Breaking News : le chômage allemand à la hausse en 2014 !

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Ce n’est pas parce que la courbe du chômage va s’inverser en Allemagne (à la hausse à cause du salaire minimum), qu’elle va mécaniquement s’inverser en France (à la baisse)…

Par Philippe Bouchat

Ami lecteur,

Si le titre de cet article est délibérément provocateur, il y a fort à parier qu’il est prémonitoire.

emploi-allemagne-agenceQue s’est-il donc passé en Allemagne ? La chancelière Merkel et les partis de l’Union CDU-CSU, gagnants des dernières élections législatives, après avoir refusé de continuer les négociations avec les écolos du parti die Grüne, viennent de franchir un cap important dans ses négociations avec les socialistes du SPD.

Après 2 mois de tractations, l’Union vient en effet de concéder, la mort dans l’âme, l’instauration d’un salaire minimum de 8,50 € par heure, ce qui concerne 17% des travailleurs allemands.

Paris se félicite de cette concession d’Angela Merkel qui, il est vrai, devait lâcher du lest sur une mesure symbolique pour concrétiser la Grande Coalition (die grosse Koalition Schwarz-Rote).

Mais doit-on se réjouir avec Paris de cette décision ? Assurément non ! Pourquoi ?

Parce que, comme les économistes ‘autrichiens’ l’ont démontré avec pertinence, l’instauration d’un salaire minimum va rendre beaucoup plus difficile l’embauche des jeunes peu qualifiés que seul un salaire adapté à leur non qualification pouvait tirer de la précarité. D’autre part, l’instauration de ce salaire minimum va engendrer une pression à la hausse des autres salaires, ce qui débouchera inexorablement sur une majoration du coût salarial. Certes, pour les pays limitrophes comme la Belgique et la France, cela signifie surtout que l’écart salarial avec l’Allemagne va se réduire et que, mécaniquement, ces pays limitrophes vont accroître leur compétitivité (mais de façon factice).

Résumons.

L’embauche des jeunes non qualifiés sera rendue plus difficile et les coûts salariaux vont augmenter. Conséquence ? Une augmentation du chômage structurel. C’est inévitable. Faut-il, comme Paris s’en réjouir ? Oui si on prend le cynisme comme instrument de politique économique : moins l’Allemagne va bien, plus les autres pays rattrapent leur retard sur elle. Mais ce serait, outre le cynisme, faire œuvre d’irresponsabilité, car ce qui boostera l’économie européenne anémiée, c’est, au contraire, une Allemagne forte qui sert de locomotive et – surtout – que les wagons des autres pays se réforment radicalement pour que le convoi avance à vive allure vers la prospérité. Ce n’est pas parce que la courbe du chômage va s’inverser en Allemagne (à la hausse), qu’elle va mécaniquement s’inverser en France (à la baisse). Penser le contraire est de l’incompétence mêlée à du foutage de gueule des pigeons que nous sommes tous.

Alors de la joie oui, peut-être pour les salariés allemands qui bénéficieront de ce revenu minimal. Mais certainement pas pour les jeunes peu qualifiés et pour les patrons allemands, ni pour leur économie globalement. Et encore moins pour nous. À moins donc d’être cynique, incompétent et irresponsable.

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