Fléchissement de la croissance au Moyen-Orient

Les perspectives économiques à court terme pour le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord, l’Afghanistan et le Pakistan se sont assombries.

Regional Economic Outlook Middle East and Central Asia 2013Selon les Perspectives économiques régionales publiées par le FMI, la croissance devrait reculer à 2,25% cette année puis reprendre en 2014 à mesure que les conditions mondiales s’amélioreront et que la production pétrolière reprendra. Les exportateurs de pétrole de la région – Algérie, Arabie saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Iran, Irak, Koweït, Libye, Oman, Qatar et Yémen – connaissent un revers temporaire de la croissance globale face aux perturbations de la production intérieure de pétrole et à la baisse de la demande mondiale, mais la plupart continuent d’afficher une forte croissance hors pétrole. En même temps, les difficiles transitions politiques et les incertitudes régionales croissantes attribuables à la guerre civile complexe en Syrie minent la confiance des pays importateurs de pétrole – Égypte, Jordanie, Liban, Maroc, Pakistan, Soudan et Tunisie en particulier.

Selon Masood Ahmed, directeur du Département du Moyen-Orient du FMI, pour les pays importateurs de pétrole, les actions prioritaires consisteraient notamment à créer des emplois, assainir les finances publiques et lancer sans délai un ambitieux programme de réformes structurelles. À brève échéance, l’intensification des investissements publics financés par la réaffectation des dépenses publiques et par l’augmentation des concours financiers extérieurs permettrait de créer des emplois et de poursuivre la transition sociopolitique.

Croissance Moyen-Orient FMI 2013
Les pays exportateurs de pétrole affichent une activité robuste, mais encourent des risques à moyen terme.

Malgré une baisse de la croissance globale due à des perturbations de la production pétrolière intérieure et au fléchissement de la demande mondiale, la plupart des pays exportateurs de pétrole de la région continueront d’afficher une forte croissance du secteur non pétrolier. Une reprise de la production pétrolière ainsi qu’un nouveau renforcement de l’économie non pétrolière permettront vraisemblablement de rétablir l’année prochaine la croissance aux niveaux observés dans un passé récent.

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Mais les positions budgétaires dans ce groupe de pays s’effritent. En outre, la plupart des pays exportateurs de pétrole n’épargnent pas une proportion suffisante de leurs recettes pétrolières exceptionnelles pour les générations futures. À moins de procéder à d’autres compressions budgétaires, les gouvernements de la région commenceront à puiser dans leur épargne dès 2016. Une baisse prolongée des cours du pétrole entraînerait des déficits budgétaires dans la plupart des pays exportateurs dès l’année prochaine. Bien que la majorité des pays soit en mesure de faire face à une baisse brève ou légère des recettes pétrolières, leur marge de manœuvre budgétaire diminue. Dans ce contexte, les pouvoirs publics devront trouver des moyens de maîtriser les dépenses courantes. Il conviendrait en outre de privilégier la poursuite des réformes structurelles pour doper la croissance du secteur privé, la diversification des activités économiques et la création d’emplois.

L’incertitude politique, combinée aux pressions sociales et aux conflits régionaux, a retardé davantage la reprise économique. Les pays importateurs de pétrole devraient afficher une croissance moyenne de 3% seulement en 2013-14, ce qui est nettement inférieur au taux de croissance nécessaire pour réduire le chômage persistant et améliorer les niveaux de vie.

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Au cours des trois dernières années, pour faire face aux pressions sociales croissantes et à la hausse des prix des denrées alimentaires et des carburants, les gouvernements de la plupart des pays importateurs de pétrole ont accru des dépenses au titre des subventions généralisées, des emplois dans le secteur public et des salaires, tandis que les recettes ont baissé en raison du ralentissement de la croissance économique. Les importateurs de pétrole ont vu ainsi leurs déficits budgétaires grimper à près de 10% du PIB en moyenne, et leur dette publique à 80% du PIB environ. Par ailleurs, les réserves internationales restent faibles. Les pays arabes en transition font face à un dilemme. L’incertitude politique complique la mise en œuvre de réformes profondes et globales. En même temps, l’absence d’amélioration de la situation économique risque d’aggraver les tensions sociopolitiques et de compromettre davantage la transition dans de nombreux pays, retardant davantage le retour de la confiance et de l’investissement privé.