Privatiser la Sécurité sociale : une urgence

Alors que le feu est à la maison, le pouvoir prépare tranquillement des mesures pour rééquilibrer les comptes de la sécurité sociale dans un avenir incertain.

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Privatiser la Sécurité sociale : une urgence

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 13 octobre 2013
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Alors que le feu est à la maison, le pouvoir prépare tranquillement des mesures pour rééquilibrer les comptes de la Sécurité sociale dans un avenir incertain. 

Par Michel de Poncins.

Quand nous aurons fait le tour de tous les mammouths à privatiser, nous aurons tracé le programme d’un pouvoir « Libérateur » qui finira bien par arriver. La sécu est l’un de ces mammouths ; c’est même un super mammouth. Elle comprend cinq branches : maladie, accidents du travail, maladies professionnelles, famille, retraite. Les chiffres atteignent des valeurs inimaginables et elle remplit sans doute un quart du PIB.

Alors que le feu est à la maison, le pouvoir très provisoirement en place, prépare tranquillement des mesures pour rééquilibrer les comptes de la Sécurité sociale dans un avenir incertain. L’orchestre médiatique nous révèle les multiples débats sans que les vraies solutions soient non seulement envisagées mais, au moins évoquées. Tout est imaginé : taper sur le labo, taper sur les patients, sur les complémentaires santés, etc.

L’ancienneté de la calamité

Le trou de la sécu est si ancien que les gouvernements ont imaginé des prélèvements pour apurer les dettes passées : CSG et CRDS. Évidemment cela ne suffit pas. En outre cela aurait une signification si au même moment le déficit ne s’aggravait plus. Ce n’est pas le cas et le trou continue à se creuser inexorablement.

La chute dans un trou sans fond est inévitable car l’ensemble n’est pas géré et par définition il ne peut pas l’être. La Cour des comptes a souvent dénoncé l’absence de gestion et son impossibilité.

Nous nous limiterons, ici, à l’assurance-maladie. Nous savons que l’on peut penser de même pour la retraite et d’autres sujets.

L’assurance-maladie a été crée en 1946 par un gouvernement quasi-communiste. Elle a remplacé par la force des mutuelles fonctionnant bien dans la liberté. Elle commence par un mensonge puisqu’il n’y a pas d’assurance, en effet une assurance supposerait des contrats librement débattus. D’ailleurs les URSSAF qui ramassent les sous par la force n’ont pas d’existence légale.

Du fait de cette histoire l’assurance-maladie est un grand baquet où l’argent arrive par la force fiscale en immenses quantités. Il en sort régulièrement au hasard des volontés changeantes des pouvoirs politiques et syndicaux. Ces jours-ci toutes les rumeurs circulent sur le non remboursement de tel ou tel acte et sur le jeu des cotisations.

L’effet de la paupérisation

Il est une façon de mesurer l’intensité de la perte de cette absence de gestion. Des personnes pour des raisons qui leur sont propres échappent légalement au système. Elles s’assurent librement sur le marché international. Une famille avec des enfants est bien couverte en payant une prime égale au tiers de ce que lui coûterait la sécu.

A la perte purement financière ainsi enregistrée s’ajoute un autre phénomène. Une véritable assurance-maladie contractuelle conduirait à la création de capitaux vivifiant l’économie. Cela s’observe dans tous les pays ayant mis en œuvre totalement ou partiellement des assurances-maladie libres. Il en est de même pour la retraite, la capitalisation augmentant fortement le PIB.

Un constat pour terminer. La propagande nous parle souvent de la sécurité sociale que le monde entier nous envie. Je n’ai jamais vu d’étranger pâlir de jalousie à ce sujet. Aux USA, la sécurité sociale à la française sert officiellement de chiffon rouge aux républicains et nous observons le bras de fer engagé à ce sujet avec Obama…

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  • Je pense personnellement que la concurrence en matière d’assurance maladie doit être régulée un minimum pour éviter la sélection des risques et des primes inabordables pour le commun des mortels.Enfin tout cela doit être couplé avec un compte épargne santé pour les petites dépenses et pour faire face à l’augmentation des primes.Les Pays -Bas peuvent être un exemple à suivre.Le plan santé des employés fédéraux aux USA aussi.

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