Cuba : journaliste indépendant, journaliste tout simplement

Dans une nation démocratique, le journalisme n’a pas besoin d’appellation particulière.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Cuba : journaliste indépendant, journaliste tout simplement

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 20 octobre 2013
- A +

Par Yoani Sánchez, depuis La Havane, Cuba.

Con_Voz_abierta

La semaine dernière un ami m’a demandé si l’arrivée d’un changement démocratique à Cuba mettrait fin au journalisme indépendant. Je me suis mise à méditer parce qu’il y a des réponses que l’on ne doit pas jeter en l’air sans les avoir bien soupesées au préalable. Pendant les secondes où j’ai gardé le silence ont défilé dans ma tête toutes les images et les moments de ces reporters du risque et de la parole qui ont influencé ma vie. J’ai pensé à Raúl Rivero qui a quitté le journalisme et les institutions officielles pour faire le saut périlleux vers la liberté de sa plume. Je me souviens, dans son appartement de la rue Peñalver, de la machine à écrire posée en permanence sur la table, de l’odeur du cigare, des bras tendus pour accueillir tout ce qui pouvait arriver. Indubitablement, un homme qui aime cette profession pour laquelle il s’est trouvé au centre de tant de répression et de tant d’injures.

J’ai poursuivi en repassant les différents noms. Reinaldo Escobar qui m’a contaminée pour toujours avec le virus du journalisme, les collègues du « Printemps de Cuba », tous les amis qui ont nourri les pages de « Cubanet », « Diario de Cuba », « Café fuerte », « Hablemos Press », « Misceláneas de Cuba », « Voces cubanas », « Penúltimos Días » et tant d’autres sites, blogs, agences de presse, ou simple bulletins d’une seule feuille pliée en deux. Espaces dans lesquels on a raconté ce pays escamoté par les médias officiels et le triomphalisme des slogans politiques. Des gens qui ont choisi la voie la plus difficile, au lieu de se taire, de simuler, d’éviter les problèmes, comme la grande majorité. Grâce à eux nous avons pris connaissance des innombrables nouvelles tues par les journaux, la télévision et la radio nationales. Ces dernières, propriété privée et hégémonique du Parti Communiste.

C’est pourquoi quand mon ami m’a lâché cette question, j’ai conclu que dans une nation démocratique le journalisme n’a pas besoin d’appellation particulière. Il n’a pas besoin d’être « officiel » ou « indépendant ». Justement, en modeste hommage à tous ces reporters d’hier et d’aujourd’hui, j’ai écrit la préface de l’anthologie « Con voz abierta » qui regroupe une sélection de nouvelles et d’opinions écrites à l’intérieur de Cuba et dans les conditions les plus précaires du point de vue légal et matériel. C’est un livre de journalistes… tout court, sans qualificatifs qui déterminent leur affiliation ou non à une idéologie. Une compilation qui nous rapprochera de ce futur dans lequel nous n’aurons pas besoin de faire de telles distinctions entre les professionnels de la presse.


Sur le web. Traduction : Jean-Claude Marouby.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

L’état de la liberté d’expression en Occident peut se juger à la manière dont sont traités les lanceurs d’alerte comme Julian Assange. Lundi 18 juillet, à Paris, plusieurs organisations et médias ont lancé un appel destiné à obtenir la libération d'Assange et demandant à la France de lui accorder l'asile politique. Parmi elles, la ligue des droits de l'Homme, le syndicat national des journalistes (SNJ) et Anticor.

Au Mexique, le très à gauche président Andres Manuel Lopez Obrador a déclaré avoir plaidé la cause du journaliste australie... Poursuivre la lecture

Par Carlos Martinez.

Dans son livre Anarchie, État et Utopie, Robert Nozick consacre un chapitre intitulé "Le conte de l'esclave" aux neuf phases de l'esclavage, des plus restrictives aux plus libératrices. Il écrit que même si les personnes asservies disposent de certaines formes d'autonomie, elles sont toujours asservies et il pose la question suivante : "Quelle transition du cas 1 au cas 9 fait que ce n'est plus le récit d'un esclave ?"

La question de Nozick souligne qu'il n'y a pas de différence entre la personne soumise à l... Poursuivre la lecture

Par Michel Faure. Un article de Conflits

La mort du général Luis Alberto Rodríguez López-Calleja plonge l’économie de Cuba dans la stupeur. Celui qui dirigeait Gaesa tenait entre ses mains l’économie de l’île. Avec sa mort, c’est un avenir encore plus incertain qui se dessine pour la dictature communiste des Caraïbes.

Cuba, depuis la révolution de 1959, a survécu à de nombreuses avanies, dont l’incurie et la violence de ses dirigeants. Mais là, soudain, l’île est au bord du gouffre, car un homme est mort vendredi qui n’était pas... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles