leurs conséquences à long terme pour l’ensemble d’une société.

Cet argument est en fait très étrange.

En effet, l’État, cette abstraction, est en réalité composé d’hommes et de femmes qui poursuivent leurs propres buts et recherchent leur propre intérêt. Or, pour eux, l’horizon naturel est celui de la prochaine élection et ils sont donc incités à donner des avantages immédiats aux cit... Poursuivre la lecture

Une chronique de Cécile Philippe. Un article de l’Institut économique Molinari.

S’inspirer de Jean Jaurès pour sauver le système de retraites ?

Oui car le sujet de la retraite a été trop souvent traité sous un angle purement politicien, ce qui contribue à entretenir un statu quo intenable.

Relire Jaurès nous montre qu’on peut être à gauche et défendre la capitalisation.

Il suffit de se replonger dans L’Humanité de 1909. Jaurès y expose comment la capitalisation « en soi est parfaitement acceptable » et peut consti... Poursuivre la lecture

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